Une bonne semaine pour nos leaders économiques

La Caisse de dépôt fait bonne figure, le Mouvement Desjardins se porte à merveille, les profits de la Banque Nationale et d’Hydro-Québec sont au rendez-vous… Une belle semaine, résume Pierre Duhamel.

Photo: Ryan Remiorz/La presse canadienne
Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

Belle semaine. Nous avons appris, au cours des derniers jours, que la Caisse de dépôt et placement fait bonne figure, que le Mouvement Desjardins se porte à merveille, que les profits de la Banque Nationale sont au rendez-vous et qu’Hydro-Québec a haussé les siens de 15 % en 2014.
Blogue Economie

La semaine s’est terminée en beauté avec le vol inaugural du CS-300 de Bombardier. Si cet oiseau s’envole dans le marché, nous avons là le plus beau et le plus innovant projet industriel jamais réalisé au Québec.

Desjardins, Hydro-Québec, Bombardier et la Banque Nationale du Canada sont parmi les plus grands employeurs du Québec, avec un effectif combiné de plus de 90 000 personnes. Ce sont des entreprises qui ont des centaines de sous-traitants et des milliers de fournisseurs québécois. Leur santé financière affecte celle du Québec tout entier.

Dans le cas de Desjardins et de la Banque Nationale, ce sont aussi des prêteurs qui financent les projets d’expansion des entreprises, de même que les résidences et les dépenses de consommation des particuliers. Je préfère les voir en bonne santé que chancelants et vulnérables.

Hydro-Québec versera, cette année, un dividende de 2,53 milliards de dollars à l’État, soit 300 millions de dollars de plus que l’an dernier. Le temps froid a aidé, mais il est intéressant de noter que malgré la forte demande d’électricité au Québec en hiver, la société d’État réussit en même temps à exporter en Nouvelle-Angleterre.

La forte demande, là-bas, ainsi que la baisse du dollar canadien ont permis à Hydro d’obtenir en 2014 un prix moyen de 6 cents le kilowattheure pour ses exportations, contre 4,4 cents en 2013. Les exportations ont rapporté 30 % plus de profits que l’an dernier.

Quant à la Caisse de dépôt, un mot résume sa performance depuis l’arrivée de Michael Sabia aux commandes, en 2009 : stabilité. Depuis quatre ans, l’actif de la Caisse a grossi de 74 milliards de dollars, passant de 152 à 226 milliards.

Notons que les engagements et les investissements de la Caisse auprès des entreprises québécoises ont dépassé les 11 milliards de dollars depuis quatre ans. Pendant cette période, la Caisse de dépôt a donné un coup de pouce à 500 PME québécoises, tout en contribuant à l’expansion internationale d’entreprises comme CGI.

Une donnée m’a étonné, cette semaine : les trois géants financiers québécois détiennent un actif sensiblement de la même taille. On parle de 214 milliards de dollars pour la Banque Nationale (en date du 31 janvier 2015), alors qu’il est de 226 milliards pour la Caisse de dépôt et de 229 milliards pour le Mouvement Desjardins (au 31 décembre dernier dans ces deux derniers cas).

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Les banques vont bien parce que les gens continuent (encore et toujours…) de s’endetter. Pour ma part je ne vois pas en quoi c’est réconfortant.

Quand la croissance de l’endettement se mettra à ralentir, voire reculer alors on verra. Comme dit Buffet quand la marée se retire alors on voit qui se baignait sans maillot!

Un peu d’optimisme svp
Dieu qu’on en a besoin dans ce temps là.
Moi ça me donne le goût d’investir. Et si on ajoute les rendements des Fonds FTQ on a de futurs retraités bien contents.
Jacques Tremblay
Sainte-Luce

Je crois que ton raisonnement ne tient pas debout, ce sont les trois institutions qui sont au Québec et surtout la Banque National est la seule banque qui a son siège social au Québec

Eh…les péquistes…qui a mis Michael Sabia en poste déjà?

…et qui a mis le piètre Henri-Paul Rousseau et l’ineffable Jean-Claude Scraire en poste déjà?

Case closed.

Question quiz : lequel de ces 3 dirigeant de la Caisse de dépôt n’a pas été en poste pendant une récession?

Une simple et rapide recherche sur Internet nous prouve exactement le contraire de ce que vous affirmez. Dans un rapport de la Caisse disponible en ligne et qui date de 1997, on indique que le rendement annuel moyen pour 1995 et 1996 (sous Jean-Claude Scraire) a été d’un « petit » 16,9%… La Caisse n’a jamais approché ce genre de rendement sous Sabia. À noter au passage que ces rendements exceptionnels ont été réalisés au cours d’une soi-disant époque de « turbulences » et d' »incertitude » liée à l’arrivée des péquistes au pouvoir. Encore un mythe fédéraliste déconstruit… Désolé pour vous, vous devrez sortir vos épouvantails ailleurs que dans L’actualité…

À son départ de la CDP (J.-C. Scraire), cette institution présentait un rendement négatif. Elle se classait bonne dernière en matière de rendement parmi les caisses de retraite du Canada. En 2002, la réputation de Scraire était à son plus bas.

Parmi les éléments qui contribuèrent à miner la réputation de Scraire en tant que dirigeant de la Caisse de dépôt et placement, nous retrouvons l’affaire Vidéotron. En 2000, la CDP investit 3,2 milliards$ dans Vidéotron, ce qui a permis à Québecor de prendre possession de l’entreprise de la famille Chagnon. De ce fait, Scraire contribuait à aggraver encore davantage le problème de la concentration médiatique au Québec. Ce qui permettait à Québecor de bomber encore plus férocement le torse face à Gesca-Radio-Canada. Mais l’investissement se révéla par la suite fort peu rentable, ce qui lui attira bien des critiques. Mais si tel était le prix à payer pour que Vidéotron demeure québécoise, alors j’imagine que c’est malgré tout défendable!!!???

Beaucoup moins défendable fut l’aventure de la CDP dans Montréal Mode.

En 1999, Scraire décida de nommer Chantale Lévesque à la tête de la structure Montréal Mode en lui confiant la gestion d’un montant de 30 millions$, puisé à même le bas de laine des Québécois. Le but était de développer l’industrie de la mode à Montréal. Le problème ici n’est pas tant le montant en question, qui est malgré tout assez modeste si l’on considère les avoirs de la CDP, mais plutôt le jugement dont a fait preuve M. Scraire dans cette affaire. Sa décision plaçait une novice en la matière dans un fauteuil beaucoup trop grand pour elle. Les libéraux reprochèrent aussi aux péquistes d’avoir récompensé l’une des leurs. Il est vrai que Mme Lévesque avait présidé la campagne du Oui à Laval en 1995. Mais surtout, les journalistes découvrirent, une fois que le fiasco Montréal Mode fut total et que la structure fut fermée, que des notes de frais exorbitantes avaient été remboursées à madame Lévesque et à son conjoint. On parle de plus de 600 000 $ en seulement deux ans, dont 70 000 $ sans factures justificatives et 75 000 $ en frais jugés inadmissibles. Il est ici question de voyages au Mexique pendant la période des vacances, de vêtements de designers, etc.

L’aura de M. Scraire a également pâli à cause de son implication dans le dossier du siège social montréalais de la CDP. Au départ, la construction de la nouvelle maison mère de la CDP devait coûter 112 millions$. Mais comme c’est trop souvent le cas au Québec, la facture finale devait être bien plus salée que ce qui avait été annoncé au départ. En fait, la somme totale nécessaire à la construction de l’œuvre pharaonique de Scraire devait être quatre fois plus importante que celle présentée dans le plan initial, soit plus de 400 millions$, ce qui était une somme supérieure à la valeur même de la bâtisse nouvellement construite. Scraire fut accusé de dilapider de manière irresponsable l’argent des Québécois et d’avoir des goûts de luxe. À cette accusation, il répondit : « non, des goûts de qualité ! »

Mais le pire se trouvait ailleurs. En tant qu’individu associé aux hautes sphères de la CDP, Jean-Claude Scraire a entretenu des liens avec Vincent Lacroix, le fraudeur-propriétaire de la firme Norbourg. Lacroix a travaillé pour lui, à la CDP, et Scraire, après son départ de la CDP, a travaillé pour Norbourg. Le site de Norbourg indiquait d’ailleurs que Scaire « met à la disposition des décideurs des “cinq continents (…) ses qualités d’homme d’affaires ».

Autre chose Augustin?

Autre chose Augustin? Vous êtes assez marrant au fond…

Votre dernier message est, pour l’essentiel, un ramassis de potins. Ce que je disais, comme d’autres l’ont fait dans ce forum, c’est que vous partez d’un raisonnement partiel (et bien sûr partial) pour tirer des conclusions ad hominem abusives. Vous faites ressortir le rendement PONCTUEL de 12% atteint cette année par la Caisse sous Sabia (en oubliant les rendements décevants sous son règne même s’il n’a pas été confronté aux mêmes conjectures que les deux autres) pour en tirer des conclusions plutôt mesquines sur l’ENSEMBLE du règne de Scraire et Rousseau. À ce compte, on peut faire de n’importe quel gestionnaire un génie.

Dernière chose. La décision de Scraire et de la Caisse d’appuyer la famille Péladeau était un geste héroïque et absolument NÉCESSAIRE pour le Québec. Et pour en juger la pertinence, il ne faut pas seulement faire le bilan comptable (qui n’est du reste pas négatif). Il faut aussi prendre en compte les conséquences économiques, mais aussi politiques et culturelles qu’aurait eu l’achat de Videotron par le Torontois (et raciste anti-Québécois avéré) Ted Rogers. D’abord, il y aurait eu convergence aussi, mais vers Toronto… En fait, en gardant Videotron entre des mains québécoises, ce sont, en plus des sièges sociaux, des milliers d’emplois directs et indirects qui ont été maintenus ou créés au Québec grâce à la famille Péladeau, car avec PKP, c’est le Québec d’abord, et c’est tant mieux pour nous. Grâce à ce fleuron québécois, c’est aussi toute une culture francophone qui a été valorisée et financée, notamment à travers le mécénat, mais aussi grâce à des émissions-phares comme Star Académie ou plus récemment la Voix.

Ce que j’ai toujours reproché à des Libéraux comme vous, ce n’est pas d’être « moins » Québécois que les nationalistes comme moi (ce serait enfantin de l’affirmer), c’est de voir trop souvent le développement social à travers le prisme très étroit du « rendement », du « chômage » ou de la « croissance ». La richesse économique est bien sûr essentielle, et j’estime pour ma part que les gouvernement péquistes n’ont rien à envier aux Libéraux à cet égard, mais l’économie ne vaut vraiment pas grand-chose si elle ignore la cohésion sociale qui se crée autour d’une plus grande justice sociale, d’une culture distincte et fière, et de la capacité d’un peuple d’avoir la pleine maîtrise de ses ressources.

Ce que j’ai écrit ne sont pas des potins mais des FAITS!

M. Sabia a été exposé à des conjectures difficiles mais au contraire de ses prédécesseurs nommés par les péquistes, il a su faire face à ces circonstances épineuses de façon convenable et sensée. Et le Québec ne s’est pas effondré… Surpris?

Pour les reste, je vous laisse à vos contemplations songées sur la cohésion sôôôciale et votre nationalisme qui frise la paranoïa anglophobe et qui, au final, ne servent qu’à justifier à posteriori des décisions économiques fâcheuses, voire totalement absurdes prises par des patriotards chauvins à l’éducation économique limitée.

M. Duhamel,

Leaders économiques mon oeil.

Sabia et tous les autres sont arrivés au bon moment à la bonne conjecture tout comme Elvis Presley dans les années 50.

Rien, mais rien, à voir avec les trois géants financiers québécois.

[email protected] le 2 mars 2015 à 10 h 56 à parfaitement raison de poser cette question.