Une économie au ralenti

Un avion porté par le vent arrivera à destination plus rapidement, et en consommant moins de carburant, que celui qui ira en direction contraire. C’est la même chose en économie.

Graph With Stacks Of Coins
Photo : Ken Teegardin/Flickr

La croissance économique réelle du Québec a été de 1,3 % en 2014, malgré l’injection de 22 milliards de dollars en immobilisations par les trois niveaux de gouvernement et Hydro-Québec, des mesures fiscales de 2,2 milliards de dollars pour les entreprises et un déficit public de 1,1 milliard de dollars avant les versements au Fonds des générations.
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Un avion porté par le vent arrivera à destination plus rapidement, et en consommant moins de carburant, que celui qui ira en direction contraire. C’est la même chose en économie. Il y a des périodes où tout concourt à une croissance rapide de l’économie et à une amélioration simultanée du niveau de vie, et d’autres où tout est difficile et où les résultats sont bien modestes.

Dans une étude publiée la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) observe le ralentissement de la croissance dans les pays développés, ce qui pourrait signaler que le niveau de vie s’améliorera moins vite à l’avenir.

Si les années de forte croissance étaient alimentées par le baby-boom, le fléchissement qu’on observe aujourd’hui est causé par le vieillissement de la population et une décélération de la croissance du capital et de la productivité, affirme le FMI. Depuis la crise, soutient l’institution, la croissance potentielle a décliné de 0,5 point dans les pays avancés et de 2 points dans les pays émergents.

Les experts de McKenzie sont encore plus catégoriques. Si les gains de productivité ne compensent pas les effets du vieillissement de la main-d’œuvre, le rythme d’augmentation du PIB va baisser de 40 % et celui du revenu par habitant, de 20 % au cours des 50 prochaines années.

Pire, le Canada devrait subir une baisse de 57 % du taux de croissance de son PIB et de 53 % de son PIB par habitant d’ici 2064. Le pays est au dernier rang parmi les neuf autres considérés par le bureau de consultants. La situation du Québec devrait être encore plus préoccupante, parce que sa population est plus âgée que la moyenne canadienne.

«La démographie, c’est la destinée», dit-on. Le Québec est très touché par les changements démographiques, parce que le baby-boom y a été spectaculaire et le ressac tout aussi accentué. Depuis 2001, il n’y a eu que trois années où la croissance économique du Québec a dépassé les 2 % après inflation.

Comme bien d’autres gouvernements, celui du Québec se démène pour inverser la tendance et favoriser la croissance de l’économie. Il a dévoilé la semaine dernière un Plan Nord en version allégée, il dévoilera bientôt une stratégie maritime, il engagera cette année des dépenses d’immobilisations qui atteindront 13,4 milliards en tenant compte d’Hydro-Québec et il versera une aide fiscale de 1,8 milliard de dollars aux entreprises.

Puisque l’économie américaine est sur une lancée et que nos exportations devraient en profiter, le gouvernement prévoit une croissance de 2,0 % en 2015.

Mais «l’économie du Québec repose sur des bases fragiles», nous rappelle le Mouvement Desjardins, qui s’attend plutôt à une croissance plus faiblarde, à 1,7 %. Il y a des économistes plus optimistes : ceux de la Banque TD anticipent une croissance de 2,2 %, ce qui est tout de même beaucoup plus modeste que la croissance ontarienne (prévue à 2,8 % par la même institution).

Alors : 1,7 %, 2,0 % ou 2,2 % ? Les paris sont ouverts, mais la situation n’est pas rose. Dans sa dernière publication, le bureau d’analyse économique E&B Data résume dramatiquement la situation :

Au mieux, l’économie québécoise ne peut que plafonner. Si la demande mondiale continue de ralentir, l’économie québécoise ne sera pas épargnée. Si, au contraire, la demande mondiale se réveille, la main-d’œuvre risque de ne pas être au rendez-vous. Quel que soit le scénario, l’atteinte des taux de croissance du PIB québécois au niveau moyen des 30 dernières années (2%) sera difficile à reproduire.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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« …ceux de la Banque TD anticipent une croissance de —2,2 %… (pour le Québec) »

« La Banque centrale américaine a nettement abaissé mercredi ses prévisions de croissance et d’inflation en 2015 et 2016… Le produit intérieur brut du pays (PIB) ne devrait plus progresser que de—– 2,3%—– à 2,7% sur un an au dernier trimestre 2015, »

Pour 1015 2,2% pour le Québec et 2,3% pour les USA!!!

Il me semble que ça se ressemble. Ça dépend de quel mois sont les prévisions. Ça fait SIX ANS que l’on dit que l’économie des USA va repartir.

C’est l’Asie qui a le vent dans les voiles y compris la Russie. Les pays du BRICS vont devenir prospères.

OK je vois on prend la limite basse des uns le max des autres et hop le tour est joué on peut dire n’importe quoi

En effet c’est n’importe quoi ce commentaire

La Russie «le vent dans les voiles» !!! On voit que vous connaissez ça…

Pour du n’importe quoi vous n’êtes pas battable.

« Bloomberg a rapporté lundi que la monnaie russe était passée de la pire position à la meilleure durant le premier trimestre de 2015, en dépit de toutes les prédictions. »

http://lesakerfrancophone.net/le-rouble-monnaie-la-plus-performante-au-monde-depuis-le-debut-de-lannee-2015/

http://lesakerfrancophone.net/le-rouble-monnaie-la-plus-performante-au-monde-depuis-le-debut-de-lannee-2015/

http://brusselseconomic.com/2015/04/08/le-rouble-monnaie-la-plus-forte-du-monde-selon-bloomberg-russie/
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« OK je vois on prend la limite basse des uns le max des autres et hop le tour est joué… »

Bien sûr.
On appelle ça du cherry picking. C’est ce que les blogueurs et trolls anti-Québécois emploient à tour de bras.

« Ça dépend de quel mois sont les prévisions. Ça fait SIX ANS que l’on dit que l’économie des USA va repartir. » (youlle)

C’est ce que j’ai dis. essayez de démolir ça.

«

@ PBrasseur,

Sur la base de la littérature que j’ai consultée sur le sujet. Il est possible de constater qu’il y a consensus sur les perspectives de croissance du monde en 2015 qui globalement sont revues à la baisse. Bien sûr les pays du monde connaîtront des fortunes diverses. Ainsi la croissance dans la Zone euro serait-elle assez faible et ne devrait pas dépasser 0,9%. Le Royaume-Uni devrait avoir une croissance comparable à cette des États-Unis et du Canada. Si ce n’est que le RU souffre de son endettement.

Les pays du BRIC disposent de perspectives très diverses. Ainsi le Brésil risque de connaitre une croissance légèrement négative, tandis que l’Afrique du Sud devrait avoir une croissance de l’ordre de 2,5%, quant à la Chine et l’Inde leur croissance devrait tout de même être supérieure à 7%, à noter d’ailleurs que la croissance de l’Inde, bon an, mal an est jusqu’à présentement très stable. En d’autres termes, ce pays est un de ceux qui résiste le mieux à la crise économique.

Quoiqu’il en soit, ce sont les économies émergentes qui devraient encore cette année le mieux performer. Il y a de très bonnes perspectives en Indonésie, la Thaïlande et les pays voisins se portent plutôt bien, à la Corée du Sud à 1% près devrait presque maintenir sa croissance stable jusqu’à présent.

La Turquie qui avait une croissance outrageuse supérieure à 10%, voit sa croissance ralentir progressivement, mais son économie devrait croitre néanmoins de 6 à 7%. La Colombie, le Pérou et le Chili s’en sortent plutôt bien et leur perspectives à moyen terme sont très bonnes globalement.

Si j’ai mis la Russie à part (quoiqu’elle fasse partie du BRIC), c’est parce que nous avons un cas particulier, pour des raisons connues qui relèvent comme vous le savez, actuellement de la géopolitique. Bien que la Russie risque d’avoir une croissance légèrement négative en 2015, ce qu’il faut retenir c’est son réel potentiel de croissance. Hors on l’a vu notamment, avec le rouble, qui depuis le début de l’année s’est de nouveau apprécié grâce finalement au cessez-le-feu dans la région du Donbass. Advenant un certain apaisement des velléités guerrières des ennemis de la Russie, il est tout-à-fait patent que ce pays reprendrait à nouveau sa course en avant.

Bloomberg d’ailleurs identifie que les entreprises russes sont actuellement solides malgré l’adversité.

— Ainsi, je pense que vous faites à monsieur Youlle un bien mauvais procès de mauvaises intentions. Ses propos reflètent plutôt de son intérêt pour l’économie globale. Ce que j’identifie personnellement comme une très bonne chose dans une espace où la plupart des gens ne voient généralement pas beaucoup plus loin que le bout de leur nez. La myopie ou l’aveuglement volontaire touche hélas même les meilleurs d’entre nous.

« Bien que la Russie risque d’avoir une croissance légèrement négative en 2015, ce qu’il faut retenir c’est son réel potentiel de croissance. Hors on l’a vu notamment, avec le rouble,.. »

J’ai lu dernièrement que les prévisions de croissance de la Russie ont ajustés à la hausse. De environ zéro qu’elle était, la croissance prévue est maintenant d’environ +2%. Ainsi la Russie retrouvera sa prospérité dans moins que les deux ans prévus. (prévisions anglaises et russes.)

La Fed existe depuis une centaine d’année, êtes-vous en train de dire que si la Fed n’avait pas existé, l’économie américaine aurait été plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui?

Le Québec vit une situation encore plus grave car les intolérables taxes et impôts NUISENT encore PLUS à sa pauvre économie:

http://www.iedm.org/fr/52847-le-point-sur-le-fardeau-fiscal-et-le-revenu-disponible-des-quebecois

En fait, le FARDEAU FISCAL des Québécois est tel qu’il NUIT au Québec et c’est sans compter sur la présence du Parti québécois qui fait peser sur ses frêles épaules le spectre d’une autre référendum…

Encore la Pravda à mensonge et à manipulation et désinformation de IEDM.

Jamais une infirmation crédible.

Méfie toi! Les trolls qui se disent libertariens (dans ce cas-ci anti-Québcois) qui sont payés pour arrondir leurs fins de mois, sont du poison pour la société.

…et plus spécifiquement (pour faire changement à vos propos creux habituels…), en quoi l’affirmation de l’IEDM est-elle fausse???

Je n’ai pas dis qu’elle était fausse, c’est toi qui le dit.

« …il semble que le fardeau fiscal du Québec ait atteint un niveau tellement élevé qu’il exerce un effet négatif sur la croissance économique et sur le revenu disponible des particuliers. » (IEDM)

« L’idéeM » écrit IL SEMBLE donc, IL SEMBLE ce n’est pas faux et ce n’est PAS VRAI aussi. C’est une tentative de désinformation pour ceux qui ne font pas attention. À force de le répéter l’ IDEM et ses trolls confondent une partie de la population et la ça devient un mensonge.

Les Québécois moyens ont le même niveau de vie que les Étasuniens moyens, mais ils travaillent moins pour y parvenir. (paru ici même dans l’Actualité par Pierre Fortin)

Voila la vérité!

Dans une économie de consommation, il est important d’avoir un revenu des ménages disponibles le plus élevé possible.

Le Québec a été une économie d’exportation pendant des décennies, si ce n’est pas l’évidence même pour vous en regardant la croissance à l’époque de l’ouverture de l’ALÉNA et d’un dollar faible, alors je vous invite à repenser votre raisonnement.

Il se trouve que dans une économie d’exportation, les déterminants de la croissance les plus importants ne sont pas les taux d’imposition des ménages.

Et il se trouve que le parti libéral n’a pas fait grand chose pour transformer l’économie québécoise au cours des 10 dernières années, on mise encore sur les exportations avec le plan nord, on mise encore sur l’attrait d’entreprises étrangères avec une baisse des taux d’imposition aux entreprises (et l’élimination de la taxe sur le capital).

Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, rendu en 2015, il faut arrêter de regarder du côté du PQ (qui a d’ailleurs performé pendant les 9 ans qu’il a été au pouvoir dans les année 1990 et 2000).

«Depuis 2001, il n’y a eu que trois années où la croissance économique du Québec a dépassé les 2 % après inflation.»

Et pourtant la démographie était favorable à un taux d’emploi élevé, les jeunes étant moins nombreux et les boomers travaillant encore, de plus cette force de travail expérimentée était positive pour la productivité.

Alors je comprends que la démographie représente un vent contraire, même dans une région qui reçoit beaucoup d’immigrants. Mais il ne faut pas en faire un bouc émissaire qui vienne excuser des décennies de politiques mal avisées. Dans le passé la croissance était médiocre même avec une démographie favorable. La réalité est que la démographie change peu d’une année à l’autre, son influence est à long terme (un peu comme les changements de climat sur la météo).

Oui l’économie va mal, et l’économie ira sans doute encore bien plus mal dans les années qui viennent, et la démographie n’en est pas la principale cause, loin de là. Au Québec on ne laisse pas le capitalisme fonctionner comme il devrait, on a en conséquence l’économie qu’on mérite, la démographie n’est que la cerise sur le sundae.

Le sundae:

Depuis 2001 les ménages ont beaucoup dépensé et cela a grandement stimulé l’économie, notamment avec un boom immobilier et de construction qui dure depuis presque 15 ans.

Durant cette période le gouvernement a augmenté ses dépenses à un rythme bien plus rapide que l’économie.

Quand ces tendances vont se renverser alors vous verrez des vents contraire bien pire que la démographie qui a le dos bien large.

Pour rester dans la métaphore, le Québec plane sur les vents mauvais ou favorables de l’économie, sans se soucier de sa motorisation: les efforts consentis dans les domaines de la productivité/innovation et de l’éducation/formation. Nos entreprises attendent toujours, soit l’aide de l’État, soit un dollar à 80 cents, alors que nos universités/centres de formation n’espèrent qu’un plus grand nombre d’étudiants, avec le financement qui en découle. Le gouvernement les y encourage en augmentant le nombre des étudiants par des frais de scolarité ridiculement bas et en protégeant les marchés des entreprises/coopératives, alors qu’il ne faudrait les appuyer qu’en proportion des efforts consentis. Mais personne, au Québec, ne veut entendre parler de mesure de performance, c’est apparemment d’inspiration néo-libérale, donc à proscrire.

Je lisais aujourd’hui dans le journal Le Monde, que le ralentissement de l’économie chinoise était en train de s’amplifier. On observe une chute des exportations. Malgré tout la croissance au premier trimestre est de 7%. Même si la consommation des chinois (marché intérieur) est en constante augmentation, les ventes au détail n’ont grimpé en mars que de 10,2% ; ce qui est la plus faible progression depuis plus de dix ans.

Quant aux investissements, quoiqu’ils soient toujours en progression, les analystes relèvent, qu’il y a de l’essoufflement. Bref, même si la Chine était comme sur un petit nuage depuis quelques temps. L’avion Chine est en train de redescendre sur la plancher des vaches et profite de moins en moins des vents ascendants pour réduire sa consommation de kérosène.

Mais la Chine a un avantage au moins sur le nôtre. C’est que c’est un pays révolutionnaire. Ainsi, ce pays a compris qu’il devait s’engager dans une économie plus verte et tout le monde probablement mettra l’épaule à la roue. Tandis que le Canada encore pas.

C’est bien beau de parler toujours de croissance. Il n’en reste pas moins que pour avoir de la croissance, eh bien cela prend d’analyser tous les facteurs de croissances. Puis de foncer dans tout ce qui est susceptible de produire cette croissance, quitte d’ailleurs à s’endetter. Si précisément, il y a croissance, cela signifie que vous devriez pouvoir rembourser vos dettes. Alors que lorsque la croissance n’est pas au rendez-vous, vous ne pouvez que négocier les taux.

Faire croitre le PIB, c’est bien joli surtout quand on calcule le PIB par habitants. Sauf que ce PIB par habitant, est-ce bien ce que tout le monde a dans sa poche ? Hors la croissance c’est aussi la consommation. Dites-moi quel intérêt un travailleur a-t-il à accroitre sa productivité si cet accroissement ne contribue pas aussi à l’enrichir ?

Ce qui nous ramène toujours à cette « vieille » question : la richesse est-elle répartie uniformément ? En d’autres mots : est-ce que tout le monde peut décemment recevoir le droit d’avoir sa petite place au soleil ? — Lorsque qu’on aura répondu à ces questions, parmi quelques autres. Je n’ai aucun de souci quant au fait que la croissance devrait être robuste et au rendez-vous.

Si l’avion qui suit le vent, économise du carburant. L’âne carbure plutôt aux carottes qu’aux coups de bâton.