Une histoire de sirop d’érable

Le Québec est-il en train de perdre son statut de royaume de l’érable à cause d’une autre de ces politiques agricoles faites pour protéger ses acquis ? demande Pierre Duhamel.

Photo: Philippe Henry/Getty Images
Photo: Philippe Henry/Getty Images

Le sirop d’érable est tendance, et on pense que sa consommation pourrait doubler d’ici sept ans. Les géants américains de l’industrie agroalimentaire le considèrent de plus en plus pour remplacer le sirop de maïs afin d’adoucir le goût des aliments transformés, car il contient moins de fructose et plus d’antioxydants. On commence aussi à utiliser l’eau d’érable pour sucrer certains jus de fruits.
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Le sirop d’érable est rendu tellement populaire que des investisseurs se lancent dans la bataille et achètent des érablières et des terres pour doubler, tripler ou même augmenter de plus de 20 fois le nombre d’érables entaillés.

Qui profite de cet engouement ? Les producteurs québécois, qui contrôlent 71 % d’un marché mondial évalué à 160 millions de tonnes de sirop l’an dernier ?

Non. Les producteurs acéricoles québécois sont soumis à des quotas imposés par leur toute-puissante fédération et ne peuvent pas hausser leur production.

Pour assurer des revenus constants année après année, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec a constitué une imposante réserve stratégique, qui était de 63 millions de livres de sirop d’érable en octobre 2013.

Sa préoccupation, c’est de s’assurer que ses membres ne subissent pas les contrecoups d’une mauvaise saison ou d’une surabondance de produits de l’érable sur les tablettes des marchés d’alimentation — et que le prix de la boîte de sirop d’érable ne baisse jamais, qu’importe l’état du marché.

Sur les 7 700 producteurs québécois, il n’y a que 700 très petits producteurs qui ne sont pas soumis au dictat de la Fédération. Malheur aux autres. La Fédération aurait dépensé 300 000 dollars au cours des dernières années pour poursuivre ses propres membres, et des amendes d’un million de dollars ont été imposées aux récalcitrants.

Ceux qui profitent de la croissance de la demande, ce sont surtout les États américains (comme le Vermont). Alors que la part de marché du Québec a baissé de 80 % à 71 % depuis trois ans, celle des producteurs américains est passée de 16 % à 23 %.

La tendance est forte et elle est alimentée par une entreprise comme Sweet Tree, qui appartient à un fonds d’investissement. Elle a entaillé 95 000 érables jusqu’à maintenant et souhaite porter ce nombre à 500 000 entailles. Le sirop d’érable n’est plus une petite affaire saisonnière d’agriculteurs qui possèdent des terres boisées, mais un vrai business.

Que faites-vous si vous êtes un producteur québécois et que vous constatez que le marché est en pleine croissance — et que de nouveaux joueurs le convoitent ? Si vous êtes de taille moyenne, vous êtes cuit, parce qu’il sera difficile d’obtenir de nouveaux quotas pour agrandir vos opérations et parce que vous êtes trop important pour vendre directement. Si vous êtes plus solide, vous allez tout simplement vous installer au Vermont ou dans un autre État américain producteur.

C’est le cas d’Industries Bernard et Fils, un sucrier qui existe depuis le début des années 1800. Cette entreprise de cinquième génération de Saint-Victor, en Beauce, avait eu des problèmes avec la Fédération et avait été accusée d’avoir acheté illégalement du sirop d’érable. Elle est depuis rentrée dans les rangs, après avoir signé une entente avec la Fédération des producteurs acéricoles.

On parle ici d’une entreprise qui aurait 35 employés à l’œuvre dans son usine de 50 000 pieds carrés de Saint-Victor.

Les Industries Bernard et Fils ont investi ces dernières années à Island Pound, au Vermont, où ils veulent entailler jusqu’à un million d’érables. C’est de là que cette entreprise québécoise prendra son expansion future aux États-Unis, sans limites ni contraintes, sauf celles de la nature et du marché.

Le potentiel du Vermont est impressionnant, puisque seulement 2 % des érables ont été entaillés jusqu’à maintenant. On y comptait un million d’entailles en 2004 et plus de cinq millions cette année.

Est-ce que le Québec est en train de perdre son statut de royaume de l’érable à cause d’une autre de ces politiques agricoles faites pour protéger ses acquis plutôt que se positionner vers l’avenir ?

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Poser la question c’est y répondre. Votre analyse est des plus pertinentes et résume bien la situation. Est-ce à dire que la Fédération n’à pas été aux aguets et s’est même permis de penser et, surtout faire croire que la position du Québec en tant que leader, durerait une éternité. L’imposition de quotas est selon moi un style de gestion dépassé, le même phénomène se retrouve dans les produits laitiers. On impose des carcans tout simplement. Je veux bien un certain encadrement mais au point de freiner la croissance de l’un au détriment de l’autre, je ne suis pas d’accord.

Tout ce que Pierre Duhamel montre c’est que la part de marché des producteurs agricoles diminue. En quoi est-ce de la faute de la FPA? Il ne l’explique pas.

Il est d’ailleurs illogique de croire que la politique de prix plancher de la FPA est la cause de l’augmentation de la demande (cf. la loi de la demande).

Et si le potentiel acéricole maximal du Québec n’est pas assez grand pour répondre à une demande doublé dans 7 ans, est-ce vraiment la faute à la fédération si le Québec perd des part de marché? (et précisons perdre des parts de marché en vendant chaque années de plus en plus sirops) Est-ce la faute à la fédération s’il y a plus d’érables entaillés au États-Unis ou simplement le fait que la production de sirops d’érable est devenue une sphère d’activité pour le moins enrichissante?

Ce ne sont que quelques questions pour ne pas sauter à des conclusions trop facile…

Et je serais curieux de savoir grâce au effort de qui le sirops est devenue si intéressant… (du point de vue des acheteurs/transformateur) Est-ce les efforts d’un businessman quelconque ou les efforts de mise en marché et de recherche financé par la fédération (par le biais des producteurs québécois)?

« est-ce vraiment la faute à la fédération si le Québec perd des part de marché? »

Oui, c’est ce que le texte démontre, car le système de quota limite l’investissement et la croissance. Je comprends votre point, soit que c’est difficile de savoir si c’est nous qui stagnons ou si c’est les autres qui croissent très rapidement, mais la fédération a définitivement un effet sclérosant sur le marché. L’exemple de Bernard et fils est très éloquent.

« Et je serais curieux de savoir grâce au effort de qui le sirops est devenue si intéressant… (du point de vue des acheteurs/transformateur) »

Question absurde. La gestion de l’offre est explicitement conçue pour favoriser les producteurs aux détriments des consommateurs. Le gain des premiers se fait au détriment des seconds. C’est un cas classique où une minorité intéressée impose sa volonté à une majorité diffuse.

Et le marché était intéressant avant que les quotas n’existent…Les organisations style UPA adorent se considérer comme étant essentielle au bon fonctionnement des marchés et que sans eux, ce serait le déluge, mais c’est ridicule. Ce ne sont effectivement que des mafias légales : elles s’imposent par la force législative et bloquent des transactions volontaires entre individus consentants. C’est une mafia qui fait maintenant partie du décor, on la tolère par habitude et par résignation. C’est une mafia qui fait partie du « modèle québécois »…

Ce n’est pas tout. Dans ma région, l’Outaouais et sûrement ailleurs, il y a d’innombrables érables qui pourraient être entaillés, mais, ils sont reservés à l’industrie forestière. Depuis la mise en place des quotas qui favorisent les producteurs bien installés, il faut oublié la forêt publique, fief gardé des industriels. Si vous croyez que ces forêts sont protégées par des règles d’exploitation responsables, respectueuses de l’écologie, vous rêvez. Un petit exemple pour illustrer mon propos: vous êtes amateur d’ail des bois et vous dépassez la limite de 50 gousses par personne, ne vous faites pas prendre car vous paierez pour votre gourmandise et si vous êtes goinfre ou trafiquant, les frais seront d’autant plus élevés. Pourtant les exploitants forestiers peuvent détruire des plantations entières sans être inquiétés. Allez visiter un parterre de coupe récent en forêt de feuillues et dites moi qu’il ne serait pas préférable d’entailler ces arbres ou de les exploiter autrement.

Vous mélangez plusieurs dossiers M. Caron. Soyez certains que si une érablière est exploitée pour son bois plutôt que pour son sirop, c’est qu’il y a des règles qui encadrent aussi ces pratiques forestières. Une coupe forestière, c’est vrai que ce n’est pas beau les premières années (pas plus qu’un champs agricole fraichement récolté ou labouré), mais peu de temps après, la forêt reprends ses droits. C’est ça la dynamique forestière et c’est pour ça que lles connaissances nécessaires pour le faire (ou le faire bien). Vous avez la chance de vivre dans une région riche en histoire forestière avec de magnifiques forêts. Cette industire fait vivre plusieurs familles chez-vous comme ailleurs. Pourquoi ne pas contacter la Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire public de l’Outaouais ou l’unité de gestion du MFFP la plus près de chez vous pour planifier une visite terrain avec eux? Vous aurez sûrement un regard plus critique et constructif sur la forêt qui vous entoure par la suite.

Garder la main sur le robinet, c’est du corporatisme. Après la débandade du sirop d’érable, viendront le lait, les fromages… Vive le vrai Gouda, à moitié prix, et de meilleur goût.

C,est regrettable qu’une position qui a du mérite ne soit pas flexible afin de favoriser la richesse collective. Il y a assurément un mécanisme de commercialisation mieux adapté à la nouvelle réalité que celui du libre marché à tout prix ou du statu quo. L’agriculture québécoise vit dans le passé, au détriment du potentiel de notre territoire et de nos agriculteurs. Et maintenant…que fait-on? Le choix du passé ou le choix de l’avenir. N’est-ce pas là le choix du Québec en ce moment??? Trop d’étatisation et de corporatisme syndical tue le potentiel.

Nous sommes à un moment charnière. Avec la mondialisation, il est curieux de voir un tel système ayant pour but premier de tenir des producteurs dans un tel carcan monopolistique sans appréhender l’avenir, car nous ne sommes pas seuls au monde, et surtout sans aucune vision à long terme. Comme le déclarait un dirigeant de la fédération: « Nous sommes les leaders »! Que l’on se rappelle que GM, Chrysler, Ford étaient des leaders incontestés assis sur leurs lauriers….s’ensuivit la vague de toutes les automobiles coréennes, japonaises etc qui offraient des voitures fiables, à prix raisonnables!
Il y a longtemps que cette suffisance syndicale de l’UPA me hérisse et là, nous sommes face au même problème que les grands de l’automobile qui avaient oublié que d’autres pouvaient faire mieux! Eh bien, il semble que la fédération acéricole découvre qu’il y a des érables ailleurs qu’au Québec. Eureka!!!! et surprise: d’autres peuvent faire du sirop d’érable!! Hein!?!
Il y a urgence mais les « dort-au-gaz » de la fédération sont complètement déconnectés de la réalité et leur myopie syndicale semble être permanente

Tout genre de cartel ou de monopole (syndicats, SAQ, SAAQ, Loto-Québec, Hydro-Québec et tutti quanti) est très malsain pour le consommateur et au final, pour la société quelle qu’elle soit.

Il faut abolir toute forme de ce genre de cancer qui ronge le pauvre Québec.

Encore une fois… le Québec ne consomme qu’une fraction de ce qu’il produit. Pourquoi vendre à rabais un produit d’exportation ? Pour faire plaisir aux libertariens ?

La majorité des érablières aux rendements (lbs/entaille) sont entaillées au Québec. Celles qui ne le sont pas étaient considérées marginales et c’est le système des quotas qui les a sorties de la marginalité en les rendant attrayantes pour des propriétaires qui ne les exploitaient pas…

Cher François Premier,

« Tout genre de…SAQ, SAAQ, Hydro-Québec est très malsain pour le consommateur… »

PAUVRE QUÉBEC; il paye sa boésson MOINS CHER qu’au privé en Alberta,

il paye ses assurances auto MOINS CHER que partout en Amérique du Nord et il est mieux assuré,

il paye MOINS CHER cher son électricité que partout en Amérique du Nord.

Comme tu le dis François un, si ça coûte pas cher ce n’est pas bon.
Combattons ce cancer qui fait que l’on paye moins cher au Québec, pis mettons de la cassonade dans le sirop d’érable et vendons le plus cher pour qu’il soit pluss bon.

…et on attend toujours la vague d’immigration vers ce paradis qu’est devenu le Québec bolchévik…

Le Québec est l’un des endroits parmi les plus endettés au monde, des plus corrompus au monde, des plus taxés et des plus imposés au monde et où il y a le plus de fonfons au mètre carré au monde.

Tous les organismes étatiques dont j’ai fait mention et plus particulièrement la SAQ nous VOLENT ou nous ESCROQUENT littéralement et vous en redemandez???

Encore une fois youlle, où est donc cette vague d’immigrants qui ne demanderaient pas mieux que de venir demeurer au sein de cet Eden que nous décrivez si naïvement?

En toé cas, moi, la dernière fois que j’ai passé aux States, y’avait pas de grosse ligne…

Tout d’abord, une réserve stratégique de 31 500 tonnes sur une production mondiale de 160 millions de tonnes, c’est vraiment pas beaucoup. Les voisins (Nouveau-Brunswick, Ontario et Vermont) profitent de la gestion de l’offre au Québec. Cette bataille ressemble aux législations soit-disant « right to work » aux États-Unis, où les non-syndiquées profitent des gains réalisés par les syndicats sans payer leur part. C’est ce que font les provinces et états voisins.

La position du Québec, c’est aussi comme l’Arabie saoudite qui ajuste sa production pour maintenir le prix du baril de pétrole. En libéralisant l’offre, le Québec pourrait faire chuter le prix du sirop d’érable, couper court aux investissements chez nos voisins et reprendre sa position dominante, comme l’Arabie saoudite le fait présentement. Et aussi un épuisement des ressources. Si c’est cela qu’on veut, il faudra alors expliquer aux producteurs québécois qu’ils perdront de l’argent à court terme. Et qu’ils ne se leurrent pas, il n’auront pas en même temps une libéralisation de l’offre et les prix actuels .

Pour ce qui est des québécois qui investissent au Vermont, où le potentiel est inexploité, il n’y a vraiment rien de choquant là-dedans. Tant mieux pour ceux qui le font, et ça évitera de surexploiter les érables du Québec. Les Industries Bernard et fils auront un pied dans chacun des deux mondes.

« Cette bataille ressemble aux législations soit-disant « right to work » aux États-Unis, où les non-syndiquées profitent des gains réalisés par les syndicats sans payer leur part. C’est ce que font les provinces et états voisins. » (sic)

Euh…c’est parce que ce genre de démocratisation des syndicats est en application partout dans le monde civilisé, et oui…oui…même en France et en Suède.

Le Canada est l’un des très rares endroits dans le monde où on oblige les gens à se syndicaliser.

Monsieur Duhamel, je veux bien croire que les prix élevés découlant des quotas aient pu profiter à d’autres… mais la hausse de la production américaine ne provient pas « d’innovation » ou de terres en friche replantées en érable !!!!

C’est tout simplement qu’ils ont un grand potentiel inexploité et bénéficient des technologies inventées ici. Point. Ça fait très longtemps (bien avant l’arrivée des quotas) que des gens en Beauce possèdent des érablières de l’autre côté de la frontière. Pourquoi ? Elles coûtaient moins chères là-bas et étaient plus disponibles. En effet, pourquoi au Vermont, on a seulement 2% du potentiel qui est entaillé ? Ils connaissent pas le sirop d’érable ?

Protectionnisme a outrance béni par le gouvernemamam! Au Québec les propriétaires de fermes ont des quotas de lait et sur leurs terres pleines d’ érables , ils ont des quotas de sirop d’ érable!! On a décidément pas le droit de s’ enrichir et d’ être un producteur indépendant! Oh! Non! On doit tous être égaux! A moins qu’ on devienne indépendant , peut-être serions-nous plus indépendant dans nos décisions!

«Pour assurer des revenus constants année après année, la Fédération des producteurs acéricoles du Québec a constitué une imposante réserve stratégique, qui était de 63 millions de livres de sirop d’érable en octobre 2013.»

Tant qu’à apporter de l’eau au moulin sur la question du marché de l’érable, je demande : qui est-ce qui finance cette imposante réserve de sirop? La Fédération ou les producteurs? Dans les faits, les producteurs acéricoles, sont obligés de vendre leurs productions à la Fédération. Jusque là, ça va. Mais la Fédération ne paie la totalité de la marchandise reçue que lorsque le sirop est vendu. Donc si elle contrôle l’offre et la demande pour se créer une réserve et ainsi stabiliser les prix, ce sont les producteurs qui doivent attendre patiemment qu’ils ait écoulé leurs stocks de sirop pour recevoir leurs pleins paiements. On parle ici de barils de sirop de 2010 qui ne sont pas encore 100% payés en 2015.

La Fédération veut protéger ses membres et minimiser la précarité des producteurs acéricoles en empêchant le libre marché? Est-ce vraiment la meilleure solution?

Entre être payé 80% de 2.75$/lbs et être payé 100% de 1$ – 1.25$ /lbs le choix est pas dur a faire. Ya pas de systèmes parfaits. Demandez aux producteurs (pas les 1% récalcitrants, les autres 99%) si ils s’ennuient du bon vieux temps du libre marché total avec ces prix anémiques.

Et tout ça se termine par un prix plus élevé du produit. On court-circuite la loi de l’offre et la demande. Je commence à en avoir marre du socialisme québécois,

On doit produire 5 fois nos besoins… So what si les acheteurs étrangers de notre produit paient plus cher ?

La loi de l’offre et de la demande pour fixer les prix est le plus beau mythe entretenu par l’économie « mainstream » (néoclassique). Elle n’a jamais été validée.

Cher M. Duhamel, Vous avez manqué un bout de l’histoire acéricole du QC
Vous devriez demander, ne serais-ce qu’a un seul des 6300 producteurs de sirop du QC, ceux qui ont mis en place l’agence de vente, s’ils voudraient revenir en arrière et ils vous répondraient, jamais. Car en surproduction ils se faisaient carrément exploiter par des acheteurs comme vous mentionnez dans votre article et ce sans aucun scrupule. les consommateurs n’ont jamais profiter de rien car la canne de sirop restais le même prix sur la tablette du super marché. Ne venez pas me dire que vous êtes pour un libre marché ou les gros écrasent les petits. Vous êtes alimentez en information par quelques-un de vos 700 producteurs qui aimeraient bien vendre leur sirop au noir plutôt que de contribuer à faire développer le marché pour ceux qui produisent le sirop d’érable.
Avant d’écrire n’importe quoi Monsieur, informez vous au bonne personne SVP.

« Vous devriez demander, ne serais-ce qu’a un seul des 6300 producteurs de sirop du QC, ceux qui ont mis en place l’agence de vente, s’ils voudraient revenir en arrière et ils vous répondraient, jamais. »

J’en connais quelques uns alors votre thèse est invalide.

« Car en surproduction ils se faisaient carrément exploiter par des acheteurs comme vous mentionnez dans votre article et ce sans aucun scrupule. »

Est-ce que la FPAQ a des scrupules lorsqu’elle contraint le développement des acériculteurs et lorsqu’elle tiens les consommateurs en otage? Et si je suis votre raisonnement, si je me fais exploiter, il est logique pour moi de chercher à exploiter mon exploitant?

« les consommateurs n’ont jamais profiter de rien car la canne de sirop restais le même prix sur la tablette du super marché »

Avez-vous des chiffres pour backer cette affirmation?

« Ne venez pas me dire que vous êtes pour un libre marché ou les gros écrasent les petits. »

Ce n’est pas dans un libre-marché que les gros écrasent les petits, c’est plutôt dans un système de quota où il y a UN gros qui écrase tout le monde…

Êtes-vous un troll de l’UPA?

Je suis un vieux producteur qui a commencé à produire avec mon père voilà déjà 50 ans. Je suis membre de Citadelle. Les plus jeunes ne se rappelle pas l’époque où deux années sur trois on se mettait à genoux devant les acheteurs.Si il n’y avait qu’un seul producteur pour tout le Québec, il aurait un rapport de force et personne ne le remettrait en question. La FPAQ joue simplement ce rôle. Par contre, vous avez raison, il faudra s’ adapter au nouveau contexte mondial, c’est à dire américain. La FPAQ est le meilleur outil imparfait pour le moment.

« Si il n’y avait qu’un seul producteur pour tout le Québec, il aurait un rapport de force et personne ne le remettrait en question. »

Cette phrase est vraiment décourageante…On l’entend souvent. Mais il me semble que ceux qui la prononce n’ont pas entendu parler de la commission Charboneau ou du moins, ils n’ont pas su en tirer de conclusions constructives.

M.Dubois, ce que vous dîtes, c’est exactement ce que les entrepreneurs mafieux de Montréal disaient : « Euh, avant je devais concurrencer les autres et je devais me soumettre aux besoins de mes clients, mais maintenant que je me suis affilié à la mafia, je n’ai plus ces soucis. Ils ont un rapport de force…La vie va mieux pour MOI!! »

Soupir…

Monsieur Poulin… En agriculture, on observe les phénomène suivants : grands nombre d’agriculteurs, petit nombre d’acheteurs/transformateurs, récoltes variables. Lors d’excellentes récoltes, les prix chutent. Lors de faibles récoltes, la faible quantité récoltée n’est pas compensée par les prix élevés. Jumelez à ça la transmission asymétrique des marges due à la concentration des acheteurs et vous obtenez une belle recette pour des profits bas récurrents. Le fait d’avoir concentré l’offre nuit certes aux consommateurs du Québec mais ceux-ci ne consomment pas le tiers de ce qui est produit ici. Ce sont donc de grosses entrées d’argent pour le Québec qui se retrouvent directement dans les régions. Et, finalement, j’ai jamais vu le prix de la canne de sirop « chuter » dramatiquement les années de grosses récoltes. Et si vous voulez des chiffres solides pour aller au-delà de vos étourderies libertariennes, je vous suggère cette étude :

http://www.conseiltac.com/documents/pdf/Rapport%20final%20e%CC%81tude%20ace%CC%81riculture%20FLC.pdf

« grands nombre d’agriculteurs, petit nombre d’acheteurs/transformateurs, récoltes variables. »

Je ne nie pas le fait que la dynamique du marché peut poser certains défis aux producteurs. Ce que je déplore, c’est la solution style socialiste-bureaucratique, car ce type d’organisation tend à mal évoluer et tend à être autoritaire.

Si la FPAQ était un organisme privé où les membres pourraient entrer et sortir librement, ça serait beaucoup mieux.

1. parce que lorsqu’il y aurait un désalignement des objectifs entre les membres et l’organisation(comme le désir de prendre de l’expansion vs le désir de contrôler la production), les membres pourraient simplement quitter et faire ce qu’ils veulent. Cette option est bloquée actuellement.

2. Puisque le membership de l’organisation ne serait pas garantie, l’organisation devrait continuellement chercher à convaincre les membres qu’une adhésion à l’organisation est leur meilleure option. Cette dynamique est absente actuellement et ce que le 20e siècle nous a appris avec ce genre de solution socialiste, c’est qu’elle sont voués à l’échec, car elle incite les acteurs à agir de manière contre-rpoductive.

3. Si c’était privé, il pourrait y avoir plusieurs organisations style FPAQ qui compétionnerait pour attirer les membres vers leur organisations. Les meilleurs organisation survivraient et les autres périraient.

» Le fait d’avoir concentré l’offre nuit certes aux consommateurs du Québec mais ceux-ci ne consomment pas le tiers de ce qui est produit ici. »

Donc dans votre univers, les consommateurs hors-Québec ne sont que des demi-humains qui ne méritent que la moitié de notre considération?

» j’ai jamais vu le prix de la canne de sirop « chuter » dramatiquement les années de grosses récoltes. »

J’aimerais que vous m’apportiez des chiffres pour backer cette affirmation(pour la période pré-FPAQ). Il n’y en a pas dans le document que vous m’avez suggérez.(il y a le prix à la livre pour les producteurs, mais pas le prix sur les tablettes d’épiceries)

Je m’en tape des consommateurs hors-Québec. Le sirop d’érable est un produit de luxe. N’importe quelle autre source de sucre est moins chère. Les affamés d’Afrique meurent pas de faim parce que le sirop est trop cher. Ayoye.

Évidemment, un tel système « privé » serait ingérable. L’expérience d’une agence de vente dont la participation est optionnelle est vouée à l’échec. Ce fut déjà tenté par le passé dans la pomme de terre. Et c’est en train de se produire pour la Commission Canadienne du Blé, un futur échec retentissant depuis la fin de son caractère obligatoire.

« Je ne nie pas le fait que la dynamique du marché peut poser certains défis aux producteurs. »

peut poser certains défis… comme celui d’être pas rentable ? tout un défi pour une entreprise. En effet…

« Ce que je déplore, c’est la solution style socialiste-bureaucratique, car ce type d’organisation tend à mal évoluer et tend à être autoritaire. »

C’est sûr qu’un jugement de la cour, ça peut avoir l’air autoritaire. Mais pour faire un plan conjoint, ça prend un vote en encadré par la Régie des marchés agricoles :

« Si la Régie accepte la demande, elle soumet au référendum des producteurs agricoles ou des pêcheurs visés le projet de plan tel qu’il a été proposé ou avec les modifications qu’elle juge à propos d’y apporter.

Le plan sera approuvé par le vote positif des deux tiers des votants dans le secteur agricole ou de la moitié dans le secteur des pêches; dans ce secteur, cependant, le poids des débarquements de ceux qui acceptent le projet de plan doit représenter plus de la moitié des débarquements de tous les pêcheurs visés. Dans tous les cas, pour qu’il y ait approbation d’un plan, la moitié des producteurs ou des pêcheurs visés par le projet de plan devront avoir voté. »

Finalement, j’ai pas de graphiques de prix aux consommateurs. Ce n’est que mon pif (et il est très bon quand il s’agit de mon portefeuille) qui me guide. As-tu déjà vu les gens dirent : c’est formidable à quel point le sirop d’érable est pas cher cette année ! Et c’est pas dur à comprendre : la structure de l’industrie, c’était une offre éclatée en milliers de producteurs et trois-quatre gros transformateurs.

C’est vrai que certains ont compris et d’autres non. L’Europe subventionne directement les producteurs laitiers tout comme les États-Unis. Si on voulait faire de même et éliminer les quotas laitiers, faudrait, pour concurrencer à armes égales, recevoir un même niveau de subside.

Entéka… tu sembles pas avoir compris puisque le sirop d’érable et le lait, ce sont deux industries totalement différentes et les quotas dans les deux productions reposent sur des prémisses qui ne sont pas les mêmes.

Dans le cas du lait, la gestion de l’offre repose sur les barrières tarifaires. Dans le cas du sirop, les quotas s’appuyaient sur la position dominante des Québécois. Mais bon… pourquoi y aller de subtilités quand on peut tout englober avec des grands principes libertariens ?

Et c’est très drôle que tu t’appuies sur un documentaire dans lequel Daniel-Mercier Gouin est partie : il a passé les vingt dernières années à défendre la gestion de l’offre :

http://www.lacoop.coop/cooperateur/articles/2013/05/p48.asp

On peut y lire ceci :

« Dans le coin gauche du ring verbal, Daniel-Mercier Gouin, titulaire de la Chaire d’analyse de la politique agricole et de la mise en marché collective, affirme que dans les pays où le marché du lait a été déréglementé, comme en Nouvelle-Zélande ou en Australie, les producteurs perçoivent moins de revenus pour leur lait, les consommateurs paient ce produit plus cher et les chaînes de supermarchés engrangent les profits. Et si aux États-Unis le lait est moins coûteux qu’au Canada, il en va de même pour la viande, et « on ne peut pas affirmer que c’est la faute de la gestion de l’offre ». Par contre, le prix des quotas est « une problématique réelle » à laquelle il faut « réfléchir sérieusement ». Le prix plafond du lait a été une réponse à ce problème, bien que celui-ci ralentisse en ce moment la croissance des entreprises. En contrepartie, les quotas permettent une stabilité financière et des investissements pour ceux qui désirent se lancer dans les productions sous GO, dont la volaille et les œufs. Ce débat entre les deux pugilistes verbaux se poursuit dans les étables et les poulaillers de la relève. «

@ yann le 13 avril 2015 à 10 h 53 min:

N’importe quel style de contrôle de l’État sur le commerce libre est une aberration. Ça protège une industrie souvent improductive et croupissante (d’où la demande pressante d’aide de la dite industrie qui n’aurait pas besoin de ce genre de béquille si elle était en bonne santé!) pour ensuite la rendre complètement accro aux subventions et en faire une autre « corporate bum » qui se repose sur ses « lauriers » et qui émousse ses réflexes vis-à-vis la concurrence (pourquoi diable investirait-elle et augmenterait-elle sa productivité vu le protection étatique dont elle bénéficie?) tout en facturant le gros prix pour son produit aux consommateurs captifs.

Au final, ce sont tous les consommateurs qui paient pour leur protection (que je qualifie de scandaleuse!!!) incluant les plus démunis et les plus pauvres qui soit s’en passent ou soit y trouvent un substitut (Coke au lieu du lait par exemple).

Tout genre de protection étatique doit être ABOLI au nom de la LIBERTÉ et du DROIT de CHOISIR!!!

La revue L’Actualité a déjà présenté un dossier intitulé Le boom de l’érable . J’avais alors réagit en apprenant que les propriétaires ayant déjà un quota pouvaient faire une demande pour augmenter ce quota de 20 % alors que j’attends depuis plus de 4 ans pour obtenir un quota pour l’entaille de plus de six milles érables , de la fédération des producteurs acéricoles du Qc.. Une belle richesse qui dort et se perd de facon récurente d’année en année.

M. Duhamel,

Encore une fois, vous faites un sermon de propagandiste pour diviser les petits pour afin de favoriser les grandes entreprises.

« Elle a entaillé 95 000 érables (Sweet Tree)… »
« …un vrai business.»( P. Duhamel)

Vous m’impressionnez!

Dans les années 70 pour sortir de la « shop » j’allais m’amuser à aider un producteur des produits de l’érable. C’était un producteur laitier qui lui aussi s’amusait.

Il avait et a encore 25, 000 érables pour s’amuser et vous dites que 95 000 érables, c’est de la « BIG bésniss ».
Aille, on ne rit plus, (çé…çé sérieux).

Si vous voulez parler « vrai business », les États-Unis ont un potentiel de plus de 2,1 MILLIARDS d’entailles. Avec un rendement moyen d’environ d’un kilo par entaille, ça fait 2,1 MILLIARDS de kilos.

Vous voulez que les Québécois donnent leurs produits pour faire face à « cette peut-être » compétition des USA!

Le Plan conjoint des producteurs des producteurs acéricoles du Québec est à peu de choses près du Plan conjoint des producteurs des producteurs laitiers là où vous êtes fait planter par manque de connaissances.

Des améliorations? Il y a de la place; surtout pour mousser les ventes avec des produits à base de produits d’érable pour faire plus d’argent. Mais vous M. Duhamel, vous suggérez de casser les prix pour vendre plus et faire moins d’argent.

Vous n’êtes pas d’affaires!

Pour votre crédibilité, vous devriez suivre un cours pour la maîtrise de vos dossiers.

À tous les gauchisto-interventionistes de fins de semaines:

Fin des quotas pour la production laitière en Europe.
Le mercredi 8 avril 2015

http://ici.radio-canada.ca/emissions/bien_dans_son_assiette/2014-2015/chronique.asp?idchronique=368787

Si vos pays fétiches sont capables de le faire, pourquoi ne pourrions-nous pas le faire également ici, au Québec? Serions-nous trop lâches?

En plus, si ça peiut se faire dans le lait, pourquoi pas également dans le sirop d’érable, dans le poulet, dans le porc, etc…???

VIVE la LIBERTÉ de marché!!!

Au nom au nom de ta liberté d’entreprise, çé tu toi qui va payer et compenser 16% de subventions que les USA donnent à l’agriculture?

Hé! La pensée magique de la très droite des libertariens….!

« TOUTE forme de subvention doit être abolie. TOUTE incluant celle des USA. »

Tu pourrais écrire à l’Europe et aux USA pour leur faire abolir les subventions à l’agriculture.

Les libertariens de la tite droite profonde sont des rêveurs dangereux.

Des rêveurs!

Vivons-nous sous une dictature ? On le dirait . Avec les quotas, les exigences des uns et des autres ce n’est pas facile. Je ne suis pas contre la Fédération pour ceux qui en veulent bien mais laisser vivre les autres. Quand je voie partir de gros producteurs pour le USA je me pose beaucoup de questions pour mon QUÉBEC de demain.

« Quand je voie partir de gros producteurs pour le USA… » (Andrée P.P.)

Vous avez une preuve que les USA partent en grande pompe dans le sirop d’érable.

Z’avez pas lu l’article?

Le Québec et son système bolchevique de protection étatique a créé lui-même la cruelle compétition contre laquelle il doit maintenant faire face.

Bravo les champions!

Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Si le système bolchévique de la fédération du syrop d’érable du Québec est abolie le marché du Québec s’écroulera de les Maritimes. l’Ontario et les USA suivront avec.

Pas très fort en économie les drette et les libertariens.

La réalité est que…
Les américains ont réalisé que le marché du sirop d’érable était prospère et qu’ils pouvaient en tirer une rentabilité intéressante.
Les américains ont des érables et un une température propice à la production de sirop.
Les américains profitent gratuitement de tout ce que les membres de la fédération ont permis monter.
La fédération ne peut pas fermer les yeux sur la croissance de l’offre hors fédération et doit préparer un plan d’action réaliste pour le bien de ses membres.
Dans toute industrie, il y a des haut et des bas, et que l’industrie du sirop d’érable traversera fort probablement une période d’adaptation comme plein d’autre industrie dans le passé. Il restera maintenant aux investisseurs de décider s’ils embarque ou non dans le bateau et aux producteurs d’être imaginatifs.

Le texte pose une bonne question. Toutefois la production mondiale est de 160 millions de livres et non de tonnes. Une référence utile est le profil sectoriel de l’industrie bioalimentaire au Québec.

Merci pour votre article que j’apprécie beaucoup puisque je constate, a titre d’acericulteur, que je ne peux me développer même si j’ai des clients, des entailles qui attendent, des contrats de ventes d’eau d’érable, tout cela a cause des maudits quotas qui nous sont imposés par des syndicats qui utilisent le lait comme exemple. Le lait c’est 12 mois par année,nous c’est maximum 4 semaines avec des investissements de plus en plus grands. Mais comme nous sommes nés pour un petit pain…… Merci de votre attention.