Une lourde perte

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Monique Jérôme-Forget quitte la vie politique. Son départ, qui ne surprend personne, est une perte considérable pour le gouvernement libéral. À 68 ans, je comprends que la rudesse du jeu politique et la situation précaire des finances publiques québécoises donnent envie de faire autre chose.

J’ai toujours eu mal à cerner le personnage. Le roulement de ses «r» trahit une certaine éducation et une certaine époque. Mais c’était une femme résolument moderne et avant-gardiste. À 19 ans, elle partait pour étudier l’économie à l’Université de Londres. Je ne suis pas sûr qu’il y avait beaucoup de jeunes femmes québécoises qui allaient étudier à l’étranger en 1960. Elle a aussi fréquenté la célèbre John Hopkins à Washington où elle a étudié l’histoire. Retour aux études en économie à l’Université de Montréal avant l’obtention d’un doctorat en psychologie, à l’Université McGill. C’était décidément une femme de tête et de beaucoup de talents.

Venue tard en politique, elle a développé un style bien à elle. Le verbe mordant, la formule accrocheuse, un tempérament d’acier qui ne trahissait pas beaucoup d’états d’âme, Monique Jérôme-Forget avait tout ce qu’il fallait pour accéder aux ministères les plus difficiles.

Son bilan politique ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de son chef. Plein de promesses, mais peu de réalisations dans un premier mandat. Plutôt efficace et compétent dans un court second mandat. Et un troisième mandat qui commence tout croche avec une économie qui performe moins bien que prévu et plusieurs ministres qui semblent avoir perdu le goût de la politique.

Retenons quand même un joli (mais insuffisant) ménage effectué dans les dépenses de l’État après l’élection de 2003, l’équité salariale enfin reconnue dans la fonction publique et le gigantesque plan d’infrastructures.

À quoi peut-on s’attendre de son successeur ? Raymond Bachand m’apparaît plus «politique» que son prédécesseur. Il sera plus polémiste et il aimera ferrailler davantage avec l’opposition. Raymond Bachand me fait plus penser à Bernard Landry, effets de toge en moins, alors que Madame Jérôme-Forget ressemble peut-être plus à Pauline Marois. Est-ce une question de style… ou de genre ?

Photo : Clément Allard / PC

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J’ai du respect pour cette dame et je ne vais pas la blâmer pour quitter maintenant car je soupçonne qu’elle aurait voulu gérer de façon plus beaucoup responsable mais n’a pas pu à cause des pressions de ses à-plat-ventristes et électoralistes collègues… Ça explique peut-être en bonne partie son raz le bol.

Bien fait pour eux qui devront maintenant se démerder avec ce triste héritage.

De toute façon au Québec les politiciens changent mais la philosophie reste la même: Fuite par en avant toute!!!

Jusqu’à l’inévitable visite du huissier évidemment…

Plus j’écoute Lafaque et Labrèche, plus je vois les politiciens à travers leurs caricatures tellement elles sont justes et dévastatrices. Monique qui roule ses RRRR, Charest qui a l’air d’avoir été frappé par un camion, Dion qui est un nerd, Pauline qui a le p’tit doit en l’air, la caricature dépasse la réalité. Ca commence à m’inquiéter

Monique laissera, au vocabulaire politique, sa saccoche et ses pépines.

Derrière Monique Jérôme-Forget s’est caché un homme : Jean Charest.

Qui lui servira-t-il maintenant d’écran de dissimulation et de paratonnerre ?

Lorsque les élus s’engagent, ils prêtent serment d’honorer le poste qu’ils ou qu’elles occuperont et leur fidélité envers les citoyens.
Or ce n’est pas ce qui s’est passé. Elle a été fidèle à Johnny Boy.
On sait maintenant que ce gouvernement a été élu sous de fausses représentations et de fausses promesses et de faux serments. Alors c’est un gouvernement illégitime.
La ministre sacoche le savait et elle n’a pas dénoncé….alors la grosse perte faut se calmer.

Mon chapeau pour cette grande dame.

C’est toujours ironique de voir ceux qui, encore la veille, critiquaient chaque fait et geste d’une personnalité publique, alors que dès son départ, lui lance toutes ces fleurs. Dans le cas de Mme Jérôme-Forget, ce qui fait rire, c’est que tous ses détracteurs péquistes et adéquistes s’entendent aujourd’hui pour la qualifier de « dame de fer », et d’ajouter du même coup que tout ce qu’ils lui ont reproché était de la faute à Jean Charest. Mais, si elle se surnomme « dame de fer », ce doit être parce qu’elle ne laissait rien imposer. Drôle de contradiction, non ?

Je lisais le titre de votre billet avec la photo de Madame Sacoche et je trouvais que c’était exagéré comme titre. En lisant le texte j’ai trouveé votre titre plus réaliste. En effet vous dites;

« est une perte considérable pour le gouvernement libéral. »

Et juste pour le gouvernement libéral. Pour la population du Québec, c’est pas une grosse perte.

Le fin renard, vous êtes effectivement un fin renard. Juste à lire les commentaires ci-haut, ce n’est pas les contradictions qui manquent! Je n’aimais pas Mme Forget, parfois je trouvais qu’elle en « mettait » un peu, en fait, elle donnait l’impression qu’elle aimait allumer des feux. Mais par contre, elle savait donner l’heure juste, même si certain ne voulait pas entendre ce qu’elle avait à dire. Je regarde l’avenir avec le nouveau ministre des finances et ceux qui attendent dans les coulisses, au PQ et l’ADQ. Désolé, mais je crois qu’on va s’ennuyer de Madame! C’est juste dommage, qu’elle n’est pas eu plus de pouvoir pour mettre au pas, ses propres ministres, les syndicats et tout les « groupes de pressions » qui ne veulent que s’emplir les poches.

À bon droit, vous faites état du parcours remarquable de la demoiselle Jérôme dans les années 60, ajoutant toutefois: « Je ne suis pas sûr qu’il y avait beaucoup de jeunes femmes québécoises qui allaient étudier à l’étranger en 1960. »

Elles étaient rarissimes, en effet, et pour deux raisons très simples: 1) elles n’en avaient pas le$ moyen$; et 2)la très grande majorité d’entre elles avaient été élevées pour continuer la revanche des berceaux.

Il leur aura fallu attendre la Révolution tranquille (qui a mis du temps à vraiment intégrer les femmes)et, surtout, le contrôle de leur fécondité par la fameuse pilule.

Cela n’enlève rien au mérite de madame Jérôme-Forget, mais on peut supposer que l’éducation qu’elle a reçue étant jeune et une certaine aisance financière lui ont donné les ailes qu’il fallait pour se retrouver à Londres, à John-Hopkins et à McGill à cette époque.

Monique Jérôme-Forget n’est pas une lourde perte.

Par contre son déficit est une lourde perte dont on aurait pu se passer.

Sur le roulement de rrrrr de madame Jerome-Forget: Avez-vous déjà remarqué qu’elle ne les roule pas tous?…

Probablement conseillée d’être moins montréalaise par des faiseurs d’image, elle doit toujours se surveiller.

Lorsqu’elle doit camoufler, arranger la vérité, faire usage de malhonneteté intellectuel, mentir… elle roule car elle ne peut se conscenter sur ses rrrr et sur la façon de dire…

Lorsqu’elle est honnête elle ne roule plus!

Regardez sa conférence de presse à Montréal lors de son départ. Elle parle de sa famille et de son envie d’en prendre soin sans »rrrr ».

Aussitôt qu’elle parle de son bilan et répond aux questions pointues des journalistes sur Jean Charest, elle »rrrr »…

Ses réponses en chambre sont pareil… »rrrr » = je ments