Une récession au Québec en 2009

Le Mouvement Desjardins parlait hier d’une récession mondiale à l’image d’une pandémie. L’OCDE évoque aujourd’hui une récession « sévère et prolongée » qui fera augmenter de 8 millions de personnes le nombre de chômeurs dans ses 30 pays membres au cours des deux prochaines années. Je ne vois pas dans ce contexte comment le Québec pourrait échapper au sort de presque toutes les économies développées.

Pourtant les économistes du Mouvement Desjardins croient que le Québec évitera de justesse la récession grâce à une croissance économique de 0,1 % au premier trimestre de 2009. À ceux qui trouvent que MM. Harper et Charest restent passifs devant la crise, je souligne que les deux gouvernements prévoient investir 12,5 milliards de dollars au Québec en 2009, ce qui représente la plus forte contribution au PIB depuis 1977. Mais tout cet argent ne suffira pas quant à moi à surmonter les vents violents qui soufflent contre nous. Pas plus que les 2 600 milliards de dollars engagés jusqu’à maintenant par tous les gouvernements du monde pour empêcher la déconfiture du système financier et relancer l’économie.

Tous ces milliards vont atténuer les symptômes et réduire l’ampleur de la crise en cours. Mais ils ne font pas le poids face aux 9 000 milliards de dollars perdus par les seuls Américains suite à la baisse de valeur de leurs propriétés et de leur portefeuille boursier. La nouvelle réalité économique, c’est que le consommateur – surtout américain – est fauché et il fait la grève. L’OCDE prévoit que la consommation baissera de 1,2 % aux États-Unis en 2009. Les Américains importeront moins de biens et de services (- 2,1 % selon l’OCDE), notamment en provenance du Canada, leur principal client. Cela va forcément affecter le Québec dont 26 % de l’économie dépend du commerce trans-frontalier.

On croit – à tort – que le Québec est peu touché par ce qui se passe dans le secteur automobile. D’abord, situons l’ampleur de la crise : en 2005, il s’était vendu 17 millions de véhicules neufs chez nos voisins, on prévoit l’an prochain des ventes de 12,2 millions en 2009. GM, Ford et Chrysler demandent une aide d’urgence au gouvernement américain, sinon ils ne passeront pas à travers l’année. À elle seule, GM a accumulé des pertes de 72 milliards de dollars au cours des quatre dernières années.

L’Ontario est extraordinairement vulnérable dans l’éventualité d’une restructuration de l’industrie automobile. 400 000 emplois sont à risque là-bas. Ils sont d’autant plus à risque que les usines ontariennes des trois constructeurs menacés produisent des véhicules très énergivores. Encore plus à risque, parce que si le gouvernement américain consent des milliards aux constructeurs, ce sera pour qu’ils sauvent le maximum d’usines sur le territoire américain. Épouvantablement à risque, parce que le Canada n’a plus d’avantages compétitifs face aux usines non syndiquées du Sud des États-Unis et maintenant du Mexique.

Certains vont se réjouir des malheurs de l’Ontario, mais imaginez les conséquences sur le Québec d’une économie ontarienne en déroute. Cela représente des centaines de millions de dollars de moins en revenus fiscaux pour le gouvernement fédéral et des pertes aussi énormes pour le gouvernement ontarien qui se traduiront peut-être par des transferts accrus vers la nouvelle province pauvre du pays. Le Québec risque donc de recevoir moins en paiements de transfert.

Mais il y a pire encore. Il y a quelques centaines de concessionnaires automobiles qui devront fermer leurs portes au Québec et plusieurs milliers de personnes perdront ainsi leur emploi. Et n’oublions surtout pas que l’Ontario constitue un immense marché pour le Québec. Nos exportations vers cette province représentent environ 12 % de notre PIB.

Pour conclure, j’imagine mal le Québec éviter de plonger quand presque 40 % de son économie dépend de partenaires commerciaux qui sont en train de sombrer et que l’économie mondiale sera en récession.

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Les Américains vont réduire leurs importations de 2%! Ca veut dire qu’au lieu de vendre 50 tonnes d’aluminium on va en vendre 49 parce que oui ils vont continuer à en acheter. Arvida va survivre…

Après 15 ans de croissance, la récession est tout ce qu’il y a de plus normal. Bref, on capote pour rien.

Parcontre l’argent qu’on perd à la Caisse de dépot ne repoussera pas dans les arbres. Alors qu’on nous dit qu’il ne faut pas vendre au plus bas, que c’est passager et que ça va remonter, le Globe nous apprend ce matin de Toronto svp que notre bas de laine national, dirigé par des Rouges plus rouges que le drapeau canadien comme Claude Garcia et Pierre Brunet, a vendu cet été la bagatelle de 10 milliards d’actions parce qu’elle manquait de cash! C’est un cinquième du porte-feuille d’actions perdu à jamais!

Ce qui se passe à la Caisse avec l’argent de nos pensions est une véritable catastrophe. Si l’opposition n’était pas aussi faible, Charest serait dans les câbles. C’est lui qui a changé le cap, c’est lui qui a ouvert les portes grandes comme ça à la mondialisation. Là ça lui pète en pleine face et c’est nous qui allons écoper. Et pas à peu près!

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A date je ne vous ai pas encore entendu parler du budget à Monique (surplus de 2G ou déficit de 5G?), de son programme d’investissements (5 ou 16 G?) et de la perte à la Caisse (20? 30? 40 G? 200? 300? 400 Norbourg?)

Dans votre billet précédent vous parliez des défis que doit relever le Québec.

Il n’a pas été capable de le faire durant la dernière période de croissance même en augmentant sa dette publique qui est passée de 95 à 126 milliards.

Comment pourrait-il le faire maintenant?

Un « think tank » (de gauche, Le Centre canadien de politiques alternatives) prévient que le déficit Canadien pourrait exploser.

Imaginez ce que ça pourrait être pour le Québec qui est déjà en déficit.

Quand à l’Ontario c’est la même poutine, cette province est (presque) aussi étatiste et mal gérée que le Québec. L’industrie auto y est essentiellement une création des gouvernements à grand coup de traités et de subventions, on voit maintenant où mène ce genre d’ingérence dans les marchés. L’état est maintenant coincé entre la perspective de la faillite d’une industrie non viable qu’il a contribué à mettre en place ou d’avoir à dépenser des milliards pour la maintenir en vie (sans qu’elle ne devienne plus viable pour autant).

(Est-ce que le même scénario attend l’industrie aéronautique ici?)

Heureusement pour l’Ontario leur perspectives démographiques sont nettement moins désastreuses que celles du Québec.

Au Québec on perd un peu moins certes mais c’est qu’il nous reste vraiment peu à perdre…

Le Québec est incapable de se réformer, incapable par exemple d’une réforme aussi simple que d’enlever le transport en commun des mains des monopoles syndicaux, comment diable pourrait-on être optimiste à propos de cette fichue province?

La prospérité ( et toute la culture) nord-américaine s’étant bâtie sur la voiture, les biens, de moins en moins durables, et le crédit, nous allons délaisser la production pour l’entretien et la réparation.

Comme font tous les individus lorsque la consommation de biens de luxe devient impossible.

Consommer pour consommer ne mène qu’à un cul-de-sac.

Nous y voici.

Pendant ce temps, la moitié de l’humanité manque toujours du nécessaire…

Que les trois grands de l’automobile soient en difficulté, ce rien de nouveau ! Ça fait plusieurs années que ces compagnies persistent à opérer comme en 1950, en faisant fi des avertissements venant de tous côtés. Leurs lignes de produits sont désuètes, leurs syndicats sont trop gourmands, les ventes sont en baisse, etc.
Qu’ils fassent faillite, qu’ils se réorganisent et après, on verra !
Il y a moyen de fabriquer des voitures et de faire l’argent. Que les trois Grands regardent autour d’eux, ils verront bien !

brasseur,

je vous suggère de lire le Time de cette semaine. La page couverture présente: « The Sorry State of American Health » et à l’intérieur c’est rempli de données provenant de l’OCDE.

Koldo,

Chialez pas trop contre les américains, d’ici pas longtemps c’est probablement là que vous devrez aller pour vous faire soigner comme du monde.

Si le système de santé va mal au Québec ce n’est pas à cause de Marois ou de Charest, c’est à cause des Américains.

Selon mon humble avis, la déconfiture des Américains se fait déjà sentir au Québec. Je suis cuisinière dans les Laurentides
et depuis l’été, nous avons moins de clients que l’an dernier.
De ceci en découlera une perte d’emploi car les cuisines ont besoin de moins de travailleurs et une baisse des heures de travail.
Nous sommes une région touristique et une récession nous fera très mal. Les hôtels, les bistros et les stations de ski seront les premier touchés… En fait, ils le sont déjà!

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ET ON PERDRAS PAS NOS JOB !