Une télé mongole à saveur québécoise

Une chaîne de télévision nationale mongole fait appel à l’expertise québécoise pour faire peau neuve

Dix minutes avant d’entrer en ondes, le stress est à son comble dans le studio de Mongol TV, à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. En ce 2 février 2013, la chaîne privée s’apprête à lancer sa nouvelle programmation et un petit groupe de consultants étrangers, dont plusieurs Québécois, partage l’angoisse ambiante dans la salle. «Et si ça ne fonctionnait pas?» craignent-ils.

Deux ans auparavant, Michel Rodrigue ne connaissait rien de la Mongolie, sauf le peu qu’il avait appris sur Gengis Khan dans ses cours d’histoire. Lorsque l’expert en télévision et cofondateur de la firme de consultants The Format People a été approché par Nomin Chinbat, la fille d’un richissime homme d’affaires mongol, pour devenir directeur général de Mongol TV, sa première réaction a été de décliner l’offre. Après-tout, il était semi-retraité et déjà bien occupé par un mandat en Chine. «J’ai quand même pris le billet d’avion qu’elle m’offrait, par curiosité.»

Le consultant y a rencontré des «gens qui voulaient bâtir une vraie station de télé, avec de vraies nouvelles non biaisées» et du contenu local. Une véritable bouffée d’air frais dans un pays où les téléséries étrangères piratées et les médias au service des intérêts de leur propriétaire sont la norme. Bref, un projet excitant… mais pas assez pour que Michel Rodrigue accepte le poste.

«Au début, j’ai proposé de trouver quelqu’un d’autre.» Mais pour attirer un candidat compétent, il aurait fallu un salaire «d’au moins 250 000 dollars par année. Ça représentait le double de la masse salariale de Mongol TV.» Pour économiser, le consultant a plutôt suggéré de «coacher» Noami Chombat pour qu’elle occupe le rôle de directrice générale et de former ses employés à l’aide d’experts étrangers. «Je prévoyais consacrer une dizaine de jours pars mois à ce mandat.» Erreur.

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