Une (toute petite) brèche dans le monopole de la SAQ ?

J’ai acheté samedi dernier trois belles bouteilles de vin et ce n’était pas dans une succursale de la SAQ ni dans une de ses agences. C’était au Québec et tout était parfaitement légal.

J’ai fait ces achats à De la coupe au livre, un établissement situé rue Des Forges, au centre-ville de Trois-Rivières. C’est un bar à vin et on peut y déguster quelque 200 produits différents et une vingtaine sont offerts au verre. C’est aussi une librairie spécialisée dans les livres gastronomiques et une boutique d’accessoires pour le vin. Rien de vraiment inusité jusque là, sinon que le jumelage de ces activités me semble unique.

Il faut aller à l’arrière du « bar-librairie-boutique » pour trouver le « restaurant ». Et quel restaurant ! Séparé par des portes de verre du reste du local, le tout petit resto consiste en deux tables et un frigo central contenant des petites boîtes de charcuterie et de fromage, le tout entouré par des étagères contenant 450 vins introuvables dans les succursales de la SAQ. Le principe est simple, vous choisissez vos bouteilles et vous prenez une petite boîte de nourriture dont les prix varient de 2,50 dollars à 5 dollars.

Comment peut-on acheter des Champagnes, des Bordeaux ou des Australiens en vente libre ailleurs que dans le réseau de la SAQ ? Deux facteurs rendent la chose possible.

D’abord, l’engouement des Québécois pour le vin a multiplié le nombre d’agences de distribution et le nombre de vins disponibles. Le réseau de la SAQ ne peut absorber tous ces nouveaux produits. Les distributeurs sollicitent davantage les restaurateurs pour « placer » leurs vins et les propriétaires sont fiers d’avoir une carte originale qui les démarquent. « Les importations privées sont en forte croissance au Québec» constate mon collègue Michel Phaneuf avec qui je partageais ma trouvaille trifluvienne. Le commerce du Vieux Trois-Rivières rend disponible à l’unité des bouteilles qu’on ne pourrait déguster que dans certains restaurants ou n’acheter qu’à la caisse par l’entremise de la SAQ.

La SAQ est la première bénéficiaire de cette mode puisqu’elle prélève des droits et des taxes sur chacune des bouteilles, que l’importateur soit un particulier ou un restaurateur. L’importation privée complète l’offre de la société d’État; elle ne constitue pas une véritable concurrence.

Le deuxième facteur relève d’une compréhension libérale de la loi sur les permis d’alcool. En effet, la loi autorise les restaurants à vendre, « pour emporter ou livrer, des boissons alcooliques accompagnées d’un repas ». « Pas de vin sans la petite boîte, nous sommes intransigeants là-dessus », insiste d’ailleurs François Deschènes, le gérant de l’établissement.

Ainsi, grâce à ma tranche de fromage et à mon pâté à 2, 47 dollars, j’ai pu acheter un joli Riesling, un Californien dont on dit grand bien et un Pinot noir du pays de l’Aude. Merci à Jean-Pierre Tremblay et à Sylvie Morin, les libraires les plus importants de la Mauricie (Librairie Clément Morin), d’avoir eu l’idée de ce concept et le cran d’aller de l’avant.

N’est-il pas temps que notre vénérable SAQ ait un peu de concurrence ? Ne serait-ce que sur le choix des produits…

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M. Duhamel, il manque une information cricuale dans votre billet: combien avez-vous payé vos bouteilles? Les bénéfices de la «concurrence» soit le choix, mais surtout – et particulièrement dans le cas de la SAQ – le prix. Est-ce que les droits prélevés par la SAQ fait en sorte que la bouteille coûte aussi cher que dans leurs succursales?

@ M. Don

Il est frustrant de voir une de ses fautes ou une de ses gaffes exposée après avoir « pésé sur le piton ».

Si on avait la chance de pouvoir corriger pendant les dix minutes suivant l’envoi, il me semble que ce serait un avantage pour la qualité de ce Blogue.

@ M. Don

Il est frustrant de voir une de ses fautes ou une de ses gaffes exposée après avoir « pésé sur le piton ».

Si on avait la chance de pouvoir corriger pendant les dix minutes suivant l’envoi, il me semble que ce serait un avantage pour la qualité de ce Blogue.

M. Duhamel, j’aimerais bien avoir votre avis sur ce coin de pays qu’est la rue Des Forges autrefois appelée la «main» et souvent encore aujourd’hui.

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Pour le vin, J’ai le choix de l’acheter à côté de chez moi à quelques pas, au dépanneur, au IGA, au MÉTRO. Je l’achète toujours à la SAQ près du IGA.

Le vin est un produit de luxe et que ceux qui ne peuvent s’en passer se posent des questions.

Mon choix est la SAQ pour la qualité, le choix et les conseils des produits à gros profits plutôt que le volume de vins d’épicerie bas de gamme qui souvent sont plus chers qu’à la SAQ. Donc, pas question pour moi de privatiser la SAQ pour économiser quelques sous. Que ceux qui veulent économiser aillent à l’épicerie.

Mais qu’il y ait des vins exclusifs, choisis par les propriétaires dans certains commerces spécialisés, ne ferait qu’enrichir et compléter le choix se la SAQ.

À votre santé!

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a M. Fleurant

Ça prendrait un prévisuellemt. Je vais sur un forum, il y a ça, c’est merveilleux pour corriger nos fautes.

Il faut conserver le monopole de la SAAQ. Sans le monopole sur l’alcool pas de qualité, pas de bon service et en plus on finance le compte en banque des riches de Power Corporation qui appauvrissent le Québec.

Quand j’achète une bouteille de vin, je sais que mon argent va être réutilisé pour le bien commun. Pas de gaspillage et un investissement rentable dans l’éducation, la santé et les services sociaux.

Réponse à Pierre : Étonnant de lire les affirmations contenues dans votre premier paragraphe. Est-ce à dire qu’en France, en Italie, aux USA, en Australie et dans plusieurs autres pays trop long à lister, la qualité n’y est pas ? Que le service est mauvais ?

M. PV

Évidemment en France ils ont leurs meilleurs vins et leurs piquettes. En contrepartie au Québec nous avons leurs meilleurs.

Aux USA on peut repasser pour la qualité et le service. Essayez de trouver un restaurant au Québec avec des repas à 100$ le couvert qui n’a que quatre vin ben ordinaire à sa carte. J’étais avec un Français et il était tard. On a fait la grimasse et ce n’est pas rare en ce pays. C’est quelque chose qui manque souvent à leur culture.

En Alberta, ils ont privatisé et ce que j’entends est qu’il faut maintenant aller dans quelques grands centres pour trouver de la variété et de qualité.

En passant plusieurs français que j’ai connu étaient jaloux de la bonne gamme des vins que nous avions au Québec.

La piquette est rare au Québec. Contrairement à plusieurs dont la France, l’Italie, aux USA, en Australie et autres.

Qu’on me corrige svp!

Nous sommes gâtés. En plus si on ajoute ce dont parle M. Duhamel c’est une hausse à cette gamme noble dont nous sommes tous privilégiés au Québec. Et au verre en plus!

Pour les taxes sur le vin, payer en d’autres taxes ou en taxes ou en impôts c’est du pareil au même. Non?

@Pierre
Si je vous comprend bien, il n’y a que le gouvernement pour offrir de la qualité. Et que penser alors de l’état pitoyable de nos routes, de notre système de santé, de notre système d’éducation? C’est de la qualité,ça?

@Yvon Fleurent,
Vous n’êtes cetainement pas un amateur de vin. De la piquette, on en a plein les épiceries et même parfois à la SAAQ.

@Gilles Laplante

Vous ne comprenez pas la démarche intellectuelle derrière cette argumentation. De un, ils nous diront que seul le gouvernement est capable d’offrir qualité et service à bas prix. Lorsque vous leur pointerez des preuves tangibles allant contedire ce constat, ils vous diront que sans ces programmes gouvernementaux offrant cette qualité, ce serait encore pire!

Regardez bien sa réponse…

Affirmer n’importe quoi.

« … il n’y a que le gouvernement pour offrir de la qualité. »

« Vous n’êtes cetainement pas un amateur de vin.”

Hypothèse encore.

« De la piquette, on en a plein les épiceries et même parfois à la SAAQ.”

Encore faut-il savoir ce qu’est la piquette et aussi penser que les exportateurs exportent la leur pour se faire un nom.

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« ils nous diront que seul le gouvernement est capable d’offrir qualité et service à bas prix.”

“Lorsque vous leur pointerez des preuves tangibles allant contedire ce constat,…”

Encore il faut en avoir des preuves.

« ils vous diront que sans ces programmes gouvernementaux offrant cette qualité, ce serait encore pire!”

Hypothèse et l’art de faire dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit et ce qu’ils pourraient dire.

Quelle crédibilité!

@Yvon Fleurent

« Encore il faut en avoir des preuves. »

Je crois que Gilles Laplante en a étalé assez.

« Hypothèse et l’art de faire dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit et ce qu’ils pourraient dire. »

OK, alors faites moi avoir tort alors. Si je vous dis, débarrassons nous du rôle que le gouvernement a dans les routes, éducation et santé, vous devriez alors me répondre « Parfait, je suis d’accord! »

Si vous me répondez « Ben non, ca serait catastrophique » ou quelque chose du genre, j’aurai donc raison.

Les Fleurent et autres seront évidemment d’accord, s’ils suivent leur logique, pour nationaliser les épiceries, et tant qu’à être parti, les dépanneurs. Une Société des Épiceries du Québec, ça vous tente ?

A noter que le gros monopole SAQ n’est même pas capable de profiter de son immense pouvoir d’achat pour obtenir de meilleurs prix !

Allez mettez-en, mettez-en, on va vendre ça le gouvernement, c’est pas rentable.

MB Y connais ça la SAQ pis le vin. Sont pas capables de négocier qui dit.

Qu’il aille donc en parler aux producteurs de vins terrorisé par la SAQ en France.

Qu’il en fasse témoigner quelques uns juste pour voir si la SAQ ne sait pas négocier.

Toujours les mêmes affirmations gratuites sans fondement et sans avoir entendu parler de rien, si ce n’est de leurs semblables.