Val d’or

Afin de relancer la scierie de Domtar, la centaine de travailleurs de l’entreprise a accepté une baisse de salaire de 10 % et un régime de retraite moins avantageux.

Entrevue avec Patrice Léger-Bourgoin, conseiller principal aux communications de Domtar, région du Québec et du sud de l’Ontario

Est-ce que la situation reste difficile à la scierie, malgré l’entente prise avec les employés ?

Les conditions du marché restent difficiles en ce moment pour les raisons suivantes :
– aux États-Unis, il y a 900 000 propriétés neuves qui ne sont pas vendues ;
– on vit en ce moment la plus importante crise de mises en chantier depuis la crise immobilière des années 90;
– le prix du bois d’œuvre reste très bas.
Et donc, la situation pour une scierie reste difficile.

Les concessions qui ont été acceptées par les employés et les efforts qui ont été faits par la compagnie pour abaisser ses coûts fixes ont permis de garder la scierie et de la faire fonctionner. Pour combien de temps ? On ne sait pas, la marge de manœuvre n’est pas démesurément grande, dans un contexte de diminution des possibilités forestières.

On est pris avec trois facteurs négatifs contre nous : la baisse des mises en chantier a un impact sur le prix de vente du bois d’œuvre, le dollar canadien est trop fort et il y a une baisse des approvisionnements en fibre. Les nouveaux calculs du forestier en chef limitent le droit de coupe dans les forêts publiques, ce qui oblige à aller chercher le bois de plus en plus loin, faisant augmenter les coûts pour l’entreprise.

Yves Gobeil, directeur des services à la Fédération des travailleurs et travailleuses du papier et de la forêt de la CSN

Quelle est la situation du point de vue du syndicat ?

Quand le syndicat a négocié le nouveau contrat de travail avec Domtar, l’usine était déjà fermée. Quand un travailleur voit arriver son dernier mois de chômage, il accepte plus facilement une baisse de salaire.
On a mis en place une grille salariale déterminée par le prix du bois, valable pour cinq ans. La baisse de salaire va jusqu’à 10 % si le prix du bois reste bas, mais les travailleurs peuvent s’enrichir jusqu’à 5 % si le prix du bois remonte.

Le point le plus important, c’est que les employés ont accepté de passer d’un régime à prestations déterminées (dans lequel le risque repose sur les épaules de l’employeur) à un régime à cotisation déterminée (où le travailleur endosse le risque).

Ce qui semble encourageant, du point de vue syndical, c’est que la compagnie a investi 6 millions  $ dans un projet d’optimisation de l’usine. Mais ce projet est conditionnel à un transfert de bois que doit décider le gouvernement et, pour l’instant, ce dernier n’a pas encore donné de réponse positive.

La survie de l’usine est importante pour Val-d’Or qui fait partie des 230 villes définies comme monoindustrielles au Québec. Heureusement, on a vu, en Abitibi, une reprise de l’activité minière qui compense, pour l’instant, la crise de l’industrie forestière.

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