Vendre ou ne pas vendre les sociétés d’État ?

L’expérience nord-américaine montre qu’il y a très peu de chances que l’État améliore la santé de ses finances après avoir vendu l’un ou l’autre de ses actifs. 

Non seulement satisfait de promouvoir le mythe de l’austérité comme outil de croissance, le gouvernement Couillard vient de faire ressusciter un autre des clichés favoris de la droite : l’efficacité supérieure du secteur privé.
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Cette croyance en la Sainte Trinité du privé, du marché et de la main invisible est ce sur quoi repose l’idée de vendre des sociétés d’État afin de conserver l’équilibre budgétaire jusqu’en 2020. Une idée que Carlos Leitão, ministre des Finances, a relancée cette semaine, au moment où il effectue justement sa tournée chez des investisseurs nord-américains.

Malheureusement, il est peu probable qu’une telle proposition soit gagnante pour qui que ce soit, sauf peut-être pour les investisseurs.

L’expérience nord-américaine montre qu’il y a très peu de chances que l’État améliore la santé de ses finances après avoir vendu l’un ou l’autre de ses actifs. Soit le gouvernement sous-estime la vraie valeur de ses «entreprises», soit il n’exige pas assez de contraintes envers ses acheteurs privés. Et dans les deux cas, les citoyens sont perdants.

L’exemple de Chicago

La Ville de Chicago a surfé sur la vague de la privatisation pendant plusieurs années, et son cas de privatisation des parcomètres, en 2008, se révèle particulièrement instructif.

Dans le but de combler un trou budgétaire (hum…), le maire Richard Daley a vendu à toute vitesse le réseau des parcomètres de sa ville à un consortium d’entreprises privées formé de Morgan Stanley, d’Allianz Capital Partners et d’Abu Dhabi Investment Authority. Les termes de la transaction : 1,2 milliard de dollars pour 75 ans. Ce trio a ainsi acheté les droits de tous les revenus des parcomètres de Chicago jusqu’en 2083.

Du jour au lendemain, les tarifs des parcomètres ont augmenté de manière significative, tout comme le nombre d’heures où ces appareils sont en fonction. De nombreuses études rapportent que Chicago a sous-estimé la valeur de ces droits, dont la valeur réelle oscille entre 2,4 milliards et 12 milliards. La Ville a donc été largement perdante dans toute cette affaire.

Mais revenons au cas du Québec. Le ministre Leitão ayant exclu la possibilité de vendre Hydro-Québec, on pense tout de suite à la Société des alcools du Québec (SAQ) ou à Loto-Québec. Cela étant dit, le gouvernement en aura pour son argent seulement s’il vend ces sociétés accompagnées d’un droit de monopole.

Pourquoi ? Parce qu’une entreprise privée ne pourrait jamais espérer faire des profits comparables à ceux de la SAQ ou de Loto-Québec si elle avait de la compétition. Dès lors, si ces sociétés d’État ne sont pas vendues comme monopoles, le gouvernement n’a aucun espoir d’obtenir un montant suffisant pour remplacer les revenus annuels qu’elles procurent.

Quels gagnants, quel perdants ?

Ainsi donc, pourquoi échanger un monopole d’État pour un monopole privé ? Les consommateurs d’alcool et de loteries en sortiraient-ils vraiment gagnants ? Un monopole privé ne ferait preuve d’aucune hésitation politique envers de fortes hausses de prix, comme le montre l’exemple de Chicago.

La justification récente de Leitão n’est guère rassurante : il étudie tous les scénarios de privatisation possibles afin de conserver l’équilibre budgétaire jusqu’au 2020. Dans ce contexte, ce n’est pas la cible d’équilibre budgétaire qui est inquiétante, mais son horizon. Un horizon de cinq ans est trop court — les Québécois ont besoin d’un gouvernement qui vise beaucoup plus loin que sa prochaine élection.

Une chose est sûre : si le gouvernement va de l’avant avec un ou plusieurs scénarios de privatisation, il s’avère primordial d’étudier et de suivre ces derniers de façon transparente. Mais rien ne garantit qu’il le fera. (Rappelons le cadeau qu’il a offert aux sociétés minières avec le projet de loi 28 — en «protégeant» les données sur les quantités de minerai excavé sous le couvert d’«informations commerciales» et en proposant de faire un chantier sur l’acceptation sociale de projets énergétiques à huis clos.)

En résumé, advenant la vente de ces sociétés d’État, on obtiendrait — avec beaucoup de chance — un prix qui couvrirait à peine la perte de leurs revenus annuels. Un monopole privé se révélerait plus efficace : ce sont les consommateurs d’alcool et de loteries qui sortiraient gagnants d’une telle transaction.

Malheureusement, il est beaucoup plus probable que les ventes soient faites à rabais et que les seuls vainqueurs demeurent les investisseurs privés… ce qui exacerberait les inégalités en plus d’empirer les finances publiques, comme on l’a vu avec Chicago.

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Vous partez de plusieurs prémisses qui actuellement sont encore loin d’être vérifiées. Ce qui vous porte à toutes sortes de conclusions hasardeuses :

1- Seules les jeux et les alcools seraient privatisés (pas Hydro-Québec),
2- On vendrait ces sociétés dans leur intégralité,
3- Ce qui serait vendu, c’est le privilège du monopole.

Donc tout ce qui a de la valeur ici, ce ne sont pas les jeux ou les alcools ou encore les points de vente et le réseau, c’est l’exercice d’un monopole seulement. Drôle de vision du secteur privé et de ce qu’on appelle les lois anti-trust. Il faudrait croire dans ce cas que monsieur Leitão ne connait décidément rien à l’économie.

Techniquement parlant, l’idée sous-jacente, c’est de pouvoir ouvrir une partie du capital des sociétés d’État à des investisseurs privés. Cela implique bien sûr un changement juridique des entités, puisque celles-ci seront cotées en Bourse.

Au lieu de prendre un exemple comme celui des parcomètres de Chicago. À noter que la gestion des parcomètres à Montréal est paramunicipale et que les privilèges de stationnement gratuit ont été pas mal laminés ces dernières années. Moi j’aimais bien me balader au centre-ville gratuitement le dimanche en auto. Aller boire un café et visiter de belles expos, voir un film ou m’acheter un bouquin. Maintenant je reste dans ma banlieue imperturbablement. — Qui sont gagnants ? Les commerçants ?

Prenons l’exemple d’EDF (Électricité de France) justement. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, plusieurs activités économiques essentielles, dont l’énergie ont été nationalisées dans plusieurs pays européens. La dérèglementation amorcée dès 1996 par l’Union-Européenne a permis à plusieurs de ces entités d’ouvrir leur capital. Depuis fin 2005, EDF est cotées en Bourse.

Par cette ouverture aux capitaux, EDF qui initialement de producteur-distributeur d’énergie en France seulement a pu ainsi poursuivre son expansion. Elle est présente désormais dans plus de 30 pays, elle est devenue le premier fournisseur d’électricité dans le monde. Plus de 84% des actions sont détenue par l’État français. Et le cours de l’action est en progression. Donc l’entreprise accroît sa valeur avec le temps.

Revenons au Québec. L’ouverture aux capitaux des sociétés d’État peut permettre d’accélérer leur développement et de pénétrer d’autres marchés auxquels elles n’ont pas accès. L’ouverture aux capitaux privés n’a pas pour effet de diluer le capital social initial, cela a pour but de rendre possible un accroissement de la profitabilité de chaque entité. Cette profitabilité accrue devrait accroître les revenus que pourraient engranger ces sociétés étatisées si elles changeaient de statut. L’État reste encore l’actionnaire de contrôle, reçoit sa part de bénéfices et des dividendes. Et tout le monde est content. L’actionnaire de contrôle peut fixer des balises pour les politiques de tarifs et de prix. Et même vous pourriez pour garnir votre bas de laine, vous acheter des actions des nouvelles entités ainsi créées.

Statoil, Petrobras et Électricité de France sont toutes transigés à la bourse…

Mais dans le petit Québec, on veut se faire croire que le privé ça ne marche pas…

En fait, sur la base des prix payés par les consommateurs pour l’électricité : ça ne marche pas en Amérique du Nord en général (il y a des exceptions, mais elles sont rares).

À vous de nous prouver pourquoi ce serait différent au Québec.

VENDRE et ainsi diminuer notre effarante et intolérable dette et alléger l’héritage empoisonné que nous nous apprêtons tous à léguer à nos enfants et à nos petits-enfants.

L’État n’a rien, mais alors RIEN à foutre à foutre dans la vente d’alcool, d’électricité, d’assurance et de billets de loto. Entre autres

Mais c’est une vache sacrée et même si ça fait plein de sens je doute qu’on vende HQ.

Au lieu de ça on va assister au déclin de sa valeur et quand éventuellement on sera obligé de vendre ça ne vaudra probablement plus grand chose…

Ça sent les amis du partis qui attendent qu`on leur DONNE nos capitaux, lorsque nous sommes pauvre au point de vendre nos meubles pour joindre les deux bouts, ça fait pitié.

HQ n’est pas un meuble dont on se sert dans la vie de tous les jour c’est un actif dont on pourrait se passer et sa vente peut à un moment donnée être une bonne affaire. Il semble que ce serait le cas en ce moment.

HQ est un paradis syndical dont la productivité est médiocre.

Dans 25 ans le contrat de Churchill ne sera plus en vigueur et Churchill compte pour pratiquement les 3/4 des profits d’Hydro.

La compagnie, par ailleurs très endettée, vaudra alors (et même bien avant) beaucoup moins. Et par dessus le marché on aura alors probablement plus le luxe de subventionner des industries entières. La perte de revenus chez HQ pourrait en entrainer beaucoup d’autres!

Vaudrait beaucoup mieux vendre maintenant alors que les taux d’intérêt sont très bas et que la valeur au marché de ce type d’entreprise à un sommet qui ne reviendra probablement jamais. On pourrait alors toujours collecter des redevances mais on aurait plus à assumer le risque lié au déclin et à l’inefficacité de cette entreprise.

Je vais dans votre sens. 1) Exact pour les profits de HQ découlant de l’entente avec Terre-Neuve. 2) On nous répète depuis des lunes qu’il faut regarder la dette nette du Québec et non la dette brute, la dette nette égale notre dette brute moins nos actifs, mais si là, on ne peut plus vendre nos actifs, on se retrouve avec notre grosse dette brute. 3) Une privatisation partielle éliminerait une bonne partie du tripotage politique dans nos sociétés d’état, par ex. toujours HQ ne se serait pas lancée dans l’achat d’électricité éolienne qui nous appauvrissent tous collectivement.

Ils me font tous rire avec leur dette nette.

1- Qu’elle soit brute ou nette, notre dette nous coûte PLUS DE $11 MILLIARDS en intérêts seulement apr année. $11 MILLIARDS tabarn..!!! Et ils trouvent que c’est cool!!!
2- Si l’on calcule la dette dite nette, c’est que nous acceptons que les actifs collatéraux (HQ, SAQ, Loto Québec, hôpitaux, écoles, routes, etc…) puissent être saisis par le créditeur et mis à l’encan, or, à chaque fois que quelqu’un ose mentionner la privatisation d’un iota du Québec inc., nos valeureux gardiens du troupeau de vaches sacrées s’empourprent et s’égosillent à qui mieux mieux. Ils vont même jusqu’à vouloir défendre que les entreprises PRIVÉES installées au Québec soient « protégées » contre toute sorte de prise de contrôle « étrangère »…
3- Que vaudront ces « actifs » si le Québec est forcé de les vendre? Allez voir une vente à l’encan et vous en aures une bonne idée.
4- Un exemple: La dette nette représente la dette brute duquel on a soustrait les actifs du gouvernement. C’est un peu comme si une personne faisant un salaire de 20 000$/an décidait de s’acheter une maison de 500 000$. S’endetter de 500 000$ pour s’acheter une maison de 500 000$ représente une dette brute de 500 000$, mais une dette nette de… 0$ ! Donc, selon nos gauchistes, la personne qui faisait un tel achat n’a aucun problème d’endettement ! Pourtant, n’importe qui avec un peu de gros bon sens réalisera qu’un tel achat mènera le nouveau propriétaire directement à la faillite, tout simplement parce que les frais d’intérêt se calculent sur la dette brute et non pas la dette nette ! Ce n’est pas un hasard si le concept de dette nette est tout récent au Québec… De toute façon, dette nette ou brute, le Québec est champion toutes catégories de l’endettement!

« Donc, selon nos gauchistes, la personne qui faisait un tel achat n’a aucun problème d’endettement ! »

Pour en arriver à cette conclusion, il faut faire abstraction de tout le reste de l’argument, en l’occurrence le ratio dette/PIB.

Bref, vous argumentez sur quelque chose qui n’existe pas. Vous inventez une position qui n’est défendue par personne et vous imaginez que vos opposants, « les gauchistes » (sans nommer personne parce justement : personne n’avance l’argument de la façon que vous le présentez), ont adopté cette position.

Il faudrait revenir à la réalité François, il n’y a pas encore de surplus de débat intelligent dans le domaine public, alors n’ayez pas peur de débattre de sujets réels.

C’est effectivement une situation hypothétique qui se voulait une vulgarisation de la position grotesque des gauchistes (pas de problème avec notre dette même si nous sommes parmi les endroits les plus endettés de la planète…!!!) sur notre dette québécoise.

Toutefois, les autres points que j’ai soulignés sont bien dans le « vrai réel », eux! Malheureusement.

Vous prétendez témoigner du « vrai réel », mais c’est une affirmation complètement fausse. D’abord, le service de la dette en 2014-15 est de 10 333 M. Ce n’est donc pas « plus de 11 milliards » et cette somme n’est pas non plus récurrente, puisque qu’elle varie à chaque année à cause des taux d’intérêt qui évoluent avec le temps et des montants empruntés. D’ailleurs, le service de la dette a diminué par rapport à ce qui était prévu cette année à cause de la baisse des taux d’intérêt.

Selon vos affirmations, s’il advenait la faillite de la Grèce, celle-ci se devrait de vendre le Parthénon à l’encan ou au Québec, l’hôtel du Parlement. Une chance pour vous que le ridicule ne tue pas. Du reste, lorsqu’il s’agit de calculer la dette nette, ce sont les actifs financiers qui sont déduits de la dette brute, rien à voir avec les actifs immobiliers.

Quant à votre exemple fictif, il souffre de plusieurs défauts. En premier, lorsqu’on prend la peine d’écrire « que les frais d’intérêt se calculent sur la dette brute », il fallait les ajouter à la valeur brute de la maison.

Votre calcul de la dette nette est ridicule puisque, comme j’en ai fait la remarque, il fallait compter les actifs financiers. Ainsi, dans votre exemple, vous deviez soustraire les revenus tels que le salaire (20 000), le(s) compte(s) de banque, REER, CELI, les autres fonds de pension, et les revenus de placements autres que le CELI et le REER, les loyers, etc.

« Ce n’est pas un hasard si le concept de dette nette est tout récent au Québec… » Vraiment? Décidément, vous êtes un as de la comptabilité nationale ! Allez ! Continuez à vous moquer des diplômés de « sciences molles pas de maths », on voit bien ici qui a raté ses cours de maths.

Ne considérer que la dette et le paiement des intérêts qu’elle entraîne est une analyse incomplète… Les projets d’investissement financés par la dette ont nécessairement contribué à la croissance économique et entraîné des bénéfices pour la société. Ceux-ci viennent ainsi conte-balancer les coûts. Reste à évaluer dans quelle proportion… Et ces bénéfices ne sont pas toujours mesurables, ce qui rend l’analyse quelque peu subjective…

Ça ressemble assez à ceci :

In fact, real (inflation-adjusted) interest rates are hovering around zero throughout much of the world, and have been for more than five years. This is especially true for government borrowing, but corporate interest rates, too, are at record lows.

In such circumstances, governments considering a proposal to build, say, a new highway, should regard this as an ideal time. If the highway will cost $1 billion, last indefinitely with regular maintenance and repairs, and yield projected annual net benefits to society of $20 million, a long-term real interest rate of 3% would make it nonviable: the interest cost would exceed the benefit. But if the long-term real interest rate is 1%, the government should borrow the money and build it. That is just sound investing.

Read more at http://www.project-syndicate.org/commentary/economic-growth-after-2008-global-financial-crisis-by-robert-j–shiller-2015-05#gAXstVXgJuxH6vQE.99

On pourrait vendre HQ et économiser (même avec les taux très bas) plus en épargnant sur le service de la dette que les dividendes que verse la société. Et en plus on pourrait collecter des redevances.

En assumant que le service de la dette représente 5,6% de la dette (11G$ sur 196G$), pour réduire le service de la dette de 3,2G$ (le montant des dividendes versés par H-Q), il faudrait que la dette soit réduite à au moins ~139G$.

Croyez-vous qu’on peut vendre H-Q à un coût net de 57G$ ? Si oui, et bien on n’y gagne absolument rien, pour que ça soit rentable il faudrait que le montant de la vente soit supérieur à 57G$. Et ça c’est sans tenir compte de la croissance des dividendes (qui augmentent beaucoup plus rapidement que les taux d’intérêt réels).

Madame O’Laughlin avait porté à notre connaissance, dans un article précédent, la théorie des jeux de Nash. Elle aurait pu, cette fois-ci, nous rappeler le théorème de Lipsey-Lancaster (l’optimum de second rang) qui dit en gros que « si l’on touche à un aspect anticoncurrentiel d’une économie, on se retrouve dans une situation pire que celle du départ. […] Privatiser, par exemple, n’a aucune justification économique. Politique sans doute, mais pas économique. » (Bernard Maris, Le suicide du libéralisme économique) http://www.alternatives-economiques.fr/le-suicide-du-liberalisme-economiqu_fr_art_166_17960.html

« Bref, ou bien, il faut un marché parfait et général, ou bien, il ne faut pas de marché du tout. Or, le marché ne peut exister à lui seul. […] [L]e marché total est impossible. »(J.M. Harribey, La démence sénile du capital.)

Oncle Bernard connaissait les sujets qu’il commentait, c’est mieux que vos roupies de sansonnet.

Ah…ah…ah… « Oncle Bernard » est un obscur commentateur dans un journal de caricature.

On est loin, très…très loin d’un Carlos Leitão, reconnu par ses pairs comme le deuxième meilleur économiste AU MONDE!

Tiens…c’est comme comparer Michèle Richard à Edith Piaf…

Bernard Maris était un remarquable économiste qui mérite le respect. Il avait un regard critique sur le discours d’autorité tenu par des économistes du style Leitao dont il aurait sans doute baptisé d’« économiste au-dessus de tout soupçon », titre d’un de ses livres.

Lipsey et Lancaster sont deux économistes de la même école de pensée que Leitao, leur théorème n’est pas une invention de Bernard Maris. À défaut de rien comprendre, vous tirez sur le messager comme c’est votre habitude.

On dirait que plusieurs ici, dont l’auteur de l’article, ont lu le numéro 8869 du magazine THE ECONOMIST dont le titre en couverture était: «THE 9 TRILLION SALE» et qui traitait justement de la privatisation de biens publics.
On y évoquait justement le cas manifeste de courte vue du type «vente de feu» des parcomètres de Chicago. On y apprenait aussi l’importance des actifs «non financiers» y compris au Canada dont la valeur équivaut à un peu plus de 40% du PIB presque totalement aux mains des administrations non fédérales. On parle ici des terres publiques, de leur sous-sol ainsi que des immeubles de propriété gouvernementale.
Cet article nous apprend que le Canada a vendu l’immeuble du Haut commissariat du Canada à Londres pour la coquette somme de 306 millions de livres. L’acheteur, un entrepreneur Indien entend transformer l’immeuble en condos de grand luxe. Ainsi, au lieu de payer des impôts fonciers et des frais d’entretien, le Canada loue des lieux probablement plus modestes et moins coûteux, du moins on doit l’espérer.

S’agissant des actifs financiers, The Economist met cependant ainsi en garde les gestionnaires à courte vue: «Proceeds from sales have to be balanced against the loss of future revenues.»
C’est probablement ce type de judicieux conseil que mettent heureusement en pratique les politiciens Québécois quand ils examinent les avantages qu’il y aurait à laisser aller des pans entiers d’entreprises publiques qui génèrent des sommes assez substantielles. Courte vue et précipitation sont très mauvaises conseillères. On ne liquide pas ses REER pour rembourser un prêt auto.

Autres exemples à petite échelle comparativement à nos sociétés d’État, dont on pourrait penser que les résultats faits par nos politiciens vont dans le même sens que le cas de parcomètre de Chicago:

1. Les stationnements des hôpitaux et autres centre de Santé au Québec. On en a privatisé la gestion et peut-être même les terrains (baux à long terme probablement), par qui : Ex une multinationale et le cash sonne, sonne, sonne … pour cette multinationale, n’aurait-on pas pu f aire autrement, par exemple faire gérer ces stationnements par un organisme local sans but lucratif et l,hôpital prendre une partie des bénéfices ?

2. Nos politiciens ont décidé de mettre de l’avant les RVER (Régime Volontaire d’Épargne Retraite) pour les travailleurs du Québec qui n’ont pas déjà de régime de retraite, en Commission parlementaire la démonstration a été faite qu’il aurait été moins coûteux que ce régime là soit géré par la RRQ que de laisser tout ce monde là s’éparpiller dans une multitudes de compagnies d’assurance et autres financières du genre même si au net les frais de gestion seront plus élevés. (notre RAAQ s’avère la formule la plus économique au Canada). Mais je me rappelle très bien d’avoir entendu le ministre des Finances du temps (Bachand) dire aux assureurs : « nous allons vous laisser votre part »

Derrière tout ça toujours l’idéologie du « privé qui fait mieux que le public, ou du privé à qui il faut laisser une bonne part surtout des choses garanties rentables.

Dans le cas d’H.Q le ministre Leitao, un économiste pourtant n’a pas pigé que la vendre pour éponger une partie de la dette n’était pas la solution économique pour le Québec, une chance que son boss P.Couillard lui a compris ça et l’a dit clairement hier, le hic c’est qu’il change souvent d’idée .

Si on ne pense qu’à court-terme et que ce qui nous guide est l,idéologie du « privé mieux que public, ben on lance des ballons politiques comme ceux du PLQ sur la vente de nos sociétés d’État. Si on pense à l’intérêt long terme de la collectivité on ne perd pas son temps à ce jeu là, on sait que vendre nos sociétés d’État n’est pas une bonne affaires.

La première question à se poser est la suivante: est-ce VRAIMENT le rôle de l’État de vendre de l’électricité? de l’alcool? des billets de loto? d’administrer des casinos? de vendre de l’assurance? etc…? Tant qu’à y être, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas s’impliquer dans la vente de bobettes? de pompes de puisard? de souris d’ordinateurs? de papier de toilette?

Vous voyez où je veux en venir?

Nous avons, au Québec, une dette intolérable et insupportable qui nous coûte la somme de plus de $11 MILLIARDS de beaux dollars PAR ANNÉE (!) et nous nous apprêtons à effectuer la plus grosse injustice intergénérationnelle qu’ait connu l’histoire du monde et vous trouvez ça cool???

C’est justement de penser à long terme que de réduire ce préjudice intergénérationnel au minimum et ainsi permettre aux générations futures (NOS enfants et NOS petits-enfants!) de pouvoir faire eux-mêmes LEURS choix plutôt que d’agir comme des ados irresponsables et de leur transférer et imposer les coûts de NOS propres décisions, aussi horribles et pitoyables qu’elles puissent avoir été.

Dette actuelle du Québec:

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise

Prouvez-moi que j’ai tort.

1. Ce n’est certainement pas le rôle de l’État de vendre des bobettes ou de faire toute autre activité commerciale en concurrence avec le secteur privé.

2.Mais l’État ne doit pas pour autant demeurer passif face au développement économique de sa collectivité, ça fait partie de sa mission et il joue pleinement son rôle lorsqu’il se sert des leviers économiques stratégiques qu’il possède pour orienter / contrôler ce développement économiques en s’assurant dans la mesure du possible de l’optimiser mais dans l’intérêt collectif, sans ces interventions de l’État ce développement économique serait totalement planifié par des investisseurs privés plus souvent qu’autrement étrangers et dont la seule préoccupation est de d’optimiser leur rendement / leur business.

3. Imaginer deux minutes ce que serait le Québec d’aujourd’hui sans la nationalisation des « compagnies de pouvoir » privées, ça devrait suffire à vous convaincre de l’importance pour l’État de posséder un levier économique semblable, pas n’importe quelle sorte, un directement lié à la plus importante de ses ressources naturelles, l’hydro-électricité. Le développement des régions encore si difficile aujourd’hui aurait été et serait plus difficile encore, nous aurions encore deux catégories de citoyens ceux qui auraient droit à des services de qualité à des prix raisonnables et les autres pas rentable à desservir pour une entreprise privée,

4. Les différents États à travers le monde, ceux qui ne se sont pas carrément « vendu » ont nationalisé certains secteurs jugés stratégiques pour eux, partout ou presque les ressources énergétiques sont considérés comme des leviers économiques stratégiques et ont été nationalisés, à plusieurs endroits ce sont les hydrocarbures (pétrole ou gaz), au Québec c’est l’hydro-électricité, l’Ontario par exemple avait nationalisé ce secteur des décennies avant le Québec. Malgré tout le privé a une part non négligeable dans ce secteur là (Rio Tinto et le barrage d’Arvida, la multitude de petites centrales hydro-électriques sur petits cours d’eau, tout l’éolien..)

5. Il y avait et il y a encore des raisons pour justifier le monopole d’État avec la SAQ qui est présentement le plus grand acheteur de vin sur la planète ! On peut comprendre pourquoi le privé fera tout en son pouvoir pour tenter de mettre la main dessus, mais qu’arriverait-il avec le service à Matane, Havre St-Pierre, La Tuque. Ceux qui ont analysé l’expérience de l’Alberta qui a privatisé ce secteur son d’avis que le consommateur n’y a pas gagné grand chose au change.

6. Loto Québec peut jouer un certain rôle de régulateur dans ce secteur bien particulier qui pourrait autrement « déraper » (ne sommes pas très loin de ça présentement avec les casinos illégaux en ligne) ce monopole a encore sa raison d’être.

Dans le cas d »Hydro-Québec il n’y a aucun intérêt économique pour le Québec à s’en départir au profit du privé, P.Couillard l’a compris lui et l’a dit clairement, arrêtez de vous leurrer avec les quelques MM$ que vous en retireriez (une seule fois) pour rembourser une partie de la dette du Québec. Pensez deux minute : je vous vend HQ pour la valeur que vous estimez qu’elle vaut, disons 75 MM$ et le lendemain vous comme entreprise privée qui a maintenant plein contrôle sur notre ressources et sa distribution vous décidez de doubler les tarifs… facile à justifier… tout le monde le fait autour de nous (Ont. USA, N.B etc..) et du jour au lendemain votre nouvelle acquisition vaut 125 MM$ parce qu’elle a maintenant une plus grande capacité à générer des revenus.

À la limite, pour revenir au cas de la SAQ, le coûts des produits pourraient être un peu plus bas qu’actuellement pour la clientèle, mais c’est une choix de société, un choix politique qu’on a fait, on paie un peu plus cher mais sachant que les profits reviennent entièrement dans les coffres de l’État pour financer les autres services qu’on se donne et en plus nous avons service d’excellente qualité offert à TOUS les québécois pas seulement ceux qui sont dans les grands centres.

Y’a de la place pour amélioration de la productivité à H.Q, SAQ et Loto Québec vous allez sortir, c’est possible mais il y a moyen de s’ajuster lorsque la volonté politique est là, ce n,est pas un argument en faveur de la vente de ces sociétés d’État.

Voilà.

Votre point # 1 répond et contredit tous vos autres points.

L’État n’a rien à foutre dans toute forme de commerce que ce soit. Il est malsain pour l’entrepreneuriat d’un état que le gouvernement s’ingère dans le processus commercial, en fasse un monopole et crée des lois pour se protéger contre toute forme de compétition faisant des criminels des challengers potentiels, et faisant aussi une lutte acharnée contre la concurrence qui aurait pu émerger en donnant aux consommateurs des choix en plus d’un minimum de liberté d’action. C’est même scandaleux.

L’État a le pouvoir total: il contrôle les prix, l’approvisionnement, la vente, le publicité, et tutti quanti et le consommateur est totalement captif car bien sûr, on s’assure qu’il ne puisse légalement acheter légalement le produit hors des frontières et s’il s’avère qu’un individu particulièrement créatif trouve une idée géniale et, ô horreur, qu’il veuille en faire profiter ses concitoyens, allez hop! on passe une nouvelle loi et on en fait un criminel.

C’est à faire vomir.

Arrêtez vous allez me faire pleurer ! et pour vous conforter vous-même dans votre idéologie analysez un peu ce que les multinationales du secteurs pétroliers provoquent comme dégâts économiques dans le secteur de l’énergie à la grandeur de la planète… en pratiquant la collusion.. l’accalmie que nous vivons présentement est essentiellement dû au fait que le principal joueur (l’Arabie Saoudite) a ouvertement annoncé qu’elle ne jouerait pas comme d’habitude pour un certain temps, ( on ne pouvait avoir un aveu plus clair d’existance de la collusion le reste du temps).

Alors qu’un Gouv via une société d’État gère la principale de nos ressources naturelles et s’en serve comme levier économique pour soutenir la multitude de services publics que les citoyens ont décidé de se donner, plutôt que de laisser quelques investisseurs privés tirer pour eux même l’essentiel des retombées économiques tirées de l’exploitation de ces ressources là, moi je trouve que c’est le gros bon sens, c’est ce qu’il y a de plus équitable.

Mais ça ne cadre pas avec votre idéologie, vous avez droit de penser autrement et vous ne manquez aucune occasion de le faire savoir, c’est ok comme ça, mais vous n’ébranle aucunement mes convictions avec vos arguments.

Je vous ai donné une réponse hier, mais l’Actualité a choisi de ne pas diffuser.

Dans une transaction de privé à privé, la valeur d’une compagnie varie de 4 à 5 fois les profits annuels. Bref, vendre pour payer ses dettes n’est pas logique puisque la vente ne donne qu’au mieux un pas en avant de 5 ans. L’état peut se permettre de voir plus loin que 5 ans il me semble. C’est très simpliste mais, pour faire de l’argent, il faut s’endetter aujourd’hui pour acheter actif qui rapporte des profits. Logiquement, si le gouvernement manque d’argent ( ce qui semble être le cas) il devrait plutôt tenter de créer d’autres monopole étatique. Nous faire croire que vendre est une bonne idée n’est qu’un mensonge.

Francis

M. Latäo pourrait vous surprendre et vendre tous vos acquis par incompétence. Il pourrait le faire parce qu’il a en très haute estime ses qualifications et pourtant, n’est-il pas simplement un théoricien qui fait ses premiers pas dans la vraie vie de gestionnaire. Il s’est choisi un modèle économique et l’exécute aveuglément sans se poser la question si c’est le modèle approprié pour le Québec. Plus encore, il devrait se poser la question à savoir si le Québec a besoin d’être gouverné selon un modèle établi. Un petit État comme le nôtre permet, pour plus d’efficacité, qu’on gère les grandes questions au cas par cas, empruntant par exemple, tantôt aux idées de gauche, tantôt aux idées de droite.
Pourquoi se camper à droite comme il le fait et saccager une des sociétés les mieux équilibrées économiquement au monde? Pourquoi attribuer plus de valeur aux statistiques de richesse auxquelles cette même société devrait se conformer pour être bien qu’à la qualité de vie d’une société dont elle bénéficie?
Si notre premier ministre cessait de vouloir copier le modèle Harper ou européen prouvé inefficace, il abandonnerait sa politique d’austérité et s’emploierait à stimuler la croissance économique en favorisant le développement de nouvelles sociétés d’envergure comme Hydro, la SAQ… plutôt que d’essayer de trouver 12 bonnes raisons de les vendre?

Bien dit. Mais si l’objectif premier du trio Couillard, Coûteux , Leitao était justement d’aligner le Québec sur l’essentiel de l’idéologie retenue au ROC, pour minimiser autant que possible les écarts qui différentient le Québec du ROC, pour faciliter la réintégration du Québec dans la fédération, pour le faire mieux accepter des autres provinces.

Avec un Couillard qui démontre clairement et aussi souvent qu’il le peut sa « foi » fédéraliste, un Coiteux qui a œuvré au Gouv féd qui est tout aussi fédéraliste et qui sait bien jusqu’à quel point le Québec « n’a pas le bon pas » par rapport au ROC, et un Leitao qui lui est prêt à tout faire pour satisfaire les gourous qui décrêtent les cotes de crédit ( vous savez, les mêmes qui n’ont pas biugé d’un iota lorsque les USA ont provoqué la crise économique de 2007-2008); nous avons là le trio parfait pour bousiller l’économie du Québec (eux, les trois qui ont les mains sur le volant du Québec diront que c’est pour améliorer / mieux orienter l’économie du Québec).

Il faudrait que les québécois trouvent un moyen de les arrêter avant qu’il ne soit trop tard, de convenir d’un « CRAN D’ARRÊT » ( logique qu’ils devraient comprendre) et du moment de l’activer .

Qui sortiraient gagnants de ces ventes, nous les payeurs d’impôt ou les multinationales qui auront le monopole du marché ? Comme si nous ne sommes pas capables d’être autonomes financièrement.

1/12 mois plus tard ( le 8 juillet moment où j’écris ce message ) nos politiciens du PLQ se reprennent et relancent un ballon sur le même sujet en pleine période de vacance, mais cette fois en ciblant la SAQ, probablement parce qu’ils ont jugé que la SAQ était la proie la plus facile à faire glisser au secteur privé en tout ou en partie.

La nouvelle ( ou plutôt le ballon politique ) est sortie de La Presse (tient donc !) qui nous dit qu’ils ont ramassé un coulage d’une partie de la recommandation faite au Gouv Couillard mi-juin par de la Commission Robillard dont un des principaux acteurs est l’économiste Montmarquette un Pro privatisation.

À l’évidence, ce que l’article de La Presse tente surtout de passer comme message c’est que la privatisation de la SAQ se ferait à coût nul pour l’État du Québec, mais sans le démontrer bien sûr, et il n’y a rien de moins certain si on pense à long terme.

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201507/07/01-4883884-le-monopole-de-la-saq-remis-en-cause.php

Le même jour, à RDI, le représentant d’une organisation qui à travers la SAQ offre déjà aux restaurateurs et aux particuliers du Québec d’autres choix que ceux offerts par la SAQ dans ses magasins, curieusement discrédité la privatisation de la SAQ et pour les mêmes raisons qui nous tombent sous les sens:
http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7312954#

Je suis irrité / tanné de ces manipulations de ces ballons politiques de cette idée fixe du PLQ qui nous ramène cette option là en période d’austérité en motivant principalement son plan en nous disant que le fruit de la vente de la SAQ nous permettrait de réduire un peu notre dette ( décider ça : à très court terme seulement le PLQ pourra montrer qu’il haussera moins réduira un peu la dette ) et voilà le chat sorti du sac, ce qui motive le PLQ , en plus de mettre de l’avant leur idéologie néo-libérale, c’est de bien paraître à court terme avec leurs exercices budgétaires. Elle est où la recherche de l’intérêt à long terme des québécois dans cette position du PLQ.

En Alberta le secteur est totalement privatisé depuis 1993 et nous n’avons rien à envier au service / gamme de produits et de prix que les consommateurs Albertins ont. En Colombie Britannique ils ont présentement un service mixte public / privé aux dernières nouvelles les usagers se plaignent des augmentations de prix que le secteur privé leur fait subir la cause étant un changement de politique fiscale imposée à ces dernier par le Gouv. Et on viendra nous dire que le privé est synonyme de bas prix ! Oui, peut-être des bas prix via des Costco de ce monde qui paierait les emoloyés d’ici au salaire minimum et dont les bénéfices s’envolent systématiquement hors Québec.

On nous prend pour qui ? J’ai hâté que le PLQ cesse de nous harceler avec cette question là.