Verizon : la fausse alerte de l’année

«Nous n’avons jamais considéré sérieusement notre venue au Canada», a déclaré mardi matin le PDG de Verizon, Lowell McAdam.

Sa venue était attendue, le gouvernement fédéral s’en félicitait et les trois grands opérateurs canadiens en tremblaient.

«Nous n’avons jamais considéré sérieusement notre venue au Canada», a déclaré mardi matin le PDG de Verizon, Lowell McAdam. C’était donc une fausse alerte. Le géant américain de la téléphonie mobile n’achètera pas Wind, malgré une offre préliminaire de 700 millions, ni Mobilicity malgré une entente de confidentialité avec cet autre petit opérateur en difficulté. Verizon ne participera pas non plus aux enchères des fréquences de spectre pour les services mobiles à large bande qui débuteront le 14 janvier prochain.

Verizon a d’autres chats à fouetter. Elle vient d’acheter pour 130 milliards de dollars américains la partie détenue par le géant britannique des télécommunications Vodafone (45% des actions) dans Verizon Wireless, sa division de téléphonie mobile. C’est la deuxième plus grande transaction financière de tous les temps. Pour racheter son partenaire, elle dépensera 185 fois plus d’argent qu’il n’en aurait fallu pour acheter Wind. 130 milliards de dollars, c’est presque quatre fois la valeur totale de toutes les actions de BCE. Cela montre la taille de l’entreprise et la petitesse relative de ses ex-proies ou concurrentes canadiennes.

Rogers, Telus et Bell, qui craignaient que l’arrivée du géant américain ne bouleverse le marché et secoue leur domination, peuvent respirer. Leurs titres boursiers ont d’ailleurs bondi de façon spectaculaire à la Bourse de Toronto.

Ottawa est le grand perdant de ce retournement de fortune. Le gouvernement fédéral essaie depuis des années de favoriser la concurrence et de miner la domination des trois grands opérateurs. Dans un premier temps, il a octroyé des licences à de petits opérateurs dans l’espoir qu’ils deviennent grands. Les trois joueurs – l’autre est Public Mobile – ne font tout simplement pas le poids et se retrouvent dans une situation financière délicate.

Dans un deuxième temps, il assoupli les règles sur la propriété étrangère pour favoriser la venue d’un grand joueur international et il a même interdit à Telus d’acheter Mobilicity. Il a enfin résisté à toutes les pressions de l’industrie qui l’accusait de favoriser la venue de Verizon en lui accordant des conditions très favorables.

Aucune de ces mesures n’a produit le moindre résultat. Verizon a d’autres priorités et il n’est pas sûr que le marché canadien, petit, dispersé sur un immense territoire, concentré dans quelques villes et monopolisé par trois joueurs qui contrôlent ensemble plus de 90% du marché, soit vu comme une si bonne affaire.

Entre-temps, la peur de Verizon et la concurrence d’opérateurs régionaux comme Videotron, semble avoir produit l’effet escompté sur le prix des services. Mais pour combien de temps?

7 commentaires
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La bonne nouvelle c’est que le trio est à 42$ chez Vidéotron et à 45$ chez Bell. Enfin des tarifs raisonnables.

Si le prix des services s’ajuste finalement à la baisse, on ne devrait pas trop s’en plaindre. Nonobstant, mon petit doigt me dit que nous n’avons pas encore fini de parler de téléphonie. J’écoute mon petit doigt à défaut de mon téléphone 🙂

Bizarre non que presque tous les intervenants qui s’y connaissent en finance soient déçus du fait que les trois grands n’aient pas suffisamment de compétition ce qui aurait un impact positif pour le consommateur (meilleurs prix, plus de choix, service amélioré, etc…) mais que très peu de gens remettent en question les monopoles de l’État comme celui de la SAQ qui nous vole à tour de bras depuis des lustres?

la SAQ, HQ et Loto-Québec paient plus de redevances au gouvernement du Québec (5,3G) que TOUTES les cies québécoises réunies (4,8G)
Ca c’est du vol. Du vol de voir les banques engrangées des profits de 8G au premier trimestre et payer des grenailles en impots aux 2 gouvernements

Les banques sont détenues par des particuliers québécois et autres (entre autres par la Caisse de dépôt qui s’en sert pour payer NOS pensionnés de l’État!!!) qui en retirent des dividendes.

Plus de profits = plus de dividendes pour les petits investisseurs.

Pour ce qui est des redevances des scandaleux monopoles étatiques dirigés par des politiciens que nous considérons TOUS comme étant aussi crédibles que des vendeurs de chars de seconde main, je voudrais vous faire remarquer que malgré toutes ces dites redevances, l’État québécois continue de s’endetter outrageusement tout en faisant payer les générations suivantes et de gaspiller NOTRE argent en niaiseries comme les diverses commissions bidons, les chartes à deux balles, les nominations bassement partisanes et tutti quanti.

Plus vous donnerez d’argent à l’État et plus il le gaspillera.

« …plus de dividendes pour les petits investisseurs. »

Faites moi rire, les dividentes des banques aux » petits investisseurs »…

L’état appartient aux Québécois.

Pour le reste ce n’est que des faussetés basées sur du rêve de libertarien irréalisable.

Prétexte pour faire du Québécois plutôt que de parler de Vérizon.

Tout compte fait, il s’agit là d’un pétard mouillé. Dommage pour les clients que nous sommes, car les réductions consenties seront – à mon humble avis – purement circonstancielles. Faute d’une concurrence accrue, nous devrons encore une fois débourser davantage pour obtenir des services d’une qualité moindre… (soupir!)