Vers une autre bulle Internet?

Des entreprises comme Snapchat (et, précédemment, Instagram) attirent les grands noms du Web, comme Google et Facebook, qui cherchent à mettre la main dessus. Mais des experts craignent l’apparition d’une autre «bulle Internet» semblable à celle qui est survenue il y a 13 ans…

Les indiscrétions d’un iPhone
Photo : iStock

Récemment, Snapchat, une petite entreprise qui a mis au point une application pour prendre et partager des photos, s’est fait offrir 3 milliards de dollars par Facebook pour se faire acheter et 4 milliards par Google.

Son cofondateur et président, Evan Spiegel, 23 ans, a tout bonnement refusé l’offre de ces géants !

On ne sait pas qui y gagnera et qui y perdra dans cette «non-transaction». Ce que cela démontre, par contre, c’est à quel point les entreprises technologiques sont surévaluées par rapport à ce qu’elles rapportent vraiment. Le chiffre d’affaires de Snapchat l’an dernier ? Zéro virgule zéro.

Même phénomène pour Instagram — achetée pour un milliard par Facebook — et l’application Waze, qui permet aux automobilistes d’éviter la congestion routière, et sur laquelle Google a mis la main pour un milliard également.

Les investisseurs se ruent aussi sur les nouvelles stars de la bourse, comme Twitter, dont l’action a grimpé à plus de 45 $ en moins de 140 secondes…

Depuis janvier 2013, l’indice NASDAQ, qui regroupe les valeurs technologiques, a bondi de 34 % et affiche son plus haut sommet depuis 13 ans.

Tout ça ressemble étrangement au scénario qui prévalait… il y a 13 ans, justement. Entreprises surévaluées, sans (ou avec peu de) revenus, entrées en bourse spectaculaires…

Une autre bulle est-elle à craindre ?

C’est ce qu’avancent certains experts et économistes, dont le dernier prix Nobel canadien, Robert Shiller, expert de la finance comportementale qui a beaucoup écrit sur la spéculation… et qui avait vu venir le krach de 2000.

Dans une entrevue accordée au quotidien allemand Der Spiegel (et reprise par Les Echos), il dit être «extrêmement préoccupé» par la hausse du marché boursier américain, alors que son économie est encore faible et vulnérable. Cette hausse est attribuée en grande partie aux actions des entreprises techno.

Lors de la précédente bulle des valeurs technologiques et autres point.com, nous avions aussi eu droit à ce genre de déclarations… Mais attention ! Bien malin celui qui pourrait prévoir la prochaine bulle. Robert Shiller lui-même l’a déjà dit ici. Les grosses bulles sont rares et commencent à se gonfler plusieurs années à l’avance.

Elles sont aussi le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs, qui sont difficiles à prévoir, dont le nombre de nouvelles entrées en bourse. En 2000, il y avait eu 123 appels publics à l’épargne l’année précédente, comparativement à 73 en 2013. Nous sommes donc loin de la même frénésie…

À lire :
5 ways to know you’re in a bubble (Market Watch)

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