Vivre et laisser mourir

Le gouvernement américain n’a pas hésité à sauver certaines institutions financières d’une faillite certaine. Cela pose deux questions bien légitimes : faut-il sauver des entreprises déclassées et, si oui, comment financer des sauvetages en série ?

Cette question ne s’adresse pas seulement au gouvernement américain. Des entreprises malmenées et fragilisées, on en trouve partout dans le monde. À dire vrai, il y en a même quand l’économie va bien. Bon an mal an, il se détruit 30 millions d’emplois chaque année aux États-Unis. Normalement, on ne prête pas attention à ce chiffre parce que l’économie américaine compense largement en créant encore plus d’emplois.

D’ailleurs, il ne viendrait jamais à l’idée de nos gouvernements de financer toutes les entreprises qui disparaissent ou qui licencient. Cela coûterait une fortune et il est normal que des emplois soient détruits. L’idée, c’est d’en créer davantage dans des entreprises plus concurrentielles et des secteurs plus porteurs.

Une sévère crise économique change la donne. Les entreprises fragiles sont plus grosses, elles sont souvent symboliques et leur disparition cause bien des dégâts. Imaginez les conséquences si GM (des ventes en baisse de 45 %) et Ford (des ventes en baisse de 30 %) succombent ? D’où la pression extrêmement forte sur les gouvernements pour « agir ».

Tous les gouvernements seront pris avec le même dilemme. On leur demandera de sauver des industries, des entreprises et même des villes (Detroit !). Les décisions seront terribles. Oui, il est possible de repousser les échéances et de « sauver » quelques joyaux. Dans les faits, trop d’entreprises seront en péril et il serait insensé de toutes les rescaper. Sur le fond, les gouvernements sont extrêmement endettés et ils n’en n’auront pas les moyens.

Finalement, d’un point de vue philosophique, n’est-il pas mieux de laisser mourir ce qui ne fonctionne pas et tout miser sur ce qui fonctionne aujourd’hui et fonctionnera demain ?

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Nous sommes dans cette situation en partie parce que certaines entreprises sont devenues tellement grosses qu’il devient carrément impossible de refuser de les sauver (« too big to fail »). On l’a vu avec les banques, et vous apportez un bon exemple avec GM. Avant d’établir les critères pour de telles interventions (et afin d’avoir simplement la liberté de choisir de le faire ou non), je crois qu’il faudrait ressérer la règlementation à ce niveau.

Les 3 grands de Detroit sont à l’agonie. Ils sont tous en restructuration et à un moment où ils ont besoin de vent dans les voiles, c’est tout le contraire qui se produit. GM ne pourra, semble-t’il, poursuivre ses activités plus de 18 mois dans un tel contexte. Et si elle y parvient, elle sera en mauvaise posture puisque plusieurs renouvellements de modèles sont retardés. Les asiatiques auront alors une gamme plus jeune et concurentielle. L’avenir de l’automobile américaine est bien sombre…

On a laissé mourir plusieurs compagnies aériennes; pourquoi sauver GM ? Non, le bois mort, le fruit gâté doit aller à la casse.
Que penser de Golman Sachs, qui utilisera TOUT l’argent reçu du gouvernement pour payer ses hauts dirigeants ?
On fera la même chose si GM craque ?
Je plains le prochain président américain !

Qu’est-ce qui se meurt? Certainement pas l’époque du véhicule automobile – on ne reviendra pas vers le cheval! Au contraire, on se dirige vers un monde où la demande pour les automobiles et autres véhicules grandit. Ceux qui produiront des véhicules qui rencontrent les besoins des consommateurs vont faire fortune. Il faut prendre le bon virage. GM et Ford nous démontrent surtout le sort réservé à ceux qui ne comprennent pas le mouvement mondial vers une économie ‘verte’ et l’effet pervers des prix du pétrole sur les mouvements des capitaux.

J’ai l’impression ce soir que nos voisins du sud ont une grande longueur d’avance sur nous. Mon ministre des finances Duncan ici en Ontario me semble sur la bonne voie quand il demande que l’on se penche sur le sort de l’industrie automobile – je cite le Toronto Star (mes majuscules):

‘On Monday, auto makers reported their worst U.S. sales in more than 17 years, ALTHOUGH THE CANADIAN LIGHT-VEHICLE MARKET CONTINUED TO SHOW SURPRISING STRENGTH, up 1.5 per cent from a year ago. « The impact that this is going to have on our industrial sector and on the footprint the automotive sector has on the Ontario economy and, more importantly, on the Canadian economy, we don’t know yet, »….

Vous semblez bien d’accord, Monsieur Duhamel, vers le retour aux déficits du gouvernement fédéral pour payer des allocations familiales à des épouses de millionnaires, pour subventionner les inscriptions au hockey, et autres dépenses ‘harperiennes’ qui ne contribuent en rien à améliorer la productivité de l’économie canadienne. Personnellement, j’aimerais mieux voir le gouvernement investir dans le développement des produits automobiles de l’avenir. Faut faire travailler les gens et rester compétitifs.