Vous, moi et la Caisse

Bon, il y aurait scandale à la Caisse de dépôt, affirment haut et fort certains de nos correspondants. Il faudrait savoir, séance tenante, ce qui s’y passe et c’est au premier ministre de nous en informer au plus sacrant parce que c’est lui qui est responsable de la situation. Désolé, mais vos arguments ne m’impressionnent pas.

La Caisse de dépôt se retrouve dans de beaux draps parce qu’elle a cru qu’investir dans du béton (gratte-ciel, centres commerciaux, aéroports…) compenserait en cas d’écroulement du marché boursier et parce qu’elle avait besoin de meilleurs rendements que ceux offerts généralement par les marchés obligataires. Elle a aussi fait le pari que des véhicules financiers sophistiqués la protègeraient encore mieux face à une défaillance des marchés.

On sait maintenant que sa « prudence » lui coûtera cher. Elle se retrouve en effet dans une situation où elle perd sur tous les fronts : les marchés boursiers plantent, les actifs immobiliers et les placements alternatifs sont dévalués et les produits dérivés de toutes sortes sont mis hors circuit par la crise financière.

Mais en quoi cela est-il scandaleux ? Les dirigeants de la Caisse se sont peut-être trompés, mais ils n’ont trompé personne. Y a-t-il une intention malveillante derrière tout cela ? Un quelconque conflit d’intérêt impliquant ses dirigeants ? Du favoritisme envers un gestionnaire en particulier ? Un détournement d’actifs à des fins personnelles ? Des pressions indues du pouvoir politique pour favoriser tel investisseur plutôt qu’un autre ? La réponse est non.

Les dirigeants de la Caisse sont-ils incompétents ? La stratégie de la caisse a vraisemblablement échoué, comme les stratégies de tous les investisseurs, particuliers et institutions confondus. Ça fait 20 ans que j’entends dire que les hedge funds sont la trouvaille du siècle et que des individus dont devenus milliardaires grâce à eux. On sait aujourd’hui qu’on peut y laisser sa chemise. On croyait aussi dur comme fer que rien n’était plus solide que l’immobilier et que les risques étaient quasiment nuls. Faux, ont appris des millions de personnes et d’investisseurs. Vous connaissez le mythe des blue chips, ces valeurs refuge et soi-disant insubmersibles ? Tout le monde sait aujourd’hui que cela n’existe pas. Le papier commercial ? Cela s’avérait une brillante idée pour parquer à bons rendements des actifs qu’on voulait le plus liquides possible. Quelle bêtise… sait-on maintenant. Et le plus bel argument de tous : « la diversification » qui protège de tout. Sauf, évidemment, quand tout plante en même temps !

Tout rendement financier est relatif. Si vous obtenez du 10 % alors que les indices frôlent les 20 %, vous n’avez pas très bien réussi. Le même raisonnement s’applique quand les marchés sont mauvais. L’investisseur qui ne perd que 10 % de son capital quand les indices reculent de 20 % est un excellent gestionnaire, malgré les apparences. Il faut donc comparer avant de juger. Je suis bien curieux de voir comment les autres caisses performent cette année avant d’envoyer les gestionnaires de la Caisse au bûcher. Teachers, empêtrée depuis deux ans dans la saga Bell et qui a historiquement opté pour de plus fortes participations en actions, fera-t-elle mieux que la Caisse ? Et Omers ? Ces caisses de retraite ont une politique de divulgation annuelle auprès du grand public.

Devraient-elles changer de politique et présenter également des évaluations d’actifs quotidiens (CalPERS), mensuels ou trimestriels ? Je suis loin d’être convaincu, mais la question est ouverte. Je pense que les grandes caisses de retraite canadiennes devraient se concerter sur ce sujet et adopter les mêmes mesures, mais loin du tumulte causé par la joute électorale.

Entre-temps, soyez réconfortés, les membres du conseil de la Caisse, comme Henri Massé et Claudette Carbonneau, et ses déposants, comme la Régie des rentes du Québec, savent très bien ce qui se passe. Et le prochain gouvernement prendra les mesures qu’il croit appropriées. On appelle ça la gouvernance.

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C’est comme le patient à qui le médecin a prescrit des médicaments et qui se sent de plus en plus malade et voudrait savoir ce qui lui arrive.

«Pas besoin de paniquer, dit le médecin. C’est vrai que t’es malade, je connais ta situation, mais ta prochaine visite annuelle étant prévue dans 8 mois, c’est à ce moment que je poserai un diagnostique final.»

Le patient n’accuse pas son médecin d’incompétence: il veut savoir ce qui en est maintenant, pas dans huit mois!

Si vos infos sont justes -et on n’a pas de raison d’en douter- c’est pas 20% que la Caisse a perdu mais 30, voire 40%. C’est 50 à 60G qu’elle aurait perdu. M. Duhamel c’est pas un scandale, c’est pas un mégascandale que vous révélez là mais C’EST UNE BOMBE ATOMIQUE!

Jean Charest fait une élection sur l’économie. Sur la crise mondiale. Veux pu 3 paires de main sur le volant. Veux être seul avec Parisella. Rousseau quitte après avoir investi plus dans le papier commercial que dans toute l’économie commerciale. Il vient dire qu’il a flambé 500 millions seulement en Commission parlementaire. Là on sait que c’est plus 1,2G et Dumont parle de 4G. (4G c’est 13 nouveaux Colisées à Québec en passant)

Le nouveau boss est tellement découragé qu’il quitte le bateau en pleine crise. Burn out. La rumeur part que c’est 20% qui a fondu. Et là, vous laissez entendre que ça pourrait etre 40%. Et il ne faudrait pas en parler en campagne électorale? Alors que la campagne porte sur l’économie???

Si Mario et Pauline ont deux onces de sens politique, faut arreter la campagne et convoquer les dirigeants de la Caisse en commission parlementaire comme on a fait aux USA. C’EST URGENT. C’est le pire scandale au Québec de toute notre vie

André Pratte, dans son éditorial de La Presse, du 16 décembre 2004, émettait cette réserve qui prend tout son sens aujourd’hui:

«Une réserve: la loi (#178, adoptée sous le baillon en pleine nuit) ne donne pas au Vérificateur général du Québec le pouvoir d’enquêter à sa guise sur la qualité de gestion de la Caisse. Les libéraux de Jean Charest avaient pourtant réclamé ce changement à cor et à cri alors qu’ils étaient dans l’opposition.»

On apprend ce matin que Guay ne reviendra pas (a-t-il été congédié) et que le départ sera officialisé le 10 décembre, deux jours par hasard après la réélection de Charest

On apprend que dès son arrivée, il était épuisé. Pourquoi l’a-t-on choisi???

On apprend qu’on a radié 15% du papier commercial, soit 2G ce qui est 4 fois plus que ce que Rousseau avait dit en commission parlementaire (est-ce qu’on peut poursuivre Rousseau pour parjure? Si c’est bon pour Clinton, c’est bon pour Rousseau).

On a apprend que dès 2011 la Caisse va cracher plus qu’elle ne ramasse en cotisations! Or, qu’est-ce qui va se produire si le magot est passé de 155G à moins de 100G???

C’EST LE SCANDALE DU SIÈCLE. On doit arrêter la campagne électorale et convoquer les dirigeants

http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200811/27/01-805135-cdp-le-depart-de-richard-guay-parait-acquis.php

L,hypothèse de Denis Lessard: on s’est lancé dans le papier commercial dans le but d’avoir un meilleur rendement que les autres institutions dans le but d’aller chercher des bonis personnels! Ah yoye! On est au début d’un méga-méga-méga scandale. Et là on parle sérieusement d’une perte de 4g! C’est 8 fois ce que Rousseau a dit en commission parlementaire (le président américain a failli etre destitué pour 100 fois moins de ça!)

http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200811/28/01-805494-caisse-de-depot-quebec-a-bloque-un-candidat-proche-de-ladq.php

Dans les milieux financiers, on juge sans ménagement la décision de l’administration Rousseau d’acheter des papiers commerciaux. La Caisse détient 13 milliards de ces mauvaises créances qu’elle a dévaluées déjà de 15%, alors que Desjardins et la Banque Nationale conviennent maintenant d’une dépréciation de 30%. Ces produits financiers ont été achetés à partir d’emprunts, et étaient destinés à permettre aux gestionnaires de portefeuilles de présenter des résultats meilleurs que ceux des concurrents, la clé pour de généreux bonus en fin d’année.

Patapouf Charest a déclaré ce qui suit en conférence de presse tel que rapporté par Cyberpresse :

«Le chef libéral affirme n’avoir « jamais demandé » à la Caisse l’état de ses finances et de ses pertes présumées. La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, ne lui a pas fait part de la « performance globale » de la Caisse. M. Charest ne l’a pas non plus questionnée à ce sujet.La semaine dernière, le président du conseil d’administration de la Caisse, Pierre Brunet, a indiqué qu’un rapport sur les finances de la Caisse était remis chaque mois à la ministre Jérôme-Forget. « Ils peuvent certainement transmettre (les rapports) au bureau du premier ministre », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse organisée à la suite d’échanges avec Mme Jérôme-Forget.»

Charest nous prend pour des cons à ce que je vois. L’autre jour certains de ses supporteurs se disaient scandalisés que l’on ait dit de lui que c’était un menteur.

Je pense bien que oui c’est bien un menteur. Ou un incompétent. Dans une crise sans précédent, demandant un mandat pour parer au danger, la Caisse livre ses secrets à la ministre des finances qui n’en souffle pas mot au premier ministre. Voyons donc!

Surveillez la longueur de son nez