Y a-t-il plus de pauvres ?

J’entendais à la radio aujourd’hui un député du Bloc Québécois affirmer sans nuance ni précaution qu’il y avait de plus en plus de pauvres au Canada. Ce député est dans les patates.

Selon Statistique Canada, le nombre d’adultes ayant un faible revenu après impôt est passé de 11,2% en 2001 à 10,8 % en 2005. Au niveau des familles économiques, la proportion est passée de 8,1 % à 7,5 %. La diminution est minime, mais nous ne pouvons pas parler d’une augmentation.

De fait, de 1996 à 2005, le nombre de Canadiens ayant un faible revenu est passé de 4,5 millions de personnes à 3,4 millions de personnes. C’est encore beaucoup trop, mais la tendance me semble assez nette.

En 1996, 18,6% des enfants de moins de 18 ans vivaient dans le besoin. La proportion n’était que de 11,7% en 2005.

On ne tient pas compte de deux phénomènes importants quand on discute de cette question.

Le premier touche l’inégalité des revenus. Oui, les riches s’enrichissent plus vite et les salaires versés à quelques grands patrons nous le rappellent constamment. Mais cela ne veut pas dire que les pauvres s’appauvrissent. Quant à l’inégalité, les écarts ne sont pas aussi spectaculaires que certains le prétendent.

Les Canadiens faisant partie des 20 % de la population gagnant le plus d’argent obtiennent aujourd’hui 13 fois les revenus avant taxes et impôts des 20 % qui font le moins d’argent. Il y a 10 ans, l’écart était de 12 fois. Mais une fois qu’on tient compte des taxes et impôts, l’écart est exactement le même qu’il y a dix ans (5,6 fois).

Le deuxième phénomène touche à la mobilité sociale. Pour les militants de gauche, il y a d’un côté les pauvres, qui sont toujours pauvres, et les riches qui le demeureront de génération en génération. Cela est sans doute vrai pour certaines richissimes familles, mais pas pour l’ensemble de la population. Quelque peut être pauvre à 25 ans, faire partie de la classe moyenne à 35 ans et redevenir pauvre à la retraite, à cause d’un divorce et d’une maigre pension. Une étude américaine (Université du Michigan) affirme même que 37, 5 % des « riches » de 1975 faisaient partie des « pauvres » en 1991.

Une étude canadienne du professeur Charles Beach, de l’Université Queen, démontre que sur 100 hommes qui faisaient partie des 25 % de la population à plus faible revenu en 1991, seulement 17,5% d’entre eux se retrouvaient dans la même situation en 1999.

Cela veut dire que, pour l’essentiel, il n’y a pas de pauvres à vie. Il y a surtout des personnes qui vivent un passage à vide causé par une perte d’emploi, un divorce ou un problème de santé. On peut parier que la situation de ces personnes va s’améliorer au cours des prochaines années.

Voilà pourquoi il faut que l’État puisse donner une aide ponctuelle et efficace pour aider ces personnes. Le problème, c’est quand une personne apte au travail prend un abonnement à l’aide sociale. Là, j’ai un peu plus de problèmes…

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Le 4e principe énoncé dans le livre de Bryan Caplan, « The Myth of the Rational Voter ».

Le » Pessimistic bias »:
Les gens pensent que leur situation économique est bien pire que ce qu’elle n’est en réalité. Ils ne réalisent pas qu’il y a 40 ans, avoir une salle de bain, une télévision et une voiture était chose rare. Au lieu de voir la progression fulgurante de notre niveau de vie, les gens sont plutôt obnubilés par les écarts de richesse.

Quel girouette ce David. Il y a quelque temps, il orgasmait sur les propos de Dubuc qui disait que le Québec était pauvre.

Contrairement à Dubuc, je pense que le Québec se défend très bien.

Octobre…Cabrel

Vous rêvez tous ! Peut-être que jusqu’en 1980 nos conditions de vie se sont améliorées mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Nos petits luxes nous coûtent une fortune et ce n’est qu’à coup de « deuxième hypothèque » et de cartes de crédit que nous réussissons à maintenir notre niveau de vie.

En 1960, UN salaire moyen permettait d’acheter une maison, de faire vivre sa famille et d’économiser. De nos jours ce n’est plus le cas. N’est-ce pas là une conséquence de notre appauvrissement ?

@ David

Je ne sais pas quel âge vous avez mais laissez moi vous rassurer: les salles de bain, la télévision et les voitures n’étaient PAS choses rares il y a 40 ans. Je viens d’une famille modeste qui possédait tous ces biens (comme tous les gens de mon quartier). 🙂

M, Duhamel,

Votre texte me fait penser à un piège. Cela étant dit je ne mets pas votre honnêteté en doute.

Mesurer la richesse et la pauvreté est beaucoup plus complexe, il me semble. Il faut aller beaucoup plus loin que la relation entre plus riches et plus pauvres.

Selon un article très sérieux, il y a 10 ou 15 ans, le niveau de vie global de la population était en baisse depuis 1973, le niveau le plus haut jamais atteint. Je ne crois pas que ce niveau ait remonté depuis 15 ou 20 ans.

Certains indices ne mentent pas depuis 30 ans.

Les gouvernements se sont endettés pour de l’épicerie et s’endettent encore. Il y a 40 ans, la plupart des infrastructures publiques ont été construites. Aujourd’hui nous n’avons même pas le moyen de les entretenir.

Les soupes populaires étaient presque inutiles, il n’y en avait presque pas. Je n’ai jamais vu ou entendu parler d’une telle chose dans les années 60 début 70 en Mauricie.

Le logement était plus abordable pour les plus pauvres. Aujourd’hui il n’est même plus à la portée de plusieurs pauvres et il y a plus de taudis surtout à Montréal.

Il y a la productivité qui est allée chez le diable n’est certainement pas pour s’enrichir.

Dans une bonne proportion, des gens ont commencé à travailler plus vieux et prennent leur retraite plus jeunes.

« Oui, les riches s’enrichissent plus vite…(Pierre Duhamel)
Produisent-ils plus? Travaillent-ils plus?

Permettez-moi d’être sceptique.

« Ils ne réalisent pas qu’il y a 40 ans, avoir une salle de bain, une télévision et une voiture était chose rare » raconte notre pauvre David qui d’évidence manque beaucoup de vécu.

Mon grand-père, qui était comptable pour une cie de chaussures à Québec, avait une auto…dans les années 20!!

Gagnon ignore qu’il ya 50 ans, les Québécois vendaient leurs meubles de plein bois pour enfin accéder aux « sets » de table en aluminium, dernier cri du confort, du progrès et de l' »american way of life »!

C’était le zéro-sum check des richesses américaines…

Précision pour rappel de mémoire historique à la jeunesse:

Il y a 40 ans, le Québec vivait Expo 67 et étrennait le métro le plus moderne d’Amérique du Nord…

Son système autoroutier ultra-moderne faisait mentir le préjugé qu’«une voiture était chose rare»…

@ C. Perron:

Je suis parfaitement d’accord avec Dubuc. Le Québec est pauvre. Il est moins pauvre que durant les année 80 mais il reste plus pauvres que le ROC.

« Je suis parfaitement d’accord avec Dubuc. Le Québec est pauvre. » (David Gagnon)

Donc vous êtes d’accord avec le Bloc Québécois.

Vous contredisez ainsi monsieur Duhamel.
…………….

P.S. Qui est ce «Dubuc» avec lequel vous êtes d’accord?

@ Raymond Campagna:

Prenez le temps de lire plus attentivement…

Je n’ai pas dit que le Québec était PLUS pauvre, j’ai dit que le Québec est pauvre.

Il y a moins de pauvres au Québec et au Canada aujourd’hui que durant les années 80 et 90.

Le niveau de vie s’est accru partout, c’est indéniable.

Mais il c’est accru moins vite au Québec.

Vous voyez la nuance ?

Ce que je dis c’est en total contradiction avec le Bloc.

Je me souviens avoir lu quelque part que le pouvoir d’achat des particuliers a atteind un sommet en 1969 et qu’il n’a jamais été dépassé depuis. Était-ce pour le Québec, pour le Canada ou pour l’amérique du Nord au complet ? Je ne peux le dire.

J’ai l’impression qu’il y a moins de pauvre qu’il y a 30 ans, mais que la classe moyenne, désormais plus grande, est ne s’est pas enrichi aussi vite que l’inflation l’aurais dicté. Je sais bien que moi, malgré un très bon revenu, je ne pourrai me payer une résidence secondaire sur le bord de l’eau, un bateau, une moto, etc… Même si ma conjointe ,contrairement à ma mère, travaille. J’aurai également moins d’enfant. Si on compare mon pouvoir d’achat à celui de mon père à l’époque, je n’ai pas l’impression qu’il surpasse celui-ci !

Est-ce que les « vétérans » de ce blogue constatent la même chose que moi ?

Moi, je ne suis pas pauvre. Mon frères et mes soeur ne sont pas pauvres. Pourtant nous venons d’un modeste milieu. Dans toute ma parenté, et elle est nombreuse il n’y a aucun pauvre.

Vous M. Lépine, êtes vous pauvre?

Il y a de la pauvreté au Québec c’est indéniable. Mais elle est circonscrite, parlez-en à votre chef Charest, il ne me contredira pas là-dessus. Non pauvres sont en meilleures postures qu’en Alberta ou aux USA.

Par les temps qui courent je ne voudrais pas être pauvre dans ces deux endroits-là.

@ Francis Nadeau:

En 1995, le revenu médian (dollar constant) était de 37 500$.

En 2005 il était de 42 700$.

Et là on parle de revenus médians, pas de revenus moyens.

Donc la classe moyenne s’est enrichi.

Francis Nadeau,

Vous avez raison, moi ce que j’ai lu me donnait le niveau le plus élevé en 1973.

Pour comparer réellement il faut prendre le salaire minimum et plus mettons jusqu’à 12$ et comparer ce que l’on peut acheter aujourd’hui de choses essentielles et comparer dans le temps.

Dans les années 60 et début 70 un employé d’une usine de meubles pouvait avoir plusieurs enfants, sa femme qui restait à la maison pour s’occuper des enfants et finir par être propriétaire d’une maison neuve. Il en a plusieurs qui l’ont fait ici à Nicolet PQ.

Aujourd’hui c’est carrément impossible même si les deux travaillent dans une usine de meubles. Bien d’autres comparaisons peuvent être faites dont le logement. Il faut dire aussi que les besoins ont grandi. On ne peut pas se passer de téléphone, un étudiant sans Internet est comme sans livre etc.

Le seuil de pauvreté est suggestif et est comme l’on veut bien le déterminer.

Quand une personne qui gagne 80 milles par année et qu’elle augmente de 7% sur une période de 2 à 4 ans, il est impossible que cette augmentation soit équivalente a l’augmentation de sa productivité.

Donc cette augmentation est prise dans le pot, c’est-à-dire dans l’ensemble de la richesse qui a été produite au pays. Donc, à partir de ce moment, il en restera moins pour les autres.

C’est de cette façon que les riches s’enrichissent et que les pauvres s’appauvrissent.

Le pot ne grossissant pas aussi vite que l’augmentation de la richesse des riches, il en a qui écopent.

« Bien en selle avec un nouveau contrat de cinq ans, le pdg d’Hydro-Québec Thierry Vandal commandera cette année un salaire de 529 000 $. »

Heureusement qu’il n’est pas syndiqué :

Il aurait sûrement le double et ferait chiâler les néo-libéralistes…qui l’accuseraient d’être un gras dur socio-démocrate, parasite du système.

Quand ce qui est bon pour le gros est mauvais pour le petit…

Un salaire de 529 000$ pour s’occuper d’une aussi grosse boîte qu’Hydro-QC, c’est pas être sur-payé…