Y a-t-il trop de patrons?

Le truc pour augmenter le PIB? Réduire le nombre de patrons!

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Là où vous travaillez, combien d’employés y a-t-il pour chaque patron? Si l’on se fie à une analyse présentée dans le Harvard Business Review par Gary Hamel et Michele Zanini, deux experts en gestion, la réponse est «probablement trop».

On dénombre aux États-Unis plus de 23,8 millions de gestionnaires, superviseurs et administrateurs, selon des chiffres de 2014. Ils estiment que c’est deux fois trop. Selon eux, il serait aujourd’hui possible de diriger une grande entreprise avec la moitié moins de gestionnaires.

C’est d’ailleurs ce que semble indiquer le succès obtenu par certaines firmes pionnières qu’ils disent «post-bureaucratiques».

Depuis le début des années 1970, la banque suédoise Svenska Handelsbanken, par exemple, n’est divisée qu’en trois niveaux. Si vous êtes au bas de l’échelle, le patron de votre patron est donc le grand patron. Pourtant, l’institution financière emploie plus de 12 000 associés et compte plus de 800 succursales.

Elle arrive à alléger son administration en décentralisant de nombreuses tâches et décisions: chaque succursale gère son budget de marketing, met en place son site Web et prend ses propres décisions pour les prêts.

Cette façon de faire va à l’encontre de l’approche habituelle, mais son rendement sur les capitaux propres — une mesure de performance — a été supérieur à celui de ses concurrents européens chaque année depuis 45 ans.


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Un autre exemple? L’usine de GE à Durham, en Caroline du Nord, emploie plus de 300 techniciens. Le nombre de patrons: un seul, le directeur de l’établissement.

Et pour le moment, l’usine n’a pas sombré dans l’anarchie. Au contraire, puisqu’elle est deux fois plus productive que les autres usines de GE Aviation.

De ces analyses, Gary Hamel et Michele Zanini concluent donc que les États-Unis pourraient fonctionner avec une douzaine de millions de patrons plutôt que 23,8 millions, comme c’est le cas présentement. Les autres 12 millions de patrons pourraient alors être réaffectés à d’autres tâches, utiles et productives.

Il y a beaucoup à gagner. Selon les auteurs, la bureaucratie excessive coûte trois trillions de dollars américains à l’économie des États-Unis.

Et ici, alors?

Ces trois trillions de dollars représentent 17 % du PIB américain. Si ce pourcentage tient pour le Canada — et les auteurs ne voient pas de raison de croire que la bureaucratie ne soit pas aussi lourde ici qu’aux États-Unis —, les coûts de la paperasse et des gestionnaires superflus pour l’économie s’élèveraient donc à 337 milliards de dollars.

Quant au nombre de gestionnaires, cadres, administrateurs et autres superviseurs, Statistique Canada l’estimait à 2,6 millions au pays, l’an dernier. Cela représente environ 14,8 % de toute la main-d’œuvre.

Si les entreprises du pays coupaient la moitié de leur personnel de gestion, comme l’estiment possible Gary Hamel et Michele Zanini, elles pourraient alors être gérées par 1,3 million de cadres. Plus de 1,3 million de travailleurs retourneraient alors au travail dans un poste de technicien ou de professionnel, plus utile et plus productif pour l’entreprise.

Votre patron pourrait donc devenir, un jour, votre collègue.

Le hic? Si c’est lui le patron, c’est lui qui décide.

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Chez Desjardins le nouveau PDG M. Cormier a coupé 83 postes de vice-présidents et quelque chose comme 123 postes de direction. Il est donc sur la bonne voie.

Alors que nos politiciens s’entêtent dans la centralisation, un autre exemple que la décentralisation est gagnante…

S’il y a trop de patrons? OUI et surtout dans la fonction publique où au final AUCUN d’entre-eux n’est imputable mais qui retire tout de même un salaire et des conditions d’emploi scandaleux.

Pensez-vous que c’est aussi valable pour les chef d’état, ministre, député, sénateur et autre « patron » politique.
Qu’en est-il de la fonction publique?

Dans la fonction publique: santé, éducation, transport, je soupçonne qu’il faudrait réduire des deux tiers. Retourner ces gens aux opérations, des gens des plus productifs, serait une pierre deux coups: économie et productivité.

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