Y a-t-il une vie après l’ALENA?

Trump veut renégocier l’ALENA. Mais il a peut-être autant à y perdre qu’à y gagner.

(iStockphoto)
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Le Canada peut-il vraiment espérer faire des gains s’il renégocie l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)? C’est la question à plusieurs milliards, et elle alimente les craintes autant que les spéculations de ce côté-ci de la frontière.

«Renégocier l’accord, c’est ouvrir la boîte de Pandore», croit Christian Deblock, économiste, professeur au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal et chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation.

Les risques sont grands, parce que l’accord de libre-échange a généré des bénéfices importants pour l’économie canadienne. Selon le rapport NAFTA at 10, publié en 2006 par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, l’ALENA a eu des effets positifs dans à peu près tous les domaines économiques mesurables: flux commerciaux, concurrence, investissements, emploi, gains pour les consommateurs.

Après 2010, les résultats ont été moins reluisants, parce que la Chine a pris la place de bien des entreprises canadiennes aux États-Unis, et que beaucoup de sociétés ont déplacé leurs activités du Canada vers le Mexique. «Mais la période avant 2010 a été extrêmement fructueuse», dit Christian Deblock.

Qui sont les grands gagnants? Selon lui, il s’agit du Québec, de l’Ontario, de l’industrie des ressources naturelles, des fabricants de machinerie et des secteurs de l’aviation et des services.

Mais malgré ses succès, l’ALENA commence à vieillir. Depuis son entrée en vigueur, en 1994, les économies ont beaucoup évolué. Le traité ne couvre donc pas une foule de thèmes maintenant d’intérêt, comme le commerce électronique, les télécommunications et les subventions à la culture. D’où la volonté du Canada de participer, avec l’Australie, le Brunéi, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Viêt Nam, au Partenariat transpacifique — aujourd’hui sur son lit de mort — ou de renégocier l’ALENA, faute de mieux.

Parce que si les négociations tournent mal pour le Canada, l’économie pourrait en prendre un coup.

«Mais le Canada est la première destination d’exportation de 35 États américains. Nous serons donc sans doute ménagés», croit Pierre-Paul Proulx, professeur honoraire au Département de sciences économiques de l’Université de Montréal et spécialiste du commerce international.

À bien des égards, une négociation pourrait même s’avérer avantageuse. Dans le domaine du commerce électronique, par exemple, le Canada pourrait vouloir percevoir les taxes sur les biens achetés en ligne aux États-Unis. Il pourrait aussi tenter d’alléger la bureaucratie, faire en sorte qu’un produit certifié au Canada le devienne automatiquement aux États-Unis, et voir à harmoniser certaines normes, ou demander à ce qu’elles soient reconnues mutuellement.

Au final, entre les pires craintes et les plus grands espoirs vient toutefois souvent s’imposer une réalité plus ordinaire. Selon le rapport NAFTA at 20, publié en 2014 par le Service de recherche du Congrès américain, une agence fédérale non partisane, les effets positifs et négatifs les plus remarquables de l’ALENA sont ceux… qui ne sont pas survenus. Le Canada n’a ainsi pas perdu la mainmise sur son eau ou ses ressources naturelles, et son secteur manufacturier ne s’est pas effondré. Ses industries n’ont cependant pas connu les forts gains de productivité espérés.

«Je ne vois pas très bien ce qui va se passer, admet Christian Deblock. Mais accepterons-nous de négocier pour que ce soit profitable uniquement pour les États-Unis? Personne n’acceptera de négocier si c’est pour perdre au bout du compte.»

 


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6 commentaires
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Je pense que les USA vont d’abord signer un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni et que ça deviendra le modèle, un accord où les parties reconnaissent mutuellement les standards de l’autre. Possiblement un vrai accord de libre-échange avec beaucoup moins d’exceptions et de complications bureaucratiques.

Bonne nouvelle si vous êtes pour le libre commerce mais pour les protectionnistes au Canada la vie deviendra vite difficile. L’accord actuel restreint l’accès aux compagnies US dans plein de secteurs, notamment bancaire, les assurances, les communications, le transport, la culture, l’agriculture, etc… Ces barrières seront à juste titre beaucoup plus difficiles à justifier à l’avenir.

Trump ou pas c’est clair, le Canada ne pourra indéfiniment accéder librement au marché américain (et ailleurs) tout en barrant l’accès à la moitié de son économie aux compagnies étrangères.

Il suffit de regarder une carte pour comprendre que les barrières commerciales et économiques entre le Canada et les USA ne font pas de sens, en toute logique les biens les services et les gens devraient pouvoir circuler librement. Le Canada aurait beaucoup à gagner à laisser tomber les barrières entre le deux pays, malheureusement c’est loin d’être gagné politiquement dans ce pays où on aime se rouler dans le drapeau . Le danger c’est de perdre l’accès au marché US en succombant au nationalisme/populisme de gauche.

Absolument d’ accord avec vous! Déjà que le cheuf du parti québecois veut en rajouté pour plaire aux gauchistes protectionnistes et faire avaler une grosse couleuvre aux électeurs ! Donc négocier veut dire donnant donnant et bien sûr le marché actuel est favorable à l’ industrie québecoise ! Mais qu’ ensera t’ il de l’ agro alimentaire oups!!!!

Exactement. Le pire, c’est que Lisée veut donner des leçons à Trump, aussi risible que ça peut sembler, et pour se faire, il préconise d’aller encore plus loin que Trump dans le nationalisme commercial que ce dernier.

Au final, Lisée et Trump, même combat?

Ce qui m’ inquiète le plus pour Lisé; c’ est qu’ il brandit la possibilité de piger dans le fond des génération et dans le fond de pension des québecois pour augmenter le protectionnisme québecois dans le futur et ainsi se protéger contre le gros méchant Trump !!! C,est carrément de la manipulation de l’ électorat et de l’ opportunisme populaire et ça ne conrespond nullement à un chef de gouvernement !! Et en passant l’état québecois versus les U.S.A Faites la comparaison !

Ce qu’il faudrait faire, c’est notre dette. Que les intérêts de celle-ci nous reviennent. Trudeau en 1974 nous a beaucoup nuit en la privatisant. Elle se paierait d’elle-même. Il serait intéressant d’avoir l’avis des actuaires. Je suis un peu tannée d’écouter ces milliardaires puissants qui nous donnent de l’espoir et après, nous n’avons plus rien. Je crois en une seule chose, c’est en la connaissance d’une fiscaliste, Mme Brigitte Alepin qui parle du gros déséquilibre fiscal. Tant et aussi longtemps que seule la classe moyenne va investir dans les services sociaux, rien ne va plus. L’évitement fiscal est le gros bobo international. L’Islande est le pays que j’observe ces jours-ci. Il y a tjrs moyen de se sortir la tête de l’eau, sans verser vers la gauche.

Vous vous trompez tous. Correction : Vous vous trumpez tous, nous serons à long terme avalé par les États-Unis, l’eau des grands lacs est depuis longtemps convoitée par nos amis requins. Les journalistes en parlent peu, mais le lac Michigan est détourné depuis plusieurs années. La Californie a soif. L’or bleu est l’enjeu. Le pétrole perd de sa valeur. Les Américains commencent à fabriquer la voiture électrique autonome.