15 sites du Patrimoine mondial de l’Unesco

L’Unesco a répertorié plus de 900 lieux naturels et culturels qui font partie intégrante de l’histoire de l’humanité. De l’île de Pâques aux fjords de Norvège en passant par le Vieux-Québec, voici 15 sites extraordinaires à connaître.

Depuis 1978, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dresse chaque année une liste de sites qui sont reconnus pour leur « valeur universelle exceptionnelle » selon 10 critères, comme le génie créateur humain ou la représentation d’un phénomène naturel important.

Chacun des lieux inscrits sur cette liste — répartis dans 153 pays — entre dans l’une ou l’autre des trois catégories définies par le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco : « site naturel », « site culturel » ou « site mixte » (naturel et culturel ; c’est le cas, par exemple, de la région de la Laponie, au nord de la Suède).

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LES ÎLES GALÁPAGOS

(Équateur)
Classées « site naturel » en 1978

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Photo : iStockphoto

Aussi appelées « archipel de Colón » et « Las Encantadas » (les enchantées, en espagnol), les Galápagos ont été le tout premier site à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Elles sont constituées de 19 îles issues de l’activité volcanique — certaines étant, justement, des sommets de volcan qui émergent de l’eau — et sont situées dans l’océan Pacifique, à environ 1 000 km des côtes sud-américaines.

L’Équateur en a fait sa « possession » en 1832 et, depuis 1959, l’archipel est officiellement reconnu comme un parc national. Les îles et les eaux environnantes abritent jusqu’à 875 espèces de plantes, de même qu’une grande variété d’oiseaux, de mammifères et de reptiles, dont la tortue géante (qui peut vivre jusqu’à 150 ans), l’iguane, l’otarie, le lion de mer, la baleine à bosse et le cormoran aptère. En 1835, le naturaliste britannique Charles Darwin s’est d’ailleurs rendu aux Galápagos pour y étudier la diversité des espèces présentes ; quelques années plus tard, il a publié sa fameuse étude sur l’évolution et la sélection naturelle à partir de ses observations.

C’est à compter des années 1960 que l’industrie touristique a commencé à s’organiser aux Galápagos, et plusieurs dizaines de milliers de touristes visitent désormais les îles chaque année. Outre l’observation de la faune et de la flore, la plongée (en apnée, de courant et de nuit) gagne la faveur des visiteurs. Par ailleurs, la partie occidentale de l’archipel est encore aujourd’hui le siège d’intenses activités volcaniques et sismiques.

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LE KREMLIN ET LA PLACE ROUGE

Moscou (Russie)
Classés « site culturel » en 1990

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Photo : iStockphoto

Véritable « ville dans la ville », la citadelle du Kremlin — un vaste ensemble de palais, d’églises, de musées et de cathédrales — a été construite entre les 14e et 17e siècles pour protéger Moscou de l’invasion des Tatars. De forme triangulaire, l’enceinte a d’abord servi de résidence officielle des tsars, puis des dirigeants de l’URSS, pour ensuite devenir le centre politique de la Fédération de Russie depuis la dissolution de l’Union soviétique (en 1991). Encore aujourd’hui, le mot « Kremlin » est, par extension, utilisé pour parler du gouvernement.

Selon l’Unesco, le Kremlin a exercé « une influence prépondérante sur l’architecture russe, tout en étant un modèle pour les citadelles d’autres villes [du pays] ». À lui seul, son Grand Palais — qui sert pour les réceptions d’État et les cérémonies officielles — fait 125 m de long et 47 m de haut ; il abrite neuf églises et compte plus de 700 chambres.

Située en bordure du Kremlin, la place Rouge ne tient pas son nom du communisme, mais d’une traduction du mot krasny, qui, en ancien russe, signifiait à la fois « rouge » et « beau ». Elle est régulièrement le lieu de grands défilés militaires et patriotiques, particulièrement prisés à l’époque soviétique. S’y dresse l’un des plus spectaculaires monuments de l’art orthodoxe, la cathédrale Basile-le-Bienheureux (photo ci-dessus), construite de 1555 à 1563 sur l’ordre du tsar Ivan IV, dit le Terrible. L’édifice est constitué de neuf églises séparées, chacune surmontée de dômes en bulbe aux couleurs variées.

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LE PARC NATIONAL DE RAPA NUI OU L’ÎLE DE PÂQUES

(Chili)
Classé « site culturel » en 1995

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Photo : iStockphoto

Moai : c’est ainsi que s’appellent les quelque 900 statues en pierre de forme humaine réparties sur cette île de l’océan Pacifique, située à 3 700 km des côtes. D’une hauteur qui varie de 2 à 20 m, elles ont été taillées du 10e au 16e siècle dans la scorie — des fragments de lave solidifiée — et présentent des styles différents selon qu’elles sont très anciennes (petite taille, tête et yeux ronds) ou plus récentes (figure allongée avec narines et oreilles, mains sculptées). On raconte qu’elles représentaient des ancêtres sacrés chargés de veiller sur les villages et les aires cérémoniales.

Autre particularité archéologique de cette île triangulaire, qui occupe une superficie de 162 km: les ahu, des sanctuaires de pierre qui prennent généralement l’apparence de plateformes rectangulaires surélevées, sur lesquelles se dressent les fameuses figures. D’autres cachent des tombeaux, dans lesquels des restes d’ossements humains ont été découverts. À ce jour, les chercheurs n’ont toujours pas réussi à déchiffrer le rongo-rongo, un type d’écriture constitué de signes gravés sur bois qu’un missionnaire français a découvert dans l’île au milieu du 19e siècle.

L’île de Pâques a été nommée ainsi parce que le premier Européen à avoir visité l’archipel, le navigateur néerlandais Jacob Roggeveen, y est débarqué par hasard le dimanche de Pâques de l’an 1722. En 1888, il devient propriété du Chili, après avoir appartenu à l’Espagne, puis à la France. Aujourd’hui, Rapa Nui (le nom indigène de l’île) vit principalement du tourisme, recevant plus de 70 000 curieux par année.

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LE PARC NATIONAL DE YELLOWSTONE

(États-Unis)
Classé « site naturel » en 1978

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Photo : iStockphoto

À cheval sur trois États (le Wyoming à 96 %, le Montana à 3 % et l’Idaho à 1 %), le parc national de Yellowstone s’étend sur près de 9 000 km2, soit une superficie comparable à celle de la Corse. Il tire son nom de la couleur jaunâtre des rochers d’un grand canyon formé lors des dernières glaciations, avant d’être fortement érodé par l’eau de la rivière.

À lui seul, le premier parc national américain (établi en 1872) réunit jusqu’à 10 000 sources thermales et plus de 300 geysers, soit la plus grande concentration sur la planète. La cause de toute cette « activité » ? Il faut regarder du côté des origines géologiques de la région : Yellowstone est situé dans la zone sismique la plus active des montagnes Rocheuses. C’est d’ailleurs dans ce parc qu’on trouve le geyser Steamboat, connu comme le plus important geyser actif du monde. Un autre spécimen, le Castle, fait jaillir de l’eau chaude jusqu’à une hauteur de 27 m pendant 20 minutes, et ce, toutes les 12 heures ; il serait vieux d’environ 5 000 ans.

Une végétation diversifiée, en raison d’importants écarts d’altitude, recouvre le territoire : toundra alpine, steppe semi-aride, lichens, plantes à fleurs, etc. Quant à la faune, elle est principalement constituée de mammifères, tels que l’ours noir, le grizzli, l’élan, le bison, le wapiti, le loup et le lynx. Même si seulement 5 % de la superficie du parc est composée de cours d’eau, certains d’entre eux ont des particularités propres. Ainsi, le lac Yellowstone, situé à une hauteur de 2 537 m, constitue le plus grand lac de montagne d’Amérique du Nord. Par ailleurs, on dénombre sur le territoire jusqu’à 290 chutes d’eau qui coulent toute l’année ; les plus hautes, les Lower Yellowstone Falls, atteignent 94 m.

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LA VIEILLE VILLE DE DAMAS

(Syrie)
Classée « site culturel » en 1979

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Photo : iStockphoto

La « perle de l’Orient », comme on la surnomme régulièrement, peut se targuer d’être l’une des plus vieilles capitales du monde et l’une des plus anciennes villes du Moyen-Orient. Fondée au troisième millénaire avant Jésus-Christ, elle constitue le berceau de nombreuses civilisations antiques, dont les Perses, les Grecs, les Romains, les Omeyyades et les Assyriens.

Aujourd’hui, la ville compte plus de 120 monuments témoins de diverses périodes de son histoire, dont une grande variété d’églises, de basiliques et de cathédrales, qui représentent tous les rites célébrés en Syrie (catholique, orthodoxe, maronite, arménien, etc.).

La Grande Mosquée des Omeyyades (photo ci-dessus) — aussi appelée Grande Mosquée de Damas, tout simplement —, édifiée au 8e siècle apr. J.-C., se veut l’un des édifices religieux les plus impressionnants : on y trouve encore des vestiges du temple romain d’origine. Les remparts de la ville de même que la citadelle et des tombeaux qui datent du Moyen Âge ont tous été conservés.

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LES SANCTUAIRES DU PANDA GÉANT DU SICHUAN

(Chine)
Classés « site naturel » en 2006

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Photo : iStockphoto

Cette zone, qui couvre 9 245 km² dans les montagnes de Qionglai et de Jiajin, représente le foyer de plus de 30 % des pandas géants du monde, un animal en voie d’extinction que la Chine reconnaît comme un « trésor national ».

Constitués de sept réserves naturelles et de neuf parcs paysagers, ces sanctuaires comptent aussi parmi les sites de reproduction les plus importants de cette espèce, dont il ne reste plus que 1 000 spécimens sur la planète. En plus du panda géant, ils hébergent d’autres espèces menacées, comme le panda roux (ou « petit panda »), le léopard des neiges et la panthère nébuleuse.

La flore y est particulièrement riche : on y répertorie entre 5 000 et 6 000 espèces végétales, qui appartiennent à plus de 1 000 genres. Des chercheurs ont même constaté que la région était identique aux forêts paléotropicales de l’ère tertiaire.

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LES ŒUVRES DE GAUDÍ

Barcelone (Espagne)
Classées « site culturel » en 1984

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Photo : iStockphoto

Né en 1852, l’architecte catalan Antoni Gaudí n’aura connu le succès que plusieurs années après sa mort, survenue en 1926. Autrefois critiquées par ses contemporains, ses constructions asymétriques et toutes en courbes — comme la célèbre cathédrale de la Sagrada Família (la Sainte Famille), un des monuments les plus visités d’Espagne — figurent aujourd’hui parmi les principaux atouts touristiques de Barcelone.

Selon l’Unesco, le travail de Gaudí est un exemple remarquable d’architecture résidentielle et publique du début du 20e siècle, fortement inspiré par la nature. « Son œuvre expose une importante permutation aux valeurs étroitement associées aux courants culturels et artistiques de son temps, telle que représentée dans le mouvement El Modernismo de Catalogne [dans la lignée de l’Art nouveau]. Il a aussi anticipé et influencé nombre de formes et de techniques qui ont été pertinentes dans le développement de la construction moderne au 20e siècle. »

Plus précisément, sept parcs ou bâtiments dessinés par Antoni Gaudí figurent sur la liste du patrimoine mondial : le parc Güell, le palais Güell, la crypte de la Colonia Güell, la Casa Milà, la Casa Vicens, la Casa Battló et la façade de la Nativité (de même que la crypte) de la cathédrale de la Sagrada Família. Cette dernière est en construction depuis 1882 et devrait être achevée en 2026. L’architecte a également imprimé sa marque dans la sculpture, les arts décoratifs et la conception de jardins.

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L’ARRONDISSEMENT HISTORIQUE DU VIEUX-QUÉBEC

(Canada)
Classé « site culturel »

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Photo : Jamiriquai / Flickr

Durant les années 1870, le gouverneur général lord Dufferin a entrepris une campagne active pour la conservation des fortifications de Québec, devenues dès lors inutiles d’un point de vue stratégique. L’histoire lui aura donné raison : 140 ans plus tard, l’ex-capitale de la Nouvelle-France, fondée en 1608 par Samuel de Champlain, représente un exemple remarquable de ville coloniale fortifiée, « de loin la plus complète et la plus cohérente en Amérique du Nord », signale l’Unesco.

Au fil des siècles, elle a su préserver les remparts, les bastions, les portes et les ouvrages défensifs qui l’encerclent. C’est dans la Basse-Ville que se situent le port et les quartiers les plus anciens, où s’alignent de vieilles maisons qui datent des 17e et 18e siècles. On y trouve également la place Royale (surnommée « berceau de la civilisation française en Amérique ») et l’église Notre-Dame-des-Victoires, achevée en 1723 et reconstruite, sous la domination anglaise, après sa destruction, lors des bombardements de 1759 — tout juste avant la bataille des Plaines d’Abraham.

La Haute-Ville, quant à elle, héberge le Château Frontenac (construit à la fin du 19e siècle et considéré comme l’hôtel le plus photographié dans le monde) de même que les principaux couvents, lesquels ont conservé certains de leurs éléments d’origine : celui des Jésuites (construit en 1625), des Récollets (en 1629) et des Ursulines (en 1642). Cette partie de la ville est demeurée le centre religieux et administratif de Québec au fil des siècles.

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LE GEIRANGERFJORD ET LE NÆRØYFJORD

(Norvège)
Classés « site naturel » en 2005

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Photo : iStockphoto

Le mot « fjord », qui désigne une vallée glaciaire étroite et abrupte envahie par les eaux marines, est originaire de la Norvège. Pas étonnant alors de recenser dans ce pays même deux spécimens parmi les plus longs, les plus profonds et les plus impressionnants du monde !

Situé à l’ouest du pays, le Geirangerfjord — un des endroits les plus visités de Norvège — abrite des montagnes aux pics enneigés, ainsi qu’une quantité impressionnante de chutes d’eau. Situé à seulement 120 km de là, le Nærøyfjord est quant à lui recouvert de montagnes aux sommets arrondis, moins « alpines » que celles de son voisin, sur lesquelles dorment de hauts lacs glaciaires.

Les deux fjords plongent dans l’eau à une profondeur de 300 à 500 m. Plus de 100 espèces d’oiseaux ont été dénombrées dans cet environnement maritime, de même que plusieurs espèces animales et marines. On pense au phoque, au marsouin, au dauphin, à la baleine, à la loutre, au saumon de l’Atlantique, au renard arctique et à quatre variétés de cerfs.

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LE MONUMENT BOUDDHISTE BOROBUDUR

(Indonésie)
Classé « site culturel » en 1991

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Photo : iStockphoto

Installé dans l’île de Java, en Indonésie, Borobudur (« le monastère bouddhiste sur la colline », d’après un dérivé du sanskrit) est l’un des plus grands monuments dédiés à Bouddha au monde. Pour faire ériger ce temple, entre 750 et 842 apr. J.-C., le roi de l’époque a ordonné à une armée de travailleurs de déplacer et de tailler — sous une chaleur tropicale — l’équivalent de 60 000 m3 de pierre volcanique.

L’endroit est constitué de cinq galeries successives, couvertes de bas-reliefs, qui s’étendent sur près de cinq kilomètres. Les quatre premières relatent les épisodes de la vie du bouddha Shakyamuni, tandis que la cinquième, enterrée, représente les turpitudes de la vie humaine. Trois terrasses sont bordées par des st?pas, des cloches de pierre qui se veulent à la fois une représentation de Bouddha et un monument consacré à sa mort. On en dénombre 72 au total.

Fait à souligner : le temple de Borobudur a été abandonné durant quelques siècles à partir de l’an 1100. Il a été redécouvert en 1814, enseveli sous la cendre volcanique et la végétation, par un ingénieur néerlandais venu y faire des recherches. Ses 200 hommes et lui ont passé des mois à abattre des arbres et à creuser dans le sol pour mettre à jour le monument, qui a été complètement déterré quelque 20 ans plus tard, en 1835.

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LES CHUTES VICTORIA

(Zambie et Zimbabwe)
Classées « site naturel » en 1989

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Photo : iStockphoto

Situées sur le fleuve Zambèze, à la frontière naturelle entre le Zimbabwe et la Zambie, les chutes Victoria se jettent dans une série de gorges et figurent parmi les plus impressionnantes qui soient. Lorsque le fleuve est en crue (habituellement en février et en mars), elles forment alors les plus importantes chutes d’eau du monde, pouvant atteindre 1 700 m de largeur et jusqu’à 108 m de hauteur

Durant cette période, le Zambèze charrie plus de 500 millions de litres d’eau à la minute. Conséquence : le nuage d’eau pulvérisé par le mouvement des chutes s’élève souvent à plus de 400 m de haut, et on peut l’apercevoir jusqu’à une distance de 20 km !

L’explorateur écossais David Livingstone, le premier Européen à avoir observé les chutes, en 1855, les a baptisées ainsi en l’honneur de la reine Victoria, du Royaume-Uni. Auparavant, elles étaient connues par les populations locales sous le nom de Mosi-oa-Tunya (« la fumée qui gronde »). Cette appellation sert d’ailleurs à nommer l’un des deux parcs nationaux — celui-là en Zambie — compris dans le territoire des chutes, l’autre s’appelant tout simplement le parc national des chutes Victoria, au Zimbabwe.

Une faune riche y évolue : buffles, gnous, zèbres, girafes, léopards, faucons, singes verts et hippopotames, notamment. Durant la saison sèche, lorsque les niveaux d’eau sont au plus bas, des troupeaux d’éléphants traversent à l’occasion le Zambèze pour se rendre d’une rive à l’autre. Une trentaine d’espèces de poissons ont été recensées dans les eaux des chutes.

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LE TAJ MAHAL

(Inde)
Classé « site culturel » en 1983

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Photo : iStockphoto

Au 17e siècle, l’empereur moghol Shâh Jahân a fait construire un luxueux mausolée à la mémoire de son épouse, décédée en donnant naissance à leur 14e enfant. Ainsi naîtra le Taj Mahal, qui signifie « palais de la couronne ».

Turquoise du Tibet, corail de la mer Rouge, jaspe du Pendjab, agate du Yémen, cristal de roche de l’Himalaya : en tout, 28 types de pierres fines ou ornementales ont servi à composer les motifs incrustés dans le marbre blanc de cette mosquée funéraire située en bordure de la rivière Yamunâ, à Agra. Durant la construction (qui s’est étalée de 1631 à 1648), plus de 1 000 éléphants ont été employés pour transporter les matériaux. L’empereur fit appel à des maîtres artisans venus d’Europe et d’Asie centrale.

Dressé dans un jardin de 17 hectares, le monument de forme octogonale respecte les principes du style moghol, qui combine des éléments typiques de l’architecture de la Perse, de l’Asie centrale et de l’islam. Des dômes en bulbe coiffent l’édifice qu’entourent quatre minarets, construits de façon à s’écrouler en direction opposée du tombeau en cas de séisme.

Bon an, mal an, le Taj Mahal attire plus de trois millions de visiteurs. Fait à noter : ils sont tenus de se garer à plus d’un kilomètre du monument afin de réduire au maximum la pollution du site. En raison de la mauvaise qualité de l’air, le mausolée jaunit en effet un peu plus chaque année.

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LA GRANDE BARRIÈRE DE CORAIL

(Australie)
Classée « site naturel » en 1981

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Photo : iStockphoto

Plus important récif corallien du monde, la grande barrière de corail a une superficie de 350 000 km2 (comparable à celle de l’Allemagne)… et peut même être vue de l’espace ! Elle est considérée comme la plus grande composition vivante sur terre, ses eaux chaudes et cristallines abritant 360 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons et quelque 5 000 espèces de mollusques. On y recense aussi une variété considérable de crustacés, d’éponges, d’algues et d’anémones, et plus de 200 espèces d’oiseaux peuplent ses îles.

Cette remarquable diversité attire chaque année nombre de touristes et d’amateurs de plongée sous-marine. La plus grave menace actuelle pour l’avenir de la grande barrière de corail et de ses 3 000 récifs (qui s’étendent jusqu’à la Papouasie-Nouvelle-Guinée) est le réchauffement climatique. Selon les chercheurs, de nombreuses espèces de coraux vivent en ce moment à la limite de leur tolérance à la température.

Par ailleurs, depuis 2004, la pêche est interdite dans un tiers de la barrière, en vue de protéger les coraux — dont beaucoup sont déjà fragilisés par la pollution — et certains poissons menacés.

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LE PARC NATIONAL DES VOLCANS D’HAWAÏ

(États-Unis)
Classé « site naturel » en 1987

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Photo : iStockphoto

En plein cœur de l’océan Pacifique, le parc national des volcans d’Hawaï change régulièrement de paysage au gré des éruptions et des coulées de lave. Il héberge deux des volcans les plus actifs et les plus accessibles sur terre : le Mauna Loa et le Kilauea. Avec ses 4 170 m, le Mauna Loa est le plus grand volcan du monde, tandis que le Kilauea — en constante éruption depuis 1983 — se dresse à 1 250 m.

Selon l’altitude, le climat dans l’île varie, allant du tropical humide au désertique alpin. Un environnement hautement diversifié caractérise le parc, dont certains secteurs sont interdits d’accès en raison du risque d’éruptions volcaniques. De l’hibiscus à la canne à sucre en passant par les noyers, on y répertorie jusqu’à 23 genres de végétation, regroupés dans cinq types d’écosystème : subalpin, montagnard saisonnier, sous-montagnard saisonnier, forêt pluviale et basses terres littorales.

Quant à la faune, exception faite d’une espèce de chauve-souris cendrée et de quelques oiseaux rares, le territoire ne compte aucun mammifère indigène.

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LA RÉSERVE DE BIOSPHÈRE DU PAPILLON MONARQUE

(Mexique)
Classée « site naturel » en 2008

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Photo : iStockphoto

Chaque automne, des millions (voire un milliard) de papillons en provenance du Canada et des États-Unis migrent vers ce site d’hivernage situé à 100 km au nord-ouest de la ville de Mexico, à l’intérieur de montagnes boisées. On dit que leurs battements d’ailes évoquent le bruit d’une fine pluie, et les scientifiques ne parviennent toujours pas à expliquer comment ces lépidoptères réussissent à retrouver leur chemin vers leur lieu de repos hivernal.

Occupant 563 km2, la réserve accueille 70 % de la population totale de monarques, qui y colorent alors les arbres en orangé et qui arrivent même à faire ployer les branches sous leur poids collectif. Pour le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, il s’agit là d’un phénomène unique et d’une expérience exceptionnelle.

La zone protège 8 colonies de monarques parmi les 14 qu’on trouve au Mexique. L’abattage illégal de bois constitue une des menaces principales à la survie de ces insectes, qui se nourrissent du nectar des fleurs.

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LECTURE SUGGÉRÉE978-2-89654-230-7

Le Patrimoine mondial de l’Unesco — Le guide complet des lieux les plus extraordinaires
Collectif
Éditions Broquet
2011, 856 pages