Arctique : l’OTAN devra-t-elle s’en mêler ?

Et si la guerre éclatait au sujet du partage des ressources dans l’Arctique ? Cette éventualité, certes peu probable, fera tout de même partie des discussions de la prochaine rencontre de l’OTAN, à Lisbonne, en novembre.

Arctique : l’OTAN devra-t-elle s'en mêler ?
Photo : Sean Kilpatrick/PC

L’actualité a discuté de cette question et de la place du Canada dans l’alliance avec Ivo Daalder, ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, dans ses bureaux, à Bruxelles.

Craignez-vous l’émergence de tensions entre les puissances arctiques ?

– J’aime le slogan norvégien « High North, low tension » [Grand Nord, faible tension]. Sur les cinq pays arctiques, quatre sont dans l’OTAN – Canada, États-Unis, Danemark et Norvège -, l’autre étant la Russie. Aux États-Unis, nous débattons pour savoir si nous voulons vraiment étendre à cette région une alliance militaire comme l’OTAN. Comme nous sommes une puissance arctique, il est normal que notre armée y soit pour patrouiller à nos frontières. Mais nous voulons aussi que cette partie du monde reste une zone de faibles tensions. Je sais qu’il y a des divergences entre les pays arctiques, mais il faudra avoir une discussion mesurée sur cette région, où l’activité humaine sera de plus en plus importante.

Le Canada s’est souvent senti exclu des grands enjeux à l’OTAN. Son engagement en Afghanistan aura-t-il changé quelque chose ?

– Oui. La contribution du Canada en Afghanistan est extraordinaire et lui a donné une voix forte dans l’alliance. Je passe beaucoup de temps avec mes collègues canadiens, car ils en ont gagné le droit. C’est une leçon que les autres pays comprennent : quand vous contribuez, vos positions ont plus de poids.

Comment est perçue la contribution canadienne à l’OTAN ?

– Le nombre relativement élevé de soldats canadiens tombés au combat en Afghanistan est une mesure de la contribution du Canada. Tout comme le fait qu’un pays de 34 millions d’habitants y ait longtemps fourni le troisième contingent en importance. Cela dit, d’autres pays ont aussi contribué de façon remarquable, proportionnellement à leurs capacités. Les Pays-Bas, le Danemark et l’Estonie, par exemple. Mais l’argument du Canada selon lequel il a fourni sa part et qu’il est temps que d’autres fournissent la leur est bien entendu.

 

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