Armes chimiques : quatre tueurs sans visage

L’utilisation d’armes chimiques — du gaz sarin — en Syrie aurait fait jusqu’à 1 300 morts à la fin août. 

Photo : Reuters / Bassam Khabieh
Photo : Reuters / Bassam Khabieh

Depuis 1997, une convention internationale interdit pourtant l’usage de ce type d’armes, dont il existe des dizaines de variantes, regroupées en quatre catégories. Elles sont toutes composées de produits toxiques conçus pour provoquer la mort ou des lésions importantes, et sont larguées dans des bombes ou pulvérisées par avion. Aperçu.

AGENTS NEUROTOXIQUES
Tabun, sarin, soman, cyclosarin (GF) et gaz VX

Ces substances sont des composés organophosphorés — comme les appellent les scientifiques —, qui provoquent une surstimulation des muscles et des glandes. Les symptômes sont nombreux : serrements à la poitrine, rétrécissement des pupilles, difficulté à respirer, bave, nausées, vomissements, crampes, etc. L’insuffisance cardiaque et la mort s’ensuivent.

AGENTS SUFFOCANTS
Phosgène, diphosgène, chlore, perfluoroisobutylène et chloropicrine

Ces armes attaquent le tissu pulmonaire et peuvent causer une accumulation de fluides dans les poumons. La victime meurt par suffocation.

AGENTS HÉMOTOXIQUES
Acide cyanhydrique et chlorure de cyanogène

Ils perturbent les fonctions corporelles en bloquant la respiration des cellules et le transfert d’oxygène du sang vers les tissus de l’organisme. En privant le corps d’oxygène, ils provoquent la mort par suffocation.

AGENTS VÉSICANTS
Moutardes au soufre, lewisite, moutardes à l’azote et oxime de phosgène

Ces produits agissent sur les yeux, les membranes muqueuses, les poumons et la peau. Sur la peau, ils causent des cloques puis une nécrose cutanée, alors que dans les yeux, ils provoquent des lésions graves et la cécité. La plupart des décès sont causés par l’inhalation. Lorsque du gaz moutarde est inhalé, les voies respiratoires supérieures s’irritent, ce qui entraîne un œdème pulmonaire.