Au secours de l’Ukraine

Les soldats ukrainiens montent maintenant au front chaussés de bottes venues du Canada. L’État tente d’éviter la faillite grâce aux conseils d’un avocat formé à Montréal. Le combat diplomatique pour protéger sa souveraineté est dirigé depuis le 40e étage de la Place Ville-Marie. De Montréal à Kiev, des Canadiens d’origine ukrainienne tentent d’aider leur pays d’origine à contrer les rebelles prorusses. L’actualité est allé à leur rencontre.

Lenna Koszarny
Photo : Lenna Koszanny

La pro de l’équipement

Les Ukrainiens combattent avec des bottes et des manteaux du Canada. En partie grâce à Lenna Koszarny.

Dire que l’armée ukrainienne manque de ressources relève de l’euphémisme. Avant que les soldats sur la ligne de front dans l’est du pays enfilent les premiers vêtements chauds envoyés par le Canada, le 28 novembre dernier, ils se battaient contre les rebelles prorusses dans la neige avec des tenues d’été, s’étonne encore Lenna Koszarny, 45 ans, qui dirige à Kiev le conseil consul­tatif du Congrès des Ukrainiens canadiens.

Lorsque je la rencontre dans son bureau de la capitale ukrainienne, à la fin de janvier, une deuxième cargaison d’équipement canadien était arrivée dans le port d’Odessa, sur la mer Noire. Et tout comme pour la première, cette grande blonde née à London, en Ontario, a accompagné le convoi de bénévoles canadiens et ukrainiens jusqu’aux abords de la ligne de front, pour s’assurer que l’aide se rendait à destination.

Une autre cargaison devait arriver quelques jours plus tard, contenant des jumelles de vision nocturne et d’autres fournitures techniques. À la fin de ces trois opérations, 65 000 paires de bottes, 30 000 uniformes et 3 000 paires de gants auront été distribués, affirme avec fierté Lenna Koszarny. « Nous sommes une interface entre les gouvernements d’Ottawa et de Kiev », dit-elle.

Lenna Koszarny a déménagé en Ukraine avec sa mère au début de la vingtaine, peu après la dislocation de l’Union soviétique, en 1991. Le séjour devait durer deux ans, mais après avoir pris boulot et mari, la jeune comptable agréée, aussi formée en administration des affaires, a pris pays. Une vingtaine d’années et deux enfants plus tard, elle est devenue l’un des maillons principaux d’un réseau très soudé de Canadiens en Ukraine.

Comme si les journées avaient plus de 24 heures, cette femme d’affaires compte maintenant utiliser une partie des profits générés par le fonds d’investissement privé qu’elle a cofondé avec l’actuelle ministre ukrainienne des Finances, Natalie Jaresko, pour aider à rebâtir des écoles et des garderies bombardées lors des combats.

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Daniel Bilak
Photo : Jean-Frédéric Légaré-Tremblay

Le conseiller

L’Ukraine a enfin une chance de réinventer son gouvernement. Un avocat formé à Montréal, Daniel Bilak, est de la partie.

Dans sa longue histoire, l’Ukraine n’a jamais eu d’institutions véritablement à elle. « Elle a toujours été dominée par des puissances étrangères », me dit l’avocat Daniel Bilak, Torontois qui réside en Ukraine depuis une vingtaine d’années. La seule institution à avoir du pouvoir était l’Église, et c’était dans les petites villes et les villages. « Un peu comme dans le Québec d’antan ! » ajoute l’avocat, associé dans un cabinet d’avocats de la capitale ukrainienne.

L’État dont ont hérité les Ukrainiens après les manifestations qui ont chassé le président Viktor Ianoukovitch du pouvoir, en février 2014, reste marqué par l’expérience soviétique, qui a pourtant pris fin en 1991. « L’Ukraine a un sérieux problème de gouvernance », tranche Daniel Bilak.

À son bureau de Kiev, sis entre la mythique cathédrale Sainte-Sophie et le vestige de forteresse qu’est la Porte dorée, le juriste de 54 ans, formé à l’Université McGill, vient en quelques phrases de résumer l’histoire de l’État ukrainien.

Certaines des réformes dont rêvent la majorité des Ukrainiens, notamment dans les secteurs de la justice et de l’administration publique, sont en partie l’œuvre de Daniel Bilak : décentralisation de l’État, dépolitisation des juges à la solde du régime, allègement d’une bureaucratie tentaculaire…

Daniel Bilak a en effet été impliqué dans les nombreuses tentatives de réformes qu’a connues l’Ukraine depuis 1991. Il a notamment été chef de cabinet de deux ministres de la Justice, conseiller de la première ministre aux tresses blondes, Ioulia Timochenko, puis du président issu de la révolution orange, en 2004, Viktor Iouchtchenko.

« De grâce, ne me blâmez pas, j’ai vraiment essayé », a déclaré avec humour l’avocat, en mars dernier, alors qu’il était venu témoigner de la situation en Ukraine devant la commission des Affaires étrangères, à Ottawa.

Les réformes ont été une longue suite d’échecs. L’État, extrêmement centralisé, sort tout droit de l’ère soviétique, explique Daniel Bilak. « La bureaucratie est énorme. Impossible de faire aboutir quoi que ce soit. » Sans compter la corruption : Transparency International classe l’Ukraine au 142e rang mondial, ex æquo avec l’Ouganda…

Plus vaste pays du continent européen après la Russie, l’Ukraine est le grenier à blé de l’Europe. Malgré ces immenses ressources, les 45 millions d’habitants sont loin de profiter du plein potentiel qu’offre le pays. Un indice parmi d’autres : le PIB par habitant ne dépasse pas 4 000 dollars. Dans la Pologne voisine, que les réformistes ukrainiens prennent souvent en exemple, il est au-dessus de 15 000 dollars.

Les manifestations qui ont poussé le président Viktor Ianoukovitch vers la sortie, au début de 2014, donnent au pays une chance de mener des réformes ambitieuses pour, entre autres, enrayer la corruption et moderniser l’État. Daniel Bilak tente de convaincre des ministres d’aller de l’avant. Et il est optimiste. « Le gouvernement craint la population comme jamais auparavant, assure-t-il. Les gens veulent des résultats. »

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Oleh Antonyshyn
Photo : Damien Lyn

Le chirurgien humanitaire

Les combats font leur lot de blessés graves. Une équipe de médecins canadiens, menée par Oleh Antonyshyn, prête main-forte.

Des yeux crevés par des balles en caoutchouc, des visages et des crânes déformés à coups de matraque… La répression des manifestants sur le Maïdan (la place de l’Indépendance), au tournant de 2014, n’a pas fait de quartier. La guerre dans l’Est non plus. Des soldats reviennent du front le crâne percé par une balle, les mâchoires défaites, une main ou un pied à reconstruire. Oleh Antonyshyn, 57 ans, chirurgien plasticien craniofacial de l’hôpital Sunnybrook, à Toronto, a vu ces horreurs sur sa table d’opération.

En novembre dernier, il a dirigé une équipe de 25 chirurgiens, anesthésistes, infirmières et résidents d’un peu partout au Canada, venus bénévolement en Ukraine pour aider les équipes locales, en manque criant de ressources. Pendant la semaine qu’a duré la mission, les quatre lits qu’ils ont mis sur pied dans l’hôpital militaire de Kiev étaient occupés du matin au soir. La plupart des cas requéraient chacun une intervention de cinq à six heures. En tout, 37 opérations ont été effectuées, sur 30 blessés.

Organiser une telle mission a nécessité son lot d’efforts. Il a d’abord fallu obtenir l’autorisation de Kiev, afin de permettre à des médecins étrangers d’exercer sur son territoire. Puis, trouver le personnel canadien. Pour financer l’expédition, la Fondation Canada-Ukraine a tenu un gala, qui a attiré 1 200 personnes, dont le premier ministre Stephen Harper et l’ex-hockeyeur Wayne Gretzky — sa grand-mère paternelle était ukrainienne.

L’équipe a apporté tout le matériel médical nécessaire, d’une valeur de 30 000 dollars, qu’elle a ensuite cédé à l’hôpital. « On ne voulait pas grever les ressources, qui manquent cruellement ici », m’explique Oleh Antonyshyn dans un restaurant de Kiev, à l’ombre des dômes turquoise et doré de l’église orthodoxe Saint-André.

Le chirurgien est de retour à Kiev, en cette fin de janvier, pour préparer une deuxième mission, prévue à la mi-mai.

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Krystina_Tanya
Photo : Jean-Frédéric Légaré-Tremblay

Les fées marraines

Les orphelins font les frais de la guerre. Krystina Waler et Tanya Bednarczyk, de l’organisme canadien Help Us Help The Children, leur viennent en aide.

Il devenait de plus en plus difficile d’assurer la sécurité des quelques centaines de petits pensionnaires des orphelinats de Donetsk et de Lougansk à mesure que les combats s’intensifiaient, en juillet 2014. Mieux valait les envoyer dans l’ouest du pays, loin du danger, ont décidé les autorités ukrainiennes. Malgré des difficultés rencontrées avec les rebelles prorusses, qui refusaient de les laisser partir, les enfants ont finalement pris la route. Mais, partis en hâte, certains n’avaient pour seuls bagages que les vêtements qu’ils avaient sur le dos, raconte Krystina Waler, une Torontoise de 30 ans, qui œuvre au sein de l’organisme de charité canadien Help Us Help The Children.

L’organisme a aussitôt utilisé les « routes humanitaires » qu’il emprunte depuis 20 ans pour acheminer, d’urgence cette fois, vêtements, lits, couches, préparations lactées et autres produits de nécessité aux enfants évacués.

Krystina Waler gagne sa vie comme directrice des initiatives humanitaires à la Fondation Canada-Ukraine. Elle a fait 11 fois l’aller-retour entre Toronto et Kiev en 2014. Elle était notamment du voyage lors­que le ministre canadien des Affaires étrangères d’alors, John Baird, s’est rendu à Kiev pour marcher avec les manifestants de la place de l’Indépendance.

En partenariat avec la Fondation, l’organisme Help Us Help the Children aide depuis 20 ans les orphelins ukrainiens, mais aussi, depuis un an, les veuves de guerre, parfois aux prises avec un syndrome post-traumatique. « En Ukraine, toute forme de maladie mentale est extrêmement stigmatisée. Nous préférons d’ailleurs dire aux femmes que nous les aidons à “se relaxer” », explique Krystina Waler, dont le minuscule bureau au cœur de Kiev est encombré de boîtes de shampoing et autres produits prêts à prendre la « route humanitaire ».

À ses côtés, Tanya Bednarczyk, une Montréalaise de 28 ans tout juste descendue de l’avion, s’apprête à mettre le cap sur les Carpates. C’est dans ces montagnes de l’ouest du pays que l’organisme accueille, pendant quelques semaines, les veuves et leurs enfants, 40 personnes à la fois. Au programme : art-thérapie, rencontres individuelles avec des psychologues, etc. « C’est vraiment difficile de ne pas revenir pour aider quand tu as vu ce qui se passe ici », explique Tanya Bednarczyk.

La jeune femme a renoué avec ses racines ukrainiennes à 15 ans, lors de son premier voyage dans le pays de ses parents. Malgré les difficultés gigantesques que traverse l’Ukraine, la jeune diplômée de Concordia en affaires et politiques publiques compte bien, un jour, y emporter ses pénates pour de bon.

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Eugene_Czolij
Photo : Jean-Frédéric Légaré-Tremblay

Le défenseur de l’Union

Représentant de la diaspora ukrainienne mondiale, le Montréalais Eugène Czolij cherche des appuis auprès des leaders étrangers pour défendre la souveraineté de l’Ukraine.

Les plus hauts dirigeants des pays membres de l’Union européenne, il les a déjà presque tous rencontrés. À chacun, l’avocat montréalais Eugène Czolij tient le même discours : « L’Ukraine doit devenir membre de l’Union européenne. Le pacte économique et commercial [signé en juillet 2014] n’était qu’une étape vers cet objectif. Lancez un message clair ! » martèle-t-il au nom des 20 millions d’Ukrainiens de la diaspora.

À la tête du Congrès mondial ukrainien depuis 2008, Eugène Czolij mène plusieurs dossiers de front, dont l’appui aux réformes démocratiques de Kiev et le soutien aux médias ukrainiens. Depuis les manifestations de la fin 2013, les dossiers s’empilent. Mais une grande part de son temps est consacrée à donner les moyens à l’Ukraine de se défendre contre l’ingérence russe. Ce qui n’empêche pas ce diplômé de l’Université de Montréal de continuer sa pratique d’avocat en litige commercial au sein du cabinet Lavery, à Montréal, où je le rencontre, au 40e étage de la Place Ville-Marie.

Né à Montréal à la fin des années 1950, Eugène Czolij a toujours milité pour l’indépendance du pays de ses parents, qui ont fui au Canada au terme de la Deuxième Guerre mondiale.

« Lorsque Kiev prend des décisions qui ne font pas son affaire, la Russie exerce des pressions économiques. Si Kiev persiste, les pressions deviennent militaires. C’est ce qui se produit aujourd’hui dans l’est du pays », m’explique l’avocat.

Voilà pourquoi, sur la question qui fait aujourd’hui le plus débat dans les chancelleries occidentales, Eugène Czolij répond avec un retentissant « oui » : il faut fournir des armes défensives à l’Ukraine. « Avec les sanctions économiques, les armes sont les meilleurs outils pour faire respecter les accords signés par la Russie sur le conflit dans l’est du pays », assure-t-il.

L’OTAN, l’alliance militaire atlantique, doit aussi ouvrir ses portes à l’Ukraine, afin d’assurer son indépendance, affirme-t-il.

À ceux qui, comme la chancelière allemande, Angela Merkel, craignent qu’une aide militaire n’entraîne une escalade du conflit, il répond : « Selon nous, c’est justement le contraire qui se produirait, car Poutine ne voit le monde qu’à travers le prisme des rapports de force. Une Ukraine bien armée, donc, le dissuaderait. »

 

Carte_ukraine

GUERRE EN UKRAINE 101

L’étincelle qui met le feu aux poudres en Ukraine se produit à la fin de l’automne 2013, quand le président, Viktor Ianoukovitch, s’oppose à un rapprochement économique avec l’Union européenne. Des manifestations pro-occidentales éclatent au cœur de la capitale, Kiev. Pendant des semaines, manifestants et policiers s’affrontent. Puis, en février 2014, le président fuit le pays.

Son départ est aussitôt suivi par une offensive prorusse : la Crimée est annexée par la Russie, des émeutes prorusses écla­tent dans l’est de l’Ukraine, et une milice lourdement armée remplace les manifestants.

Les rebelles, qui cherchent l’autonomie de la région vis-à-vis de Kiev, proclament coup sur coup la création des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, pour enfin les réunir en mai 2014 sous le nom de Nouvelle-­Russie. Un État que la communauté internationale ne reconnaît toujours pas.

Après bientôt un an de combats et plus de 6 000 morts, les forces ukrainiennes n’ont pas réussi à repousser les rebelles. Les leaders occidentaux, ukrainien et russe ont bien tenté de trouver une solution politique à la crise, mais malgré une accalmie au front, rien n’est réglé.

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FINANCER LA GUERRE GRÂCE À FACEBOOK

Plus de 1,3 million de dollars, destinés à équiper l’armée ukrainienne, ont été amassés à l’aide de Facebook entre mars et décembre 2014. Une collecte de fonds qui se poursuit.

Derrière cette initiative se trouve Anna Sandalova, 39 ans, fondatrice de l’organisme Help the Army of Ukraine. « Après l’annexion de la Crimée par la Russie, en mars 2014, on a découvert que des divisions entières [de l’armée ukrainienne] n’avaient même pas suffisamment de rations alimentaires », dit-elle.

Les sommes servent à acheter bas de laine, manteaux, nourriture, lunettes à infrarouge, émetteurs-récepteurs portatifs et ambulances aux soldats ukrainiens. Help the Army of Ukraine fait aussi des collectes traditionnelles. Et il n’est pas le seul : des bénévoles de différents organismes sillonnent les rues et les stations de métro pour solliciter quelques hryvnias auprès des passants. Dans les bars et restaurants de Kiev, on recueille des dons dans des tirelires.

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L’industrie la plus profitable de l’Ukraine, c’est : « la propagande » et elle se vend très bien à l’international, il suffit de lire la presse canadienne sur le sujet et de voir de quelle façon nos politiciens canadiens sont dorénavant directement endoctrinés par le Ministère ukrainien des communications.

Bien que cet article soit le meilleur que j’ai lu jusqu’à présent sur ce sujet dans les colonnes de L’actualité. Force est toujours de constater que des paragraphes tels que : « Guerre en Ukraine 101 » seraient justes bons à en rire, si tout cela n’avait été la cause de bien des désolations. De toute évidence une recherche un peu plus approfondie sur le thème, serait susceptible de faire des merveilles.

Il n’est pas de meilleur cadeau qui puisse être donné aux ukrainiens que l’instruction, le droit et le respect de la liberté d’opinion. Tout comme madame Merkel, je ne suis pas du tout certain que de donner aux forces armées ukrainiennes des armes défensives, soit une solution de pérennité pour cette contrée, car ce pays toujours dépourvu d’institutions réellement démocratiques, aurait tôt fait de tourner ces armes défensives en objets létaux offensifs.

L’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne est conditionnelle à la capacité de ce pays de rembourser ses dettes, de respecter les diverses échéances qui lui sont fixées, d’harmoniser ses règles de finances et de gouvernance ; lesquelles ont cours dans l’Union européenne présentement.

Ces problématiques se posaient exactement de la même façon sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, si ce n’est que ce pays était encore alors en paix et un peu plus fort économiquement que maintenant. Tandis que les réformes, même celles demandées par le FMI — qui jusqu’à présent devant la Russie, reste son premier bailleur de fonds -, ces réformes sont toujours reportées pour diverses raisons. Incluant d’ailleurs la décentralisation.

De plus l’Union européenne — qui est elle-même confrontée à une crise de la dette qui dure et qui perdure -, est beaucoup moins encline à intégrer des pays qui sont des « canards boiteux ». Elle tarde même à intégrer de bons élèves comme la Turquie. La seule solution viable de l’Ukraine à court terme, serait qu’elle soit annexée économiquement par les États-Unis. Ce sont les seuls qui aient les moyens et la force de marketing pour faire rebondir ce qu’il reste de l’Ukraine pour le moment.

— Tout en quelques sortes se fonde dans le choix de la technostructure judicieusement.

Finalement, je ne comprends pas en quoi l’ouverture des portes de l’OTAN à l’Ukraine soit un gage qui assure d’une quelconque indépendance pour ce pays. Considérant que la mission première de l’OTAN c’est d’abord le maintien de la paix.

Bel effort de propagande ! Ce qu’il faudrait que le Canada fasse en faveur de l’Ukraine, c’est multiplier les pressions sur Kiev pour que ce gouvernement se démocratise et élabore un projet fédéraliste (le Canada est bien placé pour le soutenir) susceptible de gagner quelques russophones à sa cause. Mais pour des raisons électorales, on se jette à la défense d’un pouvoir dont le premier geste, il y a deux ans, fut d’interdire l’enseignement du russe dans l’est.

Et je suppose que vous êtes contre la loi 101 et l’enseignement du français au Québec. Quelle hypocrisie de votre part.