Centrafrique : la foi et la machette

Fragilisée par le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, la République centrafricaine sombre dans une guerre interconfessionnelle. Une première dans ce petit pays de 4,5 millions d’habitants où se côtoient chrétiens et musulmans.

Photo : Jérôme Delay / Associated Press / La Presse Canadienne
Photo : Jérôme Delay / Associated Press / La Presse Canadienne

Fragilisée par le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, la République centrafricaine sombre dans une guerre interconfessionnelle. Une première dans ce petit pays de 4,5 millions d’habitants où se côtoient chrétiens et musulmans. Les Nations unies et la France — qui y a dépêché des soldats en décembre — craignent même un génocide.

Force rebelle multinationale

Président autoproclamé après le coup d’État, le musulman Michel Djotodia est issu de la Séléka (« alliance », en sango, langue officielle du pays avec le français). Cette coalition hétérogène est composée de groupes rebelles musulmans du nord du pays.

Sans idéologie particulière, les pillards qui la composent sont appuyés par des mercenaires du Soudan et du Tchad voisins. Leur seul objectif semble être de contrôler le territoire, et de piller au passage les ressources naturelles du pays, dont les diamants.

La situation s’envenime

Incapable d’en assurer le contrôle, Djotodia a dissous l’« alliance », qui a éclaté en une myriade de groupuscules. Ceux-ci terrorisent, pillent, violent, torturent et assassinent aujourd’hui les chrétiens, qui forment 80 % de la population.

En guise de représailles, des milices chrétiennes antibalakas (« antimachettes », en sango) se sont formées et massacrent les familles musulmanes.