Chine: la dissidence s’organise sur le Web

En contournant la censure, des blogues retransmettent directement en Occident une avalanche d’informations dites « sensibles » ou porteuses de scandales pour Pékin. Voici une liste de ces sites.

Pour toucher un maximum d’internautes, de plus en plus de cyber-reporters chinois bloguent en anglais. Hébergés à Hongkong ou à l’extérieur de la Chine, mis à jour en permanence, leurs sites sont en général des blogues collectifs dans lesquels chacun se donne pour mission de dénicher le meilleur (ou le pire) de la toile chinoise en matière de journalisme citoyen. Produites par des journalistes non professionnels, ces informations non censurées sont diffusées avant même que l’agence officielle Xinhua ait le temps de diffuser ses propres dépêches.

 


www.chinadigitaltimes.net

Bloqué en Chine, China Digital Times, ou CDT, est le bébé des étudiants chinois de l’Université de la Californie à Berkeley. Quotidiennement mis à jour, le site dissèque la blogosphère chinoise. Il privilégie le journalisme citoyen et les reporters en herbe, et raconte les mésaventures des journalistes professionnels en bisbille avec les autorités. (En anglais.)

 



www.chinasmack.com

Lancé en août 2008 par deux Shanghaiens, hébergé aux États-Unis, China Smack s’intéresse aux disputes et discussions qui rythment les forums en ligne chinois, qui sont devenus les premiers lieux de débats d’idées en Chine. C’est un excellent outil pour faire connaissance avec les nouveaux visages du nationalisme en Chine : les « netizens » ou citoyens du Net qui s’expriment au moyen de vidéos, de billets d’humeur ou de messages enflammés déposés sur les forums de Sina ou Tanya, les principaux portails chinois (En anglais.)

 



www.danwei.org

Danwei signifie « unité » en chinois. D’apparence sobre, sans graphisme, ce site se passionne pour les médias chinois et collige des histoires invraisemblables publiées dans les centaines de quotidiens régionaux du pays. Signe particulier : les informations les plus croustillantes se trouvent dans les commentaires laissés par les internautes, bien informés. En effet, nombre d’entre eux sont les journalistes de ces mêmes quotidiens qui peuvent, ici, ajouter des éléments qu’ils n’ont pas été autorisés à publier. (En anglais.)



www.shanghaiist.com

Lancé par un Américain établi à Shanghai, alimenté par des amis chinois et financé par des bandeaux publicitaires, Shanghaiist a connu son heure de gloire après le tremblement de terre du 12 mai 2008 dans le Sichuan. Des participants dynamiques informaient de minute en minute les lecteurs de l’ampleur des dégâts, accompagnant leurs textes de photos et de vidéos inédites. Si ce blogue collectif s’intéresse en priorité à la vie nocturne trépidante de Shanghai, il sert aussi de vitrine aux blogueurs détectives qui dénoncent les abus, scandales et décadences des gouverneurs des provinces. Parce qu’il y trouve également son compte, le gouvernement central ne le censure pas. (En anglais.)




https://fr.globalvoicesonline.org/category/world/east-asia/china/

Global Voices Online est un blogue mondial, multilingue, qui fait appel à des correspondants dans le monde entier. Sa section chinoise est particulièrement dynamique : chacun de ses membres s’attarde à analyser les mutations de la société chinoise, en s’appuyant sur des arguments trouvés dans les méandres de la blogosphère. (En français.)

 

 


https://cmp.hku.hk

Créé par l’École de journalisme de Hongkong, China Media Project prend du recul par rapport à l’actualité et mène une réflexion sur l’avenir du journalisme en Chine à l’heure d’Internet. Des journalistes qui ont de longues années de métier débattent avec des cyber-reporters. Leurs réflexions sont passionnantes. (En anglais.)

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