Chine : la lutte anticorruption fait chuter les ventes de cognac

Dur lendemain de veille pour les géants du cognac. Si le précieux alcool coulait autrefois à flot en Chine, la politique anticorruption menée par Pékin fait plonger les ventes.

Photo : Mark Duncan / AP / PC
Photo : Mark Duncan / AP / PC

Dur lendemain de veille pour les géants du cognac. Si le précieux alcool coulait autrefois à flot en Chine, la politique anticorruption menée par Pékin fait plonger les ventes.

Le chiffre d’affaires mondial de Rémy Cointreau, troisième groupe du secteur, a reculé de 12,3% (327 millions d’euros) entre avril et décembre 2013. Les ventes de son concurrent Pernod Ricard, avec Martell, ont chuté de 12%. Même le leader mondial LVMH, et son cognac Hennessy, est victime d’un ralentissement, comme en témoigne Le Monde.

À l’origine de leurs déboires? Un repli des achats en Chine, grand consommateur du spiritueux haut de gamme. Le succès de la marque Rémy Martin, au cours des dernières années, avait par exemple fait gonfler ses marges à 30 %. Selon Le Figaro, son chiffre d’affaires y a désormais chuté de 25%.

Si le cognac n’a plus autant la cote auprès des Chinois, ce n’est pas parce qu’ils s’en délectent moins. Arrivés au pouvoir il y a un an, les nouveaux dirigeants mènent une lutte contre la corruption et les dépenses ostentatoires de ses cadres. Exit, donc, les «cadeaux» luxueux, prenant souvent la forme du précieux alcool.

Hasard ou non, le directeur général de Rémy Martin, Patrick Piana, a quitté son poste deux jours après la diffusion de la chute des ventes. «Son départ n’est pas une punition par rapport aux chiffres en Chine», a assuré la porte-parole du groupe.

L’industrie a de quoi se consoler : selon le Bureau national interprofessionnel du cognac, l’alcool brun demeure, pour une deuxième année, en tête des exportations en valeur dans le secteur des vins et spiritueux, devançant les vins de Bordeaux et le champagne.

 

Dans la même catégorie