Chine : le grand chantier du Yunnan

Le Yunnan, province de 44 millions d’habitants, l’une des plus pauvres de la Chine, s’ouvre à grande vitesse au développement économique. Son principal défi : moderniser l’industrie agricole afin de réduire les inégalités entre la ville et la campagne. Pour l’aider dans ce chantier titanesque, les autorités ont fait appel à une figure bien connue des Québécois, l’ex-maire de Montréal Pierre Bourque, qui y construit un parc industriel de 500 millions de dollars !

Chine : le grand chantier du Yunnan
Photo : Marco Fortier
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Racines québécoises en sol chinois

Fondations de l’une des deux serres qui seront aménagées dans le parc industriel de l’ex-maire Bourque au Yunnan. Une vingtaine d’établissements agricoles du Québec participent à ce projet unique. Le parc comprendra trois fermes, cinq usines de transformation des aliments, un centre d’insémination du bétail, des laboratoires de recherche et de contrôle de la qualité, une station météorologique, une usine de traitement des eaux, un centre d’exposition, un hôtel cinq étoiles, deux restaurants et un spa.

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Un accent propre au Québec

Les Québécois Benoît Belley et Jean-Pierre Landry, du Groupe S.M. international, de Montréal, sur le chantier du Parc des sept couleurs, à Qujing. Ce parc industriel de 500 millions de dollars a été mis sur pied par Pierre Bourque à la demande des autorités chinoises. Le gouvernement du Yunnan mise sur ce vaste transfert de technologies avec le Québec pour moderniser la production agricole de l’Empire du Milieu. L’architecte Jean-Pierre Landry et son collègue Benoît Belley comptent parmi la soixantaine d’experts québécois qui prennent part à ce projet.

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Un quartier prend naissance

Des bulldozers tracent les 15 km de rues qui sillonneront le parc industriel de Qujing. La première pelletée de terre a eu lieu le 7 juin 2009, en présence d’une centaine d’invités québécois et chinois et le parc devrait ouvrir le 1er octobre 2011, jour de la fête nationale chinoise. Ce sera aussi un vaste jardin botanique de 377 hectares – cinq fois plus grand que celui de Montréal – où pousseront de 40 000 arbres et d’un demi-million d’arbustes et de fleurs.

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Transports ruraux

Loin des chantiers, le temps semble s’être arrêté. Ici, dans le village de Dhaga, au centre du Yunnan, une famille se déplace dans une charrette tirée par un cheval. Les voitures, qui encombrent les boulevards des villes, se font rares dès qu’on s’éloigne des grands centres. Plusieurs villages n’ont ni eau courante ni électricité.

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Agriculture en hauteur

Dans le nord du Yunnan, célèbre pour les gorges du Saut du tigre, 94 % des terres agricoles sont situées en terrain montagneux. Les paysans doivent cultiver des lopins de terre à flanc de montagne, ce qui complique leur travail. L’agriculture préoccupe donc grandement les autorités chinoises. « Nous sommes un pays en développement qui a 1,3 milliard de bouches à nourrir ! » explique Zhao Yaqiao, doyen de la Faculté d’économie de l’Université agricole du Yunnan.

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Ferme familiale

Un paysan déplace son troupeau de chèvres sur une route longeant le lac Erhai, dans le nord-ouest du Yunnan. La majorité des élevages de la province appartiennent à de petites exploitations familiales peu productives, selon le professeur Zhao Yaqiao, de l’Université agricole du Yunnan. Le bétail est généralement mal nourri et bourré de médicaments.

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Irrigation à petite dose

Près de Dhaga, un paysan va chercher de l’eau pour arroser son champ à l’aide d’une citerne tirée par un buffle. En 2009-2010, le Yunnan a connu sa pire sécheresse en un siècle. Des milliers d’hectares de récoltes ont été perdus en raison de la pénurie d’eau. Un simple système d’irrigation mécanisé, formé de canaux et de pompes à eau, aurait permis d’éviter le pire, selon les experts.

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À bout de bras

Une travailleuse fait une pause sous le soleil écrasant de l’après-midi. Dans cette province 10 fois plus grande que la Gaspésie, tout le travail agricole se fait à la main. Ici, les paysans protègent leurs semis sous de grandes bandes de plastique dans l’espoir de préserver leurs récoltes des effets de la sécheresse. Le travail dans les fermes est difficile, peu payant et dévalorisé. La relève se fait rare, car les paysans quittent massivement pour la ville afin d’y trouver du travail.

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Pêcheurs volants

Un riverain du lac Erhai pratique une tradition vieille de plus de 1 000 ans : la pêche au cormoran. Le Yunnan est un des rares endroits où ces oiseaux sont domestiqués et entraînés à ramener des poissons à leurs maîtres. Les cormorans plongent dans l’eau et remontent avec de grosses prises dans leurs becs effilés. Ce pêcheur de l’ethnie bai affirme qu’il peut enseigner à pêcher à un cormoran en un mois. Il fait des démonstrations de son art aux touristes afin de gagner quelques yuans.

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Haute couture

À Shuanglang, sur les berges du lac Erhai, des paysans fabriquent des filets de pêche au moyen d’une machine à coudre non électrique. La pêche reste une activité artisanale, familiale, comme toutes les autres industries agroalimentaires en Chine.

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Thé au beurre de yack

Une importante minorité tibétaine vit dans le nord du Yunnan, à 3 500 m d’altitude. Respectant des traditions centenaires, cette femme prépare le thé au beurre de yack sur un feu de bois allumé dans la maison. Toutes les résidences tibétaines sont aménagées de la même façon : le bétail vit au rez-de-chaussée, sur la terre battue, tandis que les familles habitent à l’étage et stockent leurs récoltes (blé, orge, pommes de terre, viande de yack) au grenier

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Terres agricoles menacées

De nouvelles constructions empiètent sur des terres cultivables de Dali, dans le nord-ouest du Yunnan. L’étalement urbain représente une des principales menaces à l’autosuffisance alimentaire de la Chine, selon Zhao Yaqiao, de l’Université agricole du Yunnan. Les terres arables deviennent si rares et si précieuses que la Chine doit à tout prix augmenter la productivité de son industrie agricole.

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Merveille menacée

Les gorges du Saut du tigre, où le fleuve Yangzi se glisse entre des montagnes atteignant 5 600 m de hauteur, offrent un des paysages les plus spectaculaires de la Chine. Le gouvernement chinois doit trouver un équilibre entre la préservation de la nature et la croissance économique : l’an dernier, les autorités ont renoncé à construire une série de centrales hydroélectriques qui auraient inondé cette merveille naturelle et déplacé 100 000 résidants. La piste de randonnée de 16 km qui longe le canyon est une des plus belles d’Asie.

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Costume traditionnel et iPod

Dans une boutique de souvenirs de Dali, une des principales villes du Yunnan, de jeunes vendeuses de l’ethnie bai accueillent les clients vêtues de leur costume traditionnel… et les écouteurs de leur iPod vissés aux oreilles. Les jeunes portent ces vêtements surtout pour travailler dans des endroits touristiques, alors que les personnes âgées s’habillent de la même façon depuis des générations.

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Ville verte

Chicago ? Non, le centre-ville de Kunming, capitale du Yunnan, qui a des allures de métropole américaine avec ses gratte-ciel futuristes ! Kunming mise notamment sur la culture, le tourisme et la gastronomie pour se développer. La ville se tourne aussi vers les énergies vertes : les toits sont équipés de panneaux solaires et la vaste majorité des motos roulent à l’électricité. L’air est de bien meilleure qualité que dans d’autres grandes villes d’Asie, et le bruit de la rue, nettement moins fort.

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Un air d’été

Des musiciens jouent des airs traditionnels sur les rives du lac Vert, à Kunming. On imagine toujours les villes chinoises bruyantes et écrasées par un nuage de smog. Pourtant, les après-midi d’été sont doux dans les oasis de calme que sont les grands parcs situés à l’ombre des gratte-ciel.

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La fièvre du magasinage

Les grandes marques occupent tout l’espace dans les centres commerciaux de Kunming. On trouve ici les mêmes vêtements, montres et appareils électroniques que dans les boutiques de la rue Sainte-Catherine, à Montréal, ou de place Laurier, à Québec. C’est hors des grandes surfaces, dans les ruelles peuplées de marchands ambulants, qu’on trouve les vrais produits artisanaux en Chine.

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Achat local !

Une enseigne de la chaîne Walmart illumine le ciel de Qujing, deuxième ville en importance du Yunnan. La classe moyenne chinoise prend littéralement d’assaut ces temples de la consommation empruntés à l’Occident. Les Chinois n’éprouvent aucun scrupule à encourager la grande chaîne américaine. Walmart a d’ailleurs un argument de poids : la plupart des produits qu’elle vend sont fabriqués en Chine. Vive l’achat local !

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Du béton tout neuf

La nuit venue, le centre de Qujing s’éclaire de milliers de néons. Ces vastes boulevards n’existaient pas il y a une douzaine d’années : tout le quartier n’était qu’un vaste champ. Les autorités chinoises, qui ont tout misé sur la croissance des villes, se concentrent désormais sur le développement des campagnes.

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