Comment les Latinos transforment les États-Unis

Il y a 50 ans, ils ne formaient même pas 3 % de la population des États-Unis. Aujourd’hui, ils sont 17 % et on les retrouve jusque dans les petites villes de province. Une progression qui en inquiète certains…

Comment les Latinos transforment les États-Unis
Photo : C. Osorio/AP/PC

Quelle ne fut pas notre surprise, lorsque nous avons appelé à l’école primaire qu’allaient fré­quenter nos filles pendant les six mois que nous allions passer à Phoenix, d’enten­dre la réceptionniste nous répondre en anglais et en espagnol ! En Arizona, pourtant un des 30 États américains à s’être déclarés officiellement unilingues !

La salsa qui remplace de plus en plus volontiers le ketchup, une première Latino-Américaine nommée à la Cour suprême, en août 2009, le fútbol qui devient chaque année plus populaire… Les Latinos sont en train de transformer la société états-unienne ! Pour la première fois cette année, les formulaires du recensement national ont même été imprimés en anglais et en espagnol. Les démographes s’attendent à ce que les données recueillies confirment que les immigrants venus des pays d’Amérique latine sont plus nombreux que les Blancs et les Noirs réunis en Californie, en Floride et au Texas. Leur nombre y est déjà plus élevé que celui des Blancs depuis 2000.

Les États-Unis, pays hispanophone ? L’idée n’est pas aussi fantaisiste qu’elle en a l’air. Leurs 35 millions de Latino-Américains qui parlent espagnol (sur les 50 millions qui y vivent) les placent déjà au cinquième rang des pays hispano­phones, après le Mexique, la Colombie, l’Argentine et même l’Espagne ! En 2050, et peut-être même dès 2040, 100 millions d’Américains seront d’origine latino, soit un Américain sur quatre.

Faut-il s’étonner si, depuis 2005, le pré­sident est tenu par proclamation présidentielle d’organiser des cérémonies officielles pour souligner le Cinco de Mayo (le 5 mai) ? Cette fiesta ne commémore pour­tant qu’une obscure victoire des troupes mexicaines sur l’armée française, le 5 mai 1862, dans la plaine de Puebla, au Mexique.

Cette vague latino, poussée par l’immi­gration et la natalité, suscite espoirs et inquiétudes, attentes et impatience, joie et malaise. Nombre d’Américains « de souche » trouvent d’ailleurs qu’il commence à y avoir un peu trop de salsa dans le creuset.

La réaction la plus spectaculaire est survenue en Arizona, en avril 2010, lorsque la gouverneure de l’État a ratifié une loi qui oblige les policiers à contrôler le statut légal des immigrants (voir l’encadré « Les invasions barbares » >>). Les Latinos – clandestins, immigrants reçus ou citoyens américains – dénoncent cette loi, alléguant qu’elle encourage le profilage ethnique. Mais plus de 50 % de la population du pays l’approuve. Le Nevada, l’Utah et l’Arkansas, notamment, envisagent d’adopter une loi similaire à celle de l’Arizona – même si quatre articles de celle-ci viennent d’être suspendus par une juge de première instance de cet État. Les résultats de la dernière élection, à l’automne 2010, ont encore renforcé les rangs des républicains, généralement favorables à une telle loi.

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POPULATION DES ÉTATS-UNIS : 300 millions d’habitants

LATINO-AMÉRICAINS : 50 millions

HISPANOPHONES : 35 millions

NOIRS : 39 millions

NOMBRE D’AMÉRICAINS NÉS À L’ÉTRANGER :
38 millions, dont 50 % de Latino-Américains

IMMIGRANTS CLANDESTINS :
environ 11 millions, dont 57 % du Mexique et 22  % des autres pays latino-américains

NOMBRE D’ENTRÉES CLANDESTINES PAR ANNÉE : environ 1,5 million (4 100 par jour)

NOMBRE DE MEXICAINS QUI TRAVERSENT QUOTIDIENNEMENT ET LÉGALEMENT LA FRONTIÈRE AVEC L’ARIZONA : 60 000

 

« La salsa, la cuisine, la musique, les noms de rues, les fiestas, c’est la partie sympa. Mais chaque fois que nous approchons d’un nombre critique susceptible d’influencer l’économie et la politique, on sonne l’alarme », dit Edmundo Hidalgo, PDG de Chicanos por la Causa (Chicanos pour la cause), un organisme fondé à Phoenix en 1967, qui offre entre autres du logement communautaire, de la formation professionnelle, des prêts aux entreprises en démarrage.

L’Arizona est un État emblématique de la transformation qui s’opère. De 1990 à 2010, sa population latino-américaine a bondi, passant de 5 % à 30 %. Sur une popu­lation de 6 millions d’habitants, c’est 1,8 million de personnes, dont 400 000 immigrants clandestins ! À l’école fréquentée par nos enfants, un écolier sur deux était d’origine latino-américaine.

Au cours des six mois que nous avons passé en Arizona – pour la préparation d’un livre sur l’histoire de l’espagnol -, une visite à la banque, à la clinique, à l’épicerie était une occasion d’améliorer notre connaissance de la langue de Cervantès. Le clergé du diocèse catholique, dont 60 % des fidèles sont d’origine latino-américaine, s’est mis à l’espagnol. Même le ministère des Transports de cet État pourtant officiellement unilingue publie une version en espagnol de son Code de la route.

Autre signe des temps : notre voisin à Phoenix, un pompier de 28 ans, Billy Miller, a suivi des cours de langue, comme des millions d’Américains. « Ce n’est pas requis par le Service des incendies, m’explique-t-il devant le barbecue, mais en cas d’urgence, quand il faut passer des consignes aux sinistrés, pas le temps de chercher un interprète. »

De la maternelle à l’université, l’espagnol est désormais la langue seconde la plus enseignée aux États-Unis – plus que toutes les autres langues étrangères réunies. Les facultés de médecine et de droit, les écoles de police et de pompiers, les grands séminaires, tout le monde s’y met.

Quel changement, alors qu’il y a 50 ans les Latinos étaient si peu nombreux – moins de 3 % de la population américaine – qu’ils ne figuraient même pas parmi les catégories du recensement national. « La première phase de l’immigration latino-américaine se concentrait en Californie, au Nouveau-Mexique, au Texas, en Floride et dans les villes de New York et de Chicago. La seconde vague, commencée il y a 20 ans, s’étend à tous les autres États, aux petites villes de province et même aux campagnes », dit Randy Capps, démographe et analyste à l’Institut des politiques migratoires, à Washington.

Les États-Unis sont devant une situation unique, selon Erik Lee, directeur délégué du Centre nord-américain des études transfrontalières, de l’Université d’État de l’Arizona : c’est le seul pays riche à partager une frontière de 3 200 km avec un pays pauvre et populeux, où l’on parle une autre grande langue internationale. « En 2007, au plus fort du boum immobilier, Phoenix avait besoin de 13 000 charpentiers, dit-il. Où est-on allé les chercher, pensez-vous ? »

Au sud de notre maison, à l’intersection du chemin Guadalupe et de l’avenida del Yaqui, on pouvait observer chaque matin des groupes d’hommes qui attendaient, en bordure d’un terrain vague, la camionnette d’un entrepreneur ou d’un particulier qui viendrait leur offrir du boulot pour la journée.

« La récession a deux effets : elle ralentit l’immigration clandestine et elle accroît le sentiment anti-immigrants dans la population en général », dit Erik Lee.

Les immigrants venus d’Amérique latine contribuent pourtant à faire tourner l’économie. « Rien qu’à Phoenix, les Latino-Américains exploitent 50 000 PME. Et ce ne sont pas que des restaurants mexicains ! » dit Armando Conteras, président de la Chambre de commerce hispanique de l’Arizona, qui cite des boîtes de publicité, des fabricants de panneaux solaires, des concepteurs de logiciels.

Les grandes sociétés américaines ont flairé la bonne affaire : 50 millions de Latino-Américains, dont le pouvoir d’achat a triplé en 20 ans, voilà tout un marché ! « Ici, l’argent n’est ni blanc, ni noir, ni jaune : il est vert, comme le dollar », dit Lisa Urias, présidente d’Urias Communications, une entreprise spécialisée dans la publicité ciblée destinée aux milieux culturels. Le long des autoroutes, de nombreux panneaux publicitaires annoncent, uniquement en espagnol (il n’y a pas de loi, aux États-Unis, sur la langue d’affichage), des cartes de crédit, des voitures, les services d’avocats, de comptables…

Les médias en langue espagnole aussi se sont multipliés depuis 1980, avec des centaines de radios, de télés, de journaux, de magazines. Le réseau de télé Univision, dont le siège est à Miami, est maintenant cinquième au pays – et número uno en Floride. À l’hiver 2010, une de ses émissions spéciales, la remise des prix jeunesse, a même devancé les émissions d’ABC, de NBC, de CBS et de Fox dans son créneau horaire sur le plan national. Et le groupe de presse ImpreMedia, qui chapeaute 16 grands quotidiens et une douzaine de portails d’information, noyaute le marché de l’information en langue espagnole aux États-Unis.

Sur les 50 millions de Latino-Américains, environ 35 millions parleraient espagnol, parfois très mal. Difficile, cependant, de se faire une idée claire, car il n’existe pas de statistiques fiables et officielles, comme au Canada, sur le taux de conservation de la langue maternelle chez les Américains. Les uns jurent que les jeunes d’origine latino s’assi­milent plus vite, d’autres affirment le contraire.

Peut-on être latino sans parler espagnol ? « Aux États-Unis, c’est possible. La culture n’est pas seulement affaire de langue », dit Carlos Vélez-Ibáñez, directeur et fondateur de l’École des études transfrontalières, de l’Université d’État de l’Arizona.

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UNE CULTURE IMPLANTÉE

La situation des Latino-Américains aux États-Unis est très semblable à celle des Canadiens français et des Acadiens, soutient le professeur Carlos Vélez-Ibáñez, directeur de l’École des études transfrontalières, de l’Université d’État de l’Arizona. « À deux différences près, dit-il. D’abord, nous jouissons d’une immigration et d’une natalité très abondantes. Mais nous n’avons jamais, contrairement aux francophones du Canada, profité d’institutions qui étaient les nôtres. Nous nous sommes fait sortir des institutions et de l’histoire officielle. »

Qui sait que la palme de la plus ancienne ville des États-Unis revient à San Agostino, fondée en 1565 en Floride espagnole ? À peu près personne. Par de nombreux traités et deux guerres — la guerre mexicano-américaine, de 1846 à 1848, et la guerre contre l’Espa­gne, en 1898 —, les Américains ont conquis la moitié du territoire mexicain et pris possession de la Floride et de Porto Rico, dont le statut est toujours celui de protectorat.

Historiquement, les Mexicains n’ont pas traversé la frontière, c’est la frontière qui les a traversés. Si bien que la langue et la culture espagnoles sont à la fois culture locale et culture étrangère. Presque toute la culture des cowboys fut en fait élaborée au Mexique du 16e au 18e siècle, avant d’être américanisée à partir du milieu du 19e siècle.

 

Mon ami Erik Lee, grand brun aux yeux bleus, est un cas typique de petit-fils d’immigrant mexicain. Sa mère et les sœurs de celles-ci ont refusé d’enseigner l’espagnol à leurs enfants et leur ont donné des prénoms américains. Si bien que ni Erik, ni sa sœur, Alison, ni aucun de leurs cousins n’ont parlé cette langue pendant leur enfance. Mais tous l’ont appris une fois adultes, par intérêt personnel ou professionnel. « Ma sœur a appris l’espagnol en travaillant dans un restaurant à Washington », dit Erik Lee, qui a épousé Karla, ingénieure native du Sonora, au Mexique. « Au recensement, je me suis déclaré hispanique, dit-il – mais ça dépend de mon humeur. »

Qu’ils parlent ou non espagnol, les Latino-Américains pèsent de plus en plus lourd dans les affaires politiques et économiques du pays. En Arizona, ils représentent 30 % de la population, mais 45 % des 45 ans et moins, la génération qui paiera les retraites et les services sociaux des vieux « Blancs ».

En Arizona, cette transformation est si récente qu’elle n’a pas encore eu de répercussions sur la politique. Mais si on se fie aux exemples de la Californie, du Texas et de la Floride, les changements ne sauraient tarder. À Los Angeles, on vient d’élire le troisième maire d’origine mexicaine, Antonio Villaraigoa, mais aussi de nommer le premier archevêque d’origine latino, le Mexicain José Gómez. Au Nevada, le sénateur démocrate Harry Reid, également leader du Sénat, doit sa réélection à la très forte campagne du réseau de télé Univision, qui a encouragé les Latino-Américains à exercer leur droit de vote – ils ont voté démocrate dans une proportion de deux pour un.

Carlos Vélez-Ibáñez, de l’École des études transfrontalières, est convaincu que l’hispanisation rapide des États-Unis pourrait amener certains États à devenir officiellement bilingues. « J’espère qu’un jour les Latinos obtiendront, comme les Québécois, que leur culture pénètre toutes les sphères d’activité – à commencer par l’histoire officielle. »

Selon le démographe Randy Capps, l’immigration massive pourrait amener une plus forte intégration économique et politique entre le Mexique et les États-Unis, deux pays qui se sont toujours tourné le dos et ont commencé à se rapprocher il y a 15 ans seulement, avec un traité de libre-échange plutôt timide. « Ils devront établir encore davantage de politiques et d’institutions communes, en raison des retraites, des relations de travail, des échanges, des cartels de la drogue, du commerce des armes. »

On en est encore très loin. Aux États-Unis, le bilinguisme et l’harmonisation des politiques avec les pays voisins sont des sujets tabous, perçus comme sécessionnistes, voire antiaméricains.

« Quand je vois des gens qui manifestent en agitant le drapeau mexicain, je me dis que ce n’est pas de l’immigra­tion, mais de la colonisation », dit K.C. McAlpin, directeur général de Pro­English, une association vouée à la défense de l’anglais aux États-Unis.

Les États-Unis demeurent une société encore obsédée par la guerre civile qui l’a ravagée, de 1861 à 1865, mais aussi par les questions raciales et ses propres velléités d’empire à l’égard des ex-possessions espagnoles.

Dans le discours actuel, les mentions faites à l’« immigration clandestine » sont souvent une façon détournée de désigner les non-« Blancs », perçus comme des éléments criminels ou perturbateurs. La victoire des républicains lors des élections de novembre 2010 rend peu probable une réforme de la loi sur l’immigration, et en particulier l’amnistie géné­rale des immigrants clandestins – la dernière remonte à 1996.

Malheureusement, l’immigration latino-américaine massive n’apporte pas que du bon. Sous l’effet des cartels mexicains de la drogue et des réseaux d’immi­gration clandestine, Phoenix est devenue la capitale américaine de l’enlèvement – 358 rapts par année !

Nombreux sont ceux qui croient qu’une hispanisation trop soudaine d’États comme la Californie ou le Texas annonce leur baisse de compétitivité. Le décrochage scolaire des jeunes Latinos demeure très important, en particulier chez les Mexicains. « Huit années d’études, c’est peut-être bien au Mexique, mais pas aux États-Unis », dit Lydia Aranda, diplômée en communications interculturelles qui travaille pour Wells Fargo.

Edmundo Hidalgo, le PDG de Chicanos por la Causa, est inquiet : malgré tous les efforts de son organisme, les Latinos de l’Arizona sont en général aussi peu instruits maintenant qu’il y a 40 ans, et leurs problèmes sociaux demeurent similaires. « Oui, nous serons bientôt assez nombreux pour influencer l’avenir des États-Unis. Mais si nous continuons de ne pas voter, de ne pas nous instruire, nous allons rester des poids plume. »

 

LES INVASIONS BARBARES >>

LES INVASIONS BARBARES

L’État de l’Arizona a causé une nouvelle fièvre anti-immigration aux États-Unis, avec sa loi, votée en avril 2010 et entrée en application à la fin juillet, qui force les policiers à contrôler le statut légal des immigrants, interdit aux automobilistes de bloquer la circulation pour embaucher des travailleurs journaliers, et à qui­conque d’abriter un immigrant clandestin. Cette loi est pour ainsi dire inapplicable pour l’instant : une juge a suspendu ses quatre principaux articles en attendant que la Cour d’appel de l’État se prononce.

En fait, la loi 1070 généralise à l’échelle de l’État les pratiques du shérif du comté de la capitale, Joe Arapaio, qui effectue depuis 2007 des razzias contre les clandestins sous couvert de contrôles routiers. Il suffit d’un feu rouge brûlé ou d’un arrêt incomplet, et hop ! vérification des papiers.

« Notre but est de rendre l’Arizona tellement inconfortable pour les clandestins qu’ils vont décamper d’eux-mêmes ! » dit John Kavanagh, représentant du comté de Fountain Hill, au nord de Phoenix, et l’un des auteurs de cette loi controversée.

Le message a été reçu cinq sur cinq. À l’école que fréquentaient nos filles, où les enfants de clandestins sont nombreux, sur les 500 élèves inscrits aux cours d’été, 200 ne se sont pas présentés, selon l’institutrice. La meilleure amie de ma femme, Hortensia, ne trouvait plus à se loger : les propriétaires exigent maintenant de vérifier les papiers des locataires hispanophones, de peur d’être accusés d’abriter des clandestins.

Plus de la moitié de la population de l’Arizona approuve la loi 1070, mais la véhémence de l’oppo­sition — dans et hors de l’État — a surpris les légis­lateurs. Le Mexique a prévenu ses ressortissants qu’ils risquaient d’être « harcelés » et « expulsés » par les autorités de l’Arizona. Et les appels au boycottage de l’Arizona se multiplient. Plusieurs associations ont annulé leur congrès dans cet État. Et quelques villes américaines, dont Denver et San Francisco, interdisent à leurs fonctionnaires d’y séjourner.

La principale justification des législateurs de l’Arizona est que les immigrants clandestins sont des criminels et des parasites, qui vivent aux crochets de l’État — la gouverneure, Janice Brewer, qui a ratifié la loi, a même dit que la moitié des sans-papiers sont des passeurs de drogue. Cet été, dans une interview controversée, elle a même dénoncé des cas de meurtres par décapitation… dont on ne retrouve aucune trace dans les dossiers de la police !

Le shérif Tony Estrada, du comté de Santa Cruz, qui comprend la ville frontalière de Nogales, dénonce la loi 1070. « C’est une loi raciste, et j’espère qu’elle sera jugée anticonstitutionnelle par la Cour. Elle attaque tous les Latinos, à commencer par les plus humbles, les plus pauvres et les plus travailleurs de la société. Un immigrant clandestin n’est pas un criminel. Quel crime a commis un enfant amené au pays à l’âge de trois ans ? »

Certains politiciens ont fabriqué de toutes pièces une espèce de psychose, dit Eric Byle, réalisateur et producteur de 9500 Liberty. Ce documentaire, diffusé dans YouTube, raconte une situation semblable à celle de l’Arizona, survenue dans le comté de Prince William, en Virginie, il y a trois ans. Une résolution adoptée par les autorités de ce petit comté a provoqué l’exode massif des Latino-Américains, clandestins et immigrants reçus, y aggravant ainsi la récession. « Les élus se sont alors avisés que les Latinos n’étaient pas tous des criminels et des parasites, mais qu’ils étaient propriétaires de maisons, qu’ils fréquentaient les commerces et les restaurants, qu’ils faisaient tourner l’économie et qu’ils payaient finalement plus d’impôts qu’on ne croyait. Mais il était trop tard », dit Eric Byle.

 

 

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