Conflit en Ukraine : le Facebook russe dans la tourmente

VKontakte (VK), le réseau social le plus populaire d’Europe de l’Est, est devenu le lieu de ralliement des rebelles séparatistes prorusses… et un symbole de la mainmise du Kremlin sur la liberté d’expression dans le Web.

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Pavel Dourov, le «Mark Zuckerberg russe», s’est exilé aux Antilles pour échapper au Kremlin. – Photo : N. Rupp / Getty Images

VKontakte (VK), le réseau social le plus populaire d’Europe de l’Est, avec 265 millions d’inscrits, est devenu le lieu de ralliement des rebelles séparatistes prorusses… et un symbole de la mainmise du Kremlin sur la liberté d’expression dans le Web.

Une pépinière de groupes prorusses. Des rebelles ukrainiens se servent de VK pour solliciter des fonds, diffuser des nouvelles des combats, recruter des miliciens. Une page attribuée à leur chef militaire, Igor Strelkov, compte près de 180 000 abonnés : c’est sur cette page que Strelkov se serait vanté, peu après l’écrasement du vol MH17, en juillet, d’avoir abattu ce qu’il croyait être un avion de transport ukrainien.

Un fondateur viré. Le «Mark Zuckerberg russe», Pavel Dourov, 29 ans, de Saint-Pétersbourg, a été viré de son entreprise et a fui le pays, en avril, après qu’il eut tenu tête aux autorités russes. Dourov a refusé de leur fournir les renseignements personnels d’utilisateurs de VK qui ont pris part aux contestations contre le pouvoir russe en Ukraine l’hiver dernier.

Et maintenant ? VK est entre les mains de deux riches hommes d’affaires proches de Poutine. Dourov, lui, s’est « payé » la citoyenneté de Saint-Christophe-et-Niévès, dans les Antilles, en investissant un quart de million de dollars dans son industrie sucrière. Il se dit à la recherche d’un pays d’accueil où réaliser son nouveau projet, un réseau social mobile.