Des denrées à prix d’or

En un an, le prix des aliments a augmenté de 36 %, selon la Banque mondiale.

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Depuis mars 2010, le prix du blé a grimpé de 63 %, celui du maïs de 83 %, celui du café de 108 %. Et l’indice des prix à l’alimentation – établi à partir de la moyenne des prix des céréales, des produits laitiers, de la viande, du sucre, des oléagineux et matières grasses – a atteint en 2011 son plus haut niveau depuis que l’ONU le calcule (1990). Regard sur la crise alimentaire.

Les causes

Chaque année, la planète compte 80 millions de bouches de plus à nourrir. Dans les pays émergents, la classe moyenne passera de 800 millions à 1,6 milliard de personnes – et de consommateurs – d’ici 2020. Le maïs et d’autres céréales sont détournés de leur fonction alimentaire au profit de la fabrication de biocarburant. La hausse du prix du pétrole fait que l’agriculture et le transport des denrées coûtent plus cher. Et en 2010, séche­resses et inondations ont ruiné des cultures aux quatre coins de la planète, ce qui a fait grimper les prix.

Les effets

La Banque mondiale estime que la hausse du prix des aliments a jeté pas moins de 44 millions de personnes dans la pauvreté depuis juin dernier. La montée des prix tire imman­qua­blement l’inflation vers le haut et menace la fragile reprise économique mondiale. Elle accentue également les tensions politiques dans les régimes instables : par exemple en Égypte, principal importateur de blé au monde, la montée du prix des denrées ali­mentaires nourrit l’insatisfaction de la population envers le régime.