Des pavillons spectaculaires

Près de 200 pays, dont le Canada, rivaliseront de génie pour séduire les 60 millions de visiteurs chinois attendus.

Pavillon du Canada
Photo : Patrick Alleyn

Les 192 pays membres de l’ONU seront tous là ! Pékin a insisté, allant jus­qu’à financer, en tout ou en partie, les pavillons de petits États africains et latino-américains. L’exposition, sur le thème « Meilleure ville, meilleure vie », s’annonce grandiose. Et la cérémonie d’ouverture promet d’être aussi époustouflante que celle des Jeux de 2008.

« La réussite de l’Expo de Shanghai est cruciale pour Pékin, qui veut prouver sa capacité non seulement d’organiser de grands rassemblements internationaux, mais de le faire mieux que les pays riches », explique le politologue français Barthélémy Courmont, auteur de Chine, la grande séduction, un essai sur l’influence culturelle grandissante de l’Empire du Milieu.

Pékin a investi quatre milliards de dollars pour transformer un quartier industriel du sud de la ville, coupé en deux par le fleuve Huangpu, en un village planétaire qui s’ani­mera du 1er mai au 31 octobre. La promo­tion nationale de cette manifestation rap­pelle, par son ampleur, les grandes campagnes de propagande de l’époque de Mao.

Pour la population, cette exposition sera ce que l’Expo 67 a été pour les Québécois. Des Chinois qui n’ont jamais croqué dans un falafel chaud ni admiré le tortillement d’une danseuse de samba découvriront le monde. L’occasion est belle pour les séduire.

Le visage du diplomate François Gaudreau, directeur du Bureau du Québec à Shanghai, s’illumine lorsque nous abordons le sujet : parmi les 70 millions de visiteurs attendus, au moins 60 millions sont des Chinois. « Ils retourneront chez eux avec une vision neuve des autres peuples, dit-il. La Chine en sera transformée ! »

Le Canada rivalisera avec les autres pays pour faire valoir ses attraits auprès de touristes potentiels. D’autant qu’en décembre il a obtenu de Pékin le statut de destination touristique autorisée, ce qui réduit la paperasserie administrative des Chinois qui voudraient y venir.

Son pavillon aux parois polygonales revêtues de lattes de bois épouse la forme d’un « C » couché à l’horizontale. À l’intérieur, les visiteurs pourront, entre autres activités, pédaler dans un Montréal, un Toronto ou un Vancouver virtuel en chevauchant des vélos stationnaires placés devant un mur où seront projetées des images 3D. L’espace ouvert au centre du « C » sera utilisé comme aire de spectacle : Gregory Charles, Ariane Moffatt et le pianiste Alain Lefèvre s’y produiront avec d’autres artistes canadiens.

Le pavillon a été imaginé par le Cir­que du Soleil, dessiné par l’entreprise québécoise ABCP Architecture et cons­truit par la société d’ingénierie montréalaise SNC-Lavalin. « Nous l’appelons le pavillon québécois ! » me confie un compatriote qui travaille sur le chantier, mais ne peut s’adresser officiellement aux journalistes.

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