Donald Trump et le vote latino

Les partisans de Trump ne sont pas tous des «hommes blancs frustrés» (angry white men). En Floride, notre journaliste a rencontré des cubano-américains qui ne jurent que par le controversé milliardaire.

Juan Palomino (Photo: Jonathan Trudel)
Juan Palomino (Photo: Jonathan Trudel)

Vêtu de sa tenue d’ancien militaire, un képi sur la tête, Juan Palomino tient fièrement entre ses mains une affiche électorale de Donald Trump. «C’est le seul qui dit la vérité au peuple», soutient cet ancien combattant de l’armée américaine, qui a établi un mini campement en face d’un bureau de vote de Miami.

Comme partout ailleurs en Floride, les électeurs votent aujourd’hui pour choisi leur candidat favori en vue des élections présidentielles américaines. Palomino prévoit une victoire «sans équivoque» de Trump. La Floride serait pourtant «le pays de Marco Rubio», selon les affiches électorales placardées un peu partout à Miami. Fils d’immigrants cubains, ce sénateur républicain de Floride compte sur le soutien d’une bonne partie de l’électorat cubano-américain, très influent à Miami.

Mais tous les Cubano-Américains ne se rangent pas derrière Rubio, qui espère devenir le premier latino-américain à ravir la Maison Blanche.

«Ce pays est fatigué, épuisé, frustré d’entendre toujours les mêmes discours vides, les mêmes bla bla bla, des politiciens», dit Palomino, qui ne s’offusque pas des commentaires controversés et désobligeants de Trump au sujet des immigrants mexicains sans papiers (qu’il a notamment qualifiés de «violeurs»). «J’ai moi-même immigré ici, en 1967. Mais je suis venu ici légalement. Je me suis battu pour ce pays, dans l’armée. Mais si t’es Mexicain et tu veux venir ici, pas de problème, mais il faut le faire légalement. Si j’arrive illégalement au Mexique, que va-t-il m’arriver? Les autorités vont me jeter en prison!»

Accompagné de sa femme, de ses deux enfants et de sa belle-mère, Palomino est convaincu que Trump peut rallier les hispanophones (même si beaucoup de leaders de la communauté, en doutent). «Le principal problème des États-Unis, c’est la faiblesse de l’économie, et Trump peut nous sauver, nous donner des jobs», dit-il.

Malgré ses commentaires désobligeants envers les minorités ethniques — et les Mexicains en particulier — un sondage national réalisé à la fin janvier donnait Trump gagnant parmi les républicains latinos avec 38 % d’appuis contre 15 % pour Ted Cruz, 14 % pour Jeb Bush et 8 % pour Marco Rubio.

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