Donald Trump veut écraser l’opposition républicaine avant l’élection de 2020

Les conseillers de Donald Trump ont notamment modifié les règles du parti dans différents États, en prenant soin d’écarter les rivaux potentiels et de réprimer tous les premiers signes d’opposition susceptibles d’embarrasser le président américain.

Photo : Alex Brandon (AP Photo)

WASHINGTON — Inquiète d’une possible résistance républicaine lors des élections primaires, la campagne du président Donald Trump a lancé un effort d’État en État pour écraser dans l’oeuf une éventuelle lutte fratricide qui pourrait ensuite empiéter sur la campagne électorale.

Cette offensive, qui s’est intensifiée depuis quelques semaines, consiste notamment à prendre des mesures pour modifier les règles du parti dans différents États, écarter les rivaux potentiels et réprimer tous les premiers signes d’opposition susceptibles d’embarrasser le président.

Cela démontre que M. Trump, qui a essentiellement détourné le Parti républicain en 2016, n’en a pas encore entièrement pris le contrôle et que sa nomination en vue de 2020 ne se fera pas sans quelques cahots. Même si une éventuelle contestation pendant les primaires serait presque certainement vouée à l’échec, les conseillers de M. Trump cherchent à empêcher une répétition de la discorde qui a mis en évidence les faiblesses électorales des présidents George H.W. Bush et Jimmy Carter, lors de leurs campagnes de réélection infructueuses.

Pour éviter une telle éventualité, la campagne Trump a déployé ce qu’elle affirme être un effort sans précédent pour surveiller et influencer les opérations locales du parti. Elle a eu recours à des endossements, à des activités de lobbying et à des modifications des règles pour augmenter les chances que seuls des militants loyaux à M. Trump se rendront à la convention de nomination républicaine en août 2020.

Bill Stepien, un des principaux conseillers de la campagne Trump, qualifie tout cela de «processus visant à faire en sorte que le congrès national soit une publicité télévisée destinée au président, pour un auditoire de 300 millions de personnes, et non une lutte interne».

L’un des premiers succès de la campagne Trump est survenu dans le Massachusetts, où Jim Lyons, un partisan de M. Trump et un ancien représentant local, a battu le candidat soutenu par le gouverneur républicain Charlie Baker, un détracteur de M. Trump, pour occuper le poste de président du parti dans cet État.

«Nous sommes constamment concentrés sur le suivi de tout ce qui concerne ce processus, a assuré M. Stepien. Qui est dans la course, quel est leur soutien envers le président et de combien de votes ils disposent.»

L’opération la plus agressive jamais lancée

Le travail de la campagne ne se limite pas aux courses à la direction des partis, qui se dérouleront dans de nombreux États clés au cours des prochaines semaines. L’équipe Trump prévoit s’immiscer dans les caucus et les congrès de comté et d’État au cours des 18 prochains mois pour faire avancer les dirigeants et les délégués potentiels favorables à M. Trump. Elle vise à avoir, avant la convention, le contrôle total de l’ordre du jour, des règles et de la plate-forme de la convention — et à identifier bien à l’avance tout fauteur de troubles potentiel.

Cette offensive se démarque de la campagne de M. Trump en 2016, pendant laquelle il a dû affronter l’opposition de multiples militants. La garde rapprochée du président affirme qu’il s’agit de l’opération la plus agressive jamais lancée pour protéger un président sortant.

Nick Trainer, un vétéran de la Maison-Blanche nommé le mois dernier responsable des délégués et de l’organisation du parti au sein de la campagne Trump, dirige une équipe de trois personnes chargées de la coordination avec les branches locales du parti à l’approche de la convention.

Pourtant, les efforts déployés pour protéger M. Trump ne font que mettre en évidence sa vulnérabilité, selon un conseiller d’un opposant républicain potentiel.

«Ils ne sont pas talentueux, mais ils ne sont pas idiots. Ils comprennent à juste titre qu’il (Trump) pourrait être sérieusement affaibli ou même perdre une bataille pour la nomination. Ils en font trop. Ça paraît faible», a déclaré John Weaver, un conseiller principal de l’ancien gouverneur de l’Ohio John Kasich, l’un des rares républicains bien en vue à envisager sérieusement d’affronter M. Trump lors des primaires.

La campagne Trump surveille de près les intentions de M. Kasich et d’autres rivaux potentiels, et l’entourage du président s’attend à au moins une campagne pour la nomination républicaine. Sa garde rapprochée martèle toutefois que ses efforts ne découlent pas d’une éventuelle vulnérabilité de M. Trump.

Les contestations primaires d’un président en poste n’ont jamais abouti à l’ère moderne. Et la popularité de M. Trump auprès des électeurs républicains, dans les sondages, ne se dégonfle pas. Malgré tout, son entourage assure tirer les leçons qui s’imposent des candidats qui n’ont pas été réélus après avoir été embourbés dans une querelle gênante lors des primaires.

Ceux qui, dans le passé, ont défié le président en poste ont à la fois distrait le président sortant de la campagne de novembre et fait éclater au grand jour les dissensions internes du parti, offrant ensuite des cibles de choix à son adversaire lors de la campagne générale.

La campagne de Pat Buchanan contre George H.W. Bush en 1992 visait en partie à souligner la promesse brisée de M. Bush de ne pas augmenter les impôts, une vulnérabilité qui a persisté pendant toute la campagne. Malgré tout, pour témoigner de l’unité du parti, M. Buchanan a prononcé le discours liminaire lors de la convention — un discours qui, selon plusieurs partisans de M. Bush, a ensuite contribué à sa défaite.

En tant que président sortant, M. Trump contrôle déjà le Comité national républicain, qui a voté le mois dernier pour exprimer son «soutien sans équivoque» à M. Trump et à sa «présidence efficace». Mais il reçoit un coup de pouce de la part d’alliés bien placés au niveau des États.

Dans l’État de l’Iowa, le Parti républicain a adopté de nouvelles règles il y a plus d’un an pour prendre le contrôle du processus de sélection des délégués en réponse directe à la lutte désordonnée lors de la convention de Cleveland en 2016. Presque tous les délégués de l’Iowa avaient préféré le sénateur du Texas Ted Cruz, et ils se sont opposés sans succès à M. Trump.

«C’était embarrassant. C’était troublant. Pour être honnête avec vous, cela me rendait fou, a déclaré Jeff Kaufman, le président du Parti républicain dans l’Iowa et un partisan farouche de M. Trump. Donald Trump a remporté l’investiture républicaine. C’était une histoire de gens qui n’acceptaient pas la défaite.»

Les nouvelles règles

Les nouvelles règles, établies en consultation avec la Maison-Blanche, rendraient beaucoup plus difficile pour un adversaire de M. Trump d’installer des délégués anti-Trump après les caucus. Des campagnes intelligentes avec des activistes déterminés, comme celles de M. Cruz et de Ron Paul avant lui, avaient été en mesure d’envoyer leurs propres loyalistes à la convention nationale, quels que soient les désirs des chefs de parti ou des électeurs du caucus. C’est maintenant terminé.

À l’avenir, un comité de nomination déjà désigné par le comité central pro-Trump de l’État contrôlera le processus de sélection des délégués.

M. Kaufman a dit que, techniquement, le reste du parti et lui resteront neutres si M. Trump fait face à un défi majeur. Cependant, il indique clairement qu’il est un ardent défenseur du président et qu’il ne voit pas de tel défi à l’horizon.

C’est à peu près la même chose dans le New Hampshire, où les chefs du parti doivent rester techniquement neutres pour conserver leur statut de premier État à voter lors des primaires. Mais la campagne Trump a soutenu l’élection samedi du nouveau président du Parti républicain, Stephen Stepanek, qui en était le coprésident en 2016.

M. Stepanek était le choix préféré par rapport à l’ancienne présidente Jennifer Horn, qui s’est révélée être une critique ouverte de M. Trump depuis son départ de la présidence après les élections de 2016.

Au même moment, des États comme la Caroline du Sud et le Kansas envisagent ouvertement d’annuler leurs primaires et leurs caucus, mais la campagne Trump insiste sur le fait qu’elle ne participe pas à ces discussions.

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Vive la démocratie!! Suppression de droit de parole et de critiques. L’œuvre de dictature qui se cache sous le faux voile d’une ancienne démocratie. Financement des candidats sans limites corporatives, redistribution partisane des cartes électorales, restrictions de droits de votes, répartition non représentative des super délégués par états et ça continue… “la plus grande démocratie”…. Quelle démocratie?

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De toute évidence, et de plus en plus clairement, Adolf Hitler n’était qu’un « amateur », dans ses funestes manigances pour éradiquer toute velléité de démocratie, au sein des populations « à sa merci »… L’histoire continue à nous montrer, au fil des mois, qu’il a bien engendré des rejetons qui prétendent à le dépasser… Trump n’est pas le moindre de ces prétendants… Jusqu’où nos « voisins du sud » continueront-ils à le soutenir aussi fermement, malgré ses bêtises incessantes… Tout cela fait peur !

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Trump a appris de son maître Adolf… Ce dernier avait une approche un peu trop abrasive et violente alors que Trump peut utiliser la manipulation beaucoup plus facilement, surtout grâce aux technologies de l’information. Pas besoin de chemises brunes ou noires, seulement de Twitter et Facebook et des « fake news »!

Ce qui se trame au sud a toutes les caractéristiques d’une dictature en devenir et quand les Américains vont s’en rendre compte il sera trop tard, tout comme les Allemands se sont réveillés trop tard. Le résultat sera catastrophique.

Ce qui m’étonne ces jours-ci cependant, c’est que l’admiration de Trump pour ses amis dictateurs ne s’est pas étendue à un autre dictateur, le président Maduro du Venezuela… À moins que le dictateur autoproclamé Guaido ne soit plus malléable pour la politique américaine…

En 1912 , Teddy Roosevelt , trouvant le Président Taft trop
conservateur , décide de revenir en politique , quatre ans
après son règne . Il devient candidat progressiste et avec
ses 27 % de votes , il divise le vote républicain : ce faisant,
il permet à Woodrow Wilson , le candidat démocrate , de gagner
la présidence .

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Ce qui est bien au États Unis d’Amérique, c’est que le peuple décide qui sera au pouvoir et ce malgré tout l’argent qui peut être englouti à chaque campagne. Le peuple a élu Trump et le peuple décidera si il veut le garder.

On fait beaucoup l’éloge de la carriériste politique Nancy Pelosi qui est là depuis 1989 sous le règne de Reagan. Il y a quelqu’un dans la salle qui peut nous dire ce quelle a fait pour le peuple américain au cours de ces trente dernières années, à part servir l’establishment auquel elle appartient niet, zéro f. all.

À quoi peut bien servir l’immigration légale ou illégal et tous ceux qui franchissent les frontières parce que «quelqu’un quelque part» a détruit l’infrastructure de leur pays en installant ses pions au pouvoir ou plus simplement en y faisant la guerre au nom de la démocratie à y installer. Vous ne faîtes pas un rapport avec un modèle d’esclavage 2.0, Pourquoi chez nous y a-t-il un manque de main d’oeuvre dans les services ou dans les emplois en voie de disparaître de la deuxième révolution industriel.

Ça en fait des choses à réfléchir avant de cracher dans le «pot» qui nous maintient en situation de soumission au service des Nancy Pelosi de ce monde qui eux sont au service de ceux qui possèdent tous.

Trump, il est colon, il n’a pas de classe, il est tous ce que le monde veut qu’il soit mais depuis le premier président des États Unis jusqu’à lui a-t-on jamais vu un tel acharnement mener par les médias aux services de ceux qui font leur chèques.

Chez nous à plus petite échelle, on a élu un mononcle qui fait des gaffes et qui en fera plusieurs autres avec son équipe de néophytes politiques mais si c’est le peuple qui l’a élu et ce malgré les indiscutables inconvénients de notre mode de scrutin. Si il gouverne pour le peuple comme il a dit qu’il le ferait qu’est-ce qui permet toute la bouillie médiatique négative au moindre faux pas. On sort d’un ère de famine sociale démocrate couronner par des années de collusions et corruptions qu’on ne peut même pas chiffrer en appauvrissement pour notre société et vous croyez justifier de critiquer Legault qui arrive avec son nouveau vieux parti garni de gens de toutes allégeances qui en avaient eux aussi assez de tournez en rond.

Je me demande à quoi ça sert les médias aujourd’hui.

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