D’où vient la cible de 2 °C?

Le premier à avoir avancé la cible de 2 °C dans la lutte contre les changements climatiques serait non pas un climatologue, mais… un économiste.

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Photo: NASA Goddard Space Flight Center

Deux degrés Celsius. C’est le chiffre magique. Celui qui est sur toutes les lèvres alors que la conférence sur le climat bat son plein à Paris. Limiter le réchauffement climatique à 2 °C d’ici la fin du siècle est devenu la cible à atteindre.

Au-delà d’une telle hausse, estime le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), on pourrait assister à des conséquences désastreuses, comme la fonte de la banquise arctique et la hausse du niveau des mers.

Mais d’où viennent ces 2 °C? Et comment ce chiffre bien rond a-t-il fini par guider les politiques mondiales en matière de changements climatiques?

Pour y répondre, le site anglais Carbon Brief, qui se spécialise dans les questions environnementales, a retracé l’historique du 2 °C.

Surprise: le premier à avoir avancé cet objectif serait… un économiste. C’est du moins ce que suggère une étude qui revient sur les origines de ces deux degrés, menée par l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique. Dans les années 1970, l’économiste américain W. D. Nordhaus affirmait déjà dans ses travaux qu’un réchauffement planétaire de plus de 2 °C bouleverserait les conditions de vie sur la Terre telle que l’humain la connaît.

En 1990, des chercheurs de la Stockholm Environment Institute (SEI) ont récupéré cette théorie, insistant sur le fait que cette limite n’était pas «sécuritaire» pour autant.

Peu de temps après, l’idée de contenir la hausse des températures mondiales sous les 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle migrait dans la sphère politique. C’est l’Union européenne qui l’a d’abord proposée en 1996. Si l’objectif de 2 °C n’a pas été au cœur du protocole de Kyoto, conclu en 1997, il est revenu dans les discussions autour de l’accord de Copenhague, en 2009. Ce dernier s’est toutefois soldé par un échec. C’est finalement à la Conférence de Cancún, en 2010, que la cible de 2 °C a été adoptée.

Alors, le plafond de 2 °C, est-ce un objectif scientifique ou politique?

C’«est avant tout une décision politique prise par la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC)», affirmait Jean Jouzel, climatologue et vice-président du GIEC, en entrevue avec le magazine GoodPlanet. «Elle se fonde sur les travaux scientifiques du GIEC qui présentent différents scénarios d’évolution du climat d’ici à la fin du siècle.»

L’avantage des 2 °C est évidemment leur simplicité. L’idée «est pragmatique et simple à comprendre et à communiquer. Tous des éléments importants quand la science s’invite chez les décideurs», expliquait Thomas Stocker, coprésident du GIEC, à Carbon Brief. Et «c’est une mesure plus compréhensible par le public et les décideurs que les PPM (parties par million) de gaz à effet de serre, qui sont employées pour mesurer la proportion de gaz à effet de serre dans l’atmosphère», rappelle Jean Jouziel.

Mais pourquoi pas, disons, 1,5 °C? Après tout, un rapport d’experts de l’ONU l’a rappelé en juin, en pleines négociations climatiques à Bonn: «Des risques élevés sont projetés, même pour un réchauffement supérieur à 1,5 °C.» La CCNUCC précise que «ce rapport ne change rien aux négociations en cours», ajoutant que «les 2 °C ne doivent pas être vus comme un objectif, mais plutôt comme une “ligne de défense” dont il faut vouloir être éloigné le plus possible».

Ce nouveau seuil trouve écho auprès de décideurs, dont la ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, qui s’est jointe à une centaine d’États réclamant cette limite.

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…..foutaise….la plupart des pays les plus concernés ne respecteront pas leur engagement….spécialement les US…..la Russie….surtout la Chine……etc……VIVRE LA PLANÈTE LIBRE…. de suffoquer…..AMEN

Les recherches et développement ne sont pas au rendez-vous dans les énergies renouvelable on à beaucoup de retard et j’espère que les voitures électrique seront plus performante avec une plus grande autonomie et avec aussi un coût plus abordable.