Dur été en Méditerranée

Avec le blocage des passages des Balkans et de la mer Égée, les migrants désespérés sont nombreux à risquer la traversée entre la Libye et l’Italie.

Un père et ses filles, secourus en mer au large de la Libye. (Photo: Gabriel Bouys/AFP/Getty Images)
Un père et ses filles, secourus en mer au large de la Libye. (Photo: Gabriel Bouys / AFP / Getty Images)

L’été qui vient sera particulièrement meurtrier sur la mer Méditerranée, prévoit l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En cause, la périlleuse traversée entre la Libye et l’Italie, devenue l’un des seuls itinéraires qui s’offrent aux migrants souhaitant gagner l’Europe depuis le nord de l’Afrique. Le passage par les Balkans a été fermé en mars dernier, tout comme celui par la mer Égée, le mois suivant.

Ces migrants s’embarqueront donc pour un périple de 300 km sur une mer agitée, souvent à bord d’embarcations de fortune. En comparaison, le passage maritime entre la Turquie et la Grèce était d’à peine 10 km. En 2015, 76 % des migrants morts noyés en Méditerranée ont péri en tentant d’atteindre la petite île italienne de Lampedusa depuis la Libye, soit 2 892 personnes, selon l’OIM.


À lire aussi:

Une île au cœur de la tempête de réfugiés


Ces voyageurs désespérés, principalement des Africains, paient jusqu’à 2 000 dinars (1 900 dollars) pour traverser. Les passeurs libyens, eux, font fortune. Chaque embarcation, qu’ils remplissent en surcapacité, leur rapporte 150 000 dinars (140 000 dollars). Un bon retour sur investissement : un canot gonflable leur coûte 15 000 dinars (14 000 dollars), incluant le moteur et 60 litres d’essence. Cette quantité n’est toutefois pas suffisante pour atteindre les côtes italiennes, seulement les eaux territoriales, où les naufragés sont laissés à la dérive, espérant être sauvés de la mort par les organismes humanitaires qui patrouillent.

Le ministre italien de l’Intérieur a déclaré que l’Europe devait conclure «un accord rapide avec la Libye» pour mettre un terme à ces traversées funestes. À défaut de quoi, les ONG en auront plein les bras cet été : l’OIM estime que de 700 000 à 800 000 migrants attendent en Libye leur place à bord…

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

C’ est là qu’ on voit que des pays de culs sont contrôlés par des fanatiques religieux et la population prise en otage doit prendre des risques incommensurables pour se sortir de cet enfer ! Il y a un océan de différence entre leur sort et les anarchistes de gauche qu’ on a au Québec !