Ebola : le sang des survivants vendu sur le marché noir

Riche en anticorps contre la maladie, le sang des rescapés fait l’objet d’un commerce qui inquiète l’OMS.

Photo © JEAN-MARC BOUJU / AFP / Getty Images
Photo © JEAN-MARC BOUJU / AFP / Getty Images

Devant l’absence de traitement contre Ebola, des malades sont prêts à se faire transfuser le sang de personnes ayant survécu à la maladie, dans l’espoir que les anticorps qu’il contient les soignent à leur tour.

Ce sang se vend maintenant sur le marché noir en Afrique de l’Ouest, a découvert l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La directrice de l’organisme, Margaret Chan, n’a pas révélé l’endroit où se déroule ce commerce illicite ni son ampleur, mais elle s’inquiète des risques encourus par les malades, rapportent le Telegraph et le Washington Post.

Le sang est en effet susceptible de transmettre d’autres maladies, comme le virus du sida, puisque les vendeurs ne prennent pas la peine de le soumettre à des tests de dépistage. Sans compter les méthodes de collecte et de conservation qui laissent à désirer et le risque d’incompatibilité de groupes sanguins pouvant causer un choc anaphylactique.

L’OMS a elle-même déclaré, début septembre, que le sang des survivants constituait le traitement le plus prometteur à l’heure actuelle, aucun autre n’étant encore au point. Les malades qui guérissent sont ceux dont le système immunitaire a réussi à combattre le virus Ebola ; il s’agit donc de transférer ces anticorps à un receveur pour améliorer l’efficacité de son propre système immunitaire.

La méthode, encore expérimentale, semble bel et bien fonctionner. Le médecin américain Kent Brantly, rapatrié aux États-Unis après qu’il eut contracté la maladie au Liberia, doit en partie la vie à une transfusion sanguine reçue d’un jeune homme ayant survécu à Ebola. Il a ensuite lui-même fait un don de sang à un médecin américain également rapatrié, le Dr Rick Sacra, rapportait le Washington Post il y a deux semaines.

L’OMS souhaite que les organisations humanitaires et les États se mobilisent pour prioriser ce type de traitement. La collecte et les transfusions devraient se faire selon les règles de l’art, dans des infrastructures sanitaires adéquates. Idéalement, il faut séparer les différentes composantes du sang et injecter le sérum, la partie liquide contenant les cellules immunitaires, bien que les transfusions de sang complet semblent aussi fonctionner.

Un registre des survivants doit être constitué dans ce but. Un peu plus de 3000 personnes ayant contracté Ebola ont survécu en date du 22 septembre, soit environ 50% des cas confirmés.