EnRacine : une ONG montréalaise reboise le Nicaragua

Le Nicaragua affiche l’un des pires taux de déforestation d’Amérique centrale. Un organisme d’ici mis sur pied par des finissants de Concordia s’est donné pour mission de le reverdir tout en participant au marché du carbone.

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En 2007, quatre finissants de l’Université Concordia, à Montréal, fondent EnRacine, une ONG qui participe à la lutte contre les changements climatiques en plantant des arbres.

Ils ciblent bien vite le Nicaragua — deuxième pays le plus pauvre des Amériques —, et plus précisément la région de San Juan de Limay, dans le nord-ouest, où des années de mauvaise gestion du territoire ont détruit une bonne partie de l’écosystème.

En à peine quatre années, non seulement l’organisme à but non lucratif de la rue Saint-Hubert a-t-il permis de planter plus de 400 000 arbres sur ce territoire de 7 400 hectares (74 km2), mais il est aussi devenu un chef de file mondial dans le marché du carbone volontaire.

Car pour réussir à financer ses projets de reboisement en Amérique centrale et rémunérer les familles nicaraguayennes qui prennent part au projet (tout en réussissant aujourd’hui à en vivre), EnRacine a privilégié la vente de crédits de carbone. Il s’agit d’une sorte de Bourse où une unité correspond à une tonne de COcaptée par les arbres.

L’ONG montréalaise a réussi à dénicher de gros détaillants de carbone en Europe — là où ce marché est le plus important — pour écouler les crédits en question. Jusqu’à maintenant, les arbres plantés par les membres d’EnRacine ont permis de retirer de l’atmosphère des émissions de COéquivalant à celles de près de 10 000 voitures qui parcourent 20 000 km par année.

« Nous devons absolument adopter une manière plus durable de gérer les forêts et d’interagir avec les écosystèmes dont nous faisons partie », croient les fondateurs, qui collaborent aujourd’hui avec une dizaine de communautés du Nicaragua. Petite visite guidée sur place.

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Lors de la saison sèche, San Juan de Limay se transforme en désert. En raison de décennies de mauvaise gestion du territoire — surtout en ce qui a trait à la culture intensive du coton —, beaucoup de terres ont été surexploitées, et le climat local s’en est trouvé complètement déréglé. Le rendement de certaines pratiques traditionnelles, comme l’élevage de bovins et la culture du maïs, est aujourd’hui terriblement bas, et une partie des forêts de la région ont été coupées ou brûlées pour répondre aux besoins en bois de chauffage et de construction.

 

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Afin de restaurer cet écosystème, EnRacine a entrepris de planter plusieurs variétés d’arbres, dont des bois d’œuvre et de chauffage utilisés traditionnellement par les familles de San Juan de Limay. Entre 2008 et 2011, 155 hectares (soit l’équivalent de 217 terrains de soccer) ont été reboisés en totalité.

 

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Des techniciens nicaraguayens procèdent de façon ponctuelle à divers types de mesures nécessaires à la pérennité du projet, notamment à celles des taux de reboisement et de survie des arbres. Ces personnes sont formées en foresterie, en agronomie, en gestion du carbone et en exploitation de systèmes d’information géographique, entre autres. L’équipe travaille de près avec de petites coopératives d’agriculteurs du pays.

 

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Kahlil Baker (codirecteur et cofondateur d’EnRacine) et Elvín Castellón (chef des opérations) effectuent une étude de biomasse, qui permettra d’estimer la quantité de produits forestiers générés par les forêts des partenaires agriculteurs. « La basse altitude et la proximité de l’équateur procurent aux arbres des conditions optimales de croissance, ce qui leur permet de pousser jusqu’à 10 fois plus rapidement que dans les pays du Nord », peut-on lire sur le site d’EnRacine.

 

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Une partie des travailleurs qui contribuent à « verdir » le Nicaragua, un pays qui affiche l’un des pires taux de déforestation des Amériques et où beaucoup de terres sont sous-utilisées. Les membres des communautés locales sont impliqués de façon directe dans l’initiative proposée par EnRacine.

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Des gens de toutes les générations mettent la main à la pâte pour reboiser les terres et restaurer leur environnement.

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Un peu plus de 100 familles d’agriculteurs retirent maintenant un nouveau revenu de la plantation d’arbres dans la région.

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Tous les moyens sont bons pour rendre le travail le plus efficace possible tout en respectant l’environnement déjà fragile.

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Pour transporter les plants dans les endroits les plus retirés, on utilise des charrues tirées par des animaux et on forme des chaînes humaines.

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Une résidante cuisine sur un four écoénergétique construit grâce au financement du marché du carbone. De tels appareils consomment environ un tiers de la quantité de bois requise par les fours habituels et émettent moins de CO2 et de fumée dans l’air. Une innovation qui améliore la santé des femmes, qui consacrent traditionnellement beaucoup de temps à la préparation des repas.

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Les Benavidez, une des familles participantes au programme de reforestation, posent devant leur demeure.

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Le modèle que privilégie EnRacine tient compte des besoins principaux des membres, soit la production alimentaire, l’élevage ainsi que les besoins en bois d’œuvre et de chauffage.

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Des membres des communautés participantes prennent en charge les pépinières et récoltent les semences dans les forêts avoisinantes afin de s’assurer que tous les plants seront bien adaptés à cette région.

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Les résultats s’avèrent prometteurs : plus de 500 000 nouveaux arbres devraient être plantés d’ici la fin de 2013.

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