Joe Biden : un président marquant l’histoire ?

Autant sa campagne a été soporifique, autant Joe Biden pourrait, s’il entre à la Maison-Blanche, transformer profondément les États-Unis.

Photo : Olivier Douliery / AFP via Getty Images

Alors que s’ouvre la Convention démocrate, la candidature de Joe Biden a quelque chose d’inédit. Jamais dans l’histoire moderne américaine un candidat n’a eu la possibilité à la fois d’entrer à la Maison-Blanche en ayant mené une campagne aussi peu impressionnante et d’apporter des changements majeurs une fois en fonction.

Une nomination remportée par défaut

Disons-le franchement d’emblée : Joe Biden pourrait remporter l’élection générale du 3 novembre un peu comme il a gagné l’investiture de son parti, soit largement par défaut. Après avoir encaissé des défaites retentissantes dans les premiers États ayant tenu des primaires — incluant une cinquième place dans celle du New Hampshire, historiquement cruciale puisqu’elle entraîne généralement le resserrement du bassin de candidats — Biden a vu l’establishment démocrate entier se rallier in extremis à sa cause, par désespoir, afin de prévenir une prise de contrôle du parti par le candidat populiste Bernie Sanders.

Depuis la mi-mars, Joe Biden est presque exclusivement resté à son domicile du Delaware, limitant au maximum ses activités. Et il arrive — virtuellement — à la convention de son parti avec l’investiture présidentielle bien en poche… et une avance plutôt confortable dans les intentions de vote face à Donald Trump. Ce dernier lui a vite collé le sobriquet « Sleepy Joe » (Joe l’endormi) ; or, à une douzaine de semaines du scrutin, Biden semble pouvoir somnoler jusqu’à la présidence.

Une présidence historique ?

Cela revient-il à dire qu’une présidence Biden serait aussi sans incidence que sa campagne ? Bien au contraire : s’il devait l’emporter, Biden pourrait transformer le pays de façon importante.

D’abord, il risquerait d’arriver avec son parti aux commandes du Congrès, ce dernier semblant par surcroît prêt à modifier certaines règles parlementaires majeures afin de se donner des coudées encore plus franches pour gouverner. Même en se croisant les bras et laissant le prochain Congrès légiférer, se contentant d’apposer sa signature aux projets de loi une fois acheminés à son bureau, Biden pourrait avoir un impact historique sur plusieurs fronts, notamment :

Immigration : la légalisation de la situation, voire l’octroi de la citoyenneté américaine à la douzaine de millions d’immigrants clandestins présents aux États-Unis, selon des estimations, est un rêve chéri de la gauche américaine depuis les années 1970, époque où Biden débutait sa carrière au Sénat. Comme président, il aurait de réelles chances de concrétiser ce rêve.

Environnement : à la première année du tandem Obama-Biden à la Maison-Blanche, en 2009, la Chambre des représentants à majorité démocrate avait adopté un ambitieux plan de bourse du carbone, qui fut subséquemment enterré au Sénat. Le Parti démocrate ayant depuis pris un tournant vert encore plus prononcé, et Biden qualifiant lui-même les changements climatiques de toute première urgence planétaire, la pression pour adopter des mesures contraignantes significatives sera énorme.

Santé : pendant le débat houleux sur « Obamacare » — le vaste programme de réforme du système de santé aux États-Unis — l’aile gauche du Parti démocrate réclamait l’adoption d’une « option publique » : une couverture médicale fournie et administrée par le gouvernement fédéral et qui ferait concurrence aux compagnies d’assurance privée. Le programme a été torpillé à l’époque parce que jugé comme allant trop loin. Biden en a fait le cœur de ses promesses sur la santé. Et si cette « option publique » devait devenir réalité, elle pourrait confirmer les craintes de ses critiques : affaiblir de plus en plus le privé dans le système de santé américain et ouvrir encore davantage la porte à une prise en charge de l’État fédéral.

Armes : Barack Obama a qualifié le massacre survenu en décembre 2012 à l’école primaire Sandy Hook, au Connecticut, de pire moment de sa présidence. Et son incapacité à convaincre le Congrès, dans la foulée de la fusillade, d’adopter une quelconque mesure de resserrement important du contrôle des armes à feu compte parmi ses plus importantes doléances. Son ancien vice-président pourrait mener à terme le travail commencé alors : le Parti démocrate, encore plus urbain et plus à gauche qu’il ne l’était il y a à peine quelques années, se montre de plus en plus enclin à se frotter au lobby des armes à feu. Cela est particulièrement vrai dans un contexte où la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes, en arrache particulièrement depuis quelques années (notamment avec la poursuite déposée début août à la Cour suprême de l’État de New York par la procureure générale de cet État, qui accuse la NRA et son président d’avoir mal géré les fonds de l’organisation et d’avoir violé les lois fédérales et celles de plusieurs États américains).

Puis, alors que la Cour suprême a été un enjeu important pendant la course de 2016 — et dans la victoire de Trump — peu semblent s’intéresser au potentiel qu’a Biden d’y laisser sa marque à son tour. Deux juges — Ruth Bader Ginsburg et Stephen Breyer, tous deux nommés lors du premier mandat du président Clinton — auront 87 et 82 ans respectivement lors de l’assermentation présidentielle en janvier prochain. Biden pourrait aisément solidifier l’aile gauche de la Cour au moment de les remplacer. Puis, les regards devraient rester braqués sur Clarence Thomas, un juge nommé par le président Bush (père), âgé de 72 ans, et intégré à la majorité conservatrice de la Cour. Si Biden devait être appelé à le remplacer, c’est un changement tectonique que l’on observerait à la Cour suprême, où l’aile gauche prendrait réellement le pouvoir pour la première fois depuis des décennies.

La politique étrangère demeure quant à elle généralement plus difficile à anticiper. Ne serait-ce que parce qu’elle est tributaire des différents développements géopolitiques, qui surviennent parfois (souvent) en dépit de la volonté des États-Unis. Au-delà de l’expérience particulière dont jouit Biden en la matière — lui qui a longtemps présidé le Comité du Sénat sur les Affaires étrangères — et du style plus « traditionnel » de la diplomatie américaine qu’apporterait une administration Biden, bien malin est celui pouvant prédire ce à quoi ressemblera le monde dans quatre ans.

Reste qu’aux États-Unis, l’impact de Biden pourrait être considérable — et durable. Sa campagne ne marque actuellement peut-être pas les esprits, mais sa présidence aurait le potentiel de marquer des générations.

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Lorsque monsieur Jacob évoque le candidat « populiste » Bernie Sanders, il se réfère à une définition plus américaine du populisme que la définition française du populisme comme tel. Cette conception du populisme de Sanders fait écho de la peur panique que l’establishment a pour les principes sociaux-démocrates ; en sorte qu’il vaut mieux choisir : la peste, le choléra, la Covid-19, les changements climatiques et la guerre atomique à toute forme quelconque de démocratie à valeur sociale ajoutée.

C’est ce qui fait d’ailleurs que même Franklin Delano Roosevelt est encore décrié par les vieilles élites blanches et protestantes qui voient toujours le « New-Deal » comme une mesure communiste qui marquât le début du déclin de la suprématie des États-Unis.

À cet effet, monsieur Trump — qui pourtant appartient aux élites – est par ses déclarations autrement plus populiste que ne l’est Bernie Sanders.

S’il faut d’ailleurs porter un léger « coup d’œil » sur le programme Biden. Nous ne pouvons que constater que les thèmes abordés sont ceux de la gauche occidentale qui accordent plus d’importance à l’équité sociale, l’équité des droits pour tous, aux valeurs d’inclusion, à l’éducation, des soins de santé pour tous et une lutte efficace contre les changements climatiques.

En ce sens, le « Plan Biden-Harris » est un « New – New Deal » pour l’Amérique, qui ne fait pas ombrage aux thèmes favoris du socialiste Bernie ; lequel Plan renoue avec les principes chers aux démocrates d’une Amérique unie, ouverte sur le monde, laquelle soutient le développement de toutes les nations, mise plutôt sur la coopération que sur l’ostracisme envers les pays ennemis de la république.

Il n’est pas à douter que le clan Trump et Républicain ne manquera pas de frapper sur le « côté rêveur » de Joe Biden. La dérive communiste, anarchiste, marxiste et collectiviste du Plan, tout cela ne pouvant conduire qu’au chaos, un recul du pouvoir d’achat des citoyens, des hausses de taxes sans précédent, un retour aux chômage endémique ; bref, un affaiblissement du pays, plus ouverts que jamais aux voleurs, aux violeurs, à ces immigrants jouisseurs et oisifs qui voient dans les État-Unis un bar ouvert où tous les vices peuvent prospérer pour se propager sans entraves où que ce soit.

Au final, comme toujours (et il faut s’en réjouir), Dieu aura le dernier mot et il reconnaîtra les siens. Même les électeurs qui voteront par la poste ne seront pas épargnés….

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On ne peut pas écrire ici car on se fait censurer. Belle job!

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