Kamala Harris, un choix qui plait

Selon un récent sondage, 54 % des Américains sont satisfaits du choix de Kamala Harris comme colistière de Joe Biden. Une proportion qui augmente à 86 % chez les démocrates.

Photo : AP Photo/Nati Harnik

À chaque cycle électoral aux États-Unis, les choix de colistiers génèrent leur lot de spéculation et font couler beaucoup d’encre. Après plusieurs semaines d’attente, Joe Biden a annoncé la semaine dernière que Kamala Harris, sénatrice de l’État de la Californie, serait sa colistière. Cette annonce a été faite juste avant le début du congrès national du Parti démocrate, qui a été lancé lundi soir à Milwaukee, dans l’État clé du Wisconsin, et qui officialisera la nomination de l’ancien vice-président Joe Biden comme candidat à l’élection présidentielle de novembre prochain.

Kamala Harris, 55 ans, a commencé sa carrière politique comme procureure de district à San Francisco, puis a été élue comme procureure générale de la Californie en 2010. Élue au Sénat en 2016, elle s’est ensuite portée candidate à l’investiture démocrate pour 2020 où elle s’est fait remarquer par sa participation musclée aux premiers débats. Elle s’est toutefois retirée de la course avant le début des primaires pour enfin appuyer la candidature de Joe Biden en mars dernier.

Un sondage ABC News/Washington Post a été publié en début de semaine pour prendre le pouls des électeurs américains par rapport à cette décision. À la question : « Êtes-vous satisfait du choix de Kamala Harris comme colistière de Joe Biden ? », une majorité d’électeurs, soit 54 %, ont répondu par l’affirmative :

Seulement 29 % des répondants affirment ne pas être satisfaits de ce choix, ce qui, considérant la polarisation actuelle du pays, est une proportion remarquablement basse.

La stratégie des démocrates pour cette élection historique n’est manifestement pas de convaincre les électeurs républicains pro-Trump de changer de camp (ce qui serait hautement improbable), mais bien de consolider leur base et d’amener les électeurs indépendants à joindre leur camp, ce qu’Hillary Clinton n’avait pas réussi en 2016. Or, lorsque nous prenons les résultats de ce sondage et isolons les électeurs démocrates, nous remarquons que Kamala Harris fait presque l’unanimité :

Au total, 86 % des électeurs démocrates se disent satisfaits du choix de Kamala Harris, contre seulement 9 % d’insatisfaits. L’aile progressiste du parti — qui n’était pas particulièrement enchantée de la nomination d’Hillary Clinton en 2016 — pourrait potentiellement se rallier au ticket Biden-Harris avec beaucoup moins de réticence que ce fut le cas du ticket Clinton-Kaine en 2016, si on se fie au fait que Bernie Sanders a publiquement applaudi le choix de Kamala Harris comme colistière de Biden peu avant le début du congrès. Selon un reportage de Bloomberg, Kamala Harris était le choix préféré de Sanders au poste de vice-présidente parmi les candidates pressenties par l’équipe de Biden.

Toujours selon le sondage ABC News/Washington Post, près de la moitié des électeurs indépendants, soit 52 %, affirment être satisfaits du choix de Kamala Harris, contre seulement 29 % d’insatisfaits :

Même chez les électeurs blancs, dont Trump avait remporté le vote par une marge de 15 points en 2016, le choix de Kamala Harris est accueilli plutôt favorablement. Près de la moitié d’entre eux, soit 46 %, se disent satisfaits, contre 34 % d’insatisfaits :

Chez les électeurs issus des minorités visibles, le taux de satisfaction grimpe à 68 %, contre seulement 22 % d’insatisfaits :

Certes, nous sommes encore loin des débats et du jour du vote. Toutefois, le premier test de Joe Biden a vraisemblablement été réussi : son choix de colistière pourrait potentiellement consolider suffisamment d’appuis et ainsi augmenter ses probabilités de victoire en novembre. Il reste à voir comment Mme Harris se tirera d’affaire lors de cette campagne présidentielle qui s’annonce déchirante et fortement polarisée.

Kamala Harris fera un discours au congrès démocrate mercredi soir.

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Bien que le nom de madame Harris ne soit officiellement connu que depuis quelques jours, son nom circulait depuis quelques semaines. Même CNN de source bien informée l’avait divulgué pour presqu’instantanément ensuite se rétracter prétextant une regrettable erreur de la rédaction.

Il n’y avait de toute évidence pas la moindre erreur de la rédaction, seulement ils avaient vendu la mèche un peu trop tôt. Ainsi l’investiture de Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence des États-Unis était déjà connue, restait à en avoir la confirmation.

Je ne suis pas surpris qu’elle passe plutôt bien auprès des Américains, car c’est un « grande-gueule », une femme qui se tient debout et le président Trump devrait avoir du fil à retordre avec elle. De plus cette nomination crée l’équilibre, elle permettra d’obtenir l’unité du parti démocrate pour Biden.

Nous sommes cette fois-ci très loin de la configuration de 2016 avec une Hillary Clinton qui ne faisait pas l’unanimité dans sa formation, flanquée du très peu charismatique sénateur Tim Kaine qui était un poids mort dans une campagne électorale terne qui ne levait pas.

Malgré la pandémie, on sent poindre une sorte d’énergie qui ne trompe pas.

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