La crise new-yorkaise – et le reste de l’Amérique

Avant de conclure que l’épidémie aux États-Unis est un « cas », il faut se rappeler qu’il n’y a pas une seule réalité. Il y en a deux : celle de la région de la Grosse pomme et celle du reste du pays. Le point de vue de notre chroniqueur.

Photo : L'actualité

Dans les derniers jours, les États-Unis sont devenus le pays détenant le triste record du plus grand nombre de décès liés au coronavirus, avec un décompte dépassant les 25 000. C’est également le pays comptant — et de loin — le plus grand nombre de cas confirmés de COVID-19. En combinaison avec l’image déjantée venant du spectacle quasi quotidien donné par le président Trump à Washington, on peut en comprendre plus d’un de voir les États-Unis comme l’« enfant terrible » de la pandémie — un épicentre où, d’un océan à l’autre, le virus fait ravage comme nulle part ailleurs.

C’est une lecture compréhensible. C’est aussi une lecture qui mérite de sérieux bémols.

Des indicateurs problématiques

Tout d’abord, l’utilisation ad nauseam par les médias de masse du nombre de cas recensés comme indicateur de l’état de la pandémie est extrêmement problématique : différents pays du monde testent de différentes façons, à différents volumes et à différents rythmes. Seulement aux États-Unis, Trevor Bedford, biologiste diplômé de l’Université Harvard, estime le nombre de cas positifs réels à la COVID-19 entre 10 et 20 fois plus élevé que le nombre de cas officiellement recensés. Dire alors qu’il s’agit d’une mesure imprécise relève de l’euphémisme.

Par ailleurs, l’utilisation tout aussi fréquente du nombre absolu de morts plutôt que par millier ou million d’habitants brouille fâcheusement la perception de plusieurs. Les États-Unis sont le troisième pays le plus peuplé du monde — et le premier (la Chine) fournit des statistiques bidon. Il compte environ cinq fois plus d’habitants que la France, la Grande-Bretagne et l’Italie, et sept fois plus que l’Espagne. En fait, il compte environ 100 millions plus d’habitants que ces quatre pays combinés. Pour que les États-Unis aient le même nombre de morts par millier d’habitants que l’Espagne, il leur faudrait passer des 25 000 aujourd’hui dénombrés à environ 125 000 — cinq fois plus que le décompte actuel.

Plus que tout, présenter les États-Unis comme « un cas » cache le fait qu’il n’y a pas « une » seule réalité aux États-Unis. Il y en a deux : celle de la région de New York et celle du reste du pays.

La réalité new-yorkaise

Quiconque ayant moindrement suivi les images et les reportages de l’étranger au cours du dernier mois a eu vent des sirènes d’ambulance perçant le ciel de Brooklyn, des patients tombant comme des mouches par centaines tous les jours pendant des semaines, et des hôpitaux d’« appoint » devant prêter main-forte au système existant. Cette situation est bien réelle — mais son ampleur ne connaît tout simplement aucun équivalent où que ce soit ailleurs aux États-Unis.

Sur les 25 000 morts à la grandeur du territoire américain, plus de 10 000 proviennent de New York uniquement. Depuis maintenant un mois, New York, qui compte un peu plus de 5 % de la population américaine, compte quotidiennement entre le tiers et la moitié de tous les décès liés à la COVID-19 aux États-Unis.

La Dre Deborah Birx, qui représente avec le Dr Anthony Fauci la communauté de la santé publique dans la lutte de la Maison-Blanche au coronavirus, observait en début de semaine que sur les 25 plus importantes agglomérations au pays, incluant les autres « points chauds » parfois discutés comme Detroit ou la Nouvelle-Orléans, aucune ne dépassait le cap des 25 000 cas recensés, sauf celle de New York — qui atteint le cap des 250 000 ! Malgré l’inexactitude considérable actuellement rattachée au dépistage, l’ordre de magnitude donne néanmoins un indice du véritable gouffre séparant la « Grosse Pomme » du reste de l’Amérique.

Sources : Centers for Disease Control ; WorldOmeter; New York Times

Même ces mesures sous-estiment sans doute le poids véritable de la région de New York dans la balance américaine lorsque l’on considère la situation vécue par l’État voisin, le New Jersey, seulement 11e en matière de population… mais 2e, après New York bien sûr, en matière de décès liés à la COVID-19.

Le New Jersey offre une illustration particulièrement forte de l’unicité de la crise new-yorkaise. L’État, majoritairement composé de banlieues et de petites villes, sert de dortoir et de destination de villégiature aux deux métropoles adjacentes : New York, au nord-est de l’État, et Philadelphie, au sud-ouest.

Si tous les centres urbains américains sont touchés de façon plus ou moins égale, on devrait alors s’attendre à voir parmi les parties du New Jersey plus durement touchées non seulement celles donnant sur New York, mais également celles donnant sur Philadelphie — qui avait, ironiquement, servi d’épicentre américain lors de la plus grave pandémie du siècle dernier, la grippe espagnole de 1918.

Or, est-ce ce que l’on observe dans les faits ?

Sources : U.S. Census Bureau ; New Jersey Department of Health

Tout le contraire. La carte suivante met en relief le nombre de décès par 10 000 habitants liés à la COVID-19 dans les 21 comtés du New Jersey. Non seulement les comtés les plus durement touchés sont immanquablement ceux concentrés autour de la région de New York, mais l’écart avec ceux du reste de l’État est carrément gigantesque, comptant dans certains cas plus de cinq fois plus de décès par 10 000 habitants que des comtés adjacents à Philadelphie.

Est-ce alors que Philadelphie a été frappée plus tard que sa vieille rivale ? Il peut y avoir de cela. Toutefois, cet argument sert de lame à deux tranchants : s’il s’agit simplement d’une question temporelle, comment peut-on alors expliquer que New York, dont le premier cas a été recensé après ceux observés en Californie ou dans l’État de Washington, compte par million d’habitants neuf fois plus de décès que Washington et 28 fois plus que la Californie ? La Californie recense aujourd’hui environ 20 décès par million d’habitants ; New York, environ 550.

Que se trouve-t-il donc à la racine de l’exception new-yorkaise ? Bien qu’aucune explication exhaustive n’ait été fournie de façon définitive, la Dre Birx a évoqué comme possibles facteurs principaux l’extrême densité de la population caractérisant New York, ainsi que son système de métro et le nombre de voyageurs en provenance d’Asie y ayant posé le pied dans les jours précédant l’éclosion de la crise.

Les impacts de cette différence sont aujourd’hui aussi stupéfiants que largement incompris de ce côté-ci de la frontière. Alors que l’attention collective s’est largement centrée sur la pression mise par la crise de la COVID-19 sur le système de santé new-yorkais, qui menaçait d’atteindre ou même de dépasser sa pleine capacité, le phénomène inverse s’est abattu sur une partie considérable du reste du pays.

Ayant annulé ou repoussé des rendez-vous, traitements et opérations par milliers, vidant leurs locaux pour faire place au tsunami de patients de la COVID-19 — projetés par différents modèles statistiques s’étant avérés plus pessimistes que la réalité aujourd’hui observée —, des hôpitaux à la grandeur de l’Amérique, particulièrement en milieux plus ruraux, se retrouvent aujourd’hui dans une position financière intenable. S’étant à la fois massivement privés de revenus et ne récoltant pas ceux liés au tsunami se faisant toujours attendre, ces hôpitaux se voient aujourd’hui contraints de licencier du personnel… en plein cœur d’une pandémie !

Aujourd’hui, alors que l’on compte trois fois plus de gens morts du coronavirus à New York que des attentats du 11 septembre 2001, la ville demeure paralysée, le maire venant d’annoncer qu’il ne rouvrirait les écoles qu’en septembre prochain. Or, pendant ce temps, l’Utah compte un total de 19 morts ; le Nebraska, 18 ; le Wyoming, 1. Aucun de ces États n’a décrété de confinement obligatoire.

Bien des choses demeurent inconnues dans cette ère sans réel précédent. Une chose, toutefois, semble de plus en plus claire : dans un pays aussi hétéroclite que les États-Unis, touché de façon aussi inégale et aussi régionale, ne vous attendez pas à une sortie uniforme de cette crise.

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Rafael Jacob souligne ici un point dont j’avais fait mention dans d’autres de mes commentaires ; à l’effet que la comptabilité varie beaucoup d’un pays à l’autre et même d’une région à l’autre ; en somme que l’ensemble des données connues comportent beaucoup de variables qui sont plus ou moins fiables selon les lieux d’où elles proviennent. Cette remarque s’applique également pour les divers états des États-Unis.

Néanmoins pour plus ou moins fiables que soient ces données prises en considération de façon isolée, elles permettent d’observer des tendances qui vérité statistique oblige, restent fiables.

J’aimerais apporter moi aussi un léger bémol sur les soi-disant « statistiques bidons » publiés par la Chine. Il y a des observateurs occidentaux sur place qui considèrent que ce pays a fait montre d’assez de transparence. Plusieurs pays dans le monde qui cherchent à se donner bonne conscience, n’ont pas pris au sérieux les avertissements dès décembre formulés par ce pays.

Si dès janvier les États-Unis — c’est aussi vrai pour le Canada-, avaient pris la menace au sérieux, mis-en-place des procédures et prévu des structures d’isolement, il est assez probable que nous n’en serions pas là. Il est toujours plus facile de dire que le voisin est sale quand on n’est pas soi-même très propre. En psychologie on appelle cela : faire des projections.

Le nombre de décès par millions d’habitants n’est pas très fiable non plus. La Suisse par exemple donne plutôt des statistiques par 100 000 habitants et pour des données plus précises par foyers d’infection, on privilégie plutôt le nombre de décès par 10 000 habitants (en France notamment), la carte du New Jersey par comtés reflète aussi de cette approche-là. Elle est essentielle.

Ce qu’il faut donc comprendre et analyser, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais plutôt les corrélations qui existent entre la propagation du virus et le nombre de décès plus élevé dans certains endroits. Ce qui est vrai partout sur la planète.

Il faut aussi mettre les choses en perspective, observer la proportion de décès par rapport au nombre de cas comptabilisés. Ainsi le ratio le plus élevé au monde de morts par cas confirmés est la Belgique (actuellement). Le record du nombre de morts par 100 000 habitants revient à l’Espagne. Les États-Unis viennent encore assez loin derrière.

Ce qui demeure une source d’inquiétude, c’est le caractère atypique de la courbe du nombre de cas confirmés aux États-Unis qui est toujours élevée, laquelle ne semble pas pour le moment se rapprocher d’un plateau. Ce qui immanquablement affectera la reprise économique du Canada.

Ce que j’aurais bien aimé lire dans cette chronique de Rafael Jacob, c’est le volet des inégalités sociales dans la propagation de la maladie et sur le prix plus élevé en pertes humaines que doivent payer certaines communautés.

Nota :
L’Université Johns-Hopkins à Baltimore, accomplit un travail exceptionnel de modélisation dont je rappelle les liens ci-dessous :

— Pour le monde
https://coronavirus.jhu.edu/map.html

— Pour les États-Unis plus spécifiquement
https://coronavirus.jhu.edu/us-map

M. Jacob, vos analyses sont souvent teintées d’un penchant évident pro-Trump. Ici au Canada, Montréal se retrouve aussi dans une situation hors de contrôle. Le Premier Ministre a dû appeler les spécialistes en renfort. Et aux USA le nombre des décès a plus se chances d’avoir été sous évalué que surévalué, comme vous tentez de nous en convaincre. Donald Trump a gouverné depuis son élection en abusant du mensonge et de la surenchère de tactiques ne visant qu’à lui donner raison dans tout ce qu’il touche. La fin pour lui justifie les moyens. C’est un tricheur qui n’a que faire des institutions démocratiques. C’est le culte du Moi qui le guide.. Il se comporte comme un roi. Il pratique le népotisme et il croit que seulement un des membres de sa famille sera digne de lui succéder.

Mme Beaulieu,

Je trouve plutôt particulier l’accusation de « biais évident pro-Trump » à la suite d’un article n’évoquant le président qu’à une seule reprise, et ce pour mentionner l’image déjantée qu’il projette quotidiennement (voir le 1er paragaphe). Je ne vois pas le lien direct avec Montréal ou M. Trudeau non plus, dont je ne parle pas. Et à aucun endroit est-ce que le texte essaye de « convaincre » que le nombre de morts aux États-Unis est plus faible que ce que rapportent les statistiques officielles.

En fait, je peine à voir le moindre lien direct entre vos propos et quoique ce soit contenu dans mon texte. Si vous avez des désaccords avec des arguments / points spécifiques contenus dans mon texte, je suis heureux de les lire et de les prendre en considération. Or, ce n’est… pas ce que je vois ici.

Au plaisir,

Rafael Jacob

M. Jacob, j’ai remarqué que vos arguments revêtent un caractère beaucoup plus objectif quand vous êtes sur les ondes de Radio-Canada.. Voua avez traité justement du sujet de votre article sur les ondes de choi Radio X dont les animateurs pensent que Trump est un génie. Il faut différencier NY du reste des USA leur expliquiez vous.. Ainsi, si on enlève New York c’est donc que les choses vont bien … entendu « comme un docteur qui dirait à un patient que si on ne tient pas compte de son cancer du poumon, il est en excellente santé. » Décès par million d’habitants au 15 avril : New Jersey 275, Louisiane 190, Connecticut 168, Michigan 161, Massachusets 124, Rhode Island 69, Illinois 62, Colorado 55, Indiana 53, Maryland 50 et aux USA, contrairement au Québec, on sous-estime les décès.. Dernier état en lice en Californie un nombre de décès plis de 50 fois supérieur aux nombres de cas officiellement confirmés. Et aujourd’hui Trump utilise le mot « Libérez » les états démocrates (du confinement)..Un appel à la rébellion?? Vous aviez perdu votre pari sur les ondes de Radio Canada en 2016, et si la tendance se maintient, on se rendra bientôt compte que votre flair une fois de plus vous aura joué un tour car ce n’est que la pointe de l’iceberg que l’on voit aux USA en ce moment et ce, avec les bons soins du Président le plus irresponsable de toute l’Histoire américaine.

Mme Beaulieu,

Je vois que votre réponse est à nouveau caractérisée par le non sequitur, en revenant notamment à la charge avec Donald Trump, dont il n’est essentiellement pas question, dois-je le rappeler, dans mon texte.

Je ne vois pas non plus où le texte dit que « si on enlève New York les choses vont bien ». Ce que je dis – à la fois en ondes et par écrit – est qu’il importe de ne pas extrapoler de la situation à New York pour en faire une image »représentative » de la situation ailleurs aux États-Unis, car ce n’est tout simplement pas le cas. De plus, contrairement à ce que vous affirmez, il n’y a aucune indication, en se basant sur les meilleures données disponibles (aussi imparfaites soient-elles) qu’une autre région américaine est présentement sur le point d’être « un autre New York ». C’est précisément le but du premier graphique contenu dans le texte, qui s’échelonne sur un mois. Ça fait maintenant plusieurs semaines que l’on entend des prédictions comme la vôtre sur New York étant le »canari dans la mine » pour d’autres régions — et, pour l’instant tout au moins, ça ne s’est tout simplement pas matérialisé. Cela revient-il à dire qu’il n’y a que des cas de Covid-19 à New York? Des morts liés à la Covid-19 qu’à New York? Évidemment que non. Ça revient à dire qu’en termes d’ampleur, et ce depuis le début de la crise, aucune région aux États-Unis n’approche même New York, et qu’il s’agit d’un cas entièrement à part.

Cela fait en sorte que, comme le conclut le texte, d’autres régions des États-Unis puissent espérer « rouvrir », en partie ou en totalité, avant que New York ne le fasse (en plus de celles qui ne se sont jamais entièrement fermées en premier lieu) — plusieurs juridictions, donc, qui ne seront pas nécessairement conditionnées par la situation new-yorkaise. C’est ainsi précisément le *contraire* du cas d’une personne atteinte d’un cancer, dont l’organisme entier est destiné à mourir, peu importe si d’autres parties du corps avaient été en santé ou non au préalable.

Bonne fin de soirée et au plaisir.

@ Monsieur Rafael Jacob,

Si j’ai bien compris votre prémisse, vous estimez qu’il y deux Amérique : New-York et sa proche région (le New Jersey particulièrement) et le reste des États-Unis. Si vous étudiez la question en détail, vous vous apercevriez peut-être que la prémisse est à tout le moins discutable.

De plus vous tombez à bras raccourci sur la Chine d’une manière assez peu justifiée. Alors qu’il y a bien deux Chine : la province de Hubei et le reste de la Chine. Comme il y a aussi deux Québec : la grande région de MTL et le reste du Québec, etc.

Ce que manifestement vous ne semblez pas comprendre, c’est que votre théorie, ne vous en déplaise, c’est qu’elle ressemble beaucoup à la prémisse doctrinaire Trumpéenne… ; ce que remarque madame Beaulieu.

Ce que je note, c’est que vous accusez madame Beaulieu de ne pas comprendre vos propos et de ne pas suivre dans sa démarche une logique formelle. Franchement ! Ce que je constate, c’est l’aspect plutôt ambigu de vos mots qui appellent à la controverse lorsque la logique de madame Beaulieu est préférablement formelle.

Sans entendre me montrer désobligeant envers qui que ce soit et en tout respect, je pense que vous n’avez pas sérieusement étudié le cheminement du coronavirus où que ce soit, en sorte que dans un souci d’objectivité, il conviendrait peut-être de préciser ou de revoir la structure de la proposition de base qui gagnerait certainement d’être plus nuancée.

Je ne suis pas toujours d’accord avec madame Beaulieu avec ses divers commentaires sur toutes sortes de sujet. J’apprécie cependant son franc parlé et j’aimerais apprécier cette même qualité de la part de tous les collaborateurs de L’actualité.

Au plaisir de vous lire dans d’autres rubriques.

Un sondage récent démontre que 58 % des citoyens américains estiment qu’il faut prolonger le -lock down- contre 30 % qui s’y opposent. À moins que la majorité soit de la région new yorkaise, je crois que le message touche une bonne partie de l’Amérique. Par ailleurs, bien que l’Université Hopkins soit fiable, je crois le spécialiste de l’Université Harvard, à savoir que le vrai chiffre des personnes infectées soient de 10 à 20X le nombre de cas répertorié. Cela devrait modulé l’analyse que vous faites des statistiques actuelles. La crise sanitaire actuelle est le révélateur de l’ immense faillite de la santé publique aux États-Unis. Malheureusement le prix à payer en vies humaines sera lourd et ce sont les Canadiens qui en paieront le prix économique. Quant au président actuel de ce pays, il est à mes yeux l’aboutissement des Reagan, du tea party, de l’ultra droite des Républicains, en somme du néo-libéralisme. À l’image de la privatisation des services aux aînés au Québec.

Une dernière réflexion .. on pourrait aussi écrire un article intitulé La crise montréalaise – et le reste du Canada. Déconfiner graduellement les régions alors que Montréal est en pleine crise sanitaire c’est jouer à la roulette russe.. Montréal est le poumon de la province.. La province tousse.. Je considère irresponsable de commencer le déconfinement plus tôt encore que ne le fait la Colombie Britannique, la province qui a su le mieux gérer la crise. New York repliée sur elle-même? Ce n’est pas dans les plans de Trump qui parle déjà de rouvrir la frontière canadienne, Tout est intégré aujourd’hui.. Le même problème se pose pour l’Union européenne.. Le déconfinement implique la réouverture des frontières La distanciation a permis de sauver des milliers de vie humaine quoiqu’en disent les tenants de la droite alternative. On ne peut séparer la propagation du virus aux USA et à New York en particulier de l’irresponsabilité de Trump.