La maladie va-t-elle relancer la campagne de Trump ?

Cette théorie s’appuie sur une présomption erronée : celle selon laquelle le président jouira d’un capital de sympathie à la suite d’un diagnostic positif. Dans les faits, c’est précisément le contraire que l’on observe.

Crédit : L'actualité

L’un des développements les plus ironiques dans les heures et les jours qui ont suivi le diagnostic positif à la COVID-19 de Donald Trump a été l’idée, largement partagée sur les médias sociaux, qu’il s’agissait d’un complot. Le président, son personnel et les équipes médicales de la Maison-Blanche et de l’hôpital Walter Reed se seraient tous ligués dans une manigance visant à recueillir un vent de sympathie publique favorable au président à un mois du scrutin.

Ainsi, après avoir passé les cinq dernières années à condamner et à ridiculiser cet homme pour avoir épousé des théories du complot plus folles les unes que les autres, certains de ses critiques font de même à leur tour. En un sens, il n’y a rien là de très surprenant : tel que démontré dans la littérature en science politique, le conspirationnisme est une attitude partisane comme une autre. Plusieurs théories du complot sont calquées sur les préférences partisanes : si vous êtes un électeur républicain convaincu, vous serez plus susceptible de croire à des théories faisant mal paraître les démocrates, aussi absurdes soient-elles, et vice versa.

Cela explique, par exemple, la proportion nettement plus élevée d’électeurs démocrates ayant cru que les attentats du 11 septembre 2001 avaient été orchestrés par l’administration républicaine de George W. Bush, ou encore la proportion franchement plus élevée de républicains ayant cru que le président démocrate Barack Obama avait utilisé un certificat de naissance frauduleux afin d’être admissible à son poste. Si vous croyez que le président actuel, ayant lui-même passé les derniers mois à pourfendre l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne électorale américaine et à considérer le coronavirus comme un « canular », a « fabriqué » un faux diagnostic de COVID–19, il y a fort à parier que vous avez à la base des préférences pour le parti adverse.

Cette théorie s’appuie sur une présomption fondamentalement erronée : celle selon laquelle le président jouira d’un capital de sympathie à la suite d’un diagnostic positif. Dans les faits, c’est précisément le contraire que l’on observe.

Selon un sondage Reuters/Ipsos publié alors que le président était encore hospitalisé, pas moins de 65 % des Américains le jugent responsable de sa propre infection. Pour reprendre le libellé de la question, s’il avait davantage pris le coronavirus au sérieux, il n’aurait probablement pas été infecté.

Le lendemain, CNN publiait un autre sondage national indiquant que le taux de désapprobation de la gestion du coronavirus, de façon plus large, avait atteint un sommet depuis le début de la pandémie, à 60 %. Il est vrai qu’à l’image de sa couverture négative du président, CNN a régulièrement publié des sondages aux résultats plus faibles pour Trump que d’autres maisons, mais il s’agit ici de comparer tous les sondages menés seulement par CNN. On compare des pommes avec des pommes.

Il ne faudrait peut-être pas entièrement s’en surprendre, dans la mesure où l’empathie des électeurs est limitée par ce qu’ils voient comme un comportement ayant mené aux conséquences négatives observées.

Ainsi, le public s’est rallié derrière le président Ronald Reagan après que celui-ci eut été victime d’une tentative d’assassinat au début de son premier mandat. Il soutient également le gouverneur actuel du Maryland, Larry Hogan, qui combat un cancer agressif du système lymphatique. M. Hogan est extrêmement populaire depuis son diagnostic, posé dans les mois qui ont suivi sa première élection, en 2014.

Par contre, le public s’est retourné contre le gouverneur du New Jersey, Jon Corzine, qui a frôlé la mort dans un grave accident d’automobile, après avoir appris que celui-ci roulait à près de 150 km/h avant la collision. Il n’a pas non plus eu de pitié pour le président Woodrow Wilson, frappé par la troisième vague de la grippe espagnole il y a presque un siècle.

Réélu de justesse en 1916, Wilson s’était subséquemment mis à dos d’énormes parties de la population américaine, notamment en raison de sa décision de lancer les États-Unis dans la Première Guerre mondiale, puis des négociations du traité de Versailles, qui auraient tourné au vinaigre à cause de son piètre état de santé, le rendant confus et incohérent. Le climat social aux États-Unis était alors explosif, littéralement : radicaux et anarchistes avaient fait détonner des bombes à Wall Street et à la demeure du procureur général de Wilson. Loin de se rallier derrière le président, l’électorat a infligé à son parti, en 1920, ce qui demeure la plus importante défaite au vote populaire dans une élection présidentielle de toute l’histoire américaine.

Cent ans plus tard, après avoir vu le président tenir pendant des mois des propos désinvoltes sur le coronavirus, les Américains ont une perspective illustrée par un mot, prononcé cette semaine avec humour par le comédien Jim Carrey alors qu’il interprétait Joe Biden dans un sketch de Saturday Night Live : « karma ». Le terme est vite devenu populaire.

Laisser un commentaire

Je pense que les électeurs ne sont pas complètement dupes et qu’ils voient très bien de quelle façon tout cherche à être instrumentalisé. Inopportunément, je pense que le président Trump est mal entouré, ses conseillers prennent un peu trop pour acquis qu’ils sont encore les maitres de l’échiquier alors que ce président a désespérément besoin du soutien populaire pour entendre encore gagner cette élection.

Comme il semble pratiquement incapable de répondre clairement et modestement aux nombreuses questions qui lui sont posées. Je conçois difficilement qu’il puisse encore consolider son électorat.

En même temps Kamala Harris, la colistière de Biden, démontre qu’elle a beaucoup d’aplomb, déploie son charme et se montre suffisamment charismatique pour convaincre les électeurs et les électrices encore indécis de donner une chance à une nouvelle administration.

Usuellement le Karma, c’est ce qui dans notre vie actuelle nous reste de nos vies passées, c’est la conséquence. On ne se libère de ce fardeau qu’en trouvant le sens de sa vie présente dans le Dharma qui normalement conduit l’homme sur la voie de la sagesse.

Après quatre ans passés à la Maison Blanche, le président Trump devrait être devenu un homme plus sage, l’épreuve de la Covid-19 devrait le rendre meilleur. Or pour le moment rien n’indique que ce soit vraiment le cas. Même lorsqu’ils accèdent aux plus hauts destins, ces mêmes humains peu reconnaissants, refusent d’apprendre de leurs erreurs.

Cet aspect implacable de la destinée n’avait pas échappé à l’auteur de la Divine Comédie, Dante Alighieri. Ce n’est pas pour rien que son Enfer y est en très grand nombre peuplé de ceux à qui furent confiés les plus hauts offices et les pouvoirs suprêmes.

En son essence, le pouvoir n’est-t-il pas d’en remettre à d’autres l’exercice après qu’on l’eût soi-même exercé ?

Répondre
Les plus populaires