« Le meilleur vice-président qu’on ait eu »

Un nichoir à oiseaux en hommage à Joe Biden installé dans un parc de Wilmington, dans le Delaware, a été enlevé, car considéré comme trop partisan par les républicains. Signe d’un pays polarisé, estime l’artiste qui l’a créé.

Photo : Yona Helaoua

À Wilmington, tout le monde connaît Joe Biden. Cette ville de 70 000 habitants du Delaware, dans l’est des États-Unis, est le fief politique du candidat démocrate à la présidentielle. Il y a été sénateur de 1973 à 2009. Et si beaucoup le soutiennent, il a aussi ses détracteurs. À la fin de cet été, une polémique locale a illustré ces divisions.

Un artiste de 68 ans, Tom Burke, a installé dans un parc un nichoir à oiseaux représentant d’un côté la gare de Wilmington, qui porte le nom de Joe Biden, et de l’autre, la Maison-Blanche. Tout un symbole : après la mort de sa première femme et de sa petite fille dans un accident de voiture en décembre 1972, le sénateur fraîchement élu « a pris le train chaque jour entre Washington et Wilmington pour pouvoir être à la maison le soir et border ses deux fils au lit, raconte Tom Burke. Cela montre que c’est un bon père, une bonne personne ».

L’artiste estime que Joe Bien est « le meilleur vice-président qu’on ait eu », et « un homme honnête et décent ». Alors sur son nichoir à oiseaux, il a ajouté des pancartes « En route avec Biden » et « Ce train se dirige vers la gloire ». Le journal local en a fait sa une. « Cela n’a pas plu au Parti républicain, qui s’est plaint auprès des propriétaires du terrain, et le nichoir a été enlevé », regrette Tom Burke, « surpris par l’ampleur » de la polémique. C’est le signe selon lui que « le pays est divisé ».

« C’est juste un nichoir à oiseaux ! » soupire-t-il dans le garage où il a installé son atelier.

Respect

Le sexagénaire estime qu’il ne faisait que rendre hommage à la relation solide entre Wilmington et Joe Biden. « Quand on se promène en ville, on le croise au supermarché, au restaurant… Moi, je l’ai rencontré plusieurs fois lors de cocktails », se souvient Tom Burke.

L’artiste évoque aussi le deuxième deuil de Joe Biden, celui de son fils Beau, mort d’un cancer en 2015 : « La ville a organisé des funérailles grandioses pour lui, j’y étais. Tout le monde s’est rassemblé. Il y avait des milliers de personnes autour de l’église, beaucoup de respect. » Selon Tom Burke, Joe Biden « a vécu son deuil en public de manière très digne. Cela fait partie de lui maintenant, et de l’Amérique ».
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