Les leçons oubliées de la crise des missiles de Cuba

Alors que les États-Unis soulignent les 60 ans de la crise des missiles de Cuba, la menace nucléaire retentit à nouveau, en raison de l’invasion russe en Ukraine. Les décideurs auront-ils la sagesse d’éviter le pire encore une fois ?

Des missiles antiaériens de l’armée américaine sont soulevés par un véhicule militaire vers un lanceur sur la plage George Smathers en Floride, le 28 octobre 1962. (Photo : Bettmann / Getty Images)

L’auteur est chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, où ses travaux se concentrent sur l’étude et l’analyse de la politique américaine.

Au début du mois, le président américain, Joe Biden, a fait les manchettes en déclarant, dans des remarques à huis clos vite rendues publiques, que le monde risquait une « apocalypse nucléaire » à cause de la guerre en Ukraine. Le risque, selon le président, était sans précédent depuis la crise des missiles de Cuba.

Le lien avec la crise qui a secoué la planète en octobre 1962 est évident étant donné l’aspect nucléaire — Biden avait d’ailleurs raison d’établir ce lien et de reconnaître qu’aucun conflit armé depuis n’a montré la même dangerosité.

Or, les parallèles ne s’arrêtent pas là. Et, considérant que l’on commémore justement cette semaine les 60 ans de la crise des missiles, il pourrait être important de les souligner. Car, de part et d’autre, ces parallèles semblent être négligés — et les leçons, oubliées.

Le noyau de la crise

Lorsque, à l’automne 1962, les États-Unis ont appris que l’Union soviétique avait installé des missiles nucléaires à Cuba, les instances du pouvoir à Washington se sont mises au plus haut niveau d’alerte. Les États-Unis voyaient ces missiles déployés par leur principal adversaire géopolitique comme un outil destiné à les menacer, à les faire chanter et à les déstabiliser — voire pire.

L’administration Kennedy considérait ce scénario comme si grave que, dès les premiers jours ayant suivi la découverte de la présence des missiles, elle a sérieusement débattu à l’interne de la possibilité d’envahir Cuba sur une base préventive, avant même qu’un seul missile ne soit lancé vers le territoire américain.

Bobby Kennedy, alors procureur général et, comme frère cadet du président, premier conseiller politique de ce dernier, s’était prononcé en faveur d’une telle idée. Le général Curtis LeMay, à l’époque chef d’état-major des forces aériennes américaines, allait plus loin : il conseillait au président une frappe nucléaire préventive contre Cuba. Les États-Unis auraient vaporisé l’île et ses habitants strictement pour empêcher la présence d’armes soviétiques de la sorte.

Sur le fond, dans un vase clos théorique, Cuba avait-elle le « droit » d’accueillir des armes soviétiques sur son territoire ? Absolument. Que les armes aient été conventionnelles, chimiques ou nucléaires ne change pas le fait fondamental que Cuba était un pays souverain qui, en principe, était « libre de choisir ses alliances » et l’utilisation de son propre territoire.

Sauf que.

« Droit » théorique ou non, concrètement, Cuba s’adonnait aussi à être le pays voisin d’une superpuissance. Et cette superpuissance n’acceptait pas — et n’allait jamais accepter — la possibilité même de voir un territoire situé à 400 km de ses côtes être utilisé comme base offensive potentielle par une superpuissance rivale.

La sortie de la crise

Si l’« apocalypse nucléaire » n’a pas eu lieu il y a 60 ans, c’est que les esprits plus posés ont prévalu. Lorsque la pression était à son comble et que les va-t-en-guerre de part et d’autre les exhortaient à redoubler la mise, le président Kennedy et son homologue soviétique, Nikita Khrouchtchev, ont opté, chacun de leur côté, pour la désescalade.

Ils ont aspiré, ne serait-ce que temporairement, à ce que Kennedy allait présenter dans son discours classique sur la paix, l’été suivant à Washington, quelques mois avant son assassinat : un effort pour tenter de se voir comme l’autre le voyait, aussi difficile cela puisse-t-il être.

Et au final, ils sont arrivés à une entente forgée de compromis. Les Soviétiques, même s’ils avaient le « droit » de déplacer de l’armement vers le territoire d’un pays souverain allié comme Cuba, ont accepté de retirer leurs missiles. En échange, les Américains se sont engagés à ne pas envahir Cuba — et, quelques mois plus tard, à eux-mêmes retirer les missiles qu’ils avaient stationnés en Turquie, non loin des territoires soviétiques.

Le monde était passé au bord du gouffre… mais la crise s’était néanmoins résorbée en l’espace de deux semaines.

Le contraste avec aujourd’hui

Vladimir Poutine, répétant depuis plus d’une décennie sa profonde crainte de voir des territoires — particulièrement celui de l’Ukraine — être utilisés par les États-Unis pour menacer ou déstabiliser son régime, a commencé à poster, à la fin de l’année dernière, des milliers de troupes à la frontière ukrainienne. Sur le point central des tensions, les Américains ont sommairement refusé tout compromis, citant ad nauseam le « droit » de l’Ukraine de choisir ses alliances — et par conséquent le droit éventuel des États-Unis d’installer bases, missiles et autres armes offensives sur son territoire.

Devant cette posture américaine, Poutine a décidé unilatéralement d’entrer en guerre. Avant même que d’hypothétiques bases ou armes de destruction massive américaines n’aient été présentes sur le territoire ukrainien — avant même en fait que l’Ukraine ne soit devenue un pays membre de l’OTAN —, Poutine a ordonné son invasion.

Contrairement à John F. Kennedy qui, sentant son pays potentiellement menacé par la superpuissance rivale, avait cherché par tous les moyens — et était parvenu — à empêcher le conflit de devenir chaud, Poutine, lui, l’a littéralement embrasé. Le résultat observé depuis février dernier : un spectacle d’horreur quotidien où des milliers de civils sont tués, où des millions d’autres sont poussés au statut de réfugié, et où ceux qui restent toujours sur le territoire ukrainien, notamment dans les parties activement occupées par les troupes russes, voient leur vie transformée en cauchemar.

Devant la farouche résistance ukrainienne, le chef du Kremlin a décidé d’augmenter les enchères, en brandissant publiquement et avec de plus en plus de vigueur le spectre d’une attaque nucléaire.

Scandalisés par les atrocités vécues par la population ukrainienne — et apeurés par le comportement de la Russie —, la plupart des pays occidentaux, États-Unis en tête, redoublent leur appui diplomatique, économique et militaire à l’Ukraine, applaudissant chaque revers russe sur le terrain. Cela inclut des pays européens majeurs, notamment l’Allemagne, qui jugent l’heure assez grave pour rompre de façon de plus en plus marquée avec des décennies de politique étrangère cherchant explicitement à éviter l’implication dans des conflits militaires.

Le président ukrainien, pour sa part, présente sa « formule pour la paix », dont les trois premiers points sont : armer davantage son pays, refuser tout compromis territorial avec la Russie, et exiger de punir et d’isoler cette dernière — avec un refus explicite additionnel de négocier avec la Russie tant et aussi longtemps que Vladimir Poutine, au pouvoir depuis maintenant 23 ans, sera en poste.  

Puis la Russie riposte à nouveau, en commettant d’autres atrocités, souvent contre les civils.  

Et le cycle de la violence, prévisible et tragique, se poursuit.   

L’heure n’est résolument pas aux compromis ni à la désescalade.

Espérons que l’on ne se rendra pas à l’improbable — et impensable — scénario évité par John F. Kennedy en 1962, puis évoqué par Joe Biden en 2022.

Personne ne sait quand et comment se terminera cette crise sans issue facile et rapide. Mais on aura déjà assez d’un pays brutalisé, dévasté et morcelé.

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Ça me semble clair ce qui se passe et qui va se passer.

Pendant qu’on bombarde les cités ukrainiennes,
1-On envahi et annexe les territoires ukrainiens pro-russe. Ça c’est déjà fait.
2-On déporte les populations ukrainiennes non favorable à l’annexation. Ça se fait maintenant.
3-On installe 250,000 militaires sur ces territoires pour créer une ligne de front de plus de 1000 kilomètres que l’armée ukrainienne n’a pas les ressources humaines pour défendre.
4-On avance la ligne de front jusqu’aux frontières des territoires annexés, tournant l’Ukraine en un pays quasi enclavé avec presque plus d’accès à la Mer Noire, étouffant son économie.
5-On tiens la ligne de front et colonise les territoires annexés avec des populations russe.

On n’arrête pas de bombarder les cités ukrainiennes.

Parce que ça nous coûte beaucoup moins cher de financer les militaires ukrainiens que de nous impliquer directement, les ukrainiens vont devoir se battre seul et cette guerre vas durer encore plusieurs années. L’Ukraine va devoir négocier la paix à perte.

J’espère que je me trompe.

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Monsieur Jacob nous présente une version simplifiée des raisons qui ont forcé la Russie à s’engager militairement contre l’Ukraine. La raison de cet engagement est encore plus simple, elle provient du fait que le président Zelensky a choisi — malgré ses promesses électorales – de reprendre par la force les petites républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk dans le Donbass au sud-est de l’Ukraine.

Dans les mois qui ont précédé ce conflit, ce sont d’importantes troupes ukrainiennes et du matériel qui ont été déployés dans la région (un contingent porté à plus de 100 000 hommes sur le terrain), la ville portuaire de Marioupol (à une centaine de kilomètres de Donetsk) est devenue un notable poste de commandement. Des milices paramilitaires néo-nazi telles que la division Azov et le bataillon Dimpro ont été transférées directement sous commandement militaire.

Au cours des semaines qui ont précédé, les multiples visites dans la région du président Zelensky en treillis militaire et ses déclarations ne laissaient aucun doute sur les intentions. Le refus de la part des autorités ukrainiennes de respecter les termes des protocoles de Minsk (qu’elles ont signé), ont eu pour effet de faire voler en éclat le cessez-le-feu. En décembre 2021, puis janvier 2022 les échanges de tirs se sont multipliés.

La Russie qui était évidemment au courant de ce qui se passait a déployé les troupes — conformément aux Accords de Minsk -, qu’elle estimait suffisantes pour contrer les intentions bellicistes de Kiev.

À toutes fins pratiques, le nouveau pouvoir centralisateur ukrainien qui en 2014 s’est constitué, prît le parti d’entrer en conflit contre la Russie au lendemain du massacre de la place du Maïdan à Kiev le 20 février 2014, à la seconde près où le président en titre, pourtant démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch, doit fuir vers la Russie avec sa famille pour échapper à son arrestation.

À la même seconde, la président Poutine est pointé du doigt pour avoir – selon des allégations – fourni au président Ianoukovitch un groupe de snipers à fin de perpétrer ce massacre. Une version jamais confirmée par les procureurs en charge de l’enquête. Plus pragmatiquement, on ne sait officiellement toujours pas qui était derrière ce massacre.

Plusieurs études, dont une menée par des chercheurs de l’Université d’Ottawa, démontrent le caractère très improbable de ce genre de thèses.

Ainsi, la résolution de la Russie d’entrer en Ukraine n’est pas à proprement parler une décision unilatérale prise en 2022 ; c’est la conséquence logique d’une guerre qui se joue depuis presque 8 ans. Elle avait déjà causé dès 2014 des milliers de morts dans le Donbass (de 10 000 à 14 000 selon des estimations) dont très majoritairement des civils russophones : une proportion non négligeable de personnes âgées, de femmes, d’enfants. Cette année, la Russie a répondu à l’escalade d’un conflit qu’elle n’a définitivement jamais initié.

Cela est-il contraire à l’article 51 de la charte des Nations Unies ? Surtout au regard des accords de Minsk signés et respectés par la Russie. Il semblerait que plusieurs avis soient distinctement partagés par divers juristes…. Ne pas défendre des civils qui suivant l’hypothèse pourraient être massacrés dans le Donbass (nettoyage ethnique, population russophone) est-ce bien conforme aux règles de droit ?

Rappelons pour mémoire que les effectifs de l’armée régulière ukrainienne ont depuis 2012 pratiquement doublé, passant de 140 000 hommes à plus de 250 000, entraînés par des formateurs occidentaux, équipée et outillée. Faisant de ce pays relativement pauvre (le plus petit PIB par habitants d’Europe) la principale puissance militaire régionale après le Royaume-Uni et la France. Armée renforcée actuellement pas 900 000 réservistes.

Ce conflit pourrait prendre rapidement fin s’il y avait une volonté politique. Un changement à la tête du gouvernement ukrainien, la désignation d’une équipe de négociateurs modérés qui agissent désormais de bonne foi pour les intérêts supérieurs de la population, une communauté qui entendait toujours vivre en bonne intelligence avec ses voisins.

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Il est vrai que personne ne parle du fait que le président pro-russe de l’Ukraine, élu démocratiquement, Viktor Ianoukovitch a été victime d’un coup d’état et que Poutine n’a pas aimé ça.
Mais il faut aussi mentionner qu’on ne parle pas du fait qu’en Ukraine il n’y a pas beaucoup d’amour pour la Russie depuis qu’en 1932 Staline a affamé à mort plus de trois millions d’ukrainiens tout en russifiant l’est de l’Ukraine. Les ukrainiens n’ont jamais oublié.
Depuis la chute de l’Union Soviétiques les ukrainiens tournent le dos à la Russie et Poutine n’aime pas ça.
Ce conflit n’est pas près de prendre fin.

@ Marcel,

Merci pour vos commentaires,

En 1921 aux lendemains de la première guerre mondiale, il y a eu en Russie une grande famine, qui a contribué à la mort d’un nombre indéterminé de personnes, une famine dont on n’a pas fait grand cas. À la même époque bon nombre de pays étaient au pris à la grippe espagnole qui devait apporter par millions son lot de victimes innocentes. Cent ans plus tard nous avons presque tous oublié tout cela.

Les évènements que vous rapportez sont réels, cependant la thèse qui apporterait à Staline la responsabilité de cette famine fait l’objet de contestations. Elle est à tout le moins contestée par Vladimir Poutine. Pourtant Poutine est loin d’être un stalinien.

En 2008, Alexandre Soljenitsyne ― ce grand écrivain russe qui n’a jamais été tendre avec l’Union soviétique et qui n’a jamais supporté Staline et son régime -, déclarait cependant, je cite : « (…) que l’Ukraine n’a pas subi un génocide de la part de la Russie dans les années 1932-1933. » Il ajoutait encore en substance cela : « Un cri provocateur sur le génocide a commencé à paraître plusieurs décennies plus tard, d’abord discrètement, dans les esprits renfermés chauvinistes anti-Moskals (antirusses Ukrainiens) et maintenant il a gagné les cercles dirigeants de l’Ukraine ».

Force est de constater que le révisionnisme historique est de plus en plus présent en ce moment. Il fait les choux gras du gouvernement polonais actuel qui conteste l’implication de la Pologne dans le génocide juif lors de la seconde guerre mondiale, pour quelques-uns les juifs qui sont morts au cours de cette période dans des camps de concentration, l’ont été de mort naturelle : de dysenterie et du choléra notamment… mais pas de vieillesse.

Géographique et ethniquement l’Ukraine n’est pas à proprement parler un pays homogène. La population à l’est de la Dniepr – le fleuve qui partage ce pays – a toujours été plus composée de russophones et de russophiles. À l’ouest, on est traditionnellement plus tourné vers l’Europe. Cette dichotomie, s’est produite également pendant les années 40, quand une partie de la population soutenait les nazis, quand l’autre partie soutenait l’effort de guerre soviétique. Ainsi les choses sont quelquefois plus difficiles à trancher qu’on ne le voudrait.

La situation qui prévaut en Ukraine, n’est pas dépourvue de similitudes avec l’ex-Yougoslavie.

Contrairement à vous, je m’efforce d’être plus optimiste que vous ne l’êtes. Avant de parler de la fin du conflit, parlons plutôt du décret et de l’observance d’un cessez-le-feu. Je pense que ceci est à portée d’une poignée de main, lorsqu’évidemment pas à la portée d’une salve de canons.

Tout ça n’a rien de rassurant. Poutine n’est pas Khrouchtchev, et la situation n’est pas la même que celle qui prévalait il y a 60 ans. Comment réagirait Poutine si les Américains installaient une base de missiles nucléaires en Ukraine? Pas sûr que s’en suivrait une désescalade comme ce fut jadis le cas. Une telle initiative est très improbable dans le contexte actuel, surtout sans l’assentiment de l’OTAN. L’imprévisibilité de Vladimir Poutine et ce qu’on peut connaître de ses intentions au regard de la soi-disant récupération des anciens territoires russes laisse place à tous les scénarios possibles, autant une guerre d’usure qu’un embrasement nucléaire. Souhaitons qu’il soit un peu plus modéré qu’on le croit.

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La crise ukrainienne remonte à fort loin alors que l’on parlait du royaume de Kiev et de ses relations tumultueuses avec la Russie. Une de mes ancêtres, Anne de Kiev, fut l’épouse d’Henri I et reine du royaume des Francs (1051-1060) alors que Kiev se tournait vers l’Occident.

L’URSS a intégré l’Ukraine puisqu’elle faisait partie de la Grande Russie impériale mais la relation est demeurée fort tendue, surtout si on tient compte de l’holodomor où des millions d’Ukrainiens ont été acculés à la famine par Staline. La nouvelle république ukrainienne née à la suite de l’effondrement de l’URSS a profondément indisposé les autocrates de Russie par son désir de retourner vers l’Occident à l’instar de plusieurs autres ex-républiques soviétiques. Son crime était d’être trop proche de Moscou.

C’est d’ailleurs Poutine qui a décidé d’envahir l’Ukraine en 2014 en annexant la Crimée, ce qui a mis le feu aux poudres alors que la partie est de l’Ukraine se soulevait et réclamait son rattachement à la nouvelle Grande Russie poutinienne. Dans ce contexte, la paix est illusoire car il faudrait que l’Ukraine renonce à son indépendance et à une partie de son territoire.

L’autocrate et dictateur Poutine ne peut perdre la face et la menace nucléaire est sérieuse alors que la raison n’a plus sa place dans une telle situation. On en est rendu à une série de crimes de guerre où ce sont les civils qui sont visés par l’armée poutinienne dans le but de les terroriser. L’hiver s’annonce difficile non seulement pour les Ukrainiens mais aussi pour les Européens qui voient renaître la guerre mondiale sur son sol ainsi que pour les Russes qui sont empêtrés dans une guerre sans bon sens par un dictateur qui les étouffe et les utilise comme de la chair à canon.

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@ NPierre,

Vous faites dans vos commentaires mention de l’Holodomor, soit un génocide perpétré par la faim sur les Ukrainiens sur ordre de Joseph Staline au cours de la période de 1932-33. Bien que le nombre exact de victimes soit inconnu, certaines personnes estiment que le nombre de personnes mortes de faim ait pu atteindre le chiffre de 4 millions.

Pour mettre les choses en perspective, il convient de préciser que cette famine qui s’étend de 1930 à 34 touche l’Union soviétique, toute la région de Caucase et que le pays le plus touché par cette famine est le Kazakhstan qui a perdu pendant cette période le quart de ses habitants soit 1,5 millions. C’est en proportion du nombre d’habitants le pays qui a été le plus marqué par cette tragédie.

La main ou la parole de Staline contre les Kazakhs ? Probablement pas. Quoiqu’il ne soit pas possible de dénombrer le chiffre exact de personnes qui périrent de malnutrition, plusieurs historiens avancent le nombre 8,5 millions sur l’ensemble des territoires qui souffrirent de la famine.

Deux causes principales sont attachées à cette famine :
– Des causes climatiques anormales.
– La réforme agraire qui prend place à la même époque (initiée en 1928) dans toute l’Union soviétique, laquelle contribue à des rendements catastrophiques.
Je rajouterai une troisième cause :
– La corruption qui déjà à cette époque était endémique.

Ainsi l’approvisionnement en vivres allait à ceux qui pouvaient se les offrir et non ceux qui en avaient le plus besoin. C’est un air connu qu’on retrouve toujours dans les endroits du monde qui souffrent encore de famines sévères.

Cette idée selon laquelle Staline aurait orchestré dans les années 30 la famine des Ukrainiens n’a pas pris naissance en Ukraine, elle a été initiée aux États-Unis par une association ukrainienne en 1984. Plusieurs rapports ont été publiés à ce sujet jusqu’en 1990, date à laquelle s’effondre l’Union soviétique.

Les politiciens antirusses ukrainiens qui depuis le début des années 2000 cherchent par tous les moyens à conserver le pouvoir, ont largement contribué à diffuser cette idée d’un génocide perpétré contre leur nation par les Russes. Le Parlement ukrainien a voté une motion en 2006 en ce sens et le Parlement européen a validé cette motion en 2008… mais pas offert à l’Ukraine d’entrer dans l’Union Européenne.

Tout cela justifie des politiques répressives initiées depuis contre les russophones ukrainiens, incluant leurs politiciens.

Parle-t-on dans les bulletins de nouvelles d’ici de Viktor Medvedchuk, ce député Ukrainien considéré comme pro-kremlin qui actuellement pourrit sans autre procès en prison et dont le parti a été sur ordre de l’État complètement interdit et dissout ? Êtes-vous en bon démocrate tout-à-fait en accord avec ça ?

― Question subsidiaire historique cette fois : Pourquoi selon-vous les pays membres de la Société des Nations (1919-46) n’ont strictement rien fait en ce temps-là pour porter aide et assistance aux populations dans le besoin ?