Pourquoi cette fois Donald Trump perdra (probablement)

À quelques jours du vote, trois indicateurs semblent rendre inéluctable la défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle. La prédiction de notre chroniqueur Rafael Jacob.

Le président Donald Trump monte à bord d'Air Force One pour un marathon électoral au Michigan, Wisconsin et Nebraska, le mardi 27 octobre 2020 (Photo : AP/Evan Vucci).

Même des probabilités de 99 % ne peuvent pas être arrondies à 100 %. S’il y a une leçon à retenir des élections de 2016, c’est bien celle-là.

Cela dit, le choc collectif causé par la victoire-surprise de Donald Trump il y a quatre ans ne devrait pas non plus nous empêcher d’appeler un chat un chat — dans le cas présent, de considérer Joe Biden comme ce qu’il est : le favori très net pour remporter l’élection présidentielle de 2020. Biden est-il assuré de la victoire ? Non. Mais s’il faut choisir entre les deux candidats, il y a de toute évidence plus fort à parier sur les chances de Joe Biden que sur celles de Donald Trump. Et ça, depuis des mois. Voici, en résumé, pourquoi.

1. Une stabilité

C’est écrit dans le ciel : l’avance de Biden sur Trump se maintient essentiellement, sans relâche, entre 6 et 10 points depuis le début de l’année. Presque rien n’a bougé de façon appréciable, alors que l’année a été tumultueuse comme aucune autre — une procédure de destitution suivie de la juxtaposition de crises sanitaire, économique, sociale et démocratique.

En fait, depuis le début du XXIe siècle, c’est la toute première campagne où les deux candidats ne se sont pas échangé la position de tête à un moment ou un autre. Aucun, tous partis confondus, n’a paru aussi en selle que Joe Biden l’est en 2020, et ce, depuis le président Clinton en 1996, qui avait surfé vers une réélection facile.

2. Des trous dans la coalition Trump

Ça aussi, c’est évident depuis des mois, et je le mentionnais au début de l’été, Trump semble bien se débrouiller auprès des minorités ethniques. Il peut notamment espérer, de manière réaliste, connaître l’une des meilleures performances de l’histoire pour un candidat républicain chez les électeurs hispaniques. Le problème, qui lui aussi est évident (depuis des années, en fait), c’est que le poids électoral de ceux-ci est somme toute limité, contrairement à ce que soutient un certain battage médiatique.

Le problème foncier de Trump est le même qui a coulé son parti lors des élections de mi-mandat de 2018, et lors de celles pour les postes de gouverneur de la Virginie en 2017 et de la Louisiane en 2019 : l’hémorragie républicaine dans les banlieues. Trump a pu se permettre de perdre les grands centres urbains en 2016 par des marges historiques en compensant par une victoire également historique dans les régions rurales ET en gagnant, par une modeste marge d’un peu moins de cinq points, les banlieues. Or, selon la Cooperative Election Study, possiblement la meilleure enquête préélectorale qui soit accessible, Biden détient une avance d’une dizaine de points dans les banlieues des grandes villes américaines. Si cela se concrétise le jour du vote, il est difficile de voir comment ce ne sera pas fatal pour le président.

Les appels on ne peut plus explicites de celui-ci à l’endroit des femmes des banlieues au cours des dernières semaines — Trump leur demandant en plein rassemblement partisan : « Voulez-vous bien m’aimer, s’il vous plaît » — ne sont pas un hasard.

3. Un référendum

Au final, on revient au même point élémentaire que je martèle depuis maintenant plus d’un an : les campagnes dans lesquelles un président brigue un second mandat agissent historiquement comme des référendums sur ce président. Si les électeurs approuvent son travail, ils tendent à le réélire ; autrement, à le congédier. Et c’est une majorité d’Américains qui continuent, manifestement, à dire qu’ils désapprouvent la gestion du président Trump.

Le tout, bien sûr, reste à confirmer par l’électorat. En attendant son verdict, je vous souhaite une bonne soirée électorale.

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S’il y a une leçon que vous devriez avoir apprise, c’est bien que vos « prédictions » et vos rêves ne se transmettent pas toujours dans la réalité. Vous les soi-disant « spécialistes », vous êtes plantés royalement en 2016. Aucun n’avais prévu l’élection de Trump, tout les journaleux! Et la vous pensez avoir trouver la formule magique!

Vous arrivez peut-être a berné les unilingues francophones, parce qu’ils n’ont pas d’autres sources d’information. Les unilingues n’ont pas grand beaucoup de choix. De toute facon nous n’avons rien a dire là-dedans n’est-ce pas?

Je n’aime pas la personnalité publique de M. Trump et il s’en fout, il est le président des États-Unis, le seul pays a qui il est redevable en premier lieu.

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Effectiffement, il va falloir que tous les journalistes san exceptions soit remplacer par des vrais Je n.ai jamais vu autant de mensonge et corruption venant de ceux qui se plit en quatres pour de l’argent..

Tout cela dépend des sondages mais il reste une inconnue: dans quelle mesure les gens qui sont sondés et qui prévoient voter pour Trump vont le dire aux sondeurs car ils savent fort bien que c’est mal vu. Ont-ils caché leurs véritables intentions de sorte que les sondages sous estiment grandement les appuis au président sortant ?

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Ce qui en 2016 avait la différence c’est la perte du Michigan, de la Pennsylvanie et du Wisconsin par madame Clinton. En somme avec presque 137 millions de votants, ce sont moins de 80 000 électeurs dans ces trois États qui ont offerts le quorum de grands électeurs suffisant pour permettre à monsieur Trump de l’emporter.

Bien que ma crainte initiale était que le taux de participation aux élections soit très bas en raison de la pandémie. Les chiffres de la participation du vote anticipé (en personne et par la poste) atteint 94 millions en date du jour. Ce qui présage d’un taux de participation record.

Le taux de participation reste un facteur important pour déterminer qui devrait être le vainqueur suivant que le nombre de votants avantage l’un ou l’autre des camps. À cet effet le vote du Texas est à surveiller, car c’est traditionnellement l’État qui a le taux de participation le plus élevé (environ 70%). Si ce taux est dépassé ou fracassé, à qui ira le vote ?

Le taux élevé d’électeurs qui se sont prévalus du droit de voter par anticipation, risque de fausser les résultats définitifs pour quelques jours (voire quelques semaines), à moins que dès demain monsieur Biden ne fasse le plein dans les États plutôt favorables aux républicains.

En ce sens, il y a une grande prévisibilité que le vainqueur soit bien Joe Biden, mais en même temps il reste encore des incertitudes sur le comptage des votes et sur le petit nombre d’électeurs qui dans un État clef ou pivot peuvent faire toute la différence et ainsi faire basculer le gagnant.

Gardons en tête que c’est un petit nombre d’électeurs qui dans seulement trois États a arbitré la précédente élection. C’est toute la stratégie de Trump de vouloir faire mentir les sondages d’opinions.

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Trumps a laissé filer la victoire en négligeant de montrer de l’empathie pour les personnes atteintes de la Covid 19 et en suggérant toutes sortes de solutions qui étaient toutes sauf médicales et curatives. S’il l’avait fait, on l’aurait réélu et il aurait pu mettre en place son « dictatoriat ». Pour un peuple aussi puissant (militairement et économiquement), c’est aberrant de voir comment cette puissance démontre sa division et son impuissance à réconcilier le peuple – ça démontre la faiblesse de leur « leader »

En espérant qu’aucune dérive survienne, une probabilité que les sondeurs auraient dû « sonder » comme disait Obélix – « Ils sont f…. ces américains »

Bonne soirée d’élections

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