Une réforme sociale signée Biden 

Le nouveau président fait le pari d’élargir dynamiquement l’État-providence, au risque d’en payer le prix politique plus tard.

Getty Images / Montage L'actualité

Après un peu moins de deux mois en fonction, le président Joe Biden obtient cette semaine sa première victoire législative majeure : l’adoption de ce qui est largement présenté comme un plan de relance économique. 

Un programme qui, dans les faits, vise non seulement une relance économique, mais une véritable réforme sociale. 

En 2009, lorsque Barack Obama a entamé sa présidence, il a aussi hérité de la « grande récession » de 2007-2008. Son chef de cabinet a alors déclaré, de façon mémorable, qu’« on ne [devait] pas gaspiller une crise ». L’idée était simple : pour un élu ou un gouvernement, l’obligation de gérer une crise donne souvent les coudées plus franches. Dans le cadre de la première loi d’importance signée à l’hiver 2009, Obama et les majorités démocrates au Congrès ont utilisé le prétexte d’un besoin de « stimuler » l’économie pour injecter des dizaines de milliards de dollars dans des projets qu’ils avaient a priori à cœur, notamment en ce qui a trait aux énergies renouvelables. 

Douze ans plus tard, Biden et les nouvelles majorités au Congrès ont décidé d’employer une stratégie semblable — et de la gonfler aux stéroïdes. 

L’enveloppe budgétaire globale du plan actuel, de l’ordre de près de 2 000 milliards de dollars, représente le double de ce qui avait été voté en 2009. Et plusieurs injections de fonds publics sont directement liées à la COVID–19 — augmentation du financement pour la vaccination et aide financière immédiate aux particuliers touchés par les effets des mesures de confinement, notamment. 

Cela dit, une énorme partie des fonds ont un rapport tout au plus tangentiel avec la crise de la dernière année, et dans certains cas, ils ne seront même pas versés avant 2022, voire 2023 ! 

Ce que fait le plan, par exemple, c’est renflouer les coffres pour les pensions publiques de plusieurs États ; bonifier substantiellement les subventions à des programmes sociaux comme Obamacare, ainsi qu’à une foule de sociétés semi-publiques telles qu’Amtrak (réseau national de trains), le National Endowment for the Arts et le National Endowment for the Humanities (les équivalents américains, si on veut, du Conseil des arts du Canada) ; et injecter dans les écoles publiques, à hauteur de plus de 100 milliards de dollars, des sommes qui seront versées jusqu’à 2028.  

Ce programme, en d’autres termes, élargit dynamiquement l’État-providence en faisant le calcul qu’une fois ces hausses budgétaires instaurées, ce sera politiquement difficile de ne pas les reconduire. Ce qui ne serait, dans les faits, qu’un retour aux niveaux budgétaires pré-plan de relance pourrait être dépeint — et risque d’être vu par nombre d’électeurs — comme des « coupes » dans une foule de services à la population. Les conséquences ne devraient pas être sous-estimées : il s’agit très certainement de la plus grande intervention du gouvernement fédéral dans l’économie américaine en plus d’une décennie.

Un risque calculé de part et d’autre

Ce n’est pas un pari sans risque pour Biden : historiquement, les Américains ont souvent démontré une ambivalence, pour ne pas dire une hostilité, face à un État central puissant. De façon plus pragmatique, si les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous l’an prochain alors que le pays sera plongé dans les élections de mi-mandat, il sera plus facile pour les républicains, qui se sont unanimement opposés au plan dans les deux chambres du Congrès, de blâmer Biden. Le président, qui a fait de la réunification du pays la toute première promesse de sa campagne, pourra se voir reprocher d’avoir violé cet engagement — et de l’avoir fait sans même produire les résultats escomptés. 

Ce scénario ressemblerait à une reprise du début de la présidence Obama. En effet, après avoir fait adopter un plan d’aide économique sur une base ardemment partisane — aucun des 177 républicains votant en chambre en 2009 ne l’avait appuyé —, Barack Obama avait été tenu responsable des maux économiques du pays. Quelque 18 mois plus tard, le Parti démocrate encaissait les pires résultats dans des élections de mi-mandat depuis 1938

La nouvelle Maison-Blanche voit la donne différemment. Tout d’abord, à défaut d’aller chercher des appuis chez les républicains du Congrès, le plan semble approuvé par la majorité des Américains — incluant une partie non négligeable des électeurs républicains, particulièrement les moins nantis. Puis, si les résultats économiques sont de surcroît au rendez-vous, le nombre de votes au Congrès sera une considération largement secondaire pour l’électeur moyen. 

Justement, sur ce point, une distinction semble déjà apparaître entre l’expérience d’Obama et celle de Biden. Chaque mois, sans exception, de sa première année aux commandes du pays, Barack Obama a vu une perte nette d’emplois. Il y avait hémorragie avant son entrée en fonction — et pendant une longue période après. Cela n’est pas, pour l’instant, ce que vit Biden, sous lequel il y a présentement une création nette d’emplois. De toute évidence, la crise dont il a hérité est plus imposante que celle de 2007-2008, mais la trajectoire sur laquelle se trouve l’économie au début de son mandat s’avère également indéniablement plus positive. 

Seul l’avenir nous dira si Biden parviendra à éviter le sort réservé à Obama lors du scrutin de mi-mandat, l’an prochain. Un point commun aux deux hommes, déjà apparent le mois dernier, semble toutefois se dessiner de plus en plus : leur rhétorique sur la volonté de travailler avec le parti adverse aura vite été écartée une fois leur discours d’assermentation prononcé.

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Il.va couler le pays et le Canada en même temps,je ne vois pas où vous trouver une relance économique.
Son bilan est catastrophique ,a peine 2 mois au pouvoir,la CANADA ,a perdu Keystone XL,nou payons 1.33 le GAS
Pour des énergies qui ne fonctionne pas et rouillent ,ils sont pas en GASPÉSIE.
En tous cas le.pays vas tout droit dans la récession et nous entraîne directement dans le fossé
Il faut pas oublier qu’il est atteint de Démence sénile
Et signe n’importe quoi,arrêtez de propager des fakes news,et faites du vrai journalisme.
Pas du JDM comme d’habitude.
12 états attaquent BIDEN ,heureusement qu’il ya les vrais nouvelles sur les réseaux sociaux qui disent la vérité.
Arrêtez de mentir.ou est pas de dupe, merci
Le monde entier connais la vérité,merci.

Les eolinnes Made in CCP

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Les faked news viennent justement des réseaux sociaux (et de la gang à Trump) qui disent n’importe quoi, sans mention d’aucune source. Les journalistes, eux, ont des contre pouvoir et des sources, ils ne peuvent pas dire n’importe quoi. Si vous recherchez tant que ça la vérité (les faits), abreuvez-vous à plusieurs sources et nommez-les; vous ne la trouverez pas sur les réseaux sociaux qui ne sont que perception, impression et sentiment de peur.

Votre opinion, John, c’est vraiment du grand n’importe quoi. Il y a tant de désinformation dans vos propos que L’Actualité n’aurait pas dû les publier. D’autant qu’on y trouve une accusation (M. Biden serait atteint de démence sénile) qui est carrément diffamatoire.

Contrairement à certains commentateurs, je ne tablerai pas sur le fait que monsieur Biden va couler l’économie en un rien de temps. Et ce pour le très simple fait que toutes les économies développées vont rebondir ; il serait bien peu probable que celle des États-Unis ne rebondisse pas.

La seule question qui soit pertinente selon moi, c’est de savoir combien de temps cela va prendre pour remettre ce pays au niveau de 2019. Cette question se pose pour des dizaines de pays en même temps. Le Canada ne fait pas exception.

Une des réponses à cette question relève encore de la santé publique, puisque nous ne savons pas combien de temps encore, cela va prendre pour surmonter la crise sanitaire. Quoiqu’il en soit, en points de pourcentages, la croissance devrait être positive dès cette année et pour les années subséquentes.

Cependant, il y a un bémol aux États-Unis comme dans toutes les économies développées : la croissance sera-elle vigoureuse dans tous les secteurs et… même dans un secteur donné, la croissance peut-être prodigieuse pour les uns et anémiques pour d’autres ; nous pouvons penser au commerce de détail notamment ?

Les États-Unis ont donc a gérer une transition, la plupart des nations du monde vivent cette situation.

Quant au projet de pipeline Keystone XL, cela fait déjà quelques années que le projet avait du plomb dans l’aile. Cette compagnie mise de plus en plus sur les énergies renouvelables : éolien et solaire puisque les coûts de production baissent continuellement. Les technologies évoluent, même une nouvelle génération de capteurs solaires devrait être susceptible de produire de l’énergie la nuit. Keystone XL prévoit de générer 100% d’énergie renouvelable d’ici 2030, c’est sur cette « nouvelle vision » qu’ils font leur promotion.

En ce sens je pense que nous pouvons dire – n’en déplaise à quelques « grincheux » -, que le plan de relance du président Biden semble plutôt aller dans la bonne direction. D’autant que les dispositions de la FED « quantitative easing » visent à injecter suffisamment de monnaie nécessaire dans l’économie pour une parfaite complexion du plan. C’est ce qui explique « tout bêtement » que les marchés financiers accueillent très favorablement ces mesures adoptées par les parlements.

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