Fermer Guantánamo ?

Fermer Guantánamo ? Pas si facile… Obama promet de mettre fin à ce bourbier carcéral légué par l’administration Bush. Mais que faire des prisonniers de Guantánamo ?

fermer guantanamo : Les dates clés guantanamo 1903 - 2004
Fermer Guantanamo : Les dates clés guantanamo 2004 - 2008

Trois obstacles à la fermeture de Guantánamo

fermer guantanamo - obstacle 1Pas dans ma cour

Certains prisonniers considérés comme trop dangereux pour être libérés devront être détenus ailleurs, en attendant qu’un tribunal spécial juge leurs crimes présumés, dont le détail relève des services secrets. Mais où ? Les élus des États américains où des prisons militaires auraient pu être uti-lisées ont déjà averti les autorités qu’ils s’y opposeraient.

fermer guantanamo - obstacle 2Le cas du Yémen

Pour rapatrier les détenus, il faut négocier avec leur pays d’origine. Le plus important contingent de prisonniers est yéménite et le Yémen refuse de coopérer.

obstacle 3Le droit américain

Une fois transférés sur le sol des États-Unis, les prisonniers pourraient se plaindre devant une cour fédérale du fait que des aveux leur ont été extorqués lors d’interrogatoires musclés. Des proches d’Obama proposent de créer des « tribunaux de sécurité nationale », où les inculpés auraient davantage de droits que devant les commissions militaires, sans bénéficier de toutes les protections habituelles. D’autres voix s’élèvent pour exiger une commission d’enquête. « Nous ne pouvons pas voiler cet épisode sombre de notre histoire », dit Eric Stoler, chercheur à l’Université de Berkeley et coauteur d’une étude sur les conséquences de la détention à Guantánamo.

Un trou noir juridique

La baie de Guantánamo étant située hors du territoire américain, c’est le droit militaire américain qui y a cours. Celui-ci respecte la convention de Genève relative au traitement des prisonniers, laquelle interdit la torture. Mais l’administration Bush a décrété en 2001 que les prisonniers de Guantánamo étaient des « combattants ennemis illégaux », donc non protégés par la convention.

Guantanamo en chiffes

Une solution canadienne

Barry Bryan Clarke, évêque anglican de Montréal, tente de convaincre le gouvernement canadien d’accueillir l’Algérien Djamel Ameziane, 41 ans, actuellement emprisonné à Guantánamo. Djamel Ameziane a déjà passé cinq ans au Canada dans les années 1990, après avoir fui la guerre civile en Algérie. Sa demande d’asile ayant été refusée, en 2000, il part pour l’Afghanistan. Selon Amnistie internationale, lorsque l’OTAN déclenche son offensive, en 2001, il tente de franchir la frontière pakistanaise. Il aurait été arrêté à ce moment-là, toujours selon Amnistie, par les autorités locales et vendu à l’armée américaine.

« Djamel Ameziane ne peut retourner ni en Algérie ni en Afghanistan, où il risque de subir la torture », dit Mgr Clarke, dont le diocèse a parrainé plus de 1 000 réfugiés depuis 25 ans, et avec succès dans 80 % des cas. Pour ce qui est d’Ameziane, Mgr Clarke invoque le critère « urgent besoin de protection » de la Loi canadienne sur l’immigration et la protection des réfugiés. « On espère avoir une réponse du gouvernement fédéral avant la fin de l’année », ajoute-t-il.

L’affaire Khadr

Le procès d’Omar Khadr — ce Canadien capturé en Afghanistan alors qu’il n’avait que 15 ans — s’ouvrira le 26 janvier prochain, devant une commission militaire américaine. Malgré les pressions d’Amnistie internationale et des candidats qui se sont présentés à la dernière élection canadienne, le premier ministre Stephen Harper refuse de rapatrier Khadr, accusé d’avoir tué un militaire américain en lançant une grenade. Khadr, seul survivant d’un immeuble bombardé par l’aviation américaine, est nécessairement celui qui l’a lancée, soutient l’armée américaine. Or, de nouvelles révélations permettent de croire qu’au moins un autre homme était présent dans le bâtiment.

Khadr sera-t-il jugé par l’éventuel tribunal spécial auquel songe l’équipe Obama ? Sera-t-il renvoyé au Canada après la fermeture de Guantánamo?

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