Haro sur le traducteur!

Le traité de Waitangi est peut-être l’exemple le plus éloquent des dommages que peut causer un mauvais traducteur…

A-t-il fait exprès? Les experts s’interrogent depuis près de 150 ans sur les motivations du révérend Henry Williams, chargé de la version maorie du traité de Waitangi.

Selon le texte original anglais, les chefs maoris cèdent à la Couronne britannique tous leurs «droits et pouvoirs de souveraineté» alors que la version maorie, la seule reconnue par le droit international, parle de cession de gouvernance.

«Une différence énorme! dit Margaret Mutu. L’équivalent maori de souveraineté est mana. Un mot très simple, qui apparaissait dans un document de 1834 où les Anglais reconnaissaient la souveraineté maorie sur ce pays. Mais dans le traité de Waitangi, au lieu de mana, on a utilisé Kawanatanga, un néologisme dérivé du mot “gouverneur” et créé pour l’occasion. Parce que le traducteur, qui connaissait très bien les chefs maoris, savait qu’ils ne céderaient jamais leur souveraineté.»