Il fait rager les mollahs

Mehdi Saharkhiz ne s’est jamais considéré comme un activiste ou un dissident. Mais après l’élection présidentielle du 12 juin 2009 en Iran, ce directeur artistique et graphiste de 28 ans est devenu en quelque sorte une agence de presse à lui tout seul.

Mehdi Saharkhiz s'est transformé en cyberopposant au gouvernement d'Ahmadinejad
Photo : Collection privée

Depuis le New Jersey, où il habite, il s’est transformé en cyberopposant au gouvernement d’Ahmadinejad et reçoit d’Iran des vidéos qu’il diffuse ensuite dans Internet. Les médias du monde entier ont remar­qué le travail de ce jeune Iranien et reprennent régulièrement ses images.

 

Qu’est-ce que vous tentez d’accomplir ?

– Je me perçois comme une courroie de transmission. Quand des Iraniens filment des manifestations et réussissent à déjouer la censure pour m’envoyer leurs images, je dois m’assurer que le plus grand nombre de gens possible peut les voir. Ces images sont notre histoire. Si on ne les montre pas, personne ne saura ce qui se passe réellement en Iran.

Votre père est journaliste. Il a été arrêté quelques semaines après l’élection et est toujours incarcéré à Téhéran. Est-ce que vous espérez que votre tra­vail contribuera à sa libération ?

– Ma grande crainte, c’est de lui nuire. Mon père m’a toujours dit de faire ce que je crois être juste et de le faire à fond. Ce que j’estime essentiel en ce moment, c’est que la voix du peuple iranien résonne partout dans le monde.

Quel est l’avenir de ce mouvement né au lendemain de l’élection présidentielle ?

– Le mouvement a besoin de se développer, de grandir, et ça, ça prend du temps. Est-ce que nous aurons une nouvelle révolution ? Des réformes ? Je ne le sais pas, mais j’ai beaucoup d’espoir. Quand je demande à mes amis iraniens ce que je peux faire pour les aider, ils me répondent : « Continue ce que tu fais, nous nous occupons du reste. »

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