Immigration: la Suisse ferme la porte

Alors que les Suisses disent non à l’immigration de masse, la ville de Detroit y voit une solution à ses problèmes économiques.

Photo: Fabrice Coffrini/AFP/Getty Images
Photo: Fabrice Coffrini/AFP/Getty Images

«La démesure nuit à la Suisse. Stopper l’immigration massive».

Le slogan s’est répandu comme une traînée de poudre dans le pays, au cours des derniers mois. Le 9 février, les Suisses ont été conviés à se prononcer sur le sujet et une courte majorité d’électeurs (50,3%) a finalement appuyé l’idée de limiter l’immigration européenne en revenant à un système de quotas.

Les arguments invoqués : «L’immigration incontrôlée d’aujourd’hui menace notre liberté, notre sécurité, le plein emploi, la beauté de nos paysages et en fin de compte notre prospérité», peut-on lire sur le site du Comité contre l’immigration de masse.

Mais avec un résultat aussi serré, l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC) divise indéniablement le pays. «On remarque aussi un clivage villes-campagnes, a expliqué le politologue Pascal Sciarini au Figaro. Dans les zones rurales, la crainte de l’immigration est plus une perception subjective qu’une réaction à un phénomène concret.»

L’économiste américain Bryan Caplan va plus loin : «Le vote anti-immigration en Suisse était plus élevé dans les endroits qui comptent le moins d’immigrants ! Ce n’est pas un cas isolé. Aux États-Unis, le sentiment anti-immigration est aussi plus élevé dans les états accueillant le moins d’immigrants, et ce, même si l’on suppose que 100% des immigrants sont pro-immigration», observe-t-il sur Library of Economics and Liberty.

La référence aux États-Unis n’est pas hasardeuse. Pendant que les Suisses freinent leur immigration, Détroit cherche au contraire à faire venir des immigrés pour se repeupler!

C’est du moins ce que propose le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder. Comme le rapporte le New York Times, l’homme d’affaires veut attirer 50 000 nouveaux arrivants au cours des cinq prochaines années grâce à un programme de visas destinés aux diplômés de l’enseignement supérieur ou à des personnes hautement qualifiées dans les domaines de la science, de l’art ou des affaires.

Autrefois quatrième ville des États-Unis, le berceau de l’industrie automobile a dû déclarer faillite le 18 juillet 2013. Détroit compte aujourd’hui 700 000 habitants, une population bien maigre en comparaison de ses 1,8 million en 1950.

Devant une telle désertion, le nouveau maire de Détroit, Mike Duggan, se dit favorable à l’idée de Snyder : «Ce qui semblait en apparence politiquement impossible à Détroit a totalement changé. Les leaders de cette communauté se rallient à l’initiative du gouverneur. Nous voulons que tout le monde comprenne que Détroit a historiquement été et est toujours ouverte au reste du monde», a-t-il affirmé.

Le projet du gouverneur ne fait pas l’unanimité pour autant. Un éditorial du New York Times se demande par exemple pourquoi attacher cette politique d’immigration à Détroit, mais pas à d’autres villes, telles Baltimore dans le Maryland ou Brownsville au Texas? Comment s’assurer que les nouveaux arrivants demeureront à Détroit? Ou encore, n’est-ce pas un moyen d’accentuer l’idée fausse selon laquelle les immigrés hautement qualifiés sont les seuls qui en valent la peine?

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2 commentaires
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Le Michigan a 5% d’immigrants, le Vermont 4%, le Maine 3%, tout comme la Louisiane, et le Québec 14%
Cherchez l’erreur?
Les Américains acceptent un million d,immigrants par année. Avec une population 40 fois moindre, le Québec en prend 55,000
Cherchez l’erreur?
Les Américains donnent à peu près aucune sécurité sociale aux nouveaux arrivants. Le Québec donne la carte-soleil (3 mois après l’arrivée), le BS, l’école gratuite, la recyclage, le CEGEP gratos, l’université à 2k par année, le régime de prêts et bourses, la garderie à 7$ par jour, le congé parental et j’en passe.
Alors qu’on n’en finit plus de débattre sur la grosseur des voiles et des crucifix, personne ne questionne ce système absurde qui ne peut être rentable.

En 1991, les Américains ont accueilli 1,826,595
En 2011, ils sont passés à 1,062,040
Chute de 41,8%!

Le Québec lui a fait le chemin inverse. On est passé de 20,000 à 55,000.
Bon de 275%
Cherchez l’erreur?

Savez-vous combien le New Hampshire a pris d’immigrants en 2011? 2,478
Le Maine? 1,467
le Vermont? 943
Le Québec? 55,000!!
Cherchez l’erreur?

http://www.dhs.gov/sites/default/files/publications/immigration-statistics/yearbook/2011/ois_yb_2011.pdf