Islande 101

Ce qu’il faut savoir avant de débarquer au bout de l’Amérique.

À APPRÉCIER :

La lumière
Fin mai. On entre dans le resto à 20 h, le soleil est un peu au-dessus de l’horizon. On en sort deux heures plus tard, on jurerait qu’il n’a pas bougé… En juin et juillet, il ne fait pour ainsi dire jamais nuit. À peine sombre, entre 1 h et 3 h du matin. Agréable, mais déroutant. Apportez un masque pour dormir !

La beauté
Comme tous les Scandinaves, les Islandais sont fous d’architecture et de design contemporains. Les ponts, les viaducs, les édifices publics sont conçus avec un réel souci de l’esthétique. Les campagnes sont parsemées d’églises aux formes surprenantes. Et les gens se querellent à l’infini sur les mérites architecturaux du nouvel hôtel de ville de Reykjavík ou de l’aile moderne qu’on vient d’ajouter au parlement. Même les tours d’habitation les plus ordinaires ont presque toujours un petit quelque chose de pas ordinaire… Pourquoi ne peut-on en faire autant au Québec?

À TOLÉRER :

L’argent
L’Islande est un des pays les plus chers du monde. Un pays où, disent les insulaires, il est à peu près impossible de vivre avec moins de 4 000 dollars par mois. La couronne islandaise (ISK) vaut un peu moins de deux cents canadiens. Pas étonnant, donc, que les Islandais paient tout, tout, tout (même un journal et un café) avec leur carte de crédit.

Quelques exemples de prix
• Un hamburger, des frites, une (petite) bouteille d’eau minérale : 30 dollars.
• Un plat de penne all’arrabiata dans un resto milieu de gamme : plus de 25 dollars. Ajouter 12 dollars pour l’accompagner d’un ballon de vin maison…
• Un chandail en tissu polaire North 66 (une marque islandaise, mais fabriquée à l’étranger) : plus de 200 dollars.
• Un chandail en laine de mouton, fait en Islande, acheté directement à la manufacture : 300 dollars et plus.

Le transport

L’Islande s’est convertie tard à la voiture. Mais avec enthousiasme. Les Islandais aiment les belles autos (pas de casseroles ici !), conduisent vite et pas toujours avec courtoisie. Reykjavík et les quelques localités environnantes sont desservies par un bon réseau d’autoroutes (mais le transport en commun est quasi inexistant).

La route 1, la « Ring Road », est, paraît-il, en bon état partout. Dès qu’on la quitte, par contre, tout peut arriver. Les routes secondaires sont parfois asphaltées, parfois non. Celles de l’intérieur du pays sont dépourvues de ponts — on traverse les rivières à gué — et à peu près impraticables 9 mois sur 12. Même l’été, il est interdit de s’y aventurer avec une voiture de promenade. D’où ces gigantesques mastodontes qu’on croise partout et qui encombrent le centre-ville.

QUOI LIRE

La cloche d’Islande. Halldór Laxness (1902-1998), considéré comme le plus grand écrivain islandais moderne, a reçu le prix Nobel de littérature en 1955. Parmi ses chef-d’œuvres faciles à trouver en français (généralement traduits, eux aussi, par Régis Boyer), La cloche d’Islande et Des gens indépendants.

La femme en vert. À 46 ans, Arnaldur Indridason est la vedette littéraire de l’heure. Auteur de polars noirs, il est présentement l’écrivain islandais le plus vendu à l’étranger. Et le plus facile à trouver dans les librairies au Canada, en français comme en anglais. La cité des jarres, son premier roman, a été traduit en plus de 20 langues. Et La femme en vert s’est vu décerner de nombreux prix en Europe. (Points, 2007)

101 Reykjavík. L’incontournable roman de Hallgrímur Helgason, poète, romancier, bédéiste, dont vous avez peut-être vu l’adaptation cinématographique, signée Baltasar Kormákur. Un univers assez glauque de trentenaires qui traînent leur ennui et leur mal de vivre au centre-ville de Reykjavík.

Iceland Review. Excellent magazine publié en anglais en Islande. Magnifiquement produit et illustré, extrêmement intéressant. Traite de culture, d’affaires publiques, d’environnement. Essentiel. A aussi un site Web, moins fascinant, mais quand même, ça donne une idée… (www.icelandreview.com)

Sagas islandaises. Saga est un mot islandais qui veut dire « raconter ». Véritables trésors de la culture mondiale, ces histoires sont aussi le fondement de la culture et de la pensée islandaises. Les textes sont ici présentés et annotés par Régis Boyer, le plus grand spécialiste français des sagas et de la littérature scandinave. (Gallimard, La Pléiade, 2004)

The Reykjavík Grapevine. Journal publié en anglais (18 numéros par an). Une sorte de croisement entre Voir et L’actualité. Accessible en ligne. (www.grapevine.is)

L’Islande des Vikings, par Jesse Byock, aux éditions Aubier

QUOI VOIR? QUOI FAIRE?

Le cercle d’or. Les trois phénomènes naturels les plus visités d’Islande, entre autres parce qu’ils sont commodément situés dans un rayon de 60 km à l’est de Reykjavík. Gullfoss, chute majestueuse (qui a bien failli finir en installation hydroélectrique et qui n’a été sauvée que grâce à l’acharnement de la fille de son propriétaire). Geysir, site d’activités géothermales. Geysir lui-même, le père de tous les geysers, a cessé de jaillir depuis plus de 70 ans. Il s’est bouché après des années de mauvais traitements : on y versait des cailloux ou de la lessive en poudre pour le déclencher ! Mais son voisin, Strokkur, est considéré comme le geyser le plus fiable au monde : toutes les cinq ou huit minutes, il envoie un panache d’eau à 20 m de hauteur, pour la grande joie des visiteurs. Thingvellir, pèlerinage patriotique pour les Islandais (c’est là qu’est né leur pays, en l’an de grâce 930) et géologique pour les autres (seul endroit au monde où l’on peut voir de ses yeux la faille entre deux plaques tectoniques).

La campagne. Les paysages plus grands que nature, les montagnes, les glaciers, les chutes, les tout petits chevaux islandais qui broutent un peu partout. L’impression d’être au bout du monde, à quatre heures de vol de Montréal…

Blue Lagoon. « Bláa Lónid » en islandais. Une attraction unique au monde, dont tous les guides de voyage parlent avec raison. Un gigantesque spa d’eau chaude, perdu au milieu d’un champ de lave. Une atmosphère surréelle dans un décor de science-fiction, à 45 minutes de Reykjavík et à 15 minutes de l’aéroport international de Keflavík. Très fréquenté par les touristes, qui y font un arrêt sur le chemin de l’aéroport. On leur fournit tout, même les maillots de bain ! L’expérience vaut amplement la trentaine de dollars de droit d’entrée. (www.bluelagoon.is)

Reykjavík. Pour l’architecture, les maisons recouvertes de tôle ondulée de toutes les couleurs, la vue qu’on a depuis le port, les musées partout, partout, les piscines géothermales, les sculptures contemporaines, le rúntur (frénésie festive qui transforme le centre-ville les nuits de fin de semaine). Une atmosphère de capitale dans une ville à échelle humaine.

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