Islande : lendemains de faillite

Comment l’Islande se remet-elle de la crise financière qui l’a secouée il y a un peu plus d’un an ? L’actualité a posé la question à des habitants de la capitale, Reykjavík. Tour d’horizon de ce qui a changé — ou pas — au pays des Vikings.

Islande : lendemains de faillite
Photo : iStockphoto

Imaginez votre bouteille de rouge préféré qui passe de 10 $ à plus de 20 $ en l’espace de quelques mois. Ou vos obligations d’épargne qui fondent de plus de la moitié du jour au lendemain.

Voilà le lot des Islandais, qui se relèvent (ou tentent de se relever…)  de la kreppa, la pire crise financière qu’ils aient jamais connue et dans laquelle ils sont enlisés depuis l’automne 2008.

« L’Islande prenait part à un “party” fantastique. Maintenant, elle se réveille avec une incroyable gueule de bois », écrivait en octobre 2008 le quotidien britannique The Guardian pour résumer le train de vie des Islandais avant la récession et l’effondrement de toute l’économie qui s’en est suivi.

Les responsables ? D’abord les banques, qui avaient réussi à bâtir ces dernières années un empire colossal en faisant de l’Islande un véritable tigre de la finance internationale. Avant la crise, on estime que les actifs de ces institutions valaient à eux seuls près de 10 fois le produit intérieur brut (PIB) du pays ! En empruntant de façon démesurée sur les marchés internationaux des sommes qu’elles étaient incapables de rembourser, les trois principales banques — Landsbanki, Kaupthing et Glitnir — ont littéralement explosé, entraînant avec elles la faillite d’une nation.

Également pointés du doigt : les Islandais eux-mêmes, nombreux à user d’un crédit « clés en main » pour acquérir une maison, une (seconde) voiture, etc. Au final, on parlera de « 100 milliards de dollars [de dettes] pour un pays de 330 000 habitants, soit plus de 300 000 $ pour chaque homme, femme et enfant du pays », rapporte Daniel Chartier dans son ouvrage La spectaculaire déroute de l’Islande (Presses de l’Université du Québec, 2010).

Comment cette importante crise financière a-t-elle affecté les résidants de l’île de 103 000 km2 (environ deux fois la Nouvelle-Écosse) ? L’actualité a posé la question à trois Islandais qui habitent la capitale, Reykjavík, et à un « Néo-Islandais », un Français établi en Islande depuis 2006.

Le marché du travail

Traditionnellement très faible, le taux de chômage en Islande a triplé en deux ans et frôle aujourd’hui les 10 %.

Les chantiers tournent au ralenti. Par exemple, le majestueux Palais des Congrès de Reykjavík (photo), dont l’ouverture était initialement prévue à l’automne 2009, ne sera finalement pas terminé avant 2011. « À mes yeux, ce gigantesquissime monument représente bien la grandeur et la décadence des banques… et de l’Islande en général », dit Malcolm Fraser, Islandais d’adoption.

Photo: Jóhann Heiðar Árnason / Wikimedia Commons 3.0

« Techniquement, il y a du travail à pourvoir en Islande, mais surtout pour la main-d’œuvre non qualifiée ; les personnes diplômées préfèrent toucher le chômage plutôt que de mettre les mains dans le cambouis », raconte ce jeune Français de 27 ans.

Résultat : les conditions de travail précaires semblent inciter plusieurs Islandais à tenter leur chance ailleurs ou dans des secteurs d’activité délaissés depuis quelque temps. Des infirmières qualifiées, qui avaient mis de côté leur carrière d’origine pour gagner un meilleur salaire dans les banques, retournent travailler dans les hôpitaux maintenant que l’âge d’or des institutions financières est chose du passé.

D’autres emportent carrément leurs pénates dans d’autres pays. D’après les données de l’institut Statistics Iceland de Reykjavík, près de 5 000 Islandais ont émigré en 2009. Or, ils étaient environ 3 000 en 2007 et en 2008…

« On voit plus de jeunes qui sautent sur l’occasion d’aller étudier ou travailler à l’étranger pour améliorer leur condition. C’est dommage ; il serait certainement préférable que ces personnes, éduquées, participent à la reconstruction de l’Islande », dit Lára Hilmarsdottir, une étudiante qui a elle-même envoyé une demande d’inscription dans une université à l’extérieur de son pays.

La crise et les médias

Dans les magazines, les journaux et les émissions de télévision, une nouvelle tendance se dessine : place aux conseils pratiques sur l’art de cuisiner son propre pain, par exemple, ou de réaliser sa propre teinture — les visites chez le coiffeur étant maintenant plus espacées…

« Il y a davantage de contenu axé sur les façons d’économiser : recettes à bas prix ou façons de voyager moins cher. Même la publicité a pris cette tangente », remarque Lára Hilmarsdottir, 19 ans. « Les jeunes ressortent leurs vieilles affaires et vont maintenant parfois à plus d’une fête avec les mêmes vêtements, chose qu’ils ne faisaient jamais avant ! » ironise Björn Erlendsson, 35 ans.

« Peuple, lève-toi et pars » — manifestants, janvier 2009. Photo : Brynjar Gauti / La Presse Canadienne

Nombreux sont les Islandais à estimer que les journalistes, à la recherche de sensationnel, ont exagéré leur couverture de la récession, particulièrement dans les premiers mois de la crise.

« On racontait que les banques étaient fermées et qu’il ne restait plus d’argent dans les guichets automatiques. C’était faux. Les gens constataient que les prix augmentaient dans les magasins, mais ce n’était pas la catastrophe décrite par certains médias étrangers. Oui, il y avait des manifestations, mais les touristes ne craignaient pas pour leur vie et pouvaient utiliser leur carte de crédit dans les commerces », dit Haraldur Friðgeirsson, chargé de projets dans une entreprise de marketing Web.

Dans son ouvrage La spectaculaire déroute de l’Islande (Presses de l’Université du Québec, 2010), Daniel Chartier, professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), recense des milliers d’articles parus dans la presse internationale au sujet de la récession islandaise. « La crise en Islande constitue en tous points ce qu’on appelle une tempête médiatique, fruit d’une innombrable accumulation de nouvelles, rumeurs, explications, reportages, préjugés, expressions, etc., qui ont pour effet de dramatiser la situation en faisant notamment appel à des scénarios catastrophe », écrit-il.

Pourtant, sur place, on semble plutôt loin du cataclysme que certains médias ont choisi de dépeindre. « Les Islandais continuent d’aller au cinéma une fois de temps en temps, vous savez. Mais bon, tout le monde coupe un peu ici et là », résume Lára Hilmarsdottir.

L’étudiante ajoute que la récession a même eu quelques répercussions… linguistiques. « Il y a une nouvelle expression que les Islandais utilisent abondamment depuis la crise. Lorsqu’on veut parler de quelqu’un qui conduit son 4 X 4 ou qui mange dans de bons restaurants — bref, qui démontre encore des envies de luxe —, on dira de lui qu’il est “tellement 2007” (“so 2007”). Et, croyez-moi, il n’est pas du tout bien vu d’être “tellement 2007” en Islande aujourd’hui. »

Les aliments et l’alcool

Malcolm Fraser, rédacteur d’origine française, a observé des changements dans les habitudes des gens lorsqu’ils sortent prendre une bouchée.

« Je ne crois pas qu’ils consomment moins : ils consomment juste plus intelligemment, en gaspillant moins. Je travaillais dans un café au moment où la crise a frappé, et c’était bizarre de voir que les clients, du jour au lendemain, demandaient les prix des plats, examinaient leur reçu de caisse avec attention, se privaient parfois un peu, finissaient leur assiette… » La fréquentation des restaurants a baissé, note-t-il, mais pas énormément : « Ceux-ci ont peut-être perdu des clients islandais, mais ils ont gagné des touristes. »

L’effondrement de la couronne islandaise a fait flamber le prix des produits venus d’ailleurs. Parlez-en à McDonald’s, contraint de fermer, en novembre 2009, les portes de ses deux seuls restaurants sur l’île, faisant de l’Islande le seul pays d’Europe du Nord sans aucun établissement aux arches dorées. La raison : tout — de la viande aux légumes, en passant par le fromage et même les emballages — devait être importé.

Au supermarché, si le prix des produits islandais est demeuré relativement stable, celui des denrées importées a, lui, fortement augmenté — souvent du double, voire plus. « Mes biscuits suédois préférés coûtaient 65 couronnes le paquet en 2007 ; aujourd’hui, ils se vendent à 170 couronnes », raconte Malcolm Fraser.

Des aliments comme les mangues et les ananas sont devenus « un cadeau qu’on s’offre à l’occasion », dit Lára Hilmarsdottir, étudiante. « Moins d’agneau et de filet mignon : les gens achètent d’autres pièces de viande moins chères, particulièrement lorsqu’ils invitent des amis à la maison », raconte Björn Erlendsson, employé dans une imprimerie. « Je n’ai plus de bière dans mon frigo, maintenant, et j’achète presque exclusivement des produits de marque First Price  [une étiquette « sans nom » européenne] », ajoute-t-il.

Le gouvernement a instauré une taxe de 14 % sur le sucre et ses produits dérivés. Ironiquement, celle-ci s’applique aussi aux boissons gazeuses sucrées… à l’édulcorant.

L’alcool, vendu exclusivement dans les succursales de la société d’État Vínbúðin (littéralement : « le magasin du vin »), coûte plus cher que jamais. Un litre de vodka, vendu 4 000 couronnes (33 $) avant 2008, se détaille maintenant 50 $ dans ce commerce que les Islandais surnomment justement Ríkið («l’État») !

Conséquence directe de hausses de prix trop vertigineuses, le gouvernement islandais fait face à un nouveau problème : la distillation d’alcool à la maison, qui connaît un regain de popularité depuis le début de la récession, rapporte le magazine islandais The Reykjavík Grapevine. Le geste est illégal… mais la vente d’équipement, elle, parfaitement autorisée. « Les gens achètent surtout des ingrédients et des accessoires pour élaborer du vin blanc ou rouge, mais beaucoup d’Islandais fabriquent aussi du landi [communément appelé moonshine], un alcool très fort à base de plein de trucs », explique Björn Erlendsson.

Quant aux bars, ils ont légèrement augmenté leurs prix, vendant aujourd’hui une bière 800 couronnes (6,40 $) comparativement à quelque 600 couronnes (5 $) en 2008. Mais la fréquentation des débits de boisson, elle ne fluctue pas. « Les Islandais sont de gros buveurs, crise ou pas crise ! » indique le Français Malcolm Fraser.

Homme dans un supermarché de Reykjavík, novembre 2008. Photo : Brynjar Gunnarson / La Presse Canadienne

Le tourisme

S’il est une industrie qui semble tirer avantage de la crise et de la dévaluation de la króna islandaise, c’est bien celle du tourisme. « Il est devenu hors de prix d’être un Islandais en Islande, mais abordable d’y être un touriste ! » rigole Björn Erlendsson.

Attirés par des prix et un taux de change plus avantageux que jamais, les visiteurs étrangers ont été plus de 1,23 million à visiter l’Islande en 2009, une hausse d’affluence de près de 12 % par rapport à l’année précédente. Arrivent en tête les voyageurs de l’Allemagne, suivis par les Français et les Britanniques.

« Au centre-ville de Reykjavík, les magasins de souvenirs fleurissent alors qu’ils n’étaient qu’une poignée quand je suis arrivé ici en 2006 », raconte le Français Malcolm Fraser. Il ajoute : « Tout le monde semble vouloir une part du gâteau que représente le tourisme, et certains y arrivent mieux que d’autres. On voit émerger partout de nouvelles agences de voyage, des personnes qui se disent guides et qui offrent leurs services aux touristes contre espèces sonnantes et trébuchantes. »

Photo : NileGuide.com / Flickr

De gros noms en profitent pour gonfler leurs prix. L’entrée de Blue Lagoon (photo), la plus importante attraction touristique d’Islande — un spectaculaire lac artificiel pris d’assaut par les baigneurs pour son eau riche en silice et en sels minéraux —, coûte maintenant 4 500 couronnes (36 $), contre 1 800 couronnes (12 $) il y a trois ans.

« Les intervenants du tourisme peuvent se permettre d’augmenter leurs prix vu que les étrangers ne remarquent pas la différence. Les opérateurs facturent désormais en euros », explique Malcolm Fraser, 27 ans, qui se rappelle avoir loué avec des amis une voiture à 5 500 couronnes (45 $) en 2007 pour une escapade d’un jour. « Aujourd’hui, c’est 12 000 couronnes (98 $) en saison creuse ! »

Les récents soubresauts du fameux volcan au nom impossible — Eyjafjallajökull ! — viennent toutefois jeter un peu d’ombre sur l’industrie touristique. « On comptait sur le tourisme cet été, mais maintenant, avec la couverture médiatique des éruptions volcaniques, tout le monde a un peu peur que les voyageurs ne soient pas au rendez-vous », indique Björn Erlendsson.

Le transport

Avant la crise, rien n’était plus facile que de devenir propriétaire d’une automobile, confirment à la fois Haraldur Friðgeirsson et Malcolm Fraser.

« Avant 2008, on pouvait obtenir une voiture en une demi-journée, sans même avoir à passer par la banque pour obtenir un prêt », explique ce dernier. Une expérience que Haraldur Friðgeirsson, 38 ans, a lui-même vécue chez un concessionnaire Toyota : « Je suis sorti de là une demi-heure plus tard avec une voiture pour ma copine. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser que ce n’était vraiment pas la meilleure idée. »

Avec le coût de l’essence en hausse (de 125 couronnes le litre [1 $] en 2006 à 210 couronnes le litre [1,70 $] en 2010), pas le choix de changer ses habitudes. « J’ai dû vendre ma moto à regret », raconte Björn Erlendsson, 35 ans. Jeeps et Range Rover étaient jadis les reines sur les routes parfois à peine carrossables du pays ; aujourd’hui, les ventes d’automobiles sont en chute libre.

4 X 4 dans les rues de Reykjavík. Photo : Ezioman / Flickr

À l’opposé, la marche et le vélo sont devenus des moyens de locomotion privilégiés. Selon le magazine Monocle, 48,2 % des Islandais ont affirmé, dans un sondage réalisé peu de temps après le début de la crise, qu’ils avaient l’intention d’utiliser moins leur voiture. Apparemment, ils tiennent parole.

« J’ai remarqué une très forte augmentation du nombre de vélos en ville. Avant la crise, j’avais l’impression qu’il n’y avait que quelques étrangers, comme moi, qui roulaient à vélo, les Islandais n’enfourchant leur bicyclette que très occasionnellement entre mai et août. Selon moi, l’hiver 2009-2010 a vraiment été l’hiver du vélo, même — et surtout — chez les Islandais ! » affirme le Français Malcolm Fraser, ajoutant que les médias locaux ont parlé de ventes records de pneus d’hiver dans les quelques magasins de vélos de la capitale.

Björn Erlendsson utilise lui aussi sa bicyclette trois ou quatre fois par semaine pour aller travailler et il prend parfois l’autobus. « Il y a quelques mois, les journaux ont annoncé que, pour la première fois depuis des décennies, le réseau de transport en commun islandais avait généré des profits », dit-il.

Les banques

Sale temps pour les banquiers en Islande. Jadis traités avec respect, ils sont devenus l’ennemi public numéro 1, ceux qu’on accuse d’avoir détruit des vies entières. Dorénavant, lorsque les Islandais parlent d’eux, ils n’hésitent pas à utiliser un nouveau mot : banksters, une contraction de banker et de gangster !

« Ma mère est l’avocate en chef de la Banque centrale d’Islande. Je me souviens du jour où j’ai réellement pris conscience de la crise : c’était un dimanche, et ma mère a dû rentrer d’urgence à la banque pour une réunion. Les jours, les semaines, les mois suivants, je ne l’ai presque plus vue. C’était une période plutôt difficile pour nous à la maison », raconte Lára Hilmarsdottir, une étudiante de 19 ans.

« Avant la crise, les dirigeants des banques étaient fous : ils étudiaient les comptes des clients qui n’avaient jamais contracté de prêt et les appelaient pour leur demander s’ils voulaient plus d’argent. Les consommateurs se laissaient convaincre en pensant aux projets qu’ils allaient pouvoir réaliser, comme partir en voyage ou s’acheter un nouveau canapé. Bien sûr, aujourd’hui, ils se retrouvent lourdement endettés », se désole Björn Erlendsson.

Couronne islandaise. Photo : James Gridland / Flickr

Haraldur Friðgeirsson se rappelle encore précisément le moment — pendant ses vacances en famille — où il a appris que le contenu de son compte en banque avait fondu comme neige au soleil. « C’est complètement absurde, mais malgré le fait que mes économies se soient en grande partie volatilisées, ma situation financière est, au final, plutôt bonne. J’ai des amis propriétaires de grosses maisons et de Range Rover qui doivent plus d’argent qu’ils ne pourront jamais en gagner de toute leur vie. Ils sont foutus à cause d’une vingtaine d’intellectuels qui ont mis un pays presque entier en faillite ! » déplore-t-il.

Dans son rapport remis au printemps 2010, le comité parlementaire chargé d’enquêter sur la chute du système bancaire islandais fait état d’abus graves, de fraudes et de prêts massifs accordés à des conditions plus qu’avantageuses — en clair, de tout ce dont une nation se doutait déjà.

Conséquence : les autorités ont procédé à l’arrestation d’anciens administrateurs de banques, qu’on surnomme les « Néo-Vikings » (pour leur soif de conquête). Et l’opération nettoyage ne fait que commencer.

Landsbanki, une des banques islandaises aux idées de grandeur… Photo : Arni Torfason / La Presse Canadienne

Et l’avenir ?

Même les petits Islandais ont subi les effets de la crise… du moins au début.

« Les premiers temps, on dénotait chez eux certains signes d’anxiété, dit Haraldur Friðgeirsson, dont la conjointe est enseignante auprès des 6-7 ans. Mais les fonctionnaires de la ville ont lancé une campagne dont le but était de rassurer les enfants et de leur expliquer, dans leurs mots, ce qu’est une récession. »

La campagne a porté ses fruits : « La majorité des enfants ne font pas de cas de la crise et s’en amusent, en quelque sorte. S’ils réalisent qu’ils ne peuvent pas faire ceci ou cela, ils se disent : “Bon, allons jouer au soccer”, tout simplement », indique Haraldur Friðgeirsson, lui-même père de trois enfants.

Régulièrement en tête des palmarès internationaux pour sa qualité de vie, ses valeurs d’égalité, ses indices de bien-être et ses valeurs progressistes — elle a élu Jóhanna Sigurðardóttir (photo), première chef d’État au monde ouvertement homosexuelle —, l’Islande a l’habitude des honneurs et des conditions tout confort. La faillite de l’« empire » est-elle venue miner la foi des Islandais en leur avenir ?

« C’est assez étrange : l’Islande n’est qu’un petit rocher au beau milieu de l’Atlantique, mais avec la récession et le volcan Eyjafjallajökull, elle est venue bouleverser pas mal le monde depuis deux ans ! Malgré tout, je pense que les Islandais sont optimistes et commencent à voir la lumière au bout du tunnel », dit Björn Erlendsson, 35 ans.

Haraldur Friðgeirsson le croit aussi : « Même si énormément d’Islandais doivent faire face à beaucoup d’incertitude en ce qui a trait à leur situation financière — ce qui est difficile à accepter pour un peuple foncièrement indépendant et fier —, ils gardent espoir et se disent : “On retrousse nos manches et on trouvera bien une façon de s’en sortir, comme toujours.” Et puis, vous savez, l’été arrive ; dans les rues du centre-ville, les gens sont d’humeur joviale. L’ambiance est étonnamment positive. »

Jóhanna Sigurðardóttir, première ministre d’Islande. Photo : Wikimedia Commons