La COVID-19 en… Afrique

Rhinocéros, rougeole et robots policiers : tour d’Afrique de la pandémie.

A

TUNISIE
Le robot police de Tunis

La police de Tunis teste PGuard, un robot conçu par un ingénieur tunisien, qui a pour mission de faire respecter les règles de confinement aux habitants de la ville.

Le robot, qui ressemble à une version réduite de Curiosity (l’astromobile qui explore la planète Mars), a été présenté dans une vidéo publiée par le ministère de l’Intérieur tunisien. Piloté par un policier depuis un centre de commandement, il s’approche d’un passant et lui demande de montrer ses papiers, qu’il scanne avec ses yeux-caméras.

La police compte sur PGuard pour se faufiler le long des trottoirs et interroger les Tunisois, qui doivent justifier leurs sorties pendant le confinement.

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B

MAROC
On vide les prisons

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accordé sa grâce à plus de 5 000 détenus pour réduire la surpopulation des prisons et ainsi diminuer le risque qu’elles deviennent des foyers d’éclosion. Les détenus libérés ont été choisis selon leur âge, leur état de santé, la durée de leur détention et leur bonne conduite. Leur libération s’est toutefois faite par étapes, compte tenu des circonstances exceptionnelles associées à l’état d’urgence sanitaire. Par son action, le pays a répondu à l’appel de la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, qui a demandé la libération urgente de détenus partout dans le monde afin d’éviter que la pandémie ne fasse des ravages dans ces lieux clos.

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C

OUGANDA
Camps de réfugiés : une bombe humanitaire

La pandémie pourrait avoir des conséquences dévastatrices dans les camps de réfugiés. En Afrique, c’est le sort de plus de 10 millions de personnes déplacées et déjà très vulnérables qui inquiète les Nations unies. Les mesures de distanciation physique sont presque impossibles à faire respecter dans les camps et, en cas de confinement, les échanges avec l’extérieur sont limités. Au camp de réfugiés Bidi Bidi, en Ouganda, l’un des plus grands du globe, la faim est devenue une menace tout aussi sérieuse que la pandémie, les 270 000 réfugiés ne pouvant compléter leurs rations avec de la nourriture provenant de l’extérieur. Ailleurs dans le monde, la situation est également critique. Au Bangladesh, 900 000 réfugiés rohingyas répartis dans 34 camps de fortune surpeuplés ont été placés en confinement total dans des conditions d’extrême pauvreté. En Grèce, le camp de Moria, construit pour 3 000 personnes, en accueille aujourd’hui près de 20 000. Chaque jour, ce sont ainsi 160 réfugiés qui utilisent la même toilette et plus de 325 qui se partagent le même robinet, selon Oxfam.

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D

RWANDA
Drones messagers

Les autorités du Rwanda ont déployé des drones équipés de haut-parleurs pour porter des messages de sensibilisation à la guerre au coronavirus dans diverses localités éloignées. Le petit pays d’Afrique centrale, qui compte relativement peu de cas de coronavirus jusqu’à présent, est en confinement depuis le 21 mars. Il utilisait déjà les drones pour la livraison de matériel essentiel comme les médicaments.

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E

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Trois ennemis à la fois

Début mars, il y avait une lueur d’espoir en République démocratique du Congo : des soignants célébraient la guérison de la dernière patiente atteinte d’Ebola. Cela faisait deux ans que le pays se battait contre la plus récente flambée de cette maladie, qui tue environ la moitié des personnes infectées. Mais, trois jours avant que la victoire ne soit déclarée officiellement, un nouveau cas a été signalé dans la ville de Beni.

Au même moment, le SRAS-CoV-19 faisait son entrée sur le territoire congolais.

Le pays doit désormais combattre trois épidémies de maladies virales : la COVID-19, l’Ebola et la rougeole, qui a tué plus de 5 300 enfants de moins de cinq ans depuis le début de l’année 2019.

La lutte s’annonce rude dans ce pays en proie à l’instabilité et à la violence, un contexte qui a incité des associations humanitaires à quitter les lieux et qui a laissé le système de santé dans un état précaire.

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F

BOTSWANA
Les rhinocéros paient le prix fort

Des organisations de protection de la faune s’inquiètent de la recrudescence du braconnage des rhinocéros (une espèce menacée de disparition) depuis que le Botswana et l’Afrique du Sud ont fermé leurs frontières.

La chute du tourisme dans les parcs nationaux pourrait expliquer cette hausse : d’une part, des personnes qui se retrouvent sans revenu se tournent vers le braconnage, et d’autre part, les rhinocéros ne sont plus protégés par la présence des touristes.

D’après le Fonds mondial pour la nature (WWF), une corne de rhinocéros se vendrait plusieurs milliers de dollars sur le marché noir. Les cornes de rhinocéros réduites en poudre sont très prisées en raison de croyances selon lesquelles elles permettraient de faire baisser la fièvre, de vaincre le cancer et d’augmenter la libido.

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G

AFRIQUE DU SUD
Un confinement draconien

L’Afrique du Sud a imposé à sa population l’un des confinements les plus stricts au monde. Les Sud-Africains n’ont pas le droit de sortir pour prendre l’air ou faire du sport. La vente d’alcool, de cigarettes, de vêtements et de tous autres biens jugés non essentiels est considérée comme illégale. Seuls motifs autorisés pour sortir : acheter de la nourriture et se rendre chez le médecin.

Dans les quartiers pauvres, des habitants ont vandalisé des commerces pour se nourrir et de violents heurts ont éclaté avec la police, de sorte que le gouvernement a dû déployer des dizaines de milliers de soldats pour assurer l’ordre.

Si les autorités sont si sévères, c’est notamment parce qu’elles craignent que les Sud-Africains soient particulièrement vulnérables au virus. L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus touchés par le VIH et la tuberculose, ce qui fait qu’une proportion importante de la population a un système immunitaire affaibli.

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