La crise des migrants fera-t-elle éclater l’Europe ?

Sept pays s’opposent aux quotas de répartition des réfugiés que voudrait imposer l’Union européenne. Il s’agit de pays baltiques et d’Europe de l’Est.

Photo : UK Department for International Development/Flickr
Photo : UK Department for International Development/Flickr

Blogue EconomiePeut-être davantage que la crise grecque, le déferlement sur le continent européen de centaines de milliers de migrants et réfugiés met en péril l’Union européenne en accentuant les divisions entre les pays membres.

L’accueil de ces Syriens, Afghans ou Africains du Nord se joue sur plusieurs tableaux et sur plusieurs registres d’émotions. Les considérations culturelles et religieuses et les sensibilités de plusieurs citoyens face à une forte immigration musulmane sont évidemment importantes.

On peut adopter une approche strictement humanitaire en accueillant sans trop de questions une population en détresse ou, à l’autre extrémité, adopter une position très nationaliste comme Victor Orban qui verrouille sa frontière avec la Serbie avec du fil barbelé en disant que personne ne prendra le travail d’un Hongrois.

Au-delà des bons et des mauvais sentiments, c’est de cela dont il s’agit. L’Europe peut-elle absorber 1 million de réfugiés cette année et peut-être plusieurs autres millions dans les prochaines années ? Comment les accueillir, les nourrir, les loger, les répartir et les intégrer ? Le marché du travail peut-il absorber ces bras supplémentaires ou deviendront-ils une charge insoutenable pour leur pays d’accueil ?

C’est sur cette question qu’apparaît la première ligne de fracture entre les pays européens. Sept pays s’opposent aux quotas de répartition des réfugiés que voudrait imposer l’Union européenne. Il s’agit de pays baltiques et d’Europe de l’Est.

À l’opposé, on trouve l’Allemagne, devenue la terre d’asile de l’immense majorité des réfugiés. Pourquoi cette générosité exemplaire ?

L’économie allemande est florissante quand on la compare à celle de ses voisins. Mais l’Allemagne fait face à un grand défi démographique qui pourrait faire passer sa population de 81 millions d’habitants à moins de 73 millions en 2060. Il y aurait alors moins de 2 travailleurs actifs par retraité, une situation inquiétante d’un point de vue des finances publiques.

Les puissants industriels allemands se plaignent déjà de ne pas être en mesure aujourd’hui de combler des centaines de milliers de postes. Ils demandent même l’accès direct aux camps de réfugiés pour effectuer sur place le recrutement des travailleurs dont ils ont besoin. Le président de Daimler (fabricant des Mercedes) déclarait à un journal allemand que la plupart des réfugiés étaient jeunes, bien éduqués et très motivés, exactement le genre de travailleurs recherchés par son entreprise.

La situation est complexe dans ce pays. Le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maziere, a indiqué que le pays ne disposait que de 2 000 à 3000 lits supplémentaires pour les réfugiés et les alliés politiques de la chancelière en Bavière s’opposent ouvertement à la politique du gouvernement. Après avoir laissé grandes ouvertes les portes de son pays, Angela Merkel a réintroduit le contrôle de ses frontières.

Une décision qui inquiète particulièrement les milieux d’affaires allemands qui craignent que la réintroduction des contrôles aux frontières des différents pays entravent la libre circulation des personnes et des marchandises, un acquis l’Accord de Schengen – un village du Luxembourg près des frontières française et allemande – de 1985. Cet accord, signé par 26 pays, est au coeur du projet européen.

La crise des réfugiés est en train de semer la discorde entre partenaires, va creuser les déficits publics et elle en train de saper les bases de l’intégration européenne.

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8 commentaires
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— À titre d’information et pour le bénéfice des internautes :

La Constitution de l’Union Européenne fonctionne sur le principe de la subsidiarité. Pour faire simple : ce sont les Parlements de chaque pays membres de l’Union qui ont toujours le dernier mot. Par conséquent l’Union ne peut pas imposer à un pays membre le moindre cota d’accueil sans le consentement des pays concernés.

Qui plus est, l’Union fonctionne un peu comme un « Club », vous avez des règles de bases au niveau de l’adhésion et diverses options. Ainsi on parle beaucoup actuellement de l’espace Schengen qui permet la coopération de divers services de polices, frontaliers, sécurité, etc. et en même temps la libre circulation dans tout cet espace ; ce qui permet de supprimer les contrôles à tous les postes frontières de l’Union.

Ici encore, chaque pays — toujours en vertu du principe de subsidiarité -, a le droit de suspendre momentanément et pour une durée indéterminée certaines dispositions des Accords de Schengen. C’est ce qu’a fait la République Fédérale d’Allemagne voici quelques jours en rétablissant ses contrôles frontaliers à l’Est.

Ce qui a permis soit dit en passant d’intercepter des passeurs illégaux et non pas d’empêcher l’accueil des réfugiés. Très clairement d’ailleurs la crise que connait l’Europe actuellement est moins une crise des migrants et plus une crise qui met en péril la sécurité de l’Europe, tout comme indirectement celle d’autres pays comme le Canada, les États-Unis ou encore l’Australie en raison des risques bien réels d’infiltration de groupes Djihadistes et Salafistes.

À cela s’ajoute toutes sortes de migrants économiques qui sont des proies relativement intéressantes à recruter par et pour le crime organisé. — Que ne ferait-on pas pour avoir une autre vie, une nouvelle identité et de faux papiers ?

C’est pour ces diverses raisons que la coopération au niveau de la sécurité va s’intensifier et se consolider tant parmi tous les membres de l’Union qu’avec les pays amis. Paradoxalement, la meilleure façon de couper l’herbe sous le pied des terroristes, c’est encore de se montrer accueillant. L’éclatement de l’Union serait certainement un terrain fertile pour daesh et pour ces entités interlopes criminalisées qui les pourvoient en hommes, en armes, en munitions et en financement.

Celles et ceux qui ont lu « L’Art de la Guerre » du général chinois Sun Tzu savent pertinemment qu’on remporte toutes les batailles avec le soutien et l’amour des populations indigènes qui veulent avant toutes choses se débarrasser des belligérants les plus encombrants.

Ces aspects entreront certainement dans la balance au niveau des négociations multipartites quant à l’avenir qu’il faut donner à l’Union.

Pour finir j’ajouterai la chose suivante : l’Union Européenne peut parfois pour les gens de l’extérieur apparaître comme une grande famille un peu dysfonctionnelle. Malgré tout, ce qui a fait son succès depuis 60 ans, c’est la capacité des européens de parvenir presque toujours à des consensus. Tout le monde bien sûr devra mettre un peu d’eau dans sa bière ou dans son vin. Après « toute »…. Cela fait partie de la « game ».

On est tellement riche au Québec qu’on envoie pour un million$ de lits à la pauvre Allemagne. Pis on congédie pour un million de diplomates québécois.
Bienvenue dans le petit Québec du Capitaine Haddock.

« On est tellement riche au Québec qu’on envoie pour un million$ de lits… »

Les Américains aiment bien faire payer les autres. Ainsi ils sauvent beaucoup de fric.

« Bienvenue dans le petit Québec du Capitaine Haddock. »

Le capitaine poisson (Aiglefin) est pur français colonisé par les USA, comme la majorité des français qui veulent écrire le bilingue anglas.

Je ne peu l’affirmer, mais c’est très certainement un ordre de USA.

Faut pas que le Canada soit trop fort. Alors on le rabat.

Il est intéressant de noter que la « peur du djihadisme » (entendez de l’islam en général puisque derrière chaque barbe ou niqab se cache bien sûr une bombe) se manifeste de la façon la plus aigüe dans ces pays où la religion tient encore le rôle de marqueur identitaire (églises grecque-orthodoxe et catholique). En général, ce sont de petits pays. Alors pourquoi se sont-ils joints à la Communauté européenne ? Pour des jobs et des aides sociales plus importantes, bien sûr. En quoi les immigrants venant de Lybie, de Syrie ou d’ailleurs seraient-ils différents ?

« La crise des migrants fera-t-elle éclater l’Europe ? »

Les États Unis d’Amérique contrôlent l’Europe depuis 1945 et c’est certainement ce qu’ils espèrent pour conserver leur égémonie.

Les sanctions économiques contre la Russie le prouvent. Les États Unis d’Amérique on exigés des sanctions contre la Russie de la part des alliés qui en souffrent, mais eux les états en sont à l’abri.

Ha bon!

Les sanctions économiques imposées pas les USA envers la Russie dont souffrent les agriculteurs européens et les hommes d’affaires allemands et français et le Québec vous voulez que je vous le prouve!!!

Voulez-vous que je vous prouve que la lune existe?

« « Selon les dernières estimations médiatisées, l’armée américaine occupe actuellement encore 686 « sites » en dehors des cinquante États et Washington, DC. »

http://reseauinternational.net/tous-les-pays-ou-les-etats-unis-ont-une-presence-militaire/

C’est en mettent le diable dans la cabane que l’on contrôle.